A la recherche de l'Empire perdu

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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par nonoko » 12 janv. 2017, 21:15

Bravo pour les références et l'aspect 'scientifique' (qui me dépasse, j'avoue, va falloir que je relise ça à tête reposée). Sinon pour la gamine qui impressionne Ambrosius, tu t'es vraiment inspirée de qui je pense? Intéressant...(et sinon, intéressant aussi!)
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par Xia » 19 janv. 2017, 19:43

Chapitre 3. L’isthme del Darién

Été 1517, quelque part dans la mer des Caraïbes

Depuis plusieurs mois, la nef traversait le mythique océan où le Titan Atlas portait la voûte céleste sur ses épaules.
C’était en tout cas ce qu’avait raconté Athanaos à la jeune Isabella – Fernando s’étant enfin décidé à dévoiler son vrai nom – lorsqu’elle lui avait demandé où ils se trouvaient. Il contait volontiers les histoires, qu’elles soient véridiques ou légendaires, qu’il connaissait. Du moins quand l’occasion se présentait.
- Ainsi, tu viens du royaume de Portugal ? demanda Athanaos.
- Oui. Ma mère a été offerte par Vasco da Gama pour le roi Emanuel Ier lorsqu’il est revenu d’Inde, expliqua la fillette, répétant ce qu’elle avait déjà dit à Ambrosius.
Offerte… Athanaos n’aimait pas ce mot. Mais c’était les usages de son temps. Lorsqu’un explorateur ou autre homme était mandaté par un roi, il se devait de ne pas revenir les mains vides. Quitte à arracher un enfant à sa famille. Une pensée qui le dégoûtait au plus haut point.
Mais cette histoire lui rappelait surtout celle d’une femme qu’il avait connue par le passé. Serait-ce possible que…
- Comment s’appelait ta mère ?
- Kamala Mukherjee, répondit-elle, un peu étonnée par la question.
L’alchimiste tressaillit à ce nom. Kamala Mukherjee… Ainsi c’était donc sa fille. La ressemblance était frappante, il aurait dû s’en douter.
- Comme elle est décédée à ma naissance, c’est son amie, Flor, qui m’a élevée, poursuivit Isabella. Elle m’a appris ce qu’aurait dû m’apprendre ma mère puisqu’elles étaient toutes deux préceptrices à la Cour. Et je possède la même instruction que la future reine !
- Que la future reine ?
- Oui. Quand je suis partie, il était d’un mariage entre l’infante Isabel de Portugal, ma condisciple, et le roi des Espagnes Charles de Habsbourg, fit-elle, les yeux brillants d’admiration.
Tout en parlant, Isabella joua machinalement avec les fioles d’Ambroise de Sarle.
Violettes, bleues, jaunes, vertes, rouges… Tout y était. De quoi attiser la curiosité insatiable d’une enfant comme elle.
- Repose ça toute de suite, ordonna Athanaos d’une voix ferme. Si Ambrosius te voit avec…
Il ne préférait même pas imaginer. À contre cœur, la fillette remit les flacons à leur place.
- À moi maintenant de poser les questions ! Athanaos est-ce un nom ou un surnom ?
- Un surnom, fit le dénommé en souriant. Je préfère que l’on m’appelle ainsi.
- Et puis-je savoir ton vrai nom ? demanda Isabella, le regard espiègle.
Mais quelle curieuse, celle-là ! Exactement comme sa mère !
- Athanase d’Éphèse, lâcha-t-il. Athanaos est une contraction de mon prénom, auquel j’ai rajouté le suffixe –os. Un clin d’œil à ma Grèce natale.
- En fait, c’est le même principe qu’Ambrosius et Ambroise de Sarle, réfléchit la jeune fille à haute voix. Il a rajouté un –ius latin parce qu’il est français !
- Exactement ! confirma l’alchimiste, ébahi. Et Fernando Laguerra a transformé son nom en Docteur simplement parce qu’il aime se vanter qu’il est le premier de nous trois à avoir déchiffré le langage de Mu.
- Est-ce quelqu’un pourrait enfin m’expliquer de quoi il s’agit, ce fameux langage de Mu ?
Alors qu’Athanaos allait lui répondre, la voix tonitruante d’Ambrosius résonna dans la cale.
- ON A BESOIN DE VOUS EN HAUT !
- Ne t’en fait pas Isabella, lui dit-il, la main sur son épaule. Tu sauras tout quand on sera arrivé à Ormuz.

