"Sa Machine Ailée" et autres histoires

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
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nonoko
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par nonoko »

37 ça va, 50 bonjour les dégâts :x-): mais tu me donnes envie de découvrir ces sources, ça doit être un chouette endroit.
Merci pour l'explication !
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EstebanxZia
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par EstebanxZia »

J’aime mieux le couple Esteban/Zia que Esteban/Tao et Zia/Tao j’aime pas tao et je veux que Esteban soit avec Zia mais sinon l’histoire elle est parfaite.

PS: je veux pas que Esteban soit gay ça serai bizarre et tao va bien avec Indali

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Amaya
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Amaya »

EstebanxZia a écrit :
09 oct. 2019, 01:38
J’aime mieux le couple Esteban/Zia que Esteban/Tao et Zia/Tao j’aime pas tao et je veux que Esteban soit avec Zia mais sinon l’histoire elle est parfaite.

PS: je veux pas que Esteban soit gay ça serai bizarre et tao va bien avec Indali
Ici, Esteban est plus bi et polyamoureux que gay.
Après, c'est vrai qu'Esteban et Zia ferait un beau petit couple ^^ :-@
" Esteban, ne soit pas triste, ne soit pas inquiet. Tu as, toi aussi, ta propre route à continuer. Pour devenir vraiment grand, vois-tu mon enfant, un fils doit dépasser son père. [...] ".
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Sandentwins »

EstebanxZia a écrit :
09 oct. 2019, 01:38
J’aime mieux le couple Esteban/Zia que Esteban/Tao et Zia/Tao j’aime pas tao et je veux que Esteban soit avec Zia mais sinon l’histoire elle est parfaite.

PS: je veux pas que Esteban soit gay ça serait bizarre et tao va bien avec Indali
Je crois que 90% du public partage ton avis. Personne aime vraiment Tao, et c'est dommage car c'est un perso intéressant. Et bien que EsteZia c'est un grand classique, on en a un peu fait à toutes les sauces depuis les années 80. Une nouvelle dynamique, d'autres approches voire d'autres couples apporteraient un peu de variété, et c'est ce que je fais.
Et puis faut bien penser aux 10% restants, les pauvres. Big up à vous, votre patience est légendaire.

Mais je sais que c'est pas nécessairement du gout de tout le monde, et je comprends. C'est pour ca que pour cette prochaine oeuvre, l'accent sera mis sur le scénario pur et dur, non sur la romance. C'est un petit one-shot qui a progressé, jusqu'à devenir un post-S4 épiloguaire. Je sais pas du tout où je voulais aller avec ça, mais je vous en fais quand même cadeau.


:condor: Après la Pluie :condor:

:condor: Chapitre 1: Abattu en Plein Vol :condor:

« Esteban! Dépêche-toi! »

La voix de Zia lui parvint à peine au travers du grondement des murs qui s'effondraient, se couvrant de fissures à chaque nouveau mouvement du moteur solaire. Une autre colonne se brisa, réduite en miettes par les secousses, et la pierre dorée tomba dans le vide sans fin sous leurs pieds.

« Vite! La Cité va s'effondrer! On n'a plus le temps! »

Elle essayait de porter sa voix aussi fort que possible, afin qu'elle atteigne Esteban qui n'avait toujours pas bougé. Dans ses mains, le reliquaire pesait lourdement, et elle n'aurait pas la patience d'attendre éternellement. D'une seconde à l'autre, le moteur de la Cité se remettrait à trembler, et ils pourraient tous finir par dessus bord.

Mais Esteban semblait ne pas en avoir conscience. Il restait paralysé, tremblant de tout son corps, figé devant la figure sombre qui lui faisait face. Son visage saignait toujours, ses mains étaient crispées, et respirer lui faisait de plus en plus mal. Mais même s'il voulait s'enfuir, il ne pouvait pas.

Devant lui, le corps tombé de Zarès se relevait peu à peu. Sous la capuche battue par le vent, le visage traître d'Ambrosius lui faisait face, ses traits vieillissants enlaidis d'une expression de dépit qu'il essayait de traduire en un rictus sournois, décidé à garder la main jusqu'au bout. Sa robe était déchirée, laissant voir l'exosquelette en pièces qui s'y dissimulait, et dont les rouages cliquetaient encore comme pour essayer de relever ses bras, de dresser ses jambes, sans succès. Et la voix trafiquée de ce forban résonna alors aux oreilles d'Esteban, dans un rire profond et glacial qui lui fit l'effet d'un choc électrique.

« Tu vas me tuer, Esteban? », ricana le traître, comme pour le provoquer. « Tu vas me tuer pour venger les tiens? »

Esteban fulminait de rage, ses yeux encore embués de larmes. Sa main était crispée sur sa dague, tremblant comme une feuille. Il ne savait plus quoi faire, il ne savait plus s'il fallait suivre cette voix dans sa tête qui lui disait d'agir, d'avancer et de crever les yeux de ce monstre. Il ne savait plus rien, car toutes les révélations qu'on lui avait faites se bousculaient en lui, sans qu'il n'y puisse rien.

« Je sais que tu le veux. », continua Ambrosius, sa voix distordue. « Tu deviendrais un héros, n'est-ce pas? Le héros ayant vaincu le sorcier, le chevalier triomphant du monstre! »

« – Tais toi! »

Le sol trembla encore, les dalles d'or se brisant sous la force du coup. Tout autour d'eux, la cité de Lohikaarm se réduisait lentement en miettes, ses ailes et ses hélices tombant peu à peu dans les profondeurs nuageuses. Si le moteur qui la maintenait en l'air se brisait, alors ils suivraient tous le même chemin: si l'explosion ne les tuait pas, la chute dans l'océan leur briserait les os comme du verre. Ils devaient s'enfuir, ils devaient éviter cette destruction, ils devaient y survivre comme ils l'avaient fait pour les six dernières fois. Esteban savait qu'il devait tourner les talons, et rejoindre Zia et Tao au Condor.

Mais il ne voulait pas courir. Il n'en avait plus la force. Tout ce qu'il avait accompli se jouait ici et maintenant, tout aurait du trouver sa réponse et sa fin. Mais par la faute de ce sorcier, de ce monstre, il ne l'aurait jamais. Et la frustration de s'être fait enlever sa récompense juste sous son nez l'emplissait de rage, de colère, et d'idées si sombres qu'il se laisserait volontiers leur donner forme.

Ses doigts se resserrèrent sur sa dague.

« Tais-toi! », répéta-t-il, la voix abîmée par ses pleurs. « Tu n'as plus nulle part où courir, Ambrosius. Tu ne vois donc pas? La dernière Cité d'Or est détruite! Ton expérience a échoué! Pourquoi est-ce que tu essayes encore? »

Et de lui, il n'obtint qu'un autre rire. Un rire sardonique, glacial, qui lui hanta l'esprit.

« Mon expérience n'était rien! », clama-t-il, tentant de se relever. « N'importe qui saura recréer la pierre solaire, s'il a les plans. Il y aura toujours d'autres alchimistes aussi déterminés que moi, quelqu'un qui saura reprendre mes travaux. »

Il voulut se lever, mais son exosquelette était trop endommagé, et il retomba sur le sol. Derrière ses lunettes brisées, il fixait Esteban avec cette expression de dégoût qui lui donnait l'air d'un sale rat.

« Je peux avoir toutes les pierres solaires que je veux, si je le désire. Mais un peuple, mon bon Esteban… Un peuple ne se remplace pas aussi facilement! Et aucune Pyramide de Mu ne te rendra ta famille! »

Et il se mit à rire plus fort encore. Un rire méchant, moqueur, le rire d'un homme qui n'avait plus que des coups aussi bas pour se sentir au-dessus des autres. La gorge d'Esteban le serra, et son cœur lui fit de plus en plus mal; poussé par la douleur, il se mit à hurler, sa voix dépassant même le grondement de Lohikaarm, et ses jambes coururent sans qu'il ne leur ordonne. Sa main se serra, et sa lame décrivit un arc-de-cercle dans l'air, avant de s'abattre.

Le rire d'Ambrosius fut coupé court. Mais l'écho demeura, déformé et répété à l'infini par un modulateur brisé, que le vrombissement du moteur déchiré finit par couvrir.

Ambrosius le regarda, comme s'il n'était pas surpris de cette fin. Il eut un regard pour la main qu'il porta à sa plaie, pour son gant désormais souillé de sang, puis à nouveau pour Esteban. Et son sourire ne faiblit pas.

« Ainsi donc...tu as choisi d'être le héros. », souffla-t-il, comme pour se moquer. « Mais ce ne sera pas si simple. Tu ne sais pas...où tu vas. Moi seul...moi seul sait ce qu'il t'en coûtera! »

Esteban le regarda en face. Son visage était mouillé de larmes, de suie, et sa main était désormais tachée de sang. Il tremblait de tout son corps, et se sentait à deux doigts de s'évanouir; mais il résista, poussé par le sursaut d'adrénaline qui lui avait envahi les veines.

« Toi et tes secrets... », marmonna-t-il, n'ayant pas la force de parler. « Tu peux les emporter dans ta tombe! »

Son pied se leva, et frappa le monstre au visage. Sa lame se décoinça de son carcan de chair, et l'alchimiste tituba en arrière.

