MCO saison 4 (Fanfic)

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 26 sept. 2018, 21:53

On verra! :tongue:
Je pense boucler le tout pour demain au plus tôt. Sinon, ce sera en fin de semaine.
Myrkur'Ocrom! MDR :x-): :x-): :x-):
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 27 sept. 2018, 15:12

Suite.

Épisode 27. Armageddon.

Tandis que le jour déclinait, Mendoza avait fini de donner ses directives et de répartir les rôles. Tao fut chargé de rester pour veiller sur Isabella, ce qui ne le dérangeait pas outre mesure car le livre noir n'avait pas encore révélé tous ses secrets. D'autres prophéties attendaient d'être déchiffrées par le naacal. De plus, il y avait quantité d'ouvrages qui l'intéressait au plus au point. Ses compagnons se préparaient, chacun concentré sur ce qu'il avait à faire.
À l'écart, le capitaine vérifia que sa lame coulissait bien dans son fourreau avant d'en rattacher l'agrafe. Jugeant qu'il en aura plus besoin qu'elle, il avait décidé de prendre aussi la rapière de sa femme.
Son arbalète à la main, Miguel vint le rejoindre. Il le contempla gravement et souffla:
MDR: Comme d'habitude, c'est moi qui couvrira tes arrières. Ne t'inquiète pas, tu sais que je fais souvent le malin mais quand il s'agit de tirer avec ça, il n'y a pas plus précis que moi!
Le Catalan opina.
MDR: Sois prudent, surtout.
:Mendoza: : Mais c'est à croire que tu prends ton rôle de grand frère au sérieux!
L'hidalgo éclata de rire, puis tourna les talons pour rejoindre le reste de la troupe.
Mendoza emplit ses poumons d'air frais et poussa un long soupir. Il était conscient que le groupe manquait de préparation et que les conditions n'étaient pas optimales, mais il fallait faire avec. Il allait devoir s'adapter aux circonstances et tirer parti de l'imprévu, comme il l'avait appris. Toutefois, si un gros problème se présentait, une solution de repli avait été prévue et un point de rendez-vous fixé.
Soupirant une seconde fois, il se concentra sur l'assaut à venir.

☼☼☼

L'obscurité tombait, les ombres étaient devenues épaisses. Il était temps pour Mendoza et ses quatre acolytes de quitter la bibliothèque. D'un claquement de doigts, le capitaine ordonna le signal du départ. Ils sortirent du bâtiment après avoir vérifié qu'aucun danger n'était à portée de vue et se glissèrent dans l'ombre. Il leur restait à traverser la cité en se dirigeant vers l'ouest pour rejoindre les abords de la pyramide de Cibola et à récupérer le Myrcur.
Se déplacer sans se faire voir fut un jeu d'enfant, tellement le décor présentait de cachettes et de zones de pénombre.
Silhouette furtives, alertes, souples, décidées, les trois hommes et les élus s'engagèrent dans la nuit tombée, se faufilant puis rampant pour rejoindre la base du mur qui jouxtait l'enceinte de la tour, derrière lequel ils s'accroupirent, aux aguets.
Zia avait pris place, à trois cent mètres de l'entrée située à l'est. Pour alimenter ses pouvoirs, elle avait pris le temps d'amasser autant d'Ombre que possible, en prévision du travail à venir.
Miguel était quelque part derrière elle, car l'inca ressentait sa présence sans savoir exactement où il s'était tapi.
Le capitaine se trouvait sur sa gauche, focalisé sur l'une des deux sentinelles postées devant l'entrée principale. Estéban et son père avaient fait un large détour pour aborder la pyramide par le côté ouest. Immobile au ras du sol, l'alchimiste contemplait ceux qu'il brûlait d'éliminer.
Semblables à ceux du Mexique, les Olmèques étaient tous bâtis sur le même modèle et n'étaient pas nombreux: une quinzaine peut-être, vingt, tout au plus.
Athanaos se morigéna. Bon, d'accord, il n'était pas censé participer à l'assaut proprement dit. Mais sa tâche n'en était pas moins capitale: il lui incombait de profiter de l'attaque de ses amis comme d'une diversion pour entrer par derrière, trouver Svartalfar et son cristal qu'il ne quittait jamais.
Mendoza était prêt. Ramassé sur lui-même, son épée empoignée à deux mains, il se rapprocha dans le dos du garde de gauche. Miguel n'était pas loin, afin de s'occuper du deuxième. Cette attaque conjointe devait déclencher l'assaut, focalisant l'attention des Olmèques à l'opposé d'Athanaos et son fils.
Arrivé à trois pas de sa cible, Juan se redressa derrière le guerrier. Alerté par quelque instinct, celui-ci se retourna brusquement en dépit de la furtivité de l'Espagnol. Ce dernier l'assomma en le frappant du pommeau de son arme. L'hidalgo fit la même chose avec le second garde.
Malheureusement, campé sur le chemin de ronde, camouflé dans l'ombre de la pyramide, un troisième guerrier Olmèque repéra la présence des deux étrangers. Il hocha la tête pour lui-même. Ceux qu'il venait d'apercevoir dans le contrebas pourraient bien faire partie du groupe que recherchait Toutentèque. Il en informa ses congénères en donnant l'alarme.
:Mendoza: : Par la malepeste! Pour la discrétion, c'est raté!
Soudain, les cris des gardes, qui sautaient de la première terrasse et qui se rapprochaient des deux frères, se mirent à résonner, tandis que d'autres guerriers appelaient d'en bas leur chef et Svartalfar. Ce dernier allait sûrement rameuter ses créatures à grand renfort de voix. Elles se trouvaient probablement encore sur le champ de bataille, mais toujours avides de chair fraîche, elle allaient bien finir par arriver en nombre.
:Mendoza: : Il ne faut pas moisir ici, sinon on va se faire prendre.
:Zia: : Et Estéban et son père?
:Mendoza: : Ils nous retrouverons au point de rendez-vous, derrière la statue. On s'en va, Zia! Mig', tu nous suis.
L'expédition était un échec cuisant. Cependant, Mendoza n'éprouvait aucun remords pour ce qui s'apparentait à une traîtrise de sa part.
Ils disparurent dans la nuit. Le capitaine constata que les gardes semblaient plus soucieux de défendre Toutentèque, devant lequel ils se massèrent, que de débusquer ceux qui avaient tenté de pénétrer dans la tour. Cela ne lui offrait qu'un faible répit - des recherches seraient forcément lancées d'ici peu - et s'ils voulaient s'en sortir sans se faire prendre, ils devaient encore regagner la bibliothèque. Ils repartirent courbés sur eux-mêmes et traversèrent une petite place. Le trio se tapit face contre terre pendant qu'une escouade se rapprochait de leur position. Une fois la patrouille éloignée, ils se redressèrent et partirent dans la direction opposée. Le groupe accéléra l'allure autant que le terrain le permettait. Ils devaient toutefois prendre soin de ne pas s'épuiser, au risque de se retrouver immédiatement rattrapés en cas de poursuite.
Dès qu'il le put, Mendoza les fit obliquer, quittant le boulevard principal qu'ils avaient emprunté pour s'engager dans une petite ruelle. Ils la traversèrent, s'engouffrèrent dans une autre qu'ils franchirent le plus vite possible.
Le navigateur se démenait pour les faire avancer à couvert, profitant des édifices du périmètre tout en gardant l'est comme direction générale. Ils esquivèrent un nouveau contingent de gardes puis allèrent se cacher derrière une statue où bientôt, ils furent rejoints par Estéban et son père.
:Mendoza: : Ça va vous deux?
:Esteban: :Athanaos: : Oui.
Regardant autour de lui, le Catalan finit par remarquer l'énorme bâtiment de la bibliothèque. Alors qu'ils tentaient de la regagner, une demi-douzaine de guerriers jaillit, leur barrant la route.
Tout: Les voilà!
Mendoza orienta aussitôt sa clique vers le sud.
Le capitaine poussa un long soupir:
:Mendoza: : On est faits. Désolé, les enfants, j'ai échoué. Ils sont là, tout autour de nous. Nous sommes coincés.
À pied, inutile de chercher à fuir. Et tenter de se cacher était devenu impossible, les Olmèques étaient trop proches, à présent.
MDR: Manifestement, ils n'ont pas l'air d'être pressés!
Le son d'une trompe résonna. Bientôt suivi d'un autre, puis d'un troisième. L'attaque semblait imminente.
:Mendoza: : Tu disais?
Acculés sur un parvis, ils se retrouvèrent face à l'ennemi. Mendoza se tourna vers Athanaos et lui désigna les enfants.
:Mendoza: : Tu restes là et tu veilles sur eux. Si un Olmèque parvint à franchir notre ligne de défense, tu le bloques et tu le tues.
:Athanaos: : Mais...
Le chasseur ne voulait surtout pas être laissé en arrière alors que ses amis allaient combattre. Le capitaine siffla:
:Mendoza: : Pas de mais, Athanaos!
Avant que les Espagnols ne puissent réagir, Svartalfar traça rapidement un geste dans la nuit, la peau de son visage s'animant soudain d'un fourmillement de runes couleur de prasine. Dans la foulée, devinant le potentiel des pouvoirs de la jeune inca, il pointa de son autre main le cristal dans sa direction.
Le sortilège fusa. L'élue fut entourée d'une résille émeraude aux reflets d'un noir d'encre.
La résille se ressera sur elle et la jeune fille s'effondra, les nerfs tétanisés, incapable de faire le moindre geste.
:Esteban: : Zia!