Les mots lui avaient écorché la bouche. Devoir admettre – surtout devant Fernando – qu’il avait besoin de celle qu’il avait traitée plus tôt de « malédiction », c’était plus fort que lui. Mais s’il voulait passer dans l’embouchure comme prévu, il allait avoir besoin de plusieurs personnes. Deux de chaque côté. Et quatre au total, cela impliquait Laguerra junior.
Tout allait bien jusqu’à l’heure précédente.
Ambrosius au gouvernail, le Docteur sur le pont, tous deux surveillaient la mer. Le premier scrutait l’horizon de ses yeux perçants derrière ses lunettes, cherchant son détroit.
Toujours rien !
Il ne s’était pas trompé. Pas encore !
Soudain, le Rio Chuchunaque apparut au loin et l’alchimiste poussa un soupir de soulagement… pendant que le deuxième continuait son monologue.
Fernando avait encore essayé de l’amadouer au sujet d’Isabella, cette fois en peignant un tableau péjoratif de la Cour de Portugal :
- Tu ne t’en rends pas compte Ambroise ! Sa nourrice vient de mourir. Et il parait que les enfants illégitimes comme elle sont considérés comme pire que des esclaves ! Imagine un peu ce qu’il en serait advenu de ma fille !
- C’est toi qui ne te rends compte : les femmes à bord d’un navire portent malheur ! Je n’ai pas envie de couler ! répliqua le petit homme.
Après un court moment réflexion, il reprit :
- Elle porte ton nom… Elle n’est pas illégitime !
- Sa mère et moi n’étions pas mariés… Ça revient au même.
- Ah… répondit évasivement Ambrosius.
Le Docteur sentait que son ami n’était pas vraiment convaincu. J’aurais dû inventer autre chose que ça, maugréa-t-il.
- C’est vrai que ce genre d’enfants est pire que des esclaves ?
Ce genre d’enfants ! Il aurait pu trouver autre chose comme expression, quand même ! Non, en vérité, il n’en savait rien et s’en moquait. Mais la voix d’Ambroise s’était faite plus douce. Aussi il dé-cida d’enfoncer le clou :
- Oui, bons à faire la cuisine, le ménage et toutes les corvées que même les serviteurs rechignent à faire.
- Si tu me l’avais dit tout de suite, je l’aurais acceptée de bon cœur…
Mais l’un comme l’autre savait pertinemment que c’était faux.

Athanaos et Isabella arrivèrent sur le pont au moment où les rives du Rio Chuchunaque s’élargissaient, ce qui amena un large sou-rire sur les lèvres d’Ambrosius.
- Et voilà mon passage ! s’exclama-t-il en écartant les bras, triomphant.
- Et tu as besoin de nous pour admirer la vue ? ironisa Athanaos.
Ambrosius lui jeta un regard noir.
- Non. D’après les écrits de Vasco Núñez de Balboa en 1513, c’était surtout les pirogues indiennes qui utilisaient cette brèche. Les explorateurs eux-mêmes ont eu du mal à franchir ce fleuve. C’est étroit pour une nef comme la mienne. Et je n’ai pas envie d’accident, lança-t-il à l’attention du Docteur, qui comprit très bien le sous-entendu. C’est pour ça que j’ai besoin de vous. S’il vous plait…
- Si tu pouvais répéter la dernière phrase… nous le ferions avec grand plaisir, fit Athanase, moqueur.
- N’abuse pas de ma patience…, siffla Ambrosius, tandis qu’Isabella fixait la pointe de ses bottes pour ne pas éclater de rire.
- Très bien ! Nous, on prend la gauche, vous la droite.
J’aurais préféré le contraire, grommela Ambrosius.