L'instant d'après, le moteur explosa, et Lohikaarm éclata en morceaux.

Balayé par la force du coup, Esteban n'eut même pas le temps de se protéger le visage. Le souffle de la vapeur solaire le projeta en arrière, le ballottant comme une feuille morte, et la chaleur le brûla de part en part. Il voulut crier de douleur, de peur, de quoi que ce soit, mais sa voix ne lui répondait plus. Il n'avait plus le contrôle de rien, il ne faisait que subir le choc, le vent, la douleur, la chaleur, la colère qui se bousculaient en lui sans qu'il ne puisse donner voix à aucun d'entre eux. Il n'avait plus de voix, plus de volonté. Plus rien qui ne vaille la peine.

La gravité le rattrapa, et il se sentit tomber. Son corps lui pesait, fouetté par le vent qui lui glaçait la peau, et il n'était pas plus vivant qu'un des milliers de fragments d'orichalque qui tombaient avec lui, tant d'éclats de la cité aérienne désormais détruite. La septième Cité d'Or, la septième à se détruire et emporter ses secrets avec elle. Celle qui aurait dû lui apporter les réponses qu'il voulait, mais qu'il n'aura jamais.

Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes, n'ayant plus la force de rester ouverts. Esteban ne voulait plus que s'abandonner à la fatigue, à la lassitude qui s'emparait de lui, et à fermer les yeux pour ne plus jamais les rouvrir. Mais un glatissement familier lui parvint aux oreilles, et avant qu'il ne s'en rende compte, il se fit cueillir au vol par les ailes du Condor.

« Je le tiens! », cria Tao. « Fonce, Zia! »

L'instant d'après, le Grand Condor filait dans les airs, loin de Lohikaarm, loin de l'explosion. Loin de tout ce qui s'y était passé.

Esteban se sentit asseoir sur son siège, une main inquiète se porter à son front. Il entendit d'autres voix confuses, mais ne pouvait ouvrir les yeux pour leur donner un visage. Il ne voulait plus que dormir, dormir et ne jamais se réveiller.

Mais les choses ne seraient jamais aussi simples, se dit-il. Alors que Zia s'affairait sur ses plaies, il parvint à se relever, à regarder autour de lui. À travers le pare-brise, il pouvait voir des morceaux d'orichalque fumants qui tombaient vers l'océan glacial, tant de vestiges de l'autrefois splendide Cité d'Or qui se perdraient dans les eaux pour ne plus jamais en ressortir. Un coup d’œil lui confirma qu'il avait bel et bien récupéré son médaillon, et que le reliquaire qu'ils avaient obtenu était posé sur le siège d'à-côté.

Et sa main était toujours tachée de sang. Toutefois, elle était vide; il avait dû lâcher sa dague en tombant.

« Ambrosius... », murmura-t-il, essayant de s'y retrouver.

Il sentit une main prendre la sienne, et une voix douce lui parler.

« Ambrosius n'est plus là, Esteban. Ne t'en fais pas. Tout ira bien. »

Il voulut poser des questions, s'indigner, s'énerver. Mais il n'en avait plus la force. Il se contenta donc d'acquiescer, et de fermer les yeux, pour succomber à la fatigue.

Le Grand Condor finit par se poser quelques heures plus tard, sur la côte d'où ils étaient partis pour rejoindre la Cité. D'ici, rien ne laissait entrevoir la catastrophe qui s'était produite, sinon les nuages déchirés par l'explosion comme un trou dans le ciel.

C'était donc ainsi que tout s'achevait, pensa Esteban. La fin de leur quête, déjà venue.

Debout sur la côte rocheuse, les trois amis regardèrent le ciel ainsi brisé, sans rien dire. Il y avait tant à demander, tant à aborder, mais pour le moment, les choses étaient encore trop fraîches dans leurs esprits pour qu'ils s'y aventurent. Le danger était encore trop présent, les maintenant en alerte sans qu'ils n'y puissent rien; et sans nul doute auraient-ils tout abandonné à l'instant même s'ils l'auraient pu faire.

Ce fut Tao qui brisa le silence, au bout d'une longue contemplation muette.

« Et maintenant? », demanda-t-il, posant la question qu'ils redoutaient tant. « On était censés unir les cités, non? Comment faire, maintenant qu'elles sont détruites? »

Esteban n'en savait rien. Il s'en fichait même un peu, pour être honnête. Il regarda sa main hâtivement essuyée, repensa aux mots d'Ambrosius. Au peuple enfermé sous les eaux, qui avait tant attendu de revoir le jour, pour au final être perdu à jamais.

Cette idée lui serra le poing, et il sentit d'autres larmes lui monter aux yeux. Il essaya de s'en défaire, de relever la tête.

« Maintenant...on continue. », dit-il, tentant de leur donner ce qu'ils attendaient. « On a une piste, on va la suivre. On va...on va continuer. »

« – Tu en es sûr? », demanda Zia. « Tu n'es pas en état de continuer, pourtant… Je pense qu'il faut que l'on s'arrête pour le moment. Ce n'est pas juste pour toi. »

« – Pour aucun d'entre nous. »

Ils avaient de bons arguments. Esteban voulut protester, insister que ce n'était pas grave, mais il ne trouva pas les mots. Il était abattu, incapable de raisonner contre eux.

Il sentit alors les bras de Zia s'enrouler autour de lui. Il y eut un moment d'hésitation, puis ceux de Tao s'y joignirent aussi. Esteban essaya de les repousser, d'insister, mais ses forces l'abandonnèrent, et il s'avoua vaincu. Ses larmes coulèrent, ses sanglots s'échappèrent, et il laissa aller toute la colère qu'il avait sur le cœur. L'injustice, la rage, la vengeance avaient eu raison du Fils du Soleil, et le ciel déchiré se couvrit d'orage.

La pluie commença à tomber, le vent à souffler. Mais les trois amis restaient enlacés, incapables de bouger. Tous les trois avaient tant souffert au cours de cette aventure, de ces derniers jours, que continuer leur semblait de moins en moins possible à chaque seconde. Sous la pluie battante, sous les décombres invisibles de Lohikaarm, ils n'avaient plus qu'eux trois sur qui compter et s'appuyer. Et peu à peu, tous les trois se mirent à pleurer, mus par une souffrance commune et par le poids de tout ce qu'ils avaient enduré.

Le vrombissement du tonnerre se rapprocha, menaçant d'illuminer le ciel de ses éclairs. Apeuré, Pichu se cacha dans la tunique de Tao, brisant quelque peu leur étreinte. Mais ce faisant, les trois adolescents revinrent à la réalité, à leur situation.

Zia essuya ses larmes du coin de l’œil, et leva la main. La pluie s'écarta alors, ruisselant hors de leur chemin sur une barrière invisible qui leur servait de parapluie de fortune. Esteban releva la tête, et sembla tout juste remarquer à quel point il avait froid, quand bien même sa peau souffrait encore des brûlures solaires de l'explosion. Tao entoura ses frissons de ses manches longues, lui offrant une protection maigre mais tant bienvenue. Esteban se blottit contre lui, comme un remerciement muet, et Zia s'y invita également pour y apporter sa propre chaleur humaine.

Ils restèrent ainsi couverts de la pluie, toujours sans dire un mot. Mais peu à peu, celle-ci s'éclaircit, et le ciel retrouva une blancheur neutre où le soleil brillait faiblement. Esteban regarda cette lumière, la regarda baigner la côte de son éclat de perle, et s'aperçut qu'il ne pleurait plus.

Il leur faudrait se relever. Revenir au Condor, continuer leur quête, accomplir les dernières étapes de la volonté des anciens de Mu. S'assurer que cette destruction ne s'est pas faite en vain, que les Cités d'Or aient joué leur rôle jusqu'au bout. Il leur faudrait à présent devenir le Héros, la Princesse et le Sage, comme ils l'avaient été il y a si longtemps.

Reprendre le cycle des choses, et recommencer l'histoire.

Mais il semblait bien que pour le moment, aucun d'eux ne veuille s'y mettre. Aucun ne voulait s'adonner à ce qu'une quelconque prédiction disait d'eux, aucun d'entre eux ne voulait s'amuser à jouer un rôle. Là n'était pas le moment, ni la solution.

« Est-ce que...est-ce qu'on va s'arrêter? », demanda Zia.

« – On ne peut pas vraiment continuer… Où est-ce que l'on pourrait aller? Que faire? »

« – On a des indices, non? On a encore pas mal de travail à faire... »

Esteban soupira, baissant la tête. Il sentit alors la main de Zia sur la sienne.

« On peut encore changer les choses. Ton peuple n'a pas complètement disparu. Si on peut les ramener parmi nous, alors on le fera. »

« – Exactement! », confirma Tao, retrouvant son entrain habituel. « Tu ne vas quand même pas te laisser abattre par les mots de ce vieux serpent, non? Il y a encore de l'espoir! »

Esteban ne voulait pas vraiment y croire. Mais les sourires et la confiance de ses amis lui parvinrent malgré lui, et il se surprit à sourire à son tour.