☼☼☼

Un carreau de Miguel fendit l'air dans une trajectoire inverse à celle du sortilège de l'elfe, au moment où la jeune fille s'effondrait. Svartalfar n'eut que le temps de bouger la tête, mais pas suffisamment: sa joue fut éraflée par le trait. Sans avoir pu contre-attaquer, il reçut un autre projectile qui se planta dans son armure runique, au niveau de son torse, le faisant reculer sous le choc. L'elfe était sain et sauf et son bouclier capable d'encaisser bien davantage, toutefois, l'impact avait brisé sa concentration et le sortilège qui retenait Zia se brisa net.
Le sort annulé, elle se retrouva libérée du cocon maléfique mais un peu déboussolée. Estéban la tira vers lui.
:Esteban: : Ça va?
:Zia: : Oui.
Sans en prendre conscience, elle s'était mise à respirer l'Ombre tout autant qu'elle respirait l'oxygène.
Un sicaire, plus impatient que les autres, se rua comme un possédé, brandissant une épée. Matador se fit aussitôt cueillir d'une flèche en plein front.
Protégé de l'écran verdâtre qu'il avait invoqué, Svartalfar fit un pas en avant. Un autre trait d'arbalète ricocha sur son écran protecteur, provoquant un sourire railleur de l'elfe. Celui-ci effectua un large geste du bras, augmentant ainsi l'étendue de son armure. Juste derrière lui, profitant du bouclier éthéré, les guerriers se rangèrent en arc de cercle, de part et d'autre de sa position.
Son arbalète toujours bandée, Miguel couvait de ses carreaux tour à tour Svartalfar et les Olmèques. Ceux-là lui posait problème. Ils étaient trop nombreux. L'hidalgo pouvait en arrêter un, sans doute deux. Sûrement pas davantage en comptant l'elfe... sans parler des pouvoirs de ce dernier.
De Rodas jeta un rapide regard à Athanaos. Le visage de l'alchimiste s'était figé. Il contemplait le chef Olmèque avec une rage à peine contenue.
Cependant, l'arbalétrier n'avait pas le temps de rêvasser. Lequel de ces messieurs bougerait en premier? Toutentèque, même s'il était de loin le plus vieux? Celui sur sa droite? Lesquel serait le plus rapide? Le plus dangereux? Toutes ces questions, Miguel se les posait en continuant de les viser les uns après les autres.
MDR: L'elfe sera le plus dangereux, pas forcément le plus vif. Si je tire sur lui, je dois éviter son armure runique, mes carreaux ne pourront l'entamer suffisamment. Combien m'en reste-t-il? Mon vieux Mig', ce n'est vraiment pas le moment d'échouer! Avec J-C, on a une chance. Une toute petite. Si je peux éliminer deux des gardes avant qu'il n'entre en contact avec l'adversaire, il pourra se charger du troisième pendant que je recharge. Il est de taille, aucun doute là-dessus. Reste Svartalfar. Celui-là, il faudra le tenir à distance. Je doute de pouvoir l'abattre d'un seul vireton et je dois me méfier de ses maléfices. On verra bien. Il va déjà falloir agir au bon moment. J-C va-t-il comprendre ce qu'on doit faire?
:Mendoza: : Mig'! On y va!
:Zia: : Attendez!
Tel un flot pourpre, la revanche de sang jaillit de sa grotte pour la première fois, hurlante, alors même que Zia avait les responsables de la mort de son père sous les yeux. Elle avait suffisamment récupéré. Un rictus creusait ses traits délicats. Elle avait attendu cet instant, ce face-à-face, depuis quelques temps déjà, elle qui l'avait espéré, nuit après nuit, jour après jour. Le constat était aussi clair que rude, une brutale prise de conscience: avec ses pouvoirs, son acharnement, elle était prête. Elle l'était déjà lorsqu'elle se trouvait dans la caverne avec les alchimistes, mais Mendoza l'avait mise à l'écart. Maintenant, les Olmèques étaient à sa portée et elle allait les broyer en dépit de leurs férocités.
Guidée par son instinct et par l'appel de l'Ombre qu'elle avait invoqué et qu'elle percevait dorénavant avec une acuité décuplée, la jeune inca modela.
Au lieu de tisser à partir des réserves engrangées, elle forgea en puisant directement dans la texture énergétique des ténèbres qui naissaient de la Vie, de l'obscurité. Cela représentait un concept totalement différent de ce qu'elle avait découvert durant son "apprentissage".
En bref, Zia se servait directement à la source.
Le processus se déroula, si simple, évident, au moins dans le cas présent. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'Opacité vient à elle, sans la moindre contrainte, sans la moindre retenue, sans que la jeune fille doive effectuer le moindre effort. L'Ombre vint et se plia aux besoins impérieux qui l'avaient tirée de sa trame originelle.
Une onde de noirceur, dense, sirupeuse, apparut au-dessus de Toutentèque et des siens, s'étirant pour englober tous les guerriers.
Une onde d'Ombre pure, soumise au pouvoir de la fille de Papacamayo, que cette dernière ressentait comme une présence palpable, étrange mais prête à répondre à ses désirs.
Clôturant son sortilège, elle agrippa l'extrémité du manteau de nuit qu'elle avait créé avant d'effectuer un ample mouvement des bras, comme si elle voulait agiter une grande nappe, en direction des Olmèques. Celui-ci s'écrasa sur eux, se colla à leurs corps comme une naphte de jais luisant, les faisant s'écrouler sur le sol, sourds, aveuglés, étourdis, incapables de faire le moindre mouvement.
Mendoza ne s'était pas douté que sa petite Zia pouvait réussir un tel tour de force, qui plus est un tour de force purement magique.
Et pourtant.
Et pourtant, elle venait d'accomplir une transcendance purement instinctive, un acte fondamental, rare, dont, en cet instant, elle ne pouvait en mesurer l'importance.
Un acte instinctif bien plus que conscient, la hissant un à stade supérieur de la maîtrise de l'Ombre, qu'aucune élue n'avait jamais atteint, qu'aucune prêtresse inca n'avait pu tutoyer depuis cent, deux cents, trois cents ans.
Toutefois, le répit qu'elle avait obtenu ne durerait pas. Alors plus rien ne pourrait retenir les Olmèques. Le manteau d'Ombre se fissurait déjà sous les efforts de Svartalfar pour se libérer.
Juan se retourna vers son frère:
:Mendoza: : Tu es prêt, Mig'?
MDR: Prêt!
Les Olmèques se débattaient toujours, peinant à s'extirper des relents empoissés qui les plaquaient au sol. Du cristal de la terre allumé d'un feu ardent, l'elfe finit par déchirer par lambeaux les derniers filaments noirâtres qui les retenaient encore. Toutentèque se redressa, furieux.
C'était trop tard.
Un dernier regard échangé, complice. Puis, à l'instigation du capitaine, les deux hommes passèrent à l'action, sans plus attendre.
Mendoza s'élança droit sur l'ennemi en dégainant ses deux lames. Son frère le suivit, ayant lui aussi brandi son arme par mimétisme.
Il bondit précipitamment de côté pour éviter un jet de lance qui se ficha dans le sol. Cépamonfor, l'Olmèque qui venait de tirer dégaina son épée et fut aussitôt éliminé d'un carreau à barbelures empenné qui se planta dans sa gorge.
Abonpor, un autre guerrier, vint s'interposer pour couper la course du capitaine, son bras armé prêt à frapper. Le Catalan arriva sur lui comme la foudre et détourna la hache qui fusait vers lui en la giflant de son épée. Il tournoya sur lui-même, quittant le sol dans une sorte d'entrechat athlétique, ses deux armes redressées à bout de bras, qu'il rabaissa en fin de mouvement pour tailler. La première lame perfora l'Olmèque au creux du cou et de l'épaule, la seconde lui fendit l'arrière du crâne.
À peine retombé à terre, le marin relançait sa course. Un troisième antagoniste se présentait sur sa gauche. Miguel banda son arme et visa. Pendant le vol des projectiles, il les encouragea mentalement:
MDR: Féri donc!
Quelcalor fut abattu de deux flèches successives, si vivement décochées qu'elles semblaient avoir été tirées simultanément. Ayant réussi, l'arbalétrier se réjouit d'un:
MDR: Elle a féri, dondaine...
Confronté à un nouvel adversaire qui surgissait, Mendoza feinta un engagement à gauche et partit finalement sur la droite. Prenant Méjedor à contre-pied, tout en continuant de courir, il se pencha, le temps de lui asséner un revers d'épée dans le creux du genou. L'arme argentée au tranchant parfait sectionna le muscle fléchisseur comme si elle avait pénétré du beurre.
L'Olmèque s'effondra en hurlant, mutilé d'une jambe.
Mendoza bondit entre les deux guerriers suivants, propulsé par une roulade avant. Tator et Tapator se retournèrent pour le poursuivre. Le premier tomba, un vireton de Miguel entre les omoplates, le second, d'un autre derrière l'oreille.
Muscador, un septième guerrier, s'interposa pour barrer la route du capitaine. Avant même qu'il ne puisse lever sa hache, il s'effondra, un carreau planté dans son orbite gauche.
Il n'y avait plus que deux Olmèques, fermement campés sur leurs jambes, dernières sentinelles à lui barrer l'accès au chef. Mendoza planta ses pieds dans le sol, plia légèrement les genoux et décolla. Lancé dans un saut périlleux avant, il passa au-dessus du guerrier de gauche. Au moment où il toucha terre, il frappa d'un ample revers arrière. L'acier se planta dans la nuque d'Ichor, produisant un son écœurant. Dans le même temps, Miguel logea un trait dans le front de Cartakor, le combattant de droite.
Le capitaine avait réussi à se hisser devant Toutentèque.
Frustré, Athanaos se retrouvait cantonné au rôle de spectateur. Son corps bougeait de lui-même, anticipant les mouvements de son ami; esquives, attaques, parades, ripostes. Qu'il était dur pour lui de rester ainsi. D'observer, de s'inquiéter, sans pouvoir intervenir. De subir.
Tout entier focalisé sur le dirigeant, le capitaine ne faisait plus attention à son environnement. Ayant constaté la fièvre destructrice qui l'aveuglait, Svartalfar se rua sur l'étranger et redressa le Myrcur pour relâcher son pouvoir sur lui.
Athanaos cria pour l'avertir mais le Catalan n'entendit pas, gêné par le fracas du combat.
Mais Juan semblait avoir des yeux derrière la tête. Brusquement, il pivota sur une jambe et frappa le maléficieur d'un coup de pied retourner dans le sternum. L'éclair haché qui avait fusé du cristal percuta un bâtiment. L'explosion se révéla d'une puissance incroyable, illuminant la Polis d'une gerbe vermeil, bleu, orange et noir, un véritable maelström de flammes qui monta jusqu'au ciel, avant d'embraser l'ensemble des bâtiments.
Le capitaine poursuivit son élan, enchaînant d'un tour sur lui-même au cours duquel il cingla violemment l'elfe de la pointe de sa lame, lui fendant la joue de part en part, du côté où il était déjà blessé. La respiration coupée, le visage en feu, Svartalfar laissa échapper son sceptre et se tassa sur le sol.
Le Catalan ramassa l'artéfact et tonna:
:Mendoza: : Athanaos!
Il le lui lança. Estéban s'exclama:
:Esteban: : C'est ça le Grand Héritage de nos ancêtres? Se réapproprier le Myrcur qui s'avère être la clef pour effectuer un aller simple pour l'Enfer!
Son père se tenait debout face aux édifices qui brûlaient, son visage ombré par la lueur des flammes.