Il leur fallut plus d’une demie journée, et avec l’aide d’autochtones conciliants – ce qui surprit Laguerra, tant les étrangers étaient mal perçus par la population indigène – pour traverser les deux cent trente kilomètres qui les séparaient de la « Mer du Sud ».
Les trois hommes étaient descendus dans la pièce principale de la nef pour discuter de leur expédition. Du moins, c’est ce qu’avait supposé Isabella, restée seule sur le pont. Elle était surtout sensée vérifier que le bateau ne rencontrait aucun obstacle, car Ambrosius n’était pas certain que tout danger était écarté. C’était la première tâche qu’il lui avait donnée à accomplir depuis leur rencontre quelques mois plus tôt, et elle ne voulait en aucun cas que ce soit la dernière.
Mais l’esprit de la jeune fille vagabondait malgré elle et elle était plus occupée à regarder le lointain que les alentours du navire. Sous ses yeux, l’astre solaire se couchait sur la vaste étendue d’eau qui se prolongeait à l’infini. Elle en restait bouche bée. Ce n’était pas ce genre de choses que Flor aurait pu lui apprendre. Pas dans les livres en tout cas.
- C’est tout simplement magnifique, murmura Isabella à voix basse.
- Oui. Cette mer est calma, on dirait même pacifique, acquiesça Athanaos.
Elle sursauta. Bien qu’elle ait pourtant l’ouïe fine, elle ne l’avait pas entendu arriver. Sa voix grave couvrit le léger « boum » qu’aucun d’eux ne perçu.
- Elle a surtout l’air d’avoir la taille d’un oc…
- AAAAAHHHHHHHHH !
Ils se précipitèrent brusquement dans la cale. À l’intérieur, une épaisse fumée noirâtre les empêchait de discerner quoique ce soit. Mais lorsqu’ils eurent fini de tousser et leurs yeux de picoter, Isabella et Athanaos restèrent sans voix…
Modifié en dernier par Xia le 21 févr. 2017, 14:56, modifié 1 fois.
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par nonoko » 19 janv. 2017, 20:36

Le nom d'Athanaos et les origines d'Isabella, bien vu! :D Mais pourquoi avoir choisi Ephèse, cité grecque d'Asie mineure?
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par Akaroizis » 19 janv. 2017, 23:38

Je suis fan, tout bonnement.
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par Xia » 20 janv. 2017, 16:20

nonoko a écrit :
19 janv. 2017, 20:36
Le nom d'Athanaos et les origines d'Isabella, bien vu! :D Mais pourquoi avoir choisi Ephèse, cité grecque d'Asie mineure?
:lol: Je trouvais ce nom joli, presque homérique... :lol:
A la base, je voulais une cité dédiée à Poséidon... Mais tordue comme je suis, je trouvais ça trop facile ! :shock:
Au final, j'ai trouvé le philosophe grec Héraclite d'Ephèse qui a inspiré une partie du Timée de Platon (donc de l'Atlantide).
J'ai donc fait un "mixage" des plus importantes personnalités de cette cité (philosophes, géographe, poètes) pour faire mon personnage d'Athanaos. Et il y a la fameuse bibliothèque de Celsus, troisième plus grande bibliothèque du monde antique. Bref, de quoi faire d'Athanaos un parfait alchimiste :tongue: !

Akaroizis a écrit :
19 janv. 2017, 23:38
Je suis fan, tout bonnement.
Ravie d'avoir trouvé un fan !!!
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par Xia » 25 janv. 2017, 20:36