« ...vous avez raison. », conclut-il. « Il y a toujours de l'espoir. »

Il regarda le soleil, qui était reparu de derrière les nuages. Étaient-ce ses mots, ses pensées qui l'avaient fait revenir? Il ne le saurait sans doute jamais. Mais peut-être qu'il ne voulait pas savoir, après tout.

« Et tant qu'il y aura de l'espoir, le monde aura besoin de nous trois. »

Ses mains trouvèrent celles de ses amis. Ils s'échangèrent un regard, un sourire, et contemplèrent le soleil ensemble.





Si vous avez l'impression d'avoir raté un truc, c'est normal.
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Sandentwins »

:condor: Chapitre 2: Miroir d'Existences :condor:

« Bon...qui l'ouvre? »

Tao regarda ses amis, qui ne semblaient pas en savoir plus que lui. Tout laissait à croire que seul l'un d'entre eux pourrait ouvrir le reliquaire, mais celui-ci ne laissait rien paraître. Ce n'était qu'un banal coffret d'or, gravé des deux ailes de Lohikaarm, sans rien de plus.

« Il nous faut agir avec logique. », dit Zia. « Tao et moi avons déjà trouvé les reliques qui nous étaient destinées. »

Elle poussa le coffret vers Esteban.

« En toute logique, celle-ci te revient donc. »

Esteban la regarda, l'air dubitatif. Mais il fallait avouer que son raisonnement simple était sans doute juste.

« Si c'est ce que la prophétie demande... », dit-il sans grande conviction.

Il prit une profonde inspiration, ferma les yeux, et ouvrit lentement le coffret, le couvercle pesant à peine son poids. Lorsqu'il les rouvrit, un éclat d'or lui répondit d'entre les parois de velours.

Un poignard. Une splendide lame courte en orichalque, à la poignée de cuir et à la garde sertie de gemmes et de gravures. À sa vue, les trois adolescents eurent un souffle de surprise, et échangèrent un regard.

« La relique du Héros. », murmura Zia. « Celle qui a vaincu tant d'ennemis. »

En effet, elle n'était pas tout à fait neuve. Sa lame portait d'infimes traces de bataille, prouvant qu'elle avait déjà servi. Et lorsque Esteban serra sa main autour de sa poignée, il sentit le cuir épouser la forme de ses doigts, l'empreinte formée par des années d'usage.

Il s'était déjà servi de sa dague bien des fois, et l'utilisait volontiers pour menacer ses ennemis. Mais il n'avait jamais blessé personne. Or, cette lame-ci avait poignardé, voire même tué plus d'un; rien qu'à la tenir en main, Esteban se sentit mal à l'aise. Il pouvait presque voir les traces de sang qui souillaient encore le métal, le sang que son prédécesseur avait volontiers fait couler. Et cette vision le dérangea au plus haut point; rapidement, il la rangea dans le fourreau vide à sa ceinture. Comme si tout avait été prévu, elle avait tout juste la bonne taille pour y entrer confortablement. Comme si depuis le départ, elle lui était destinée, comme à tant d'autres avant lui. Il ne sut pas quoi faire de cette pensée, donc il essaya de changer de sujet.

« Bon. On a le livre, la couronne, et maintenant le poignard. Qu'est-ce qu'on en fait? »

« – Ça, je n'en sais rien. Mon livre ne dit rien là-dessus, du moins que je sache. »

Tao sortit le livre de sa manche. Un tome relié d'orichalque, écrit dans des langues étranges rappelant celles du livre des Sept Langages. Il parcourut les pages déjà bien annotées, et entoura de son crayon un autre paragraphe.

« La lame du Héros, guidée par son cœur, défiera le Monstre et le rendra vainqueur. Ça, c'est ce qui s'est passé avec Ambrosius. »

« – Ne m'en rappelle pas... »

Esteban détourna le regard, encore moins à l'aise. Il n'avait toujours pas digéré les événements de la veille, et sans nul doute était il encore sous le choc. Tao s'empressa donc de continuer sa lecture. 

« Les trois reliques ainsi retrouvées, portées par des mains d'or et de lumière, uniront leurs vies et leurs destinées, commençant ainsi une nouvelle ère. C'est là que je ne comprends plus. »

Zia chercha sa poche, en tira le fin diadème d'orichalque forgé. Une couronne semblable à celles trouvées à Sûndagatt, mais plus travaillée encore.

« Uniront leurs vies et leur destinées… Peut-être qu'il faut les combiner d'une certaine façon? »

« – Ça ne semble pas très logique, mais...on peut essayer. »

Toutefois, après une bonne minute passée à essayer de combiner la couronne, la dague et le livre de toutes les manières possibles, ils durent s'avouer vaincus. Il fallait dire que le peuple de Mu n'était pas connu pour la simplicité de ses énigmes.

« Bon, c'est pas ça. », abandonna Esteban. « Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre? »

« – La suite ne dit rien d'utile. C'est juste des phrases sans queue ni tête. »

« – Ou bien elles n'ont juste pas révélé leur sens pour le moment. Ces objets non plus, d'ailleurs. »

Dans le doute, Zia posa le diadème sur sa tête. Aussitôt, ses sens semblèrent s'intensifier, atteindre plus loin encore que ce qu'elle pouvait percevoir par elle-même. Il lui suffisait d'orienter le fil de sa pensée pour atteindre chaque pierre, chaque arbre, chaque goutte d'eau à sa portée, et en percer les secrets. Mais très vite, l'afflux de sensations qui lui parvint la submergea une fois encore, et elle retira la couronne à la hâte pour couper son esprit de tout ce tumulte. Et comme elle s'y attendait, aucune vision ne lui était venue durant ce court instant.

« Je n'ai rien non plus. », conclut-elle, retrouvant l'usage de la parole. « Même les rois de Mu ne peuvent pas nous aider. »

« – C'est vraiment le comble. », soupira Tao. « On a fait tout ce chemin, on a trouvé tous ces objets, et maintenant qu'on les a, on ne sait pas quoi en faire! J'ai l'impression qu'on se moque de nous. »

« – Ce serait pas la première fois. », ironisa Esteban.

Son regard se porta sur le livre d'or.

« Je parie que eux y sont parvenus du premier coup. »

Personne ne lui répondit.

Jusqu'ici, toutes les prophéties du livre et de tant d'autres s'étaient montrées justes. Certaines étaient même si précises qu'elles en semblaient invraisemblables; elles allaient jusqu'à décrire le jour et le lieu de certains événements, à prédire les actions de personnes qui ne seraient pas nées avant plusieurs millénaires, à donner les réponses à des questions qui ne seraient pas posées avant des temps futurs lointains. Et s'il y avait là quelque magie, astrologie ou science divinatoire occulte, Esteban n'y aurait rien trouvé à redire; mais la véritable raison d'une telle précision était bien moins agréable à entendre.

Et elle savait lui saper le moral comme rien d'autre.

« Bon. », dit Tao, le ramenant hors de ses pensées. « Visiblement, ça ne sert à rien de s'acharner. Peut-être que ce n'est pas encore le bon moment. »

Il se releva, regardant l'océan qui battait son écume jusqu'aux serres du Grand Condor.

« On ne va pas s'embêter à trouver une solution alors qu'il nous manque forcément quelque chose. Pour l'instant, il nous faut savoir où aller maintenant. »

À ces mots, Pichu se mit à tournoyer autour de la tête de son maître, pépiant d'un air enjoué.

« Aller manger! Manger! Rrrk! »

« – T'es vraiment un ventre sur pattes, toi alors! À se demander si Sancho n'a pas déteint sur toi! »

« – Je trouve qu'il n'a pas tort. », remarqua Zia. « Rien ne nous force à repartir maintenant. Et puis, toute cette réflexion, ça m'a donné faim. »

« – Une bonne chose qu'Esteban ait déniché un nouveau couteau à viande, alors. Pas vrai, Esteban? »

Ce dernier sembla se réveiller quelque peu, surpris d’être ainsi interpellé.

« Oh...oui, bien sûr. Si tu veux. »

Son ton n'avait pas l'air très convaincu, ce qui fit hausser un sourcil à Tao.

« Tu es sûr que tout va bien? Depuis qu'on est partis de la Cité, t'es tout bizarre... »

Et il en avait bien le droit. Mais sur le coup, Esteban décida de ne pas en ennuyer ses amis. Ce n'était pas le moment.

« Non, tout va bien. », mentit-il. « C'est juste un peu de fatigue. »

Zia sembla ne pas le croire. Il était si difficile de lui cacher quoi que ce soit. Mais elle n'en dit rien, du moins pas directement.

« Tu ferais mieux de rester ici et de surveiller le Condor. », proposa-t-elle. « Repose-toi un peu. Nous, on va essayer de trouver de quoi manger. »

« – Bonne idée. Je vous attends. »

Il y eut un silence assez gênant, qu'Esteban brisa vite en retournant au Condor. Le lourd bec cuivré s'abaissa pour le laisser entrer, et une fois à l'intérieur, il se laissa tomber sur son siège avec un bruit sourd.

Au dehors, le ciel s'obscurcissait, le soir tombant lentement sur la côte scandinave. Il n'y avait pas d'étoiles dans le ciel couvert de nuages, qu'un soleil faiblissant éclairait encore d'une lumière froide. Comme pour y faire écho, Esteban soupira, sentant sa propre fatigue croître avec l'obscurité.