Le feu conquérant avait pris toute son ampleur et bientôt il ne resterait d'Agartha que des cendres fumantes.
:Zia: : La cité! Elle va se refermée.
:Mendoza: : Allons chercher Tao et Isabella!
Mais Raptor, un autre adversaire, se rua sur Mendoza, son épée tourbillonnante prête à lui lacérer les reins.
L'Espagnol fit volte-face et dans un tintement cristallin, sa lame détourna la force impérieuse de l'arme adverse. Après quoi, celle du capitaine s'éleva, gracieuse, puis retomba, carnassière, frappant Raptor le long des côtes.
Mais le tranchant de la lame ne fit que glisser sur les petites écailles qui garnissaient la cotte de mailles de l'Olmèque.
:Mendoza: : C'est nouveau ça!?! (Pensée).
Le guerrier lâcha un ricanement empreint de malveillance envers son adversaire:
Rap: Toi, tu n'as que du lin comme protection. Je vais te découper en morceau, étranger!
Il renouvela son assaut à peine sa tirade déclamée. Son arme s'éleva une nouvelle fois, tournoya et se rabattit en biais. Mendoza fouetta l'air d'un revers de son épée, dévia l'attaque de l'opposant qu'il renvoya en arrière d'un coup de pied dans la cuisse.
:Mendoza: : C'est une armure complète qu'il te fallait, mon gros. Il me suffira de te couper la tête!
L'Olmèque fit un pas en avant et son épée effectua deux huit successifs destinés à hacher le torse du capitaine. Juan recula d'un sursaut, laissant le premier huit se perdre dans l'air. Il attendit que l'arme remonte dans la dernière boucle du second pour contre-attaquer. La lame de son épée fusa vers le bas, destinée à clouer la botte de son adversaire au sol. Ce dernier, plus rapide que les autres, parvint à esquiver d'un petit bond sur le côté, avant de frapper d'un revers. L'Espagnol interposa son arme et l'acier sonna encore une fois.
L'Olmèque se révélait plus puissant que prévu. Mais l'allonge était égale et Juan se faisait plus preste dans ses gestes.
Les duellistes avançaient, reculaient, avançaient à nouveau. Chaque mouvement de l'un amenant une réplique instantanée de l'autre.
L'acier frappait l'acier. Il tintait, crissait, feulait, fusait en arabesques toujours plus menaçantes.
Dans les contes et légendes, ou encore les récits épiques qui faisaient le bonheur d'Isabella, les combats semblaient pouvoir durer indéfiniment. Dans la réalité, un affrontement durait rarement plus de cinq minutes et d'ailleurs, Mendoza ne tenait nullement à prolonger le duel.
Il saisit l'occasion en plein vol avec l'attaque de son opposant légèrement trop appuyée.
Le capitaine réagit quasi instantanément, élaborant une des fabuleuses feintes enseignées par Achille Marozzo, le grand maître d'armes Italien que le Catalan avait rencontré à Bologne dans sa jeunesse. Juan, à sa connaissance, était le seul à maîtriser parfaitement cette feinte.
Il lança sa contre-attaque sous forme d'une boucle haute de son arme qui retomba pour repousser l'épée sur le côté gauche de son adversaire. Puis, du même élan, il fit passer la lame dans son dos, d'une main à l'autre, de la droite vers la gauche, parfait de fluidité et de précision, et la ramena en garde haute à nouveau empoignée à deux mains, pour frapper l'opposé, cette fois à la dextre de son opposant, trompant sa défense.
Au terme de sa feinte, il rabattit sa lame devant lui, sèchement, telle une faux. Le fil s'abattit sur les avant-bras de Raptor et les trancha au niveau des poignets.
L'Olmèque ouvrit la bouche et ne put s'empêcher de contempler ses mains au sol, toujours en train d'étreindre son arme. Il se trouva néanmoins incapable de produire le moindre son. Le sang s'écoulait de ses membres tranchés par grosses giclées au rythme des battements de son cœur déclinant.
Juan se contenta de lui asséner:
:Mendoza: : Adieu!
Puis il pivota sur lui-même et frappa une dernière fois son adversaire d'un revers.
Séparée de son corps, la tête de Raptor roula sur le sol. Son corps démembré suivit, avec un temps de retard.
Mendoza vérifia que Miguel et Athanaos tenaient leur position. C'était le cas. Alors, il se tourna vers Toutentèque et beugla:
:Mendoza: : À nous deux!
De son côté, alerté par les flammes, Tao s'était rendu sur place. Il fut stupéfait de découvrir un spectacle de désolation digne de L'Enfer de Dante. Le naacal aperçut du coin de l'œil un Olmèque se ruant sur l'hidalgo occupé à rechargé son arme.
:Tao: : Mig'! Attention!
Escalator s'approchait de celui qui lardait les siens de trait meurtriers, comblant la distance à une vitesse inquiétante. Miguel, sans quitter l'assaillant des yeux, tourna sa manivelle le plus vite possible. Un claquement sec annonça que l'arbalète était retendue? L'Olmèque n'était plus qu'à cinq pas.
MDR: Allez! Allez! (Pensée).
Sans perdre une seconde, les doigts du tireur d'élite tirèrent un nouveau carreau de l'étui de cuir accroché à sa ceinture et l'inséra dans le sillon de tir. Plus que trois pas.
Miguel releva son arme en direction de son adversaire mais ce dernier lui arracha l'arme des mains d'un coup de botte. L'arbalétrier tenta de se relever pour combattre au corps à corps mais fut aussitôt jeté à terre d'un revers de poing au visage.
L'Olmèque avançait pour donner le coup de grâce, son épée empoignée à deux mains, dans une frappe destiner à clouer le frère de Juan sur le sol. Au moment où l'arme allait redescendre, Escalator tressaillit. Au lieu de frapper, il fit un autre pas en avant, dépassant Miguel. Il ouvrit la bouche, d'où s'écoula un filet de sang, et s'effondra sur le ventre, la grande épée que l'alchimiste venait de lancer comme une hache plantée entre ses épaules.
Miguel se redressa en grommelant un merci et récupéra son arme, qu'il épousseta d'un geste affectueux. Il poussa ensuite un rugissement batailleur et se rua sur un autre adversaire à portée. Versiongor, qui faisait reculer les élus par de larges moulinets de sa grande lance. L'hidalgo l'aborda par le côté, lui arrachant son arme d'un coup d'arbalète. Puis, avant que l'Olmèque ne puisse dégainer son poignard, De Rodas lâcha son arme et le saisit à bras-le-corps en lui assénant un formidable coup de tête qu'il doubla aussitôt. Versiongor oscilla sur lui-même, le nez en sang, le regard vitreux. Miguel arma son bras et frappa, lui pulvérisant la trachée d'un direct du droit.
Après quoi, il s'empara de la lance et la jeta directement sur Méjedor, l'Olmèque que Juan avait mutilé au genou. Le guerrier reçut l'arme entre ses pectoraux, décolla du sol sous la puissance de l'impact et retomba lourdement, trois mètres en arrière, la lance dressée à la perpendiculaire de son cadavre.
Dans le même temps, Toutentèque dégaina son épée et frappa en direction du capitaine. Celui-ci interposa aussitôt ses lames, qu'il croisa devant lui. En terminant son geste, il comprit qu'il avait commis une erreur. L'assaut de l'Olmèque était porté avec une telle puissance que le choc arracha les lames des mains de Mendoza.
Le navigateur ne lui laissa pas le temps de pousser son avantage. Tandis que le chef du peuple caoutchouc ramenait son arme en arrière pour frapper à nouveau, au lieu de reculer, Juan bondit en avant et prit appui sur les genoux de son vis-à-vis comme Isabella avait prit appui sur les siens au fort de Patala. La différence de style entre mari et femme, c'est que lui s'envola dans un saut périlleux arrière. Ses pieds rassemblés cognèrent violemment son adversaire sous le menton. La mâchoire de Toutentèque claqua. Il recula de trois pas et poussa un gémissement sourd. Puis, sans quitter le marin des yeux, il pencha la tête pour cracher un jet de sang et un morceau de sa langue.
Son rude faciès se contracta de rage. Se faire ainsi surclasser lui était intolérable. Tout entier mobilisé dans un assaut qu'il voulait fatal, il s'élança à nouveau sur Mendoza.
:Mendoza: : Par la malepeste! Comment je vais faire pour abattre cette montagne? (Pensée).
Plus de lame pour combattre. Alors que le capitaine se débattait pour trouver une stratégie, sa conscience prit le relais. Plus d'hésitation. Il était redevenu un soldat, baigné de cette colère glacée qu'il avait appris à sécréter lors d'un combat, capable de scinder son esprit pour mieux analyser les mouvements de son adversaire. L'amplitude de sa course, son poids et sa puissance, son allonge, la manière de tenir son arme, l'angle de son regard, tout cela fut décrypté en quelques secondes.
Arrivé à portée, le guerrier du peuple précolombien balança sa lame en plein élan, dans une attaque descendante, comme Mendoza l'avait prévu.
:Mendoza: : Sa force est sa faiblesse... (Pensée).
Et tandis que Toutentèque se penchait pour frapper d'un arc de cercle, le navigateur avança brusquement d'un pas, se portant au-devant de la lame. Il emprisonna le poignet armé qui volait vers lui, l'agrippa d'une main. De l'autre, il frappa l'Olmèque au creux du coude pour obliger le membre à se plier davantage, tout en poussant la dextre de son agresseur vers le haut. Juan avait initié le mouvement, la puissance de son opposant fit le reste. Emporté par son propre élan, sa main bloquée dans une trajectoire inéluctable, Toutentèque perfora sa propre gorge jusqu'à la garde.
Un éclair d'incrédulité noya ses prunelles. Il leva sa main libre pour pointer le capitaine de l'index et s'effondra lourdement sur le côté, tel un bœuf abattu d'un coup de merlin.
Dédaignant le cadavre, Mendoza ramassa ses armes et tourna la tête vers Svartalfar.
Porté par la haine, ce dernier s'était relevé et avançait à grands pas vers le Catalan, anticipant le plaisir malsain qu'il allait prendre à lui faire mal, à le faire souffrir de la pire manière qu'il pourrait imaginer.
Confronté à la vision du nouvel arrivant, surpris, alerté par son instinct, Svartalfar porta la main à son ceinturon pour se rendre compte qu'abruti par les coups reçus, il n'avait plus le sceptre.
Estimant qu'il allait dégainer une arme, Miguel l'ajusta de son arbalète et lui décocha un carreau dans le gras de l'épaule, repoussant l'elfe contre un mur. Avant qu'il ne puisse faire un mouvement, Mendoza se rua dans sa direction et le frappa d'un violent coup de pied à la poitrine. Le maléficieur tournoya sur lui-même et s'effondra sur le dos.
Le capitaine se laissa tomber sur lui, le bloquant d'un genou. Il le dévisagea, un rictus félin enlaidissant son visage, puis ricana:
:Mendoza: : Alors, tu t'amuses, fiente d'assassin? Moi, oui! Tu voulais ouvrir la porte de l'Enfer, pas besoin d'aller plus bas. Tu es servi!
Pour en finir, l'Espagnol lui planta sa lame dans le coup.
C'était fini, ils avaient vaincu le Mal Ancien.
Mendoza se dressait au-dessus des cadavres, sa lame maculée du sang ennemi.
Miguel hurla un cri d'allégresse, une expression sauvage sur ses traits. Son corps dégoulinait d'adrénaline. Quant à Zia, elle commençait seulement à se rendre compte de ce que ses pouvoirs avaient fait d'elle: une arme réellement redoutable.