Chapitre 4. Les deux diables

- ALORS CETTE FOIS, C’EN EST TROP ! TOI, TU NE REMETTRAS PLUS JAMAIS LES PIEDS SUR CE BATEAU !
Au milieu des débris qui jonchaient le sol, ce qui ressemblait à Ambrosius hurlait de toutes ses forces en pointant la fille de son ami d’un doigt menaçant.
- ARRÊTE DE CRIER APRÈS ISABELLA ! SI TES FIOLES SONT TOMBÉES, TU NE PEUX T’EN PRENDRE QU’À TOI-MÊME ! FABRIQUE DES VITRES INCASSABLES OU JE NE SAIS QUOI D’AUTRE, MAIS RANGE TES FLACONS ! CE N’EST TOUT DE MÊME PAS LA FAUTE DE MA FILLE SI…
- OH QUE SI ! IL ME SEMBLE QUE C’EST ELLE DEVAIT SURVEILLER S’IL N’Y AVAIT RIEN AUTOUR DE MA NEF ! Qu’est-ce qu’on a heurté Athanaos ?
Mais ce dernier avait beau cherché ce qui avait pu provoquer ces dégâts, il ne savait quoi répondre. Il n’avait pas senti de secousses, ce qu’apparemment n’était pas le cas d’Ambrosius, ni entendu de bruit. Donc rien a priori. Sauf peut-être lorsqu’il discutait avec la jeune fille.
- Il n’y a rien eu… J’étais avec elle. Et elle n’a pas touché à tes fioles, répondit Athanaos avant qu’Isabella ait pu ouvrir la bouche.
Les différents flacons qui avaient tant intéressés « Laguerra junior » s’étaient brisés sur le sol et leurs contenus – gazeux pour la plupart – s’étaient mélangés entre eux. Et visiblement, ce mélange n’avait pas fait très bon ménage…
Fernando Laguerre et Ambroise de Sarle étaient tous deux aspergés d’une substance dont on n’aurait pu dire le nom, qui les avait rendus orange de la tête aux pieds et dont on ne distinguait plus que la fente des yeux.
- Prépare-nous un bain qu’on essaye de se laver…, dit le premier.
- En espérant que ça ne soit pas indélébile ! rajouta le second en maugréant.

Isabella avait mis plus de cinq heures à blanchir les vêtements des deux hommes.
Pendant ce temps, ses pensées allaient de la colère d’Ambrosius à une phrase qu’avait laissé échapper Flor quelques années auparavant. D’après elle, sa mère aurait fréquenté un Athanase peu avant de faire la rencontre de Fernando Laguerra.
Aussi se plaisait-elle à rêver d’une éventuelle parenté entre Athanaos et elle. Après tout, Athanase n’était pas un prénom courant, surtout au Portugal.
Un cousin, un oncle ? Ou peut-être même un lien plus proche ? Cette dernière idée la fit sourire. Oui, si elle pouvait se choisir un père entre le vieux ronchon rabougri et l’élégant homme toujours radieux de l’étage inférieur… Eh bien, la question ne se posait pas !

Lorsqu’Athanaos monta sur le ponton de la nef, Isabella l’interrogea du regard :
- La pigmentation commence à disparaitre… Où en es-tu avec les habits ?
- Ils seront bientôt secs. Mais avec l’humidité de l’océan, j’ai peur qu’ils aient rétréci… Cette fois, j’en suis sûre : Ambrosius va me tuer ! grimaça-t-elle.
- Redescendons voir où ils en sont.
Isabella prit chemises, pantalons et chaussettes et suivit Athanaos vers l’échelle.
En bas, les deux malheureux compères étaient sortis de leur bassine, laquelle s’était teintée d’une couleur cuivrée, presque marron.
- Tu vois Ambrosius : tout est devenu comme avant ! Inutile d’en faire tout un drame…, fit le seul qui n’avait pas été victime de l’incident, cherchant à détendre l’atmosphère électrique de la pièce.
- Tout sauf les cheveux ! s’écria l’intéressé en désignant le haut de son visage.
- On a eu beau savonner : impossible de ravoir nos cheveux ! expliqua le Docteur.
- Regarde de quoi on a l’air maintenant ! De diables !
Ambrosius jeta un regard assassin à Isabella, restée en retrait sur les conseils d’Athanaos qui savait son ami capable de l’étrangler.
Tandis que ses compagnons s’habillaient, l’alchimiste resta songeur. La remarque d’Ambroise de Sarle avait fait resurgir une scène de son passé qu’il avait délibérément enfouie au fond de lui deux ans plus tôt.

