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MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 17:11
par Chaltimbanque
Bonjour à tous ! ;)

Nouveau sujet pour vous présenter une collection de one-shots ayant pour but de narrer des scènes manquantes de la série (saisons 1, 2, 3) ou d'éventuelles scènes futures (saison 4). Je n'ai malheureusement pas le temps de vous présenter un projet plus ambitieux, mais je serais heureuse de partager ces courts récits avec vous. :D

Et puis, ça me fera un bon exercice d'écriture de synthèse.

Vous êtes tout à fait libres de faire des suggestions quant à des scènes que vous auriez aimé voir / que vous voudriez voir dans le futur. Si c'est le cas, je vous demanderais juste de me les envoyer par MP, de manière à ne pas ruiner la surprise pour les autres. ;)

Un grand merci à Teeger, aussi, qui a bien voulu accepter de me servir de 1ère lectrice pour effectuer un petit travail de relecture : 2 paires d'yeux valent mieux qu'une ! :D

Voici donc le premier one-shot, qui se déroule dans l'épisode 25 de la saison 3 ("Le Serpent et le Lion"), ce qui veut dire ATTENTION SPOILERS pour ceux/celles qui n'ont pas encore vu tous les épisodes de la saison 3 ! Avec un autre merci à Teeger (décidément !) pour la capture d'écran. ^^

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— Mais, précisa Mendoza en s’inclinant légèrement, une main dans le dos en signe de révérence, nous avons de la place, à bord du Grand Condor.

Face à cette offre pour le moins inattendue, Laguerra demeura un instant interdite. Puis, alors qu’un énigmatique sourire venait étirer ses lèvres, la jeune femme empoigna la garde de sa rapière d’un geste souple, déterminé et rapide avant de ranger cette dernière à sa place habituelle, dans le baudrier pendant au côté de sa hanche gauche. Elle sentait que le capitaine l’observait avec attention, et préféra ne pas répondre à sa proposition pour le moment. Il ne sembla pas s’en offusquer.

En silence, il porta son regard sur le plan d’eau qui se trouvait à leurs pieds. Quelque peu soulagée d’échapper à ses yeux inquisiteurs, ne serait-ce que pour un court instant, elle en profita pour observer le campement des Chaldis et la vie qui l’animait.

Tout autour d’eux, les bédouins vaquaient à leurs tâches quotidiennes, sans leur prêter la moindre attention. Certains hommes s’occupaient des dromadaires pendant que d’autres se reposaient à l’ombre bienfaisante des tentes installées çà et là. Plusieurs femmes bavardaient avec enthousiasme alors que leurs doigts, plus ou moins fins mais tous aussi agiles les uns que les autres, semblaient voler à la surface des tapis multicolores aux motifs complexes qu’elles tissaient avec une aisance déconcertante. D’autres s’affairaient à préparer divers mets dont les senteurs épicées embaumaient l’air d’un parfum capable de conquérir les estomacs les plus récalcitrants. Un peu plus loin, deux vieillards s’affrontaient au cours d’une très sérieuse partie de Shatranj, sous le regard admiratif de quelques enfants avides d’en apprendre toutes les subtilités.

A côté d’elle, Mendoza scrutait toujours la surface de l’eau et ne semblait pas le moins du monde pressé de rejoindre les enfants sous la tente du Cheikh. Cela la fit discrètement sourire, et elle se décida à rompre le silence qui s’était installé entre eux.