☼☼☼

À suivre...
Dernière modification par TEEGER59 le 28 sept. 2018, 08:17, modifié 3 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par nonoko » 27 sept. 2018, 20:26

Et la palme revient à.....Cartakor!
Prix du jury : Versiongor
Prix spécial : Mejedor :x-):
Tu as du bien t'amuser...ça me rappelle les Foldemeques un peuple d'olmeques femelles créé pour les besoins de mon troisième opus jamais fini. Pauvre peuple caoutchouc comme tu les surnommes, tu es bien cruelle avec eux....en tout cas Mendoza est décidément un surhomme, qui peut vaincre l'ennemi à presque lui tout seul et à mains nues qui plus est. Athanaos peut s'étouffer avec sa tunique, il ne fait pas le poids.
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 27 sept. 2018, 21:24

nonoko a écrit :
27 sept. 2018, 20:26
Pauvre peuple caoutchouc comme tu les surnommes, tu es bien cruelle avec eux....
Je n'ai rien inventé. :tongue:
http://dinosoria.com/olmeque.htm
nonoko a écrit :
27 sept. 2018, 20:26
en tout cas Mendoza est décidément un surhomme, qui peut vaincre l'ennemi à presque lui tout seul et à mains nues qui plus est. Athanaos peut s'étouffer avec sa tunique, il ne fait pas le poids.
Dans ce passage, c'est Mig' le grand gagnant. Il fait plus de victime avec son arbalète que Juan avec son épée. ;)
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par nonoko » 27 sept. 2018, 22:15

Pour moi, ce n'est pas le nombre de victimes qui compte...et je t'avoue que je ne vais pas m'amuser à compter! Un de plus, un de moins... :x-):
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par Akaroizis » 28 sept. 2018, 16:34

On se dit qu'avec la facilité avec laquelle ils les ont éliminés uns par uns, les Gardiens étaient de simples combattants. :x-):
Zia commence à faire peur en fait, c'est la nouvelle Svartalfar du groupe ? ^^
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par DeK » 28 sept. 2018, 22:44

Pfiou, quasiment à jour ! Je n'ai pas encore lu le début de cet épisode 27 afin de me remettre complètement du carnage monumental des deux précédents épisodes ; d'ailleurs je suppose que le massacre n'est pas encore terminé puisque Mendoza finit enfin par passer à l'action. :x-):

Plusieurs choses ont retenu mon attention, aussi reprenons depuis l'épisode 25 :
  • Déjà la mort de Zarès qui me parut doucement décevante une fois achevée ma lecture. Toutefois, en y réfléchissant, je la trouve plutôt ridicule, comme le bonimenteur de foire qu'il était, et bien plus humiliante que si l'Espagnol avait daigné utiliser son épée. Donc bravo Mendoza, la fin de l'alchimiste est un caillou en moins dans ta botte !
  • Le retour des Olmèques (des glaces) est bien amené. Comme si ces vieux ennemis devaient inévitablement affronter de nouveau nos héros dans un grand combat final afin de venger inconsciemment ceux qui ont péri des mois plus tôt. Ainsi la boucle est bouclée cette fois sans mécha-machine olmèque (ou pas...).
  • J'en avais précédemment parlé, ne sais plus à quelle occasion, la magie n'est pas ma tasse de thé. Aussi, je me suis parfois retrouvée un peu confuse devant cette effervescence de créatures démoniaques et les sorts ou enchantements servant à protéger la cité d'indésirables intrus.
    Cela dit ce n'est qu'un détail peu gênant, tu as choisi d'emprunter cette direction et cette ambiance magique sert à la narration d'une histoire vraiment riche en rebondissements. :)
  • En revanche ce que j'ai plus de mal à admettre c'est Athanaos... À quel moment ce personnage passif qui a décidé de ne pas intervenir dans la vie de son fils, parce que... (faites des gosses... :roll:) est devenu un esprit vengeur prêt à tout raser sur son passage ?! J'avoue que je ne m'en remets pas. Au moins son moment de transe fait le café, pas un olmèque ne lui aura résisté. :lol:
  • L'avantage de rattraper plusieurs passages d'un coup : on peut éviter les cliffhangers trop longs. :x-): Ah que cette atmosphère est pesante, elle pourrait presque me faire croire que les héros sont définitivement perdus. Car cette fois, entre les jeux de massacres thuléen et olmèque, ça commence à puer sévèrement le cadavre sous terre, il n'est pas sain de faire respirer cet air impur aux élus. :?
Et quid du Myrcur ? Agartha referme t-elle réellement l'arme ultime capable de détruire l'humanité en quelques secondes ? Les élus choisiront-ils de s'en servir afin de purifier le monde de ces êtres guerriers incapables de vivre dans l'harmonie ? À découvrir dans le prochain épisode !

Pardon, je m'emporte... En bref, tu l'auras compris ta fiction me séduit toujours autant et j'ai hâte de connaître le fin mot de cette longue aventure. :)
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 29 sept. 2018, 22:17

Suite... et fin.