Sans qu'il n'en aie conscience, sa main s'était reportée sur la poignée de sa nouvelle arme. Lentement, il la tira de son fourreau, admira sa lame sous la lumière faiblissante. Dans un éclat de soir, il vit le reflet de son propre visage, fatigué et attristé par quelque chose qu'il comprenait à peine.

Elle avait connu tant d'autres. Tant d'autres Héros avant lui, d'autres jeunes garçons comme lui qui avaient tous soif d'aventure et de voyage. Tant d'autres enfants qui, du jour au lendemain, s'étaient retrouvés porteurs d'une destinée qui les dépassait. Tant d'autres naïfs et blagueurs, qui à intervalles d'un millénaire, endossaient le rôle où de vieux Sages les avaient forcés avant même leur naissance.

Il pouvait presque le sentir. Il pouvait presque imaginer la main d'un autre, un autre enfant de son âge, voire plus jeune encore, serrer le poignard comme il le faisait. Il pouvait voir son visage dans le reflet de la lame, le visage apeuré d'un jeune garçon ayant vécu au 6e siècle, qui se posait les mêmes questions que lui. Qui lui aussi, réalisait que tout changeait peu à peu, que rien ne serait jamais éternel.

Qui lui aussi, pour la toute première fois, avait tué quelqu'un.

Quand Esteban avait appris l'existence d'un monstre qu'il lui faudrait vaincre, il s'était vite imaginé une sorte d'ancien dragon, ou une créature démoniaque comme il en voyait dans les illustrés. Il se voyait déjà en chevalier triomphant du mal, écrasant sous son pied le cadavre d'un reptile difforme ou d'un géant hirsute, acclamé de tous et célébré comme les autres héros dont il avait entendu les histoires. Il avait accepté ce rôle, et il s'y était plu. Et puis, la réalité l'avait rattrapé.

Les dragons et les géants existaient sûrement; mais les monstres, les véritables monstres, étaient humains.

Ambrosius n'était pas une bonne personne. Perfide, manipulateur, cruel et menteur; Esteban n'avait pour lui que de la rancœur, voire même de la haine. Il s'était autrefois concocté mille vengeances à s'imaginer lui faire subir, et lui en avait tant voulu pour ce qu'il avait fait à son père, puis à son peuple. Mais malgré tout cela, malgré Zarès, malgré les trahisons, il restait un être humain. Autrefois, Esteban l'avait apprécié, l'avait suivi, l'avait porté en estime; même après la révélation troublante de son double-jeu, il avait essayé de lui trouver une raison, une quelconque excuse à ses actes infâmes, malgré la haine qui lui rongeait le cœur. Et si le désir de le vaincre avait tant régné dans son esprit, il n'aurait jamais osé aller plus loin que de l'arrêter, de l'emprisonner, de l'empêcher d'agir.

Il n'aurait jamais voulu le tuer. Mais désormais, il avait son sang sur les mains.

Est-ce que son prédécesseur s'était senti comme lui? Avait-il tué son propre monstre, pour n'en tirer non pas de la gloire ou de la fierté, mais une culpabilité sans nom? Avait-il dû vivre avec cette pensée sur la conscience, pour le restant de ses jours? Ou bien pire encore, s'y était-il habitué, avait-il recommencé? Et les autres avant lui, tous ceux qui s'étaient succédés depuis le temps de Mu, avaient-ils aussi vécu cela?

Dégoûté, Esteban rangea le poignard à sa ceinture, pour ne plus le revoir. Il ne voulait pas y penser. Il avait besoin d'avancer, de laisser le passé derrière. Ce qui est fait est fait.

Sa fatigue prévalait sur sa faim, semblait-il. Soupirant, il se pelotonna sur son siège, et essaya de fermer les yeux quelques minutes. II lui faudrait être reposé pour pouvoir s'envoler à l'aube.

Tout au cours de la nuit, un visage difforme à la barbe rouge s'amusa à hanter ses cauchemars.
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Raang
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Raang »

Je n'ai pas pris l'occasion de commenter depuis ma découverte de ce topic, et à vrai-dire je n'ai pas lu l'intégralité des différentes histoires. Pour être honnête, je trouve que sur le plan littéraire tu n'as rien à envier à ce que j'ai déjà vu sur le forum. Je n'ai même pas de problème avec ta saga des différentes romances possibles, j'ai déjà lu des fictions sur le fandom anglophone (je me demande même si je ne suis pas déjà tombé sur un de tes textes vu que je traînais sur ArchiveOfYourOwn durant un temps). J'ai juste ressenti un manque d'attachement au style, ça arrive parfois malgré la qualité des textes, ce qui fait que la plupart du temps je ressentais ton écriture comme la littérature de comptoir

Eh bien, je dois avouer que ces deux derniers posts me font grandement requestionner ce que je pensais ! J'ai beaucoup apprécié la tonalité à la fois sombre et teintée d'espoirs, les thèmes, et l'écriture des personnages dans ce possible épilogue ! Encore une fois, c'est bien écrit et assez facile à lire en soi, mais sur ce coup j'ai été bien plus captivé que par les précédents textes. Peut-être par la présence plus importante de l'action.
Cela me donne envie de voir où va mener cette petite "expérience", on verra ce que ta plume te dira de faire ^^

Nota Bene, Dictionnaire du Raang Sauvage : Littérature de comptoir, n.f, style littéraire composé de textes de bonne facture, mais ne suscitant pas d'émotion particulière à part passer le temps.
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Sandentwins »

Raang a écrit :
19 oct. 2019, 15:55
(je me demande même si je ne suis pas déjà tombé sur un de tes textes vu que je traînais sur ArchiveOfYourOwn durant un temps)
Je peux te dire sans mauvaise foi que même en enlevant les traductions, j'ai écrit la moitié des oeuvres MCoG sur AO3. Donc oui, il y a des chances.
Raang a écrit :
19 oct. 2019, 15:55
J'ai beaucoup apprécié la tonalité à la fois sombre et teintée d'espoirs, les thèmes, et l'écriture des personnages dans ce possible épilogue ! Encore une fois, c'est bien écrit et assez facile à lire en soi, mais sur ce coup j'ai été bien plus captivé que par les précédents textes. Peut-être par la présence plus importante de l'action.
Cela me donne envie de voir où va mener cette petite "expérience", on verra ce que ta plume te dira de faire ^^
Merci beaucoup! J'essaie un truc un peu différent en termes de style pour celle-ci, donc moi aussi j'ai hâte de savoir ce qu'il en deviendra.

Pour ceux qui pensent que j'aime pas EsteZia, c'est pas vrai du tout. Tenez, j'ai même pensé à vous pour ce chapitre. Un peu.

:condor: Chapitre 3: Les Derniers Grains de Sable :condor:

« Il y a encore pas mal de choses que je ne comprends pas. », questionna Tao, feuilletant les pages du livre. « Si tout se répète, alors pourquoi est-ce seulement maintenant que les plans de Mu réussissent? Qu'est-ce qui fait que ça n'aie pas marché avant? »

Esteban se posait effectivement ces mêmes questions. Mais pour le moment, il n'avait pas envie de se creuser la tête. Il regarda deux alchimistes s'affairer sur de vieux rouleaux, murmurant en latin comme une messe basse pleine de formules et d'autres incantations étranges. Mais très vite, il s'en ennuya plus encore, et reporta son attention sur leur petit groupe.

« Peut-être que les anciens élus ne bénéficiaient pas des mêmes atouts. », proposa Zia. « Saviez-vous s'ils possédaient les médaillons du soleil? »

« – Il y a fort à parier que oui. », répondit Athanaos, tournant les pages du volume qu'il s'était fait apporter. « Beaucoup de légendes et de cultures mentionnent le motif de ces mêmes médaillons plusieurs siècles auparavant. Il est donc fort probable qu'en refaisant ainsi surface, ils entrent en la possession des élus. »

« – Donc ça ne nous avance guère. »

Esteban soupira, faisant tourner la pièce de son médaillon sur la table. Elle retomba avec un bruit métallique fort agaçant, qui l'incita à la reprendre un moment plus tard.

« On en revient toujours au même point, alors. »

« – Il ne faut pas le voir comme ça. Vous avez du mal à avancer, c'est tout. »

En effet, pour lui qui était habitué à trouver indice après indice sur une piste sans fin, rester ainsi bredouille montait à la tête d'Esteban. Après plusieurs jours vides de succès, ils avaient décidé de rendre une petite visite à celui qui pourrait bien leur apporter conseil.

Mais même si cette visite à son père réchauffait un peu le cœur d'Esteban, il se doutait bien que le résultat serait le même. Le même sentiment d'échec, de doute, les mêmes questions auxquelles même Athanaos ne pourrait répondre. À voir la tournure de cette conversation, ils ne seraient pas plus avancés qu'autrefois, ce qui n'aidait pas du tout ce sentiment d'amertume qui lui rongeait l'esprit.

« Parfois, la quête sait se montrer frustrante. », continua-t-il. « Vous ne trouverez pas toujours ce que vous cherchez du premier coup. »

« – Jusqu'ici, on a eu assez de chance. Pourquoi ça s'arrête d'un seul coup? »

Athanaos eut un petit rire, qui les surprit.