Barcelone, royaume d’Espagne, novembre 1515

Lorsqu’il entra dans la taverne, un brouhaha assourdissant remplissait la salle, où fusaient des insultes venues de toutes parts. Visiblement, ce lieu n’était pas seulement un endroit pour boire et discuter, mais c’était surtout l’endroit idéal pour déclencher une bagarre.
Athanaos s’assit à une table, vers laquelle accourut aussitôt un aubergiste rondouillard.
- Ne faites pas attention, compère. Nous avons des marins milanais aujourd’hui. Alors associés à des Français et des Vénitiens, ça donne ça, dit-il en désignant l’assemblée du menton. Ils cherchent le nom de la bataille qui les a opposés il y a deux mois. Mais ivres comme ils sont, ils sont incapables de s’en rappeler… Vous auriez pas une idée ?
En effet, des noms de villes, plus bizarroïdes les uns que les autres, étaient criés à tue-tête.
- Non, répondit l’homme vêtu de rouge d’un air navré.
- Tant pis, fit Rico, déçu. Je vais devoir me les coltiner toute la soirée !
Merichan, Malligan, Morigan, ... Tout y passa.
- Magellan ! s’écria soudain quelqu’un.
- Imbécile ! Magellan, c’est le nom du cinglé qui veut faire le tour de la Terre ! Va surtout s’casser la figure au bout d’la mer. Elle est plate, j’te dis !
- Non, elle est ronde ! Tous les marins savent ça ! Mes neveux veulent le suivre plus tard.
- Quoi ? Sancho ? Pedro ? Ben, vont s’casser la figure avec ! affirma l’autre en haussant les épaules.
- Y a qu’l’Église qui nous empêche de dire qu’on sait de-puis toujours : les mâts apparaissent avant le reste. Donc elle est ronde. Et mes neveux vont pas se casser la figure !
- Laisse tomber Hernández. Il en est à sa dixième chope. Il ne comprend plus rien.
Tandis que le tavernier s’éloignait en se disant – pour la énième fois – qu’il devrait changer de métier, une bohémienne s’approcha d’Athanaos.
- Laissez-moi vous tirer les cartes, mon ami, dit-elle en sortant un jeu de sa robe.
- Je ne crois pas à la bonne aventure, mais proposer si gentiment, je ne peux pas refuser.
Alors qu’elle l’observait d’un œil moqueur, la vieille femme le laissa choisir huit cartes qu’elle disposa en étoile.
- Il ne s’agit pas de dire la bonne aventure, les arcanes nous montrent souvent une autre vision que la Vie nous propose. C’est très instructif ! fit-elle dans un sourire.
- Ce n’est pas le Tarot de Marseille habituel, remarqua Athanaos.
- Non, il s’agit du Tarot égyptien. Je le trouve plus précis. On dit que c’est le dieu Thot qui s’exprime à travers ces cartes.
Effectivement, les huit tableaux tirés de la Kabbale ne ressemblaient en rien à ceux de la variante de Marseille. On y voyait des coupes, deniers, épées et bâtons. Le symbole le plus récurent selon lui était la femme et le serpent. Une référence à Ève ? Pas sûr…
La gitane retourna la première carte.
- Le 6 pour votre situation présente… Vous cachez des secrets apparemment !
Elle continua :