Athanaos avait décidé de laisser les cadavres des Olmèques et de l'elfe en l'état. Ils ne méritaient rien d'autre que de pourrir sur place.
Ses compagnons se tenaient en retrait, silencieux. Le chant sauvage du peuple caoutchouc venait enfin de s'éteindre... à jamais.
Couvé par le regard du capitaine, Estéban se mordillait la lèvre inférieure. Hébété, il regardait fixement les lieux à la lueur de l'incendie. Il ne parvenait pas à y croire. Les flammes qui s'échappaient des édifices en feu éclairaient d'une lueur crue les corps allongés un peu plus loin.
Zia, pour sa part, frissonnait. L'expérience qu'elle venait de vivre était encore moins agréable que l'attaque des goules dans le temple.
:Zia: : La mort, encore et toujours. (Pensée).
Libéré d'un poids, l'alchimiste avait enfin repris son souffle et son pouls battait, désormais serein. Son cœur s'en trouvait d'autant plus allégé.
:Mendoza: : Athanaos!
Il se retourna. Mendoza, son visage rubicond dégoulinant de sueur malgré la fraîcheur, posa sur lui un regard anxieux.
:Mendoza: : Il est grand temps de fuir! Allons chercher Isabella.
En effet, les uns après les autres, les quartiers n'allaient pas tarder à s'incliner dangereusement vers le centre de la grande esplanade. Sans qu'ils ne le sachent, la statue du dieu Apollon avait déjà sombré dans de la lave en fusion. Une odeur de charogne mélangée à de la chair carbonisée flottait dans Agartha.
:Esteban: : Et cet homme, l'anachorète?
:Athanaos: : Il doit demeurer dans sa cellule en toute circonstance.
:Esteban: : Mais... Il va mourir!
:Athanaos: : Au yeux du monde, il l'est déjà.
S'éloignant du parvis cerné par les flammes, le groupe se dirigea vers la bibliothèque. Aucune trace des créatures démoniaques.
Mendoza entra dans le bâtiment, une chape de fatigue sur les épaules. Rassemblant ses dernières forces, il saisit sa femme à bras le corps et se redressa.
:Mendoza: : L'Astu! Vite! Il faut redescendre!
:Tao: : Non! J'ai une meilleure idée. Suivez-moi!
Ressortant du lieu qui leur avait servi de tanière, Tao se mit à courir au-devant des autres, le livre noir serré contre sa poitrine. S'engageant vers le nord, il longea un passage obscur qui débouchait sur une série de marches, que le naacal remonta avant de se retrouver devant une grille. Il se contenta de la pousser pour se retrouver au fond d'une ruelle anonyme. En dépit de l'obscurité, Tao savait où diriger ses pas. La ruelle donnait sur l'une des larges artères, qui faisait le tour de la cité et qui menait entre autres vers le grand escalier débouchant sur la ville-basse.
Cependant, c'était dans le quartier de Sûndagatt que le métis voulait se rendre.
Il bifurqua donc vers l'est, l'esprit chamboulé par cette journée à l'issue totalement imprévue. Ses compagnons et lui étaient passés trop vite du Paradis à l'Enfer.
Tao cessa d'avancer, le temps de vérifier ses repères. S'il ne se trompait pas, la cité "sous-marine" devait se trouver deux rues plus loin.
:Tao: : Par là!
Le petit groupe s'engagea dans une allée encadrée de hautes statues lorsqu'une odeur pénible les prit à la gorge: un mélange de crasse et de chair suppurante. Ils étaient au milieu du passage lorsque l'air se troubla. Les sculptures reprirent leurs apparences premières et redevinrent des goules.
En queue de file, Athanaos était cerné. Les créatures sifflèrent à l'unisson.
L'une d'elle, grimaçante fondit sur lui et lui agrippa le bras d'une main armée d'ongles démesurés.
Son fils hurla:
:Esteban: : Papa!
:Athanaos: : Va-t'en Estéban!
Le démon, un ex-être humain prognathe aux traits abominablement déformés, au corps noueux, attira sa proie contre lui, un grondement aux lèvres, tout en continuant à lui tordre le bras. Il émanait de lui une puanteur atroce qui suffisait à couvrir les odeurs de chairs grillées de la cité. Le prophète voyageur reconnut pourtant l'un des Gardiens.
:Esteban: : Zia! Fais quelque chose!
:Athanaos: : Non! Allez-vous-en!
La chose posa sur l'alchimiste un regard haineux. Les deux adversaires se dévisagèrent longuement, jusqu'à ce que le monstre se décide à rompre le charme en laissant échapper un sifflement rageur.
Athanaos, grimaçant de douleur, parvint à retrouver son sang-froid.
:Athanaos: : Tout va bien, Amarok. Lâche-moi, s'il te plaît!
Le regard de la bête se troubla.
:Athanaos: : Tu me fais mal!
Amarok siffla de plus belle, en émettant un son indistinct.
:Athanaos: : Lâche-moi!
Pour toute réponse, la créature lui tordit le poignet de plus belle, avec un craquement sinistre. Athanaos, défait, laissa échapper un hurlement aigu en tombant à genou.
C'était comme si un signal avait été donné. Les démons s'abattirent sur lui en même temps. Ses amis l'entendirent crier, ils le virent se débattre, frapper avec le cristal de sa main valide avant de disparaître totalement sous les formes étirées de ces monstres.
:Esteban: : Papa! Non....
Avant que l'élu ne puisse bouger, Miguel le saisit fermement par le bras.
MDR: C'est trop tard, tu ne peux rien faire... Et te faire tuer n'avancera personne.
Une nouvelle meute de goules jaillit du coin de la rue à cet instant, relançant la fuite des aventuriers. Estéban se laissa entraîner, baignant dans une rage impuissante.
:Tao: : Les utsuro-bune! C'est notre seule chance!
Ils traversèrent le dernier croisement sous le couvert des bâtiments encore indemnes, en direction de la salle aux navires creux. Les nouvelles venues les cherchaient, transformées en prédateurs furtifs. Elles ne les avaient pas encore débusqués mais cela finirait par se produire. De surcroît, elles avaient eu largement le temps d'investir l'enclave et de les encercler.
Mendoza et les autres réussirent à pénétrer dans le quartier au sol bleuté. Un bâtiment leur servit momentanément de refuge. Zia s'appuyait contre Tao. Le naacal et l'élue semblaient à court d'énergie.
:Esteban: : J'y retourne! Elles paieront!
Le capitaine cracha:
:Mendoza: : Elles se paieront ta peau, oui!
Miguel haleta:
MDR: Fiston, tu sais très bien que cela ne servira à rien. Ces monstres sont trop nombreux cette fois. Tu ne ferais pas dix pas, avant de te faire abattre. Le sacrifice de ton père n'aurait servi à rien.
Estéban les toisait, son visage fin convulsé par une indicible perte, mais ses yeux luisaient d'une détermination féroce, qui n'avait d'humaine que l'apparence.
:Esteban: : J'y retourne. Avec ou sans vous!
:Mendoza: : Si vraiment tu veux la vengeance, ce n'est vraiment pas la solution, mon garçon.
Tao plaida:
:Tao: : Mendoza a raison: ces créatures sont perdues. La cité va les exterminer.
:Mendoza: : Tout comme elle va nous avoir si nous ne bougeons pas de là!
Leur argument, leur indéfectible affection, l'amitié qui réchauffait leurs voix lasses, firent retrouver au jeune Atlante un pan de sa lucidité. Tao et Zia étaient à bout de force, et Miguel avait perdu son arme. Sans compter que le capitaine portait toujours sa femme.
Alors sa colère incendiaire se transforma, devint maîtrisée, réfléchie.
:Esteban: : C'est vous qui avez raison en vérité. Nous devons nous sauver. Mais nous sommes cernés.
Mendoza réfléchit quelques instants avant de décider:
:Mendoza: : Mig', tu vas emmener Isa et les enfants dans la salle aux nacelles. N'attirez pas l'attention, évitez le contact.
MDR: Et toi?
:Mendoza: : Je vais vous dégager le passage... Ne m'attendez pas.
MDR: Hé, J-C, tu joues à quoi, là?
:Mendoza: : Au capitaine! De nous deux, je suis le plus gradé. Je donne un ordre et tu l'exécutes, voilà à quoi je joues.
Juan marqua une pause, jetant un regard à Isabella. Il la confia à son frère.
:Mendoza: : Vous devez mettre ma princesse à l'abri. Vous devez vous en sortir!
L'hidalgo pencha la tête, scrutant le visage de son cadet.
MDR: Tu es sûr que tu n'es pas en train de nous faire un truc héroïque à la noix, hein? Du genre, je me sacrifie pour les autres...
Avec un petit sourire, le Catalan répliqua:
:Mendoza: : Que nenni! Tu devrais me connaître assez pour le savoir, il me semble. Et puis sans moi, vous seriez perdus! Je vais juste éloigner les goules et je vous rejoins, ça te va?
Miguel opina.
MDR: Je préfère ça! N'oublies pas que tu va bientôt être papa, alors fais bien attention à toi!
:Mendoza: : J'y compte bien.
MDR: Ah, J-C, une précision tout de même... On se replie, mais que tu le veuilles ou non, on t'attend aux nacelles, c'est clair? Au pire, je dirai aux enfants de fuir avec Isa, mais moi, je ne te laisserai pas derrière moi.
Dans un soupir, Mendoza répondit:
:Mendoza: : Tu es casse-pieds, Mig'!
MDR: Ouais... Mais il se trouve que je tiens à mon p'tit frère. J'ai passé trop peu de temps à l'enquiquiner pour le perdre, c'est comme ça!
Le navigateur se mit à sourire.
:Mendoza: : Soyez prudents mais ne perdez pas de temps à m'attendre.
MDR: Mais tu reviendras, n'est-ce pas?
Il tapota l'épaule de l'hidalgo avant de saluer les enfants.
:Mendoza: : Je te promets que je prendrai la prochaine nacelle.
Et sur cette dernière parole, il se glissa dans la pénombre.

☼☼☼

Mendoza progressa à plat ventre jusqu'à se retrouver à une distance suffisante de la cachette où s'était réfugiée la petite troupe.

280.PNG

Le temps d'une hésitation, il se redressa, dégaina son épée et s'élança d'une démarche féline, les pans de sa cape flottant dans son sillage en s'écriant à pleins poumons:
:Mendoza: : Je suis le capitaine Juan-Carlos Mendoza, je vais vous affronter. Venez, si vous l'osez!
Son ton était tel, railleur, incisif, impérieux, méprisant, qu'il ne manquait pas d'attirer les goules dans son sillage comme un essaim de guêpes furieuses. Il se mit à courir dans le quartier, s'éloignant davantage encore des siens, jusqu'à finir par se retrouver nez à nez avec l'une d'elle. Aussitôt, il effectua un saut périlleux avant de se retrouver à portée de cet homme qui n'en était plus un. À peine retombé, il donna un coup de botte dans le genou de la créature, la faisant s'effondrer. Le capitaine remonta sa lame et la rabaissa, tranchant la cuisse puis se remit à courir, lançant un nouveau cri de défi.
Il croisa d'autres goules et ferrailla, toujours en mouvement, tuant ou blessant ses ennemis, ces êtres affreux qu'il continuait à attirer dans son sillage, les abreuvant de ses railleries, ponctuées de ses méfaits réels ou imaginaires à leur encontre. De quoi les énerver encore plus.
De leur côtés, les enfants s'activèrent. Menés par Miguel, ils progressèrent dans Sûndagatt en veillant à rester dans les zones les plus sombres. Ils avancèrent au son de la voix de Mendoza qui continuait de défier les morts-vivants. Une fois la voie dégagée, ils réussirent à s'extirper du piège que représentait la cité et à atteindre la salle aux navires creux. Le tout sans rencontrer le moindre monstre.
De son regard matois, Miguel considéra les nacelles, qu'il étudia d'un air calculateur. La masse des utsuro-bune ne semblait pas inquiéter les élus outre mesure. L'hidalgo se demanda comment une telle chose allait pouvoir les sortir de là.
MDR: Allez les enfants, décrochez-moi ce joli coco!
Estéban et Zia connaissaient leur affaire et firent descendre l'embarcation sur la rigole avant d'y embarquer avec Tao. Miguel installa l'aventurière à l'intérieur puis braqua son regard en direction de la porte d'eau en scandant à-mi voix:
MDR: Allez, J-C, ramène-toi!
Les cris de son frère s'étaient taris et l'hidalgo ne savait trop si c'était une bonne nouvelle - Juan avait semé ses poursuivants et revenait vers eux -, ou au contraire, une mauvaise - il s'était fait avoir, d'une manière ou d'une autre.
Miguel devait décider s'il devait s'esquiver avec les gamins ou s'il devait encore attendre. La nacelle avait choisi pour lui. Une fois à l'eau, celle-ci avait commencé à dériver vers le centre de la pièce, emportée par le courant. Contre toute logique, elle ne tarda pas à s'élever dans la chute d'eau.
Alors qu'ils volèrent vers le haut, passant sans effort et sans peur au travers de plusieurs kilomètres de roches en strates, Mendoza finit par arriver, courant le plus vite possible vers le fond de la salle.

284..PNG

☼☼☼

À l'intérieur de l'utsuro-bune, Estéban tomba à genoux d'un mouvement incontrôlé, comme si toute force l'abandonnait. La tête prostrée en avant, les mains jointes, il laissa échapper un gémissement sourd, à peine audible, qui exprimait son chagrin mieux que n'auraient pu s'en charger les mots.
Ses amis se tenaient assis autour de lui. Le deuil assombrissait une nouvelle fois leur cœur. Ce n'était pas tant le trépas d'Athanaos en lui-même que la peine visible de son fils qui ébranlait ses compagnons. Jamais aucun d'eux, pas même Zia, ne l'avait vu sous le coup d'une telle détresse. Ses yeux étaient rougis, las, troubles. Aucune larme pour dévaler la pente de ses joues, mais cette tristesse si poignante qui le gouvernait. Tao pleurait ouvertement, trempant les manches de sa tunique.
:Pichu: : Tao...
Tout en croisant les bras, Miguel jeta un œil par l'un des hublots. Il ne distinguait rien, or l'ascension se poursuivait maintenant à travers la glace. Lui aussi était remué par la disparition du prophète voyageur. Et même s'il pouvait être soulagé de ne plus voir leur vie en danger, sa peine était bien réelle.
Incapable de supporter l'apitoiement de ses camarades, Estéban finit par s'asseoir par terre, sourd aux tentatives de réconfort de Zia.