« La jeunesse ne changera décidément jamais. Ce que vous pouvez être fougueux, tous les trois! »

« – Vous avez bien été à notre place, un jour. Vous savez ce qu'on ressent. »

« – En effet, je ne le sais que trop bien. »

Il en avait parlé, en effet. Il leur avait raconté les histoires de sa jeunesse, les aventures qu'il avait vécues. Et si Esteban s'était plu à s'imaginer au même rang que lui, aventurier et explorateur accompli, l'impasse à laquelle il était confronté était vite venue le rappeler à l'ordre.

« Peut-être qu'on ne regarde pas du bon côté. », continua Tao. « Peut-être qu'il nous manque encore quelque chose. »

Il se releva soudainement.

« La pierre solaire! Peut-être que c'est ça qu'il nous faut! »

« – Mais elle a été détruite. On l'a vue. »

« – Et alors? Ambrosius a dit que quiconque possède les plans peut en construire une. C'est une bonne nouvelle, Athanaos, on pourrait vous guérir! »

Mais l'alchimiste secoua la tête.

« C'est une très mauvaise idée. Rappelle-toi, se servir de la pierre solaire a un prix. Si je l'utilise pour guérir de mon mal, alors quelqu'un d'autre en souffrira. »

Tao se sentit quelque peu gêné, la honte pesant sur l'excitation. La chimère de l'immortalité que poursuivait Ambrosius avait également des conséquences désastreuses, qui auraient pu résulter en la mort de milliers de personnes. Même s'ils avaient pensé à la confier à un alchimiste plus sage, cela n'en restait pas moins une terrible idée, même avec les meilleures intentions du monde.

« De toutes façons, mes travaux avancent bel et bien. », rassura Athanaos. « Le Raja met tout en œuvre pour mon succès. Il faut dire que depuis la dernière fois, il n'a jamais assez de remèdes et d'antidotes sous la main. »

Esteban n'en resta pas moins dépité; mais au moins, les choses allaient pour le mieux. Tout finirait par s'arranger, il le savait. Ou tout du moins, il l'espérait.

Au fil des heures, l'agitation dans le laboratoire monta encore, dans un essaim de robes blanches allant, sortant, transportant toutes sortes de lourds objets et de liquides dangereux. Athanaos incita les enfants à prendre un peu l'air, tandis qu'il retournait au travail.

Cela faisait plusieurs mois qu'ils avaient quitté l'Inde, et qu'Esteban avait dû laisser son père. Depuis, ils avaient découvert les quatre Cités d'Or restantes, à chaque fois sans plus de succès que les précédentes. Les paysages dont ils se souvenaient vaguement avaient tellement changé, et les choses bougeaient d'une manière ou d'une autre. Tout avançait avec le temps.

Mais certaines ne sauraient jamais changer, pensa Esteban. Sinon, ils n'auraient pas à les recommencer encore et encore.

« Toi aussi, ça t'occupe? »

Esteban s'arracha de sa contemplation des paysages, pour se tourner vers Zia. Elle s'accoudait au rempart comme lui, le regard tourné vers la jungle.

« Comment ça? »

« – Toutes ces histoires de...de prophétie, de recommencement, et de destinées. Je sais bien que ça te perturbe. »

Il n'eut pas la force de lui mentir, et soupira.

« Un peu. », avoua-t-il. « J'ai l'impression de ne plus avoir le contrôle de ma vie. »

Si tant donné qu'il l'ait jamais eu. Aussi loin qu'il se souvienne, quelqu'un avait toujours dicté sa vie et son chemin: les moines et leurs croyances, Mendoza et ses promesses, le Grand Prêtre et ses révélations. Son destin avait toujours été dans les mains de quelqu'un d'autre, sans qu'il n'y puisse rien.

« Après tout, c'est ça, l'enfance, non? »

Une fois encore, Zia semblait deviner ses pensées. Esteban ne trouva rien à répondre qu'un haussement d'épaules.

« Je ne sais pas si être adulte en vaut la peine. »

Il regarda son médaillon, le prit en main. Partout où il en était fait mention, il était dit qu'un enfant devait le porter. Les élus, peu importe leur époque, étaient de jeunes enfants, comme les rois de Mu l'avaient décidé. Mais l'enfance s'achevait toujours, et Esteban en prenait peu à peu conscience. Or, il savait bien que la sienne ne serait pas éternelle, ce qui amenait tant de questions sur son rôle à jouer.

« Il faudra bien qu'on devienne adultes un jour. », rassura Zia. « Qu'on vole de nos propres ailes. »

« – Mais ça voudra dire que notre mission sera terminée. »

Il se tourna vers elle.

« Une fois qu'on n'aura plus besoin de nous, qu'est-ce qu'il va nous arriver? On ne peut pas rester les élus pour toujours. On ne peut pas passer notre vie à bord du Condor! »

Et il leur faudrait alors tout abandonner. Rentrer dans le rang, et oublier qu'ils avaient un jour été les enfants les plus importants du monde.

« Il faudra bien qu'on s'arrête un jour...mais qu'est-ce qu'on va faire après? Est-ce qu'on...est-ce qu'on va devoir se séparer? Vivre une vie normale, comme si de rien n'était? Oublier les Cités d'Or, oublier tout ce qu'on a vécu– »

Il sentit alors le doigt de Zia sur ses lèvres, qui lui coupait la parole.

« Tu t'inquiètes beaucoup, décidément! Depuis quand c'est de ton genre? »

Il la regarda, et vit qu'elle souriait.

« Tu sais bien que ça ne se passera pas ainsi. Je suis sûre que les anciens Sages ont prévu ce coup-ci. Fais-leur un peu confiance, tu veux? »

Elle baissa son doigt, et Esteban resta confus.

« ...comment ça? »

« – À vrai dire, je n'en sais pas plus que toi. Mais...mais ça ne me fait pas peur. Je sais qu'avec tous ces... »

Elle ne savait pas comment le dire, donc elle se contenta de soulever un caillou par la pensée.

« ...je ne pourrai jamais retourner à une vie normale. Je sais ce que les Cités attendaient de moi, et j'y ai vu tant de choses! Leur plan est si complexe, si bien pensé...ce n'est pas logique qu'il s'arrête en même temps que notre enfance. »

À coups de pensée méticuleuse, elle fit flotter le caillou jusque dans la main d'Esteban, qui s'en saisit. Il l'examina un moment, le soupesa dans ses doigts, sans trop de résultats.

« ...mais si c'était le cas? », demanda-t-il. « S'il n'y avait vraiment rien de prévu pour nous? Si...si on n'était bons qu'à accomplir cette quête, et puis plus rien? »

« – Alors ce serait à notre tour de trouver une quête. »

Sa main se posa sur la sienne.

« On irait où l'on voudrait. On ferait ce qu'on a toujours eu envie de faire. Au fil du temps, on trouvera des gens qui auront besoin de nous. Et on les aiderait, comme on l'a toujours fait. »

Il releva la tête, la regarda avec incrédulité. Et il ne vit que son sourire confiant.

« Tu es le Héros, Esteban. Tu as une noble destinée devant toi. Tu pourrais accomplir tant de choses! Tu as déjà fait tes preuves, tu es venu au secours de tant de gens sans rien demander en retour. Ton destin est dans ta nature. »

Dans sa nature…?

« ...tu le penses vraiment? »

« – De toute mon âme. »

Elle serra sa main dans les siennes.

« Je sais même que tu pourrais remonter l'Atlantide de sa prison sous-marine. Car j'ai foi en toi à ce point. »

Il ne répondit rien, toujours sous le coup de ses mots. Puis, lentement, il serra ses doigts en retour. Zia sourit, et il sentit alors ses bras s'enrouler autour de lui, dans une étreinte qui lui fit beaucoup de bien sur le coup. Il aurait voulu y rester pour toujours, ne pas s'en défaire; mais malheureusement, ils avaient tous deux à faire.

« Tu voulais aider ton père, non? », dit-elle une fois ses bras relâchés. « Rien ne nous empêche de rester ici quelques temps. Notre destin grandiose peut attendre, ne serait-ce que le temps qu'on y réfléchisse. »

Il fallait dire qu'elle avait touché juste, une fois encore. Elle le laissa partir, et Esteban se rendit au laboratoire pour assister son père, décidé à profiter de ce moment de paix que le destin lui avait visiblement accordé.

Le reste saurait attendre.
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Sandentwins »

:condor: Chapitre 4: Sagesse Nocturne :condor:

« Tu ne dors pas? »

Esteban se retourna, sortant brutalement de ses pensées. Dans la faible lumière de la nuit, il parvenait à peine à voir qui venait de parler; mais lorsqu'il reconnut la voix, son cœur se calma quelque peu.

« Pas vraiment, non. », répondit-il. « J'y arrive pas. »

Athanaos se rapprocha, s'assit près de son fils. En dessous d'eux, quelques gardes du fort faisaient leur ronde nocturne, et leurs torches avançaient lentement dans les ténèbres comme des lucioles enflammées. La lune illuminait la jungle au loin, malgré les quelques nuages qui barraient le ciel; pas un bruit ne venait troubler la paix contemplative où Esteban était venu se réfugier.