— Puis-je vous poser une question, capitaine ?
Il se tourna vers elle, prit clairement le temps de réfléchir, mais finit par acquiescer poliment.
— J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends toujours pas comment vos marins et vous avez réussi à pénétrer dans le fort de Patala sans vous faire repérer.
— Et vous voudriez que je vous l’explique ? rétorqua-t-il, amusé, alors que ses bras venaient se croiser sur son torse.
En guise de réponse, Laguerra haussa les épaules d’un air désinvolte, faisant mine de se désintéresser de la question, tout en sachant que le marin verrait clair dans son jeu ; un jeu qu’elle ne dissimulait pas, pour une fois.
— Dites-moi, señorita… commença-t-il en désignant le plan d’eau du campement d’un ample mouvement du bras, avez-vous soif ? Dans ces contrées désertiques, il est important de boire régulièrement.
— Si j’ai soif ? répéta-t-elle, interloquée et prise de court par le brusque changement de sujet. Quel rapport cela peut-il bien avoir avec-

La jeune femme s’interrompit à la vue du petit rictus de satisfaction qui avait pris forme sur les lèvres de Mendoza, signe évident que ce dernier savourait l’état d’incompréhension dans lequel il l’avait plongée. Elle comprit alors qu’il s’agissait-là d’une autre forme de duel, où la réflexion, l’ironie et l’implicite prenaient le dessus. Elle réfléchit un instant en tentant d’associer l’infiltration des marins au fort de Patala et les derniers mots de l’homme qui se tenait à ses côtés, puis se rendit brusquement compte où il voulait en venir et ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux sous l’effet de la surprise et d’une certaine admiration.

— Bon sang, la rivière ! Vous êtes passés par la rivière souterraine !

L'Espagnol eut un petit rire pour lui-même, non sans fierté, et hocha la tête en signe de confirmation. Il appréciait l’intelligence en général, et celle de Laguerra ne faisait pas exception à la règle.

— Il me semble que je vous dois des excuses, Mendoza.
Ces mots eurent l’effet escompté et le marin, surpris, haussa les sourcils alors que sa main gauche vint se poser sur sa hanche. Toute sa posture laissait sous-entendre qu’il cherchait à déterminer si son interlocutrice était sérieuse ou non.
— Vraiment ?
— Oui, confirma-t-elle en souriant. Lors de notre premier duel en Inde, j’ai porté atteinte à votre honneur en vous traitant de lâche, et force est de reconnaître que je me suis trompée.
Pendant un court instant, Mendoza ne répondit rien, abasourdi par les paroles de la jeune femme qui se trouvait face à lui. Voilà bien une chose à laquelle il ne s’attendait pas. Il se ressaisit vite, toutefois, et esquissa un petit sourire en coin.
— Voilà qui est tout à votre honneur, señorita, et je vous remercie. Cependant, …
— Cependant ?
— Cependant, je ne puis accepter vos excuses malvenues.
A ces mots, le sang de Laguerra ne fit qu’un tour, et sa main vint presque automatiquement se saisir de son épée pour la sortir de son fourreau et laver l’affront qu’elle venait de subir sans aucune raison valable.
— COMMENT OSEZ-VOUS ?!? rugit-elle, ses yeux dardant sur lui mille poignards d’indignation.
— Allons, calmez-vous et laissez-moi finir ! intima Mendoza avant de lever ses mains en signe d’apaisement. Je ne veux pas de vos excuses, señorita Laguerra, car je ne regrette pas que vous m’ayez traité, bien qu’à tort, de lâche. Après tout, conclut-il en souriant, si vous ne l’aviez pas fait, je n’aurais pas eu le plaisir d’affronter la meilleure adversaire qu’il m’ait été donné de rencontrer à ce jour.

Et, aussi vite qu’elle s’était emparée d’elle un instant plus tôt, la colère qui animait Laguerra disparut, comme par enchantement. Elle sentit le rouge lui monter aux joues et pria pour que Mendoza ne s’en rende pas compte, ou pour qu’il ait au moins la délicatesse de ne pas le mentionner. Elle lui retourna néanmoins le compliment, qu’il accepta avec plaisir.

Au même instant, à l’autre bout du campement des Chaldis, un bédouin se précipitait vers la teinte du Cheikh en hurlant le nom de son chef, avertissant qui voulait bien l’écouter qu’une autre machine volante avait été repérée.
L’atmosphère, auparavant si paisible, se métamorphosa en un éclair. Le visage de Mendoza s’assombrit, puis se ferma, et il s’élança à toutes jambes vers l’endroit où se trouvaient Esteban, Zia et Tao pour décider du plan qu’il leur faudrait mettre à exécution.