277.PNG

Il ferma longuement les yeux. L'espace d'un instant fugace, emporté par le sentiment de rage qui bouillait dans ses veines, il s'interrogea amèrement sur la justice immanente. Puis sa fureur s'apaisa. La cité d'Agartha avait comme purifié sa pensée. Il s'obligea à réfléchir à la conclusion qui s'était formée dans son esprit, jusqu'à ce que le souvenir du corps enseveli de son père vînt brouiller toute logique dans sa tête: les goules étaient des victimes, elles aussi. Le véritable mal était venu d'ailleurs...
Ils finirent par ressurgir à l'air libre au niveau du front glaciaire. Dans ce décor grandiose, conformément aux écritures anciennes, les eaux étaient déchaînées. La nacelle acheva sa course en plongeant dans l'immense fjord en faisant un énorme "splash".

☼☼☼

De retour dans le Monde Extérieur, ouvrant enfin les yeux, Isabella vit des visages connus penchés sur elle et s'aperçut tout de suite qu'elle était dans les bras de Miguel. Elle essaya de s'asseoir, sans y parvenir.
Mais l'aventurière était de celles dont les réveils sont rapides et, immédiatement, la mémoire de ce qui lui était arrivée lui revint. Elle chercha de la main la blessure laissée par la balle en dessous de sa manche de chemisier. Celle-ci avait tout bonnement disparu.
:Laguerra: : Où sommes-nous? Dans la cale de l'Arche de Noé? Ça tangue énormément!
MDR: Non, ma belle.
Tandis que Miguel lui esquissa un sourire bienveillant, Tao déverrouilla l'accès de la nacelle. Devant lui, la montagne de glace se dressait sur le sol désertique, énormes plaques de grès disposées de façon étrange, comme si la terre s'était détraquée quand les forces du dessous avaient soulevé ces masses vers la suface.
:Laguerra: : Où est Juan?
MDR: Toujours dans la cité.
:Laguerra: : La cité? Mais je n'y suis pas entrée!
MDR: Tu as beaucoup dormi. Ne t'inquiète pas pour J-C. Il va revenir... Il me l'a promis.
Les mots eurent du mal à franchir ses lèvres. Du reste, Isabella ne fut pas dupe.
:Laguerra: : Que s'est-il passé?
Silence.
En voyant leur triste mine, elle éclata en sanglots et cacha son visage contre l'épaule de son beau-frère. Celui-ci lui murmura à l'oreille:
MDR: Chuuut... Isa, je t'en prie, ne pleure pas! Si nous faisons tous cette tête, c'est à cause d'Athanaos.
L'aventurière, enfouie dans le puits de sa douleur, avait l'air de s'y enfoncer un peu plus d'instant en instant. Elle ne se demandait même pas ce que le père d'Estéban venait faire dans cette histoire.
:Laguerra: : Je veux sortir d'ici!
Pichu revenait justement avec une bonne nouvelle: le condor était en vue. Dans la baie, des rouleaux gigantesques moutonnaient sur l'eau avant de s'écraser une première fois à quelques mètres de la grève. Ils reprenaient de la force avant de mourir dans un ultime déferlement d'écume au pied des rochers. Il n'était pas difficile d'imaginer qu'un navire puisse s'abîmer dans une eau aussi furieuse. La nacelle fut poussée malgré elle vers le rivage.
Tout en essayant de se remettre en position assise, malgré les éclairs de douleur qui lui vrillaient les tempes, Isabella sentit une partie de son esprit s'envoler. Comme détachée de son corps, elle considérait de loin le cauchemar d'une étrangère. Les dernières lueurs rationnelles de sa conscience s'évertuaient dans le même temps à lui affirmer le contraire: l'enfer qu'elle traversait était bien réel, son époux n'était plus là.
:Laguerra: : Juan...
MDR: Écoute. Je suis certain qu'il reviendra bientôt.
:Zia: : Oui! Il va bien, Isabella! Je le sens.
Rien à faire! Son esprit paralysé par une incommensurable peine, elle n'entendait aucune des paroles apaisantes que ses amis lui prodiguait.
Zia, navrée, s'efforçait de calmer ces sanglots déchirants qui semblaient devoir ne jamais cesser. Peut-être pensait-elle qu'après les pleurs viendrait le sang, et après le sang la vie?
La tempête commençait à s'atténuer, mais la mer restait forte. De grosses vagues se lançaient à l'assaut du rivage, au milieu de gerbe d'écume qui vaporisaient des embruns dans l'atmosphère. L'uturo-bune finit par accoster. Profitant des quelques secondes de répit entre deux déferlantes, l'hidalgo se redressa, saisit Isabella à bras le corps et s'éloigna du bord. L'aventurière pleura ainsi tant que dura le chemin et, si les larmes coulaient moins, des spasmes la secouaient encore quand Miguel l'emporta dans sa cabine et la déposa sur son lit. C'est seulement une fois couchée qu'elle se calma progressivement pour arriver à une sorte de prostration, plus effrayante peut-être que le violent désespoir qui précédait. Elle resta là, immobile, insensible en apparence, n'entendant rien mais les yeux grands ouverts, le regard fixé sur un même point. Tout à coup, elle poussa un cri déchirant et se plia en deux en portant ses mains à son ventre. Elle se mit à haleter. Zia se précipita vers elle pour la soutenir.
:Zia: : Le bébé! Il arrive, cette fois!

☼☼☼

Dans la cabine, Miguel était au chevet de sa belle-sœur. L'hidalgo, qui savait décidément tout faire et n'ignorait rien de la manière de conduire un accouchement, examinait Isabella de temps en temps. Celle-ci le suppliait de la laisser tranquille. Ensuite, il chuchotait à Zia les progrès qu'il constatait.
MDR: Oui, c'est bien. Le moment est venu, ma belle. Pousse... Pousse, tu vas être soulagée.
C'était une recommandation superflue car l'aventurière n'avait plus la ressource de différer l'inévitable.
:Zia: : Allez, Isabella!
Vers la fin de la nuit, alors qu'une seconde nacelle avait ressurgit des profondeurs de la terre depuis un bon moment, la conscience claire de l'aventurière commençait à s'embrumer. Miguel, qui avait congédié les garçons, demanda à l'élue d'aider le travail et ordonna à Isabella de pousser encore. Cette dernière sanglotait:
:Laguerra: : Je ne peux pas... Je ne peux plus... Laissez-moi mourir!
MDR: Tu ne vas pas mourir et l'enfant va bientôt être là. Encore un peu de courage, Isa!
Du courage? La jeune femme ne savait même plus ce que c'était. Elle obéit néanmoins.
Zia prit la main de son amie.
:Zia: : Ça va aller, Isabella! Hein, Miguel?
MDR: Oui... Bien sûr.
De Rodas tenta de rassurer la future mère en lui caressant le front sous le regard inquiet de l'élue. Cette phase de désespérance ne dura pas et fut immédiatement suivie par un regain d’énergie et de puissance chez Isabella. Les contractions furent décuplées et elle se remit au travail.
Le temps fuyait, et, sous la trappe du condor, Estéban et Tao tournaient comme des lions en cage. Ils pouvaient entendre les cris inhumains de l'aventurière, qui émanaient au-dessus de leur tête.
Toujours omniprésent, le soleil, qui venait d'apparaître au-dessus d'un horizon couleur de sang, darda un rayon timide sur le visage du naacal. Il battit lentement des paupières en observant d'un air concentré les rouleaux orangés qui s'écrasaient inlassablement sur la grève avec un grondement de tonnerre avant de refluer dans un sifflement d'écume assourdissant. Au milieu des vagues se dressait la silhouette d'un uturo-bune.
:Tao: : Estéban! Regarde là-bas!
:Esteban: : Quoi, là-bas?
:Tao: : Une nacelle!
Le fils du soleil scruta longuement la surface orange de l'immense fjord, jusqu'à ce qu'il finisse par distinguer ce que Tao voyait.
:Esteban: : Papa? (Pensée).
Estéban fit quelques pas en hurlant:
:Esteban: : Papa! Papa!
Il s’accrochait à cet espoir comme à une bouée. Et si finalement Mendoza avait réussi à sauver son père?
Il sprinta entre les rochers et ne tarda pas à laisser le condor derrière lui. Les garçons venaient de prendre pied sur le rivage lorsqu'une vague plus forte que les précédentes recracha l'embarcation.

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En l'ouvrant, les mains d'Estéban se mirent à trembler lorsqu'il découvrit un seul et unique passager allongé à l'intérieur. Ses jambes ployèrent sous lui et il se laissa tomber par terre, au comble de l'abattement.
Un bruit le tira de ses pensées. Au terme d'un effort sur lui-même, il parvint à sortir de sa torpeur et se releva. Mendoza, mort de fatigue, fut réveillé de manière brutale par le naacal. Tao le secouait vivement tout en lui donnant des coups sur les joues.
:Tao: : Mendoza! Réveille-toi!
:Mendoza: : Qu'est-ce que...?
Il se redressa en position assise.
:Tao: : Mendoza! Viens vite!
:Mendoza: : Qu'est-ce qu'il y a, Tao?
:Tao: : C'est Isabella... Le travail a repris dès notre "retour"!
:Mendoza: : Où est-elle?
Le Muen pointa le condor du doigt. Le Catalan s'élança dans la direction indiquée et traversa au pas de course la distance qui le séparait de l'oiseau d'or.