- La 11 pour vous. C’est assez rare de tirer la Force pour soi-même. En revanche, la 18 pour les autres n’est pas bon signe…
- Qu’a-t-elle de si particulier ?
- Il s’agit de la Trahison. Mais j’en saurais davantage une fois qu’elles seront toutes retournées.
Suivit la Prudence. La femme aux turbans choisit d’autres cartes pour compléter son tirage.
- Les arcanes montrent une trahison à venir. Pas maintenant, mais dans quelques années. Après un heureux événement. Mais la naissance de votre fils sera suivie d’un grand malheur pour vous. Mais vous saurez y faire face grâce à la force qui est en vous, assura la bohémienne en souriant. Mais soyez prudent, mon cher : c’est parce que vous gardez jalousement votre secret que le Diable dort auprès de vous.
Si elle n’avait pas pris un air aussi grave, Athanaos aurait ri de bon cœur.
- Le Diable ? Rien que ça ! Je pense tout de même que je saurais le connaitre !
- Ah, vous autres catholiques…
- Orthodoxe, rectifia l’alchimiste.
- Vous autres chrétiens… Ce jeu doit être interprété au sens figuré. Ne vous attendez pas à voir un petit homme cornu avec une queue fourchue ! Non. Le Diable fait référence à Seth, notre dieu du Désert et du Mal. Il est roux… Ce n’est pas très courant par ici, ajouta-t-elle en balayant la salle de ses yeux perçants.
Il suivit son regard. Non effectivement, ce n’était pas courant… Il était sur le point de répliquer quand il se figea, incrédule.
Où était-elle passée ?
Autour de lui, il n’y avait que des marins, pas de gitane !
Athanaos se dirigea vers le comptoir de l’auberge et de-manda, le cœur battant :
- Une bohémienne m’a tiré les cartes mais je n’ai pas eu le temps de la remercier. Où puis-je la trouver ?
Rico fronça les sourcils, l’air soupçonneux.
- Une bohémienne ? Ici ? Ma parole, tu sors d’où, toi ?
- Cordoue…, répondit l’autre, qui ne voyait pas très bien le rapport avec celle qu’il cherchait.
- Ah ! Le pays des mahométans… Eh bien, sache l’ami que je n’ai pas envie d’avoir l’Inquisition sur le dos. Alors, les bohémiens et les diseuses de bonne aventure, ils restent à ma porte ! fit-il en haussant le ton. Eux, ils jurent parce qu’ils ont trop bu, mais vu que tu n’es pas d’ici, je ne te dénoncerai pas…
Comprenant les non-dits du tavernier, Athanaos le paya et sorti, manquant de percuter Hernández. Ce dernier lui décocha un clin d’œil, ce que l’homme vêtu de rouge ne sut comment interpréter. Se moquait-il de lui ou avait-il également vu la vieille gitane ?
Malgré un pressentiment persistant, il se jura d’oublier cet épisode de mauvais augure.
- MARIGNAN ! J’AI TROUVÉ, C’EST MARIGNAN ! cria celui qui s’était opposé à l’oncle des dénommés Sancho et Pedro, avant de s’affaler ivre mort sur sa table, sous les éclats de rire de ses amis.
Modifié en dernier par Xia le 21 févr. 2017, 15:16, modifié 1 fois.
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par nonoko » 25 janv. 2017, 22:23