Laguerra, quant à elle, le suivit en se demandant, non pour la première fois, comment elle allait réussir à concilier ses objectifs et les sentiments contradictoires qu’elle ressentait.

Une bataille s’annonçait, et la cité de Kûmlar en était le prix.

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 17:26
par Akaroizis
Pas mal du tout !

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 18:28
par Chaltimbanque
Merci Akar ! :-D

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 18:55
par nonoko
Je me suis beaucoup amusée à suivre ce petit duel, merci Chaltimbanque, et si tu veux un jour écrire des scènes de ce genre hors MC3 ou 4, je suis preneuse! ;)

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 18:58
par Chaltimbanque
Merci à toi ! :-)

Et je me suis visiblement mal exprimée. Ces scènes peuvent concerner la saison 1, 2, 3 ou 4. ;-)

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 20:24
par Ra Mu
Chaltimbanque, j'adore ton titre et ton idée. Ce format est sympa, et il est très accessible.
Tu as mis en place un joli duel avec beaucoup de créativité dans les dialogues.
Je voyais Laguerra plus maîtresse d'elle même. C'est intéressant de voir les conceptions différentes que nous avons des personnages. :D

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 19 févr. 2017, 20:49
par Chaltimbanque
Merci, Ra Mu ! :-)

Oh, je pense aussi que Laguerra est un personnage qui sait, dans l'ensemble, très bien garder son sang-froid. En revanche, vu sa réaction au fort de Patala lorsque Mendoza sous-entend qu'Ambrosius est son maître (elle monte quand même vite dans les tours, à ce moment-là), je pense aussi que certaines remarques, certains comportements peuvent la faire partir au quart de tour.

Vu son désappointement, voire son mépris plus ou moins général vis-à-vis de la gent masculine, voir ses propres excuses refusées (alors qu'elle ne doit pas avoir l'habitude d'en faire souvent) ne lui ferait vraiment pas plaisir. Enfin, c'est mon avis. ;-)

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 21 févr. 2017, 20:38
par Chaltimbanque
Pour les besoins de rédaction d'un éventuel futur one-shot que j'ai en tête, il fallait que j'écrive un chant de marins (je me lance dans de ces trucs, moi... :lol: ), dont je vais vous faire profiter ci-dessous. Idéalement, il faudrait que je compose un air pour aller avec, mais on verra ça plus tard. :D

(Bon, parce que, la gigue des marins, c'est sympa mais ce n'est pas assez...dramatique, disons !)

Bref ! ♩♫♪♩♬♪

Voiles gonflées, face aux promesses du large
Appareillent, du port, les caraques hardies !
Armés d’espoir, de rêves et de courage,
Les marins s’en vont au loin de leur pays.

Voguant au travers du royaume de Neptune,
Contre Son courroux, toujours prêts à lutter,
Dans ce vaste désert où d’eau sont les dunes,
Les navires poursuivent leur lente traversée.

De la poupe à la proue, du gréement au hunier,
Dans la tourmente des vagues et la rage des flots,
Nous luttons pour nos vies chaque jour que Dieu fait
Car tel est le sort des pauvres matelots.

Mais « Terre devant ! » criera un beau jour la vigie,
Et nous nous saisirons, alors, du massif cabestan
Pour jeter l’ancre et oublier nos soucis,
Au son de nos chants et des femmes riant !

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 21 févr. 2017, 20:43
par TEEGER59
ça ne va pas être facile de mettre une mélodie là-dessus.
Bon courage!

Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Posté : 21 févr. 2017, 20:54
par nonoko
Ma fille et moi, on a trouvé une mélodie très 'chant de marin' pour tes couplets, par contre il manque un refrain. Si ça t'intéresse..