☼☼☼

Suivi des garçons, Mendoza monta l'échelle prestement, traversa le cockpit en trombe puis entra dans sa cabine. Le visage d'Isabella s'éclaira en le voyant.
:Laguerra: : Juan!
Il se précipita vers sa femme et l'étreignit avec une tendresse infinie. Abandonnée dans ses bras puissants, elle le détaillait, son regard si chaleureux tamisé par un voile de douleur. Un murmure:
:Laguerra: : Tu es là, mon Juan... Où étais-tu passé?
:Mendoza: : C'est une longue histoire.
Elle roula des yeux tandis que son corps s'arquait de souffrance. Après avoir poussé un gémissement aigu, elle reprit:
:Laguerra: : Je t'aime tant mon chéri... Je ne savais pas que l'on pouvait aimer autant!
Mendoza ne pouvait quitter sa femme des yeux. La gorge serrée, il lui écrasa les lèvres des siennes.
:Mendoza: : Moi aussi, je t'aime.
Sa voix était aussi satinée que la caresse d'un nuage. Miguel les interrompit:
MDR: Bon, les enfants! Vos retrouvailles sont émouvantes mais le travail n'est pas fini. J-C, tu peux nous laisser, s'il te plaît? Et va mettre des vêtements chauds! Tu es trempé comme une soupe.
Le capitaine obtempéra sans discuter. Zia, elle, ne quittait pas le chevet ni la main de la future mère qui se cramponnait à elle.
Après avoir changé de tenue en favorisant une tunique à manches longues, il sortit de la cabine et alla s'installer dans le cockpit. Les garçons vinrent lui tenir compagnie.
Tao se plaça à sa droite, Estéban à sa gauche. Tous deux avaient les yeux rougis. Aussi dignes l'un que l'autre dans le deuil qui les cernait.
En un battement de cœur, la perte de son père écrasa de nouveau l'élu de tout son poids. La main de Mendoza se posa sur sa joue, fraîche, rassurante, un léger baume à ses blessures de l'âme. Il posa la main sur la sienne pour maintenir le contact.
Le Catalan lui sourit.
:Mendoza: : Comment te sens-tu, mon garçon?
:Esteban: : Physiquement? Bien! Pour le reste, que pourrais-je dire? Ma peine ne se mesure pas en mots. Ni ma colère. Et c'est la colère qui me guide.
:Mendoza: : À voir la tête que tu affiches, cela ne fait aucun doute. Mais je préfère de voir réagir ainsi.
:Esteban: : Ce n'est pas juste!
:Mendoza: : Le monde est loin d'être juste, Estéban, tu devrais le savoir, non?
:Esteban: : Oui. Et pourtant, cela ne me convient pas. Ce monde, on aurait pu le rendre meilleur, du moins c'est ce que je pensais. Or ce n'est pas en s'attaquant aux autres que l'on va y parvenir.
:Mendoza: : Tu ne dois pas culpabiliser pour les actions de ton père. Il a fait ce qu'il croyait juste pour venger ses amis, rien d'autre. Il a châtié les coupables comme ils le méritaient. D'une certaine manière, en l'aidant, nous avons purifié le monde en le débarrassant de la menace Olmèque.
L'élu haussa les épaules. Par fatigue? En guise de capitulation? Mendoza l'ignorait.
Dans la pièce d'à côté, bien qu'éreintée, Isabella continuait à pousser, presque machinalement.
La douleur de sa princesse lui était désagréable et la stridence des cris, des supplications, lui vrillait les tympans.
:Mendoza: : Il faut que je sorte!
Les minutes, élastiques, s'égrenèrent encore ainsi longtemps. Lorsque le navigateur laissait vagabonder ses pensées, non seulement il perdait toute notion de l'heure, mais il cherchait à s'y soustraire. De sa main droite, il attrapa son annulaire et tritura nerveusement son alliance. Il ressentait un profond sentiment d’impuissance en sachant que sa femme éprouvait une vive souffrance, là-haut.
Et, soudain, il y eut une douleur plus forte que toutes les autres, une douleur au sommet de toutes les douleurs qui lui arracha un véritable hurlement. Sous les pattes du grand oiseau d'or où il attendait, Mendoza se jeta à genoux, les mains sur les oreilles. Mais ce fut le dernier. L'instant suivant, Isabella délivrée, plongeait enfin dans cette bienheureuse inconscience qu'elle avait tellement désirée. Elle n'entendit ni le chant des baleines, ni le piaillement rageur du bébé dont Miguel claquait les fesses d'une main experte, ni le cri de joie de Zia:
:Zia: : C'est une fille!
Elle avait choisi de s'évanouir.
Les garçons entrèrent sans y être invités. Estéban s'approcha et contempla avec un mélange vaguement nauséeux, de timidité, de curiosité et d'attirance, la petite créature rougeaude, aux cheveux noirs et collés sur le crâne, à la peau encore enduite d'un liquide cireux. Du bout d'un de ses doigts, il toucha le front doux et fragile, recula avec une grimace souriante.
:Esteban: : Ai-je poussé les mêmes cris, quand je suis sorti du ventre de ma mère? A-t-elle hurlé comme Isabella en m'arrachant à elle? (Pensée).
En proie à une révélation confondante, l'élu mesurait soudain ce qu'était la réalité d'une naissance, que le fruit d'un corps est comme celui d'un arbre, et qu'il était pétri de la chair maternelle.
Cette constatation, si neuve pour lui, le remuait jusqu'au cœur. Pourquoi un tel lien avait été rompu? Pourquoi ne connaissait-il pas celle qui lui avait donné la vie?
Quelques minutes plus tard, il se sauva en courant. Il descendit les barreaux de l'échelle pour rejoindre le capitaine. Les cris avaient cessé sans que celui-ci ne s'en rende vraiment compte.
:Mendoza: : Comment va-t-elle? Comment va ma femme?
L'élu secoua la tête sans prononcer un seul mot. Le marin écarta prestement le jeune garçon pour monter à bord.
:Esteban: : Non, Mendoza! Attends!
:Mendoza: : Laisse-moi passer, Estéban!
En remontant, il y eut un silence de mort.
:Mendoza: : Isabella!
À l'intérieur de la cabine, pas un son non plus. Mendoza s'arrêta devant la porte et hésita à entrer. Il resta silencieux car il savait que vains seraient ses cris, ses hurlements d'homme détruit par le chagrin. Il se tourna et resta dos au battant en considérant la pointe de ses bottes. Des images d'Isabella dansaient dans son esprit, son rire tintait à ses oreilles, le souvenir de la douceur de sa peau réchauffait la paume de ses mains. Il réprima un sanglot et délaissa ses pensées, les yeux embués. Il était perdu.
Vulnérable.
La tête toujours baissée, ses larmes se mirent à couler. En un claquement de doigts, il comprit qu'il venait de tout perdre.

☼☼☼

Dix minutes plus tôt.

Quand Isabella revint à elle, il lui sembla flotter à travers une brume légère. Son corps n'existait plus. Il avait miraculeusement rompu les amarres qui le retenaient à une terre cruelle et sans pitié, au point que l'aventurière crut, un instant, qu'elle avait atteint le séjour des bienheureux. Pourtant, la voix familière de Miguel lui démontra qu'elle figurait toujours au nombre des vivants:
MDR: Elle a ouvert les yeux. Estéban, va chercher Juan. Tao! Apporte-moi vite de quoi la nourrir! Il faut lui rendre des forces.
Tout en parlant, il s'essuyait tant bien que mal avec sa tunique tachée de sang.
Inconsciemment, Isabella laissa ses mains glisser le long de son corps et constata qu'il était redevenu plat, presque comme par le passé. Elle se souvint alors de ce qu'elle avait enduré et demanda, d'une voix encore faible:
:Laguerra: : L'enfant? Est-ce qu'il est né?
MDR: Bien sûr qu'il est né!
:Zia: : Enfin... Elle est née! Tiens! Voilà ta petite fille!
Entre les mains de Zia, il y avait un paquet blanc de linges fins que la jeune inca, avec des gestes pieux, vint loger entre le bras de la jeune mère et sa poitrine. Isabella se souleva un peu et vit un petit visage rouge et fripé dans l'encadrement neigeux d'un béguin de batiste brodée, deux poings minuscules et cependant parfaits qui se serraient près du tout petit nez. Elle écarta un peu son bras pour mieux la tenir et, instinctivement, sourit à ce bébé qui était le sien.
Désormais, il y avait un être de plus dans la cabine.
La jeune maman fut aussi silencieuse qu'un livre qui se referme tout seul. Cette fois, elle ne luttait plus. Au contraire, elle suivit le sillage, guidée par Miguel dont les gestes mesurés étaient précis comme un balancier d'horloge.
:Laguerra: : Dieu qu'elle est laide!
L'aventurière caressa pourtant d'un doigt précautionneux l'une des menottes.
:Tao: : Tu veux dire qu'elle est superbe!
Le naacal claironna ces mots en revenant avec un œuf battu dans du lait.
:Tao: : Ce sera une belle jeune fille, tu peux m'en croire! En revanche, elle n'a pas l'air de te ressembler beaucoup...
Un coup de coude de Zia lui coupa la parole, mais Isabella examinait à présent les traits menus.
:Laguerra: : C'est vrai qu'elle ressemble à son père... D'ailleurs, où est-il?
MDR: Estéban est sorti le chercher.
Pendant que les enfants et Miguel faisaient cercle autour d'elle, Isabella avait accepté de boire le lait de poule. À peine restaurée, elle serra de nouveau sa petite fille sur sa poitrine. Face au petit être annonciateur de joies et de peines à venir, produit de ses entrailles, elle s'abandonna de nouveau un court instant au silence. Il n'était jamais superflu de se ménager quelques minutes de repos, tant que la raison le supporte. Mais le supportait-elle? N'était-il pas aussi nécessaire que néfaste que de distiller ce fiévreux plaisir, cette volupté aussi faussement inédite que de s'enfoncer une lame dans la chair ou de rejeter la couverture lorsqu'on a froid.
Après quoi, la jeune maman s'endormit de ce sommeil réparateur qu'elle avait appelé durant l'épreuve de la nuit. Au même instant, Mendoza arrivait dans le cockpit. Le silence régnait.
MDR: Prends-la Zia...
La jeune fille ôta le bébé qu'Isabella avait gardé contre elle et s'apprêta à le coucher dans le berceau qu'elle avait placé dans la pièce adjacente, afin que la mère pût reposer en paix.
De l'autre côté de la porte, déchiré, le visage saturé de souffrance, le navigateur baissa le regard, effondré que l'issue de la grossesse se soit aussi atrocement achevée.
Arraché du giron maternel, le bébé se mit subitement à pleurer. Le marin releva brusquement la tête et entra sans plus tarder. Devant lui, il vit Zia qui chuchotait au nourrisson.
:Zia: : Chut! Chut! Chut! Regarde! Voilà ton papa...
:Mendoza: : Isa? Est-elle...?
:Zia: : Non! Ne t'inquiète pas! Elle dort.
Pendant que De Rodas caressait une nouvelle fois le front de l'aventurière, le capitaine s'approcha à grands pas de la jeune inca.
:Zia: : Félicitations Mendoza! C'est une fille. Elle est magnifique!