« Tu sais que ce n'est pas très poli de rôder la nuit. »

« – Tu me dis ça, et pourtant toi aussi tu rôdes. »

Athanaos cligna de surprise, mais eut tout de même un petit rire.

« Touché. », répondit-il. « Allons bon, dis-moi ce qui te préoccupe tant. »

Esteban haussa les épaules, détournant le regard.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça? Tu crois que j'ai l'air préoccupé? »

« – Je ne le crois pas. J'en suis sûr. »

Esteban était-il un si mauvais menteur? Ou bien son père pouvait-il voir à travers tout le monde si facilement? Il soupira, sachant qu'il serait inutile de nier. Mais le problème était qu'il ne saurait pas par où commencer à expliquer.

Il regarda l'horizon devant lui, quelque peu perdu. Cherchant ses mots, ses pensées.

« Dis-moi...si tout le monde attendait de toi que tu leur donnes toujours des conseils et des solutions, mais...mais que tu ne savais plus quoi faire. Qu'est-ce que tu ferais? »

Il savait que c'était là une question stupide, sans réponse. Mais il avait besoin de savoir. Il ne voulait pas rester tourmenté par ses propres réflexions sans qu'on l'aide à s'en sortir.

Autrefois, Mendoza l'aurait aidé. Il l'aurait guidé, ou lui aurait donné des conseils, mais il n'était désormais plus là. Et Esteban se retrouvait donc sans personne à qui parler des peurs qui lui rongeaient l'esprit, et dont il ne voulait pas que ses amis s'inquiètent.

« Tu penses encore à cette histoire de héros, pas vrai? », demanda Athanaos d'une voix douce.

Esteban ne saurait pas le cacher. Lentement, il tira le poignard doré de son fourreau, et l'observa luire à la lumière de la lune. Un objet des plus magnifiques, des plus beaux, mais malheureusement des plus lourds à porter.

« Je ne sais pas. Je ne sais plus rien… Je continue de me demander si c'est vraiment à moi que revient ce titre. Si il n'y a pas une erreur quelque part...si...si les anciens ne se sont pas trompés, tu comprends? »

Il regarda son père, comme pour essayer de lui faire comprendre sa pensée. Des yeux d'or si semblables aux siens lui rendirent son inquiétude, teinte d'une fatigue que l'âge amenait inlassablement.

« Pourquoi est-ce que tu penses ça? Après tout ce que tu as vécu, tu as bien la preuve que tu es bel et bien l'élu, non? »

« – C'est bien ça le problème. »

Il passa son pouce sur le fil de la lame. Elle était éraflée, et portait elle aussi les marques du temps. Cette arme, et ce qu'elle représentait, était plus vieille que presque toutes les civilisations de la terre, une pensée qui lui donnait le vertige plus vite encore que le sommet d'une tour.

« Je crois bien que je n'y ai jamais vraiment cru. Depuis toujours, on m'attribue des choses que je ne contrôle pas, des rôles que je dois endosser...mais ça ne m'a jamais paru normal. Je n'y ai jamais trouvé ce que je cherchais. »

Quelques oiseaux s'envolèrent au loin, comme une nuée de points sombres dans le ciel de la nuit.

« Même après tout ce chemin qu'on a parcouru, je ne sais pas pourquoi j'ai été choisi. J'ai tant attendu d'avoir enfin une réponse, un indice...n'importe quoi qui m'expliquerait mon rôle. Mais je n'en ai rien eu. Juste...des espoirs volatils. »

D'une pichenette, il fit tomber un petit caillou de la muraille. L'écho d'un bruit de chute lui parvint une seconde plus tard, remontant des ténèbres. Qu'il lui serait facile de tomber à son tour...par précaution, il se recula quelque peu du bord.

« Je veux juste savoir. C'est tout ce que je demande...alors pourquoi? Pourquoi est-ce qu'on ne me dit rien? Je me sens comme...comme un âne à qui on tend une carotte pour le faire avancer, mais qui ne l'aura jamais! »

Malgré son calme, sa frustration parvenait à transparaître dans sa voix, ce qui l'embarrassa quelque peu. Il essaya de l'apaiser, de garder son sang-froid; il n'avait passé que peu de moments avec son père, et il se devait de faire une bonne impression. Pourquoi donc? Il n'en savait rien, mais il devait le faire.

Il sentit alors une main gantée se poser sur son épaule. Il regarda Athanaos en face, mais l'instant d'après, il se fit entraîner dans une solide étreinte qui le prit par surprise.

Il voulut s'en défaire, essayer de garder la face, mais c'était inutile. Prétextant l'obscurité, il ferma les yeux et se laissa faire, faisant bien attention à ne pas le poignarder par mégarde.

« Tu es si courageux, Esteban. Tu es si jeune, pourtant tu portes une telle responsabilité sur tes épaules. »

La main d'Athanaos lui frotta doucement le dos, comme à un enfant. C'est donc à ça que ça ressemble?

« Si ça ne tenait qu'à moi, tu n'aurais jamais plus à vivre cela. Tu n'aurais plus à servir de laquais aux anciens. »

Esteban releva la tête pour le voir, et crut discerner dans ses yeux fatigués les premières traces de larmes.

« Mais tu l'as dit toi-même. », dit-il d'une petite voix. « Je dois continuer. Je dois faire ça... »

« – Cela n'en reste pas moins un devoir cruel. Et je vois à quel point il t'a changé, à quel point il a eu raison de toi. »

Esteban se retira à contrecœur, essuyant ses yeux qui lui piquaient un peu.

« Mais il faut bien que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un...il le faut, c'est tout. »

Il repensa à la sixième Cité d'Or. À la clé qu'ils y avaient découvert, celle qui avait guidé le Kalium jusqu'au fond de la mer. Jusqu'à l'abri sous-marin qui recelait ce qu'Esteban n'aurait jamais osé chercher. La ville submergée qui n'attendait que sa venue pour revenir au grand jour.

« Les gens ont besoin d'un héros. Ils veulent quelqu'un pour les aider, les sauver. Mais je ne sais pas si je serai jamais à la hauteur. »

Il se souvenait encore des regards pleins d'espoir de ces gens qui n'avaient jamais connu la surface. Qui avaient passé leur vie à attendre, à espérer la venue de celui qui leur montrerait le chemin vers la lumière. Il se souvenait de cette sensation de bonheur qui l'avait envahi, de ce soulagement qu'il avait ressenti en apprenant qu'il n'était pas le dernier des Atlantes. Il se souvenait de la fierté qu'il avait eue pour la toute première fois, en rencontrant enfin des gens comme lui.

Il se souvenait de la peur qui s'était emparée de lui lorsque Zarès avait frappé. Lorsque la ville avait commencé à s'écrouler sur elle-même, menaçant d'emporter tous ses habitants dans l'abysse. Il se souvenait de l'horreur de tous ces gens décédés, de ce peuple ainsi disparu, de ce secret désormais détruit.

« Ils comptaient sur moi...et je les ai laissés tomber. Je n'ai rien pu faire... »

Sa gorge se serra, sa voix fut prise d'un tremblement.

« Quel genre de héros laisse tomber ceux qui comptent sur lui…? J'aurais pu...j'aurais pu essayer, j'aurais pu les sauver... »

Le bras d'Athanaos revint se serrer autour de lui, le protégeant du froid de la nuit. Esteban se sentit le besoin de s'y blottir, de s'y abandonner et de pleurer son mal, mais il se refusa ce privilège.

« Tu ne pouvais pas savoir. », dit-il doucement. « Tu as fait ce que tu as pu, tu n'as rien à te reprocher. »

« – Mais j'aurais pu les aider! J'aurais pu les sauver, ou repousser Zarès… Mais je n'ai rien pu faire... »

« – Tu as réussi à t'en sortir, toi et tes amis. Tu ne pouvais plus rien pour ces gens, tu le sais. »

« – Mais ils attendaient un héros. Ils attendaient qu'on les sorte de la mer, qu'on les aide...ils m'attendaient moi! Et je n'ai rien fait! »

Il voulut détourner la tête, succomber à sa honte. Mais la main d'Athanaos lui releva lentement le menton, pour qu'il le regarde.

« Esteban. Tu as fait ce que tu as pu. Si tu avais essayé de les aider, tu te serais fait emporter avec eux, et ç'aurait été la fin de tout. Tu n'as pas à t'accuser de quoi que ce soit. »

Du pouce, il essuya doucement les larmes qui perlaient au coin des yeux de son fils.

« Je comprends ce que tu ressens. Moi aussi, je regrette certaines de mes actions, et j'aimerais revenir en arrière. Mais je sais que parfois, le destin en décide ainsi, et qu'il est inutile de lutter; il nous faut aller de l'avant, et faire de notre mieux la prochaine fois. »

« – Il n'y aura pas de prochaine fois. La ville sous-marine s'est faite détruire... »

À sa grande surprise, Athanaos eut un petit rire.

« Allons bon, Esteban! Ce sont des descendants des Atlantes que nous parlons! Cela fait des milliers d'années qu'ils vivent dans leur bulle sous la mer. Tu sais bien qu'ils auront prévu une telle éventualité. »

Il sourit, tentant de le rassurer.