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L'heureux papa la prit dans ses bras, et s'aperçut qu'elle avait les yeux de sa mère. Ému, il effleura d'un doigt timide la peau diaphane de sa petite fille puis, il posa sa main sur l'épaule de Miguel, avant de l'étreindre.
:Mendoza: : Merci, grand frère! Je...
MDR: Pas besoin d'en dire davantage, J-C...
Miguel lui donna une tape dans le dos avant de sortir.
Quand finalement Mendoza s'approcha de son épouse endormie, quand enfin il put la toucher, s'emplissant jusqu'à ses dernières fibres de la vision délicieuse, faisant siennes la douceur de ses traits, la crainte qui encore le fit frissonner, le marin ne put que poser ses lèvres sur les siennes.
Isabella ouvrit les yeux.
:Laguerra: : Mon Juan... Tu es là...
:Mendoza: : Oui, ma tigresse. Je suis revenu... (Pensée).
Après sa délivrance, elle avait le visage hâve, amaigri, des cernes déparaient sa beauté, sans toutefois la piétiner totalement. Il se mit à sourire et la serra contre lui, légère comme l'étamine.
Durant ces minutes d'éternité, Zia, témoin silencieux de la scène, s'estompa avec le bébé dans la lumière pourpre pour disparaître tout à fait. Mendoza, tout à son amour, ne vit rien.

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Comme pris de fièvre, il l'embrassa, encore et encore, respirant l'odeur de son parfum.

☼☼☼

L'hidalgo alla chercher de l'eau pour faire une toilette que sa nuit de veille rendait indispensable, mit une tunique propre et se rendit dans l'espace prévu pour prendre un déjeuner dont il sentait l'urgence.
Dans la salle commune, Zia était occupée à vanter à son Estéban les innombrables qualités de celle qu'elle appelait déjà "sa petite sœur", mais elle se hâta tout de même de servir à Miguel une grande écuelle de panade au lait et à la cannelle, tout en gratifiant ses amis de son inlassable bavardage. De Rodas pensa que c'était là une excellente occasion de filer pour prendre quelques heures de repos. Il avala d'un trait un grand gobelet de cidre et gagna le large.
On en était à débattre des noms que la petite fille allait recevoir quand le naacal fit son entrée. Sa mine sombre frappa les élus.
:Zia: : Qu'est-ce qu'il y a, Tao?
:Tao: : Je viens de déchiffrer la dernière prophétie du livre noir.
:Zia: : Et que dit-elle?
L'adolescent hésita, ne sachant comment interpréter le texte.
:Tao: : Elle dit ceci: "Quand le Myrcur rencontrera son ultime possesseur, celui-ci restera à jamais à Agartha. Ce royaume s'étendant sous la surface, dirigé par cet homme du Monde du dessus apparaîtra en sauveur en temps utile".

ÉPILOGUE.

Plus tard, alors qu'Isabella tenait le bébé endormi dans les bras, Mendoza vint s'asseoir près d'elle.
Du dos de sa main, il lui frôla la joue. Il l'enlaça et déposa un baiser sur son front.

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:Mendoza: : Quand Estéban est venu me chercher, il...
Le marin cherchait ses mots.
:Mendoza: : En voyant sa mine grave, je... Oh, mon amour! J'ai cru t'avoir perdu...
:Laguerra: : Non... Tu ne me perdras jamais!
Sa voix était douce. Si douce qu'elle lui donnait l'envie de pleurer. Pourtant, il fit le contraire en affichant un sourire radieux.
:Laguerra: : C'est difficile à croire. Cette petite chose grandira si vite.
:Mendoza: : Dis-moi, ma princesse... Tu sembles presque heureuse.
:Laguerra: : Je le suis. Pour la première fois de ma vie, je pense à autre chose qu'à moi-même. Mon père a besoin de moi et ce petit ange également. Deux sur trois, ce n'est déjà pas si mal.
:Mendoza: : Qu'est-ce que tu veux dire?
:Laguerra: : J'espérais que tu compléterais cette joyeuse trinité...
Mendoza demeura silencieux un court instant avant de répondre.
:Mendoza: : J'en fais déjà partie. Nous sommes mariés...
Elle posa une main sur son bras, puis elle se pencha doucement pour ne pas réveiller leur fille, et l'embrassa avec toute la passion qu'elle put rassembler dans cette position inconfortable. Le capitaine ferma les yeux et sentit le monde s'évanouir.
:Laguerra: : Reste avec Elena et moi.
:Mendoza: : Elena?
:Laguerra: : Qu'est-ce que tu en dis?
:Mendoza: : C'est joli comme prénom...
:Laguerra: : Tu ne m'as pas comprise. Je te parle du fait de rester avec ta famille... à plein temps...
:Mendoza: : C'est tentant.
:Laguerra: : Pourquoi pas alors? Tu n'as plus besoin de courir le monde pour gagner ta vie.
:Mendoza: : C'est vrai. Mais si tu penses que l'aventure est dangereuse, la routine elle, est mortelle. Sérieusement, mes tripes me disent que j'ai encore des choses à accomplir en tant que marin...
La jeune femme détourna le regard.
:Mendoza: : Hé! Laisse-moi finir... J'exercerai mon métier différemment.
Il posa son index sous son menton et le fit pivoter vers lui.
:Mendoza: : Qu'y a-t-il de mal à se sentir bien en voulant continuer à faire ce qu'on aime?
:Laguerra: : Rien, si tel est ton destin.
:Mendoza: : Cette fois, c'est toi qui ne comprends pas.
:Laguerra: : Dans ce cas, que dois-je savoir pour "comprendre", Juan-Carlos Mendoza?
:Mendoza: : Eh bien que je suis un romantique passionné. Que jamais je ne coucherai à droite et à gauche car je suis épris de mon impossible épouse. Que jamais je n'oublierai mes principes même si je me trouve loin de chez moi. Et que je tiendrai toujours les promesses que je fais à ceux que j'aime et je vais t'en faire une, Miss Glaçon.
Elle fronça les sourcils.
:Laguerra: : Laquelle?
:Mendoza: : Tu devras me supporter souvent car je me contenterai de faire du cabotage uniquement en Méditerranée.
:Laguerra: : Mais ce genre d'expédition peut durer au minimum deux ans!
:Mendoza: : Alors, je trouverai autre chose à faire pour être auprès de toi.
Son regard se radoucit.
:Laguerra: : Vraiment?
:Mendoza: : C'est promis! Maintenant, puis-je prendre ma fille, s'il te plaît?
Isabella hocha la tête. Mendoza la prit délicatement. Le simple fait de passer de main en main réveilla quand même la petite.
:Mendoza: : Bonjour Elena... C'est papa...

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À travers le linge fin, il se mit à jouer avec ses doigts de pied. Le capitaine sentait qu'ils étaient ronds comme des petits pois alignés dans leur gousse. L'aventurière se mit à sourire. Attendrie, elle s'approcha de son époux et enlaça ses bras autour de son cou avant de l'embrasser avec douceur. C'est à ce moment que tous les autres firent irruption dans la cabine.
:Mendoza: : Ma fille! Regardez comme elle est adorable!
:Tao: : Montre-la moi encore, Mendoza!
:Mendoza: : N'est-elle pas magnifique?
Tous y allèrent de leur commentaire, puis un ange passa. Le bébé bougea ses petites mains, comme pour les tester. Le silence fut interrompu par Zia qui changea complètement de sujet.
:Zia: : J'ai l'impression que nous avons accompli quelque chose d'important en enrayant cette bataille finale dont parlait les sages de Mu et d'Atlantide.
:Laguerra: : Tu crois ça, Zia?
:Zia: : Bien sûr! Pense aux aventures que nous avons partagées. Combien d'autres personnes peuvent prétendre avoir agi pour faire avancer les choses dans ce monde, au lieu de suivre la foule?
Allongée sur la couchette, Isabella esquissa un sourire. Elle regarda tour à tour chacun des visages à présent si familiers qui l'entouraient, avant de fixer son époux droit dans les yeux. Il sentit que son regard noir glacé pouvait lire en lui comme à livre ouvert et atteindre un point enfoui au-delà.
:Laguerra: : Cet affrontement ne pourra jamais être évité. Vous l'avez simplement retardé.
:Mendoza: : Isabella a raison! Tu l'as entendu comme nous, Zia. Le livre noir est prophétique: l'humanité ne sera jamais raisonnable. Même sans la technologie de Mû, elle trouvera d'autres moyens d'intimidation. Dans un peu plus de quatre cent ans, les nations les plus fortes pourront asseoir leur suprématie avec ces armes nucléaires...


FIN.
Dernière modification par TEEGER59 le 01 oct. 2018, 08:38, modifié 6 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 29 sept. 2018, 22:34

Et voilà chers lecteurs!
Après plus de vingt mois de travail, de recherche sur le net pour décrire aux mieux les différents pays que nos conquistadors ont exploré, je suis finalement arrivée au terme de ma propre aventure.
J'espère que mon histoire vous aura plu, bien qu'elle soit à cent mille lieues de ce que nous proposera BS.
J'ai essayé de coller au plus près à l'âme de la série, des faits historiques et au tempérament des personnages. (En accentuant toutefois la mauvaise humeur du capitaine et en adoucissant le caractère de l'aventurière - Les hormones, sans doute! :tongue: )
Merci à la fée Viviane pour ses nombreuses relectures, pour ses commentaires en off qui m'ont parfois fait prendre des virages à cent quatre-vingt degrés.
À bientôt pour de nouvelles aventures...
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:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par nonoko » 30 sept. 2018, 11:36

Un peu de douceur dans un monde de brutes...Tu finis en beauté après les horreurs des divers combats où le sang coulait à flots dans une sorte de folie collective. Athanaos est enfin mort, d'une mort convaincante et bien horrible. Je regrette tout de même l'extermination du peuple caoutchouc, mais il doit bien y avoir un survivant ou deux (pas si on en croit l'Histoire officielle, mais sait-on jamais)
Il va falloir poursuivre cette histoire de Myrkur...on t'attend au tournant.
Miguel a un joli rôle et Esteban est aussi convaincant en fils dévasté. Mendoza en voit de toutes les couleurs mais s'en sort toujours avec panache, sang-froid et sobriété (bon il embrasse un peu beaucoup Isabella mais c'est normal, on va dire que je ne lui en veux pas :x-): )
Ma réplique préférée: 'Dieu qu'elle est laide!' Sacrée Isabella va...faut croire que les hormones ne lui ont pas assez adouci le caractère! :tongue:

Bravo pour ce travail de longue haleine et merci de nous avoir embarqués dans ces aventures plus que mouvementées et riches en émotions.

PS: malgré les relectures de la fée, il reste quelques coquilles, mais je laisse le plaisir à Akar de les relever ;)
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
Unagikami mon amour
"It was a skyfall, and a rebirth, a bloody honeymoon, for both of us"
Yokai Circus

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