« Tu n'as pas à t'en faire. Notre peuple a toujours été plein de ressources. S'ils ont survécu à la guerre, ils survivront à Zarès. Et comme ils savent désormais que tu existes, ils savent qu'on les aidera un jour. Je te parie qu'en ce moment même, ils sont en train de reconstruire leur ville en t'attendant. »

Il fallait dire qu'il n'avait pas tort du tout. Mais cette pensée d'espoir restait toujours quelque peu distante pour Esteban, comme s'il se refusait d'y croire.

« J'ai juste beaucoup trop de mal à croire que c'est vraiment moi qui doit les aider. »

Il porta la main à son cou, et en tira le médaillon du soleil, pour le contempler un moment.

« Je sais que je suis l'élu, mais...je me demande s'il n'y a pas quelque chose qui cloche tout de même. Zia descend des rois de Mu, elle possède leurs dons. Tao a hérité de tout le savoir de son peuple, il a été formé depuis toujours. Ils sont à l'aise dans leurs rôles; mais moi, je ne suis rien de tout ça. Je ne suis ni un prince, ni un sage. »

« – ...je crois avoir cerné ce qui ne va pas. »

Esteban se tourna si vite vers lui que son cou lui fit mal.

« Ah bon? »

Athanaos acquiesça.

« Depuis tout ce temps, tu me parles de ce que tu devrais être, ou de ce que tu n'es pas...mais as-tu réfléchi à ce que tu es? »

Esteban pencha la tête.

« Les rois de Mu auraient pu choisir quiconque. », poursuivit-il. « Mais entre tous les jeunes garçons de cette terre, c'est toi qu'ils ont choisi pour porter le médaillon et le poignard. Sais-tu pourquoi? »

Il fit non de la tête, s'attendant à une réponse. Mais à voir la réaction inchangée de son père, ce n'était pas une question rhétorique.

« Je suppose que...que j'ai tendance à aider les gens. », hésita-t-il.

Il regarda sa nouvelle arme, essayant d'y déceler un quelconque indice.

« ...je n'ai pas envie de faire du mal aux autres. Quand on pense à tous ceux qui en font déjà tant...les conquistadors, Ambrosius, et tous ceux qui veulent s'emparer du pouvoir des Cités...je ne sais pas, ça me semble juste naturel d'essayer de rééquilibrer la balance, non? »

« – Tu fais preuve de sagesse, pour quelqu'un qui ne se définit pas comme un sage. »

Il lui mit la main dans les cheveux, d'une manière pas si désagréable que ça.

« C'est ça que je ne comprends pas. Est-ce que c'est ça, mon rôle? D'aider les autres, pour le restant de mes jours? Est-ce que c'est ce qui est arrivé à tous les autres Héros avant moi? »

« – Ça, personne ne le sait. Ce qui veut dire que tu peux en décider par toi-même. »

Esteban contempla le ciel un moment, pensif.

« Il n'est pas souvent facile d'avoir à faire de tels choix. », continua Athanaos. « Mais tu dois te rappeler que tu as toute ta vie devant toi. Tu es encore jeune, et rien ne te force à prendre cette décision maintenant. »

« – Pourtant, tout le monde compte sur moi. Je ne peux quand même pas les abandonner... »

« – Tu ne les abandonneras pas. Rien que le fait que tu penses à eux prouve à quel point tu te soucies de leur sort. »

Il tourna son regard dans la même direction que son fils, contemplant le même ciel nocturne.

« Donc...j'ai juste à attendre? »

« – Le bon moment finira par venir, oui. En attendant, tu peux continuer de faire le bien autour de toi. De te montrer digne du rôle qui t'est échu, à ta propre façon. »

Esteban regarda sa lame, et la lune qui s'y reflétait. Comment se montrer digne de son rôle? Est-ce qu'il devrait encore se plier aux attentes des autres? Se forcer à se battre, à tuer plus de monstres encore?

Non. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Il ne savait pas ce qui l'attendait à l'avenir, mais il était sûr d'une chose: il ne voulait pas devenir ce genre de héros. S'il devait aider les autres, ce ne serait pas au dépens de vies humaines.

D'un geste assuré, il rangea le poignard dans son fourreau. Athanaos sourit.

« Lorsque tu seras plus grand, tu repenseras à ces moments de confusion, d'hésitation. Et tu comprendras qu'il s'agissait d'étapes nécessaires à ton histoire. »

« – Est-ce que toi aussi, tu en as connu? »

« – Beaucoup trop. J'ai souvent hésité sur des choix qui me semblaient bien trop lourds. Plus d'une fois, j'avais eu l'impression de porter le destin du monde entre mes seules mains. »

« – Et qu'est-ce que tu as fait? »

« – Comme toi, je suppose. J'ai foncé sans réfléchir, et à la seule force de mes coups de tête, je me suis retrouvé perdu au milieu de l'océan. »

Esteban bouda, peu content de se faire ainsi taquiner.

« Si c'est ça, les moments importants de ton histoire... », rétorqua-t-il. « Je suppose que tu l'as regretté? »

« – Pas une seule seconde. »

Il lui sourit. Un sourire chaleureux, confiant.

« Car c'est ainsi que j'ai pu rencontrer ta mère. »

Et ainsi, comprenant peu à peu, Esteban finit par sourire à son tour.
:condor: Le meilleur personnage de toute la série, c'est la mère d'Esteban.:condor:

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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Sandentwins »

A la base, celui-là devait être plus long, mais mieux vaut deux chapitres courts qu'un seul qui s'éternise.


:condor: Chapitre 5: Retour aux Sources :condor:

Le Condor replia lentement ses ailes, et commença sa descente vers l'îlot, soulevant un faible nuage de sable. Quelques oiseaux s'envolèrent à l'approche de leur confrère géant, qui réussit à se poser malgré la faible superficie de la côte. Il baissa la tête, le ronronnement du moteur se calmant, et Tao fut le premier à poser pied à terre, sautillant comme un lapin.

« Allez, dépêchez-vous! Il faut qu'on voie ça! »

« – Calme toi, voyons. », fit Zia, descendant à son tour. « Tu vois bien qu'il n'y a rien. »

« – Pour le moment seulement! Mais ça va changer! »

Esteban referma le bec du Condor, lui donnant une petite tape comme à un cheval, et se dirigea vers ses amis, tournés vers l'horizon. Devant eux, les eaux de l'océan Pacifique se prélassaient lentement sous le soleil, n'affichant rien d'autre que le bleu infini de la mer striée de vaguelettes. Un paysage marin somme toute classique, mais qui d'après les légendes cachait un trésor sous ses eaux.

« Et...on est sûrs que c'est bien ici? », demanda Esteban, dubitatif.

« – J'ai vérifié toutes les cartes. J'ai lu tous les récits qui y faisaient allusion. J'ai passé des heures à recouper longitudes et latitudes, à déchiffrer de vieilles cartes perdues, et même à décoder les énigmes du Livre des Cycles; et je crois bien ne pas me tromper. »

Il regarda l'horizon, parcourut la mer du regard.

« Tout concorde. Le continent de Mu se trouvait autrefois juste devant nous. »

« – Souvenez-vous du peuple de Mu, rrk! »

Zia s'assit sur le sable, le toucha du bout des doigts. Sortant la couronne, elle la coiffa avec une certaine hésitation, et ses yeux redevinrent vitreux et absents, comme si elle fixait autre chose. Elle resta immobile pendant un moment, repoussant les assauts de la marée comme un aimant, avant de la retirer à la hâte, le souffle précipité.

« Il n'y a rien. », dit-elle une fois calmée. « Rien de différent. Peut-être qu'il est enfoui trop profondément. »

« – Ça ne colle pas. »

Tao sortit le livre doré, parcourut à nouveau les multiples annotations entourant le texte enluminé. Il feuilleta les pages à la hâte, tentant de décoder l'écriture complexe et les tournures alambiquées une fois de plus.

« Il doit forcément y avoir quelque chose. Esteban, tu veux bien? »

Esteban prit une seconde avant de comprendre, et d'acquiescer. Il se tourna vers le ciel, levant les bras, et ferma les yeux, murmurant la formule atlante que Karsha lui avait enseignée. Et comme par magie, le soleil revint d'entre les nuages marins, éclairant l'océan jusqu'à le faire scintiller de mille feux.

Mais rien ne se passa. Tous les trois contemplèrent la surface pendant une bonne minute, tentant d'apercevoir quelque réaction, sans succès. Pas de monument sortant de la mer, pas de nuages de tempête, pas de bateau céleste surgissant du brouillard. Rien.

« Bon...apparemment, c'est pas ça non plus. »

« – Peut-être qu'il nous manque quelque chose. Peut-être...qu'il faut utiliser les trois reliques à la fois? »

Ils échangèrent un regard. Zia compta jusqu'à trois; elle coiffa la couronne, Tao ouvrit le livre, Esteban brandit la dague. Et ils restèrent ainsi immobiles, plusieurs secondes durant, avant que l'idiotie et l'inutilité de leur situation ne les rattrape.

« Ça ne sert à rien! », protesta Tao. « Je n'y comprends plus rien! On a tout ce qu'il nous faut, non? On a découvert les sept Cités d'Or, on a récupéré les informations de vos médaillons, on a trouvé les trois reliques des Cycles, mais rien ne se passe! »

Il envoya valser du sable d'un coup de pied, laissant libre cours à sa frustration. Esteban pouvait le comprendre: depuis longtemps, on lui avait fait miroiter l'espoir de remettre au jour le continent englouti de Mu, de ramener sa patrie à la surface. Mais même si leur quête était accomplie, rien ne semblait vouloir se passer.

La promesse ne se réaliserait pas.

« Calme-toi donc. », essaya Zia. « Il y a forcément quelque chose que l'on puisse faire. Je suis sûre qu'on s'y prend mal. »

« – Mais qu'est-ce qu'on a mal fait? On a suivi les instructions à la lettre! On a fait tout ce que les Sages demandaient de nous! Pourquoi est-ce qu'il ne se passe rien!? »

Il retomba sur le sable, bras sur les genoux. Contemplant la mer devant eux, qui restait obstinément inchangée.

Esteban se demanda s'il y avait encore des gens dans ces profondeurs, qui avaient survécu à la guerre. Des rescapés de la catastrophe, ou alors leurs descendants. Il repensa aux Atlantes qu'il avait rencontrés, à Karsha et sa famille qui s'étaient montrés si gentils avec lui, aux jeunes enfants qui n'avaient jamais connu autre chose que les profondeurs sous-marines. Est-ce que Tao se demandait s'il y avait également un peuple qui l'attendait, dans l'océan de l'autre côté du Nouveau Monde? Une autre civilisation d'hommes-dauphins, qui parlaient toujours la langue d'il y a dix mille ans?

Est-ce qu'eux aussi gardaient l'espoir d'un jour revenir à la surface, ce murmure d'espoir qui flottait partout dans leur bulle?

« Essayons de reprendre du début. Il doit y avoir une étape que nous avons manquée, un indice que nous n'avons pas vu. Qu'est-ce que les Sages nous ont dit de faire? »

« – Je crois qu'ils parlaient de...retourner aux sources? Quelque chose comme ça? »

« – C'est ce qu'on fait, non? Nous sommes revenus à la source de tout. À l'emplacement de l'ancien continent de Mu. On ne peut pas aller plus loin que ça! »

Tous les trois se mirent à réfléchir. Dans le silence de leurs pensées, le bruit des vagues leur sonnait aux oreilles, comme une distraction permanente.

Ils avaient été plus loin que les élus des cycles précédents, ce qui voulait dire que rien ne pourrait leur venir en aide. Pas de véhicule placé inopinément dans les parages, pas d'ancien ordre fondé pour préserver un secret, pas de culture locale influencée par l'histoire des Cités d'Or. Ils ne pouvaient compter que sur eux trois.

« Dommage que Mendoza soit reparti. Il aurait pu nous aider... »

« – Crois-moi, même lui se sentirait perdu devant cette énigme. »

« – Normalement, c'est là que Pedro et Sancho finissent par provoquer un accident qui nous montre la voie. »

Ils acquiescèrent avec un petit sourire en coin, se remémorant leurs aventures passées. Mais cette tendresse s'évapora vite, ne laissant qu'un sentiment de vide en eux.

« ...à vous aussi, ils vous manquent? »

Tao et Esteban ne répondirent pas. Mais il n'y en avait pas besoin. L'absence de leurs trois marins préférés leur pesait lourdement, et même si elle était nécessaire, les enfants ne s'en sentaient pas moins abandonnés. Les choses n'étaient plus les mêmes sans eux.

« Vous savez...on peut très bien les suivre. », proposa Esteban. « Les Cités sont en sécurité, et Ambrosius...enfin, on est tranquilles. Pourquoi est-ce qu'on ne les rejoint pas à Barcelone? »

Ils se regardèrent un moment, ne sachant quoi dire. Il était vrai que la proposition était attirante…

« C'est vrai que nous ne sommes pas très avancés...on pourrait faire une pause quelques temps. »

« – On en a déjà fait une, pourtant. Et ça ne nous a menés à rien non plus, même avec l'aide d'Athanaos. »

« – Et puis...je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment qu'il est très bien pour le moment. Enfin, je dis ça, je dis rien... »

Il est vrai qu'il y avait de quoi se poser des questions. Peu après la décision des marins de se séparer des enfants, pour les laisser aller là où ils ne pourraient pas les suivre, une certaine artilleuse s'était jointe à leur groupe pour faire voile vers l'Espagne. Laguerra avait prétexté avoir besoin de l'aide de Mendoza et de ses talents pour enfin mettre un terme à ses affaires de revanche, mais même un aveugle aurait su voir le sous-texte évident de son invitation. Ou bien ils s'imaginaient tous des choses, et il n'y avait vraiment que des histoires de vengeance familiale et de complots d'aristocrates là-dessous. Il fallait dire que les enfants avaient d'autres priorités en tête que de se demander ce genre de choses.

« Je crois qu'on devrait se servir des indices que l'on a déjà. », reprit Zia. « Nous devons 'retourner aux sources'...il nous faut essayer de savoir ce que ça veut bien dire. »

Esteban s'assit à son tour, réfléchissant.

« Retourner aux sources...est-ce que c'est 'aux' sources? Ça me semble plutôt 'à la source', non? »

« – Non, ils ont bien dit 'aux' sources. »

« – Donc il y en a plusieurs? »

Plusieurs sources? Qu'est-ce que ça pouvait bien dire?

Esteban essaya d'y penser plus fort. Laissant libre cours à son esprit, il se mit à tracer des formes aléatoires dans le sable à l'aide de sa dague.

« Plusieurs sources...les sources de quoi? »

« – Peut-être qu'il nous faut repartir d'où nous sommes tous venus? »

Non, ça ne pouvait pas être ça. Revenir à leur point de départ leur prendrait trop de temps, et ne ferait qu'effacer tout ce qu'ils avaient parcouru depuis.

Le soleil reparut de derrière les nuages où il s'était caché, et la dague d'Esteban brilla sous ses feux. Les gemmes de la garde envoyèrent leurs reflets colorés sur le sable, et il s'amusa un moment à les faire bouger, regardant danser l'arc-en-ciel de leurs couleurs.

Sept gemmes, chacune d'une couleur différente. D'une énergie différente.

Sept symboles. Sept trésors. Sept Sages. Sept Cités.

Esteban releva la tête.

« Et si...et s'il nous fallait revenir aux Cités d'Or? », proposa-t-il.

Zia et Tao se tournèrent vers lui.

« Mais elles sont détruites, non? Toutes se sont faites anéantir... »

« – Rappelle-toi ce que les Sages ont dit: elles ne se détruisent pas, elles ne font que se refermer. Et si on essayait de les ouvrir à nouveau? Maintenant qu'il n'y a plus de danger, on peut se permettre de les explorer complètement, et de percer leurs secrets! »

Les enfants s'échangèrent un regard.

« Ça nous prendra beaucoup de temps de voyager d'une Cité à l'autre. D'autant plus que nous n'avons plus de carte... »

« – Mais on sait où elles se trouvent, dans quelles régions. Et puis il y a le Condor, il doit bien pouvoir les repérer! »

Il se releva, si vite que la tête lui tourna.

« Tout le monde les croit détruites. C'est notre chance! On peut réessayer! »

Tao se mit à y réfléchir à son tour.

« Ça représente quand même plusieurs jours de vol...mais on n'a pas d'autre piste. »

« – C'est vrai que nous étions bien plus jeunes quand nous les avons visitées pour la première fois. Depuis, nous savons comment elles fonctionnent. On pourrait y découvrir de nouveaux secrets! »

« – Et toute cette histoire de cycles semble appropriée. Si tout n'est qu'un éternel recommencement, alors pour avancer, il nous faut repartir du début! »

Revenir au tout début. À la toute première Cité d'Or qu'ils avaient jamais vue, et qu'ils avaient à peine pu contempler avant que tout ne s'effondre devant leurs yeux d'enfants.

Mais ils avaient grandi, désormais. Et ils étaient plus prêts qu'autrefois. S'ils devaient reprendre du début, alors ils le feraient. Peut-être qu'ainsi, ils en apprendraient plus sur la véritable histoire.

« On va le faire. On va retracer notre chemin, et cette fois on le fera comme il faut. »

« – Et peut-être que cette fois, on trouvera le moyen de sauver nos peuples. »

Ils s'échangèrent un autre regard, plein d'espoir. Puis, d'un pas déterminé, ils s'en retournèrent au Grand Condor.

« Vas-y, bel oiseau. Ramène-nous aux sources. »



J'ai aucune idée de où ca va aller, aaaaaaaaaaahhhhhhhhoh hey un poignard.
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Akaroizis
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Re: "Sa Machine Ailée" et autres histoires

Message par Akaroizis »

La problématique et l'histoire du poignard du "Héros" m'a fait un peu penser au 'subtle knife', des livres de P. Pullman. ;)

J'aime bien comment tu amènes les choses, c'est très fluide et on s'y croirait presque.
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


Ma présentation : viewtopic.php?f=7&t=80&p=75462#p75462

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