si j'ai bien compris, Ambrosius et Fernando ont de sérieuses raisons d'en vouloir à Isabella, dis donc! :x-):
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par Xia » 31 janv. 2017, 19:24

nonoko a écrit :
25 janv. 2017, 22:23
si j'ai bien compris, Ambrosius et Fernando ont de sérieuses raisons d'en vouloir à Isabella, dis donc! :x-):
Je dirais plutôt que c'est seulement Ambrosius qui en veut à Isabella, et cela depuis le début... Mais au final, on le sait : il va finir par la respecter (après je ne sais pas trop comment :shock: )
Quant à Fernando, il la couvre quoi qu'elle fasse. Mais ça, il y a peut-être des limites :lol:
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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par Xia » 23 févr. 2017, 19:51

Chapitre 5. Le Livre des Sept Langages

Ormuz, colonie portugaise, automne 1507

Il arpentait la ville de long en large, faisait connaissance avec les ruelles, écoutait les bruits de la mer qui rugissait au loin et savourait les senteurs typiques d’Orient.
Afonso de Albuquerque était plutôt satisfait de sa victoire sur le souverain d’Ormuz, un territoire qu’il convoitait depuis quelques temps au nom du roi de Portugal. La bataille, qui s’était déroulée sur mer, n’avait duré qu’à peine un mois. Elle avait été rapide comparée à d’autres. Peut-être même un peu trop rapide.
Albuquerque s’était promis de conquérir trois villes qui commandaient les passages marchands afin de consolider la Casa da Índia portugaise. Ormuz, située à l’entrée du Sinus Persicus, était la première.
Peut-être faudrait-il bâtir une forteresse pour protéger la ville ? À voir…
Il rêvait secrètement de prendre la tête de la Maison des Indes, créée seulement cinq ans plus tôt, à Lisbonne pour assurer le monopole royal sur le commerce des épices avec l’Orient et s’occuper de la navigation. Deux domaines qu’il maitrisait parfaitement.
Ceci dit, la fonction de vice-roi des Indes ne lui déplaisait pas non plus… Surtout s’il s’agissait de prendre la place de cet hypocrite de Francisco de Almeida !
Dans tous les cas, la conquête de la cité d’Ormuz était une bonne chose pour lui.
À son passage, tous les gens se prosternaient devant le vainqueur. Afonso ne savait dire si c’était par crainte ou par respect. Un peu des deux sans doute.
Tout le monde, sauf un.
Le nez arqué, le front fuyant mais surtout un regard empli de sagesse qui portait loin devant lui. Exactement le genre d’homme capable de déclencher une émeute quand bon lui semblait. Et ça, ça lui faisait peur.
- Toi là ! Ton nom ? lui cria Albuquerque.
- Al-Misrî, répondit l’interpellé d’un calme effronté.
- Baisse les yeux devant moi !
Mais il avait beau ordonner, l’autre ne cillait pas.
- Baisse les yeux, répéta-t-il dans un sifflement menaçant, sinon…
Le dénommé al-Misrî se contenta de tourner les talons et rentra dans sa boutique.
Heureusement pour lui que le seyd n’était pas accompagné de gardes ! D’ailleurs, ce n’était pas très prudent de sa part. N’importe qui aurait pu s’en prendre à lui.
Mais pour l’heure, Orang al-Misrî, antiquaire respecté de l’ancien royaume d’Ormuz, devinait son existence menacée si la situation ne changeait pas. Et il devait trouver un nouveau dépositaire, peut-être même plusieurs…
S’il venait à disparaître, le Secret serait perdu à jamais, malgré que son prédécesseur lui ait assuré que les Sept Sages avaient pris toutes leurs précautions.

Cinq ans plus tard

L’un était français, l’autre portugais et le troisième venait d’Anatolie.
Ces trois-là ne se connaissaient pas encore, mais maitre Orang présageait déjà une future amitié entre eux. Il les savait tous intéressés par le Grand Œuvre et ils souhaitaient ardemment percer les mystères anciens.
L’antiquaire les attendait maintenant avec impatience. Le temps comptait. Cela faisait maintenant plusieurs années qu’il sondait ses visiteurs qui se disaient occultistes afin de désigner son ou ses successeurs. Son choix s’était arrêté sur quelques uns d’entre eux.
Ce fut un grand homme brun aux yeux rieurs qui franchit la porte en premier.
- Athanase d’Éphèse ! s’écria al-Misrî, en lui donnant une accolade chaleureuse.
- Je vous souhaite bien le bonjour, maitre !
Les Européens arrivèrent peu de temps après. Fernando de Lagurra et Ambroise de Sarle les saluèrent poliment mais non sans une certaine réserve. Tous deux n’étaient pas venus à Ormuz depuis quelques années – contrairement au Grec – et demeuraient méfiants quant à la raison de cette curieuse invitation.
Les trois invités d’Orang al-Misrî firent cependant rapidement connaissance et se trouvèrent d’emblée de nombreux points communs, ce que le vieil homme avait supposé.
- Venons-en à votre venue dans cette ville, commença-t-il.
Le Docteur et Ambrosius échangèrent un regard. Nous y voilà !
- J’ai en ma possession un manuscrit qui, je le sais, va vous intéresser.
- Je suis curieux de voir cela…, fit le Français en croisant les bras sur sa poitrine, un sourire narquois sur les lèvres.
Ça commence bien… L’antiquaire commençait déjà à regretter sa décision de lui avoir demander de les rejoindre. Il était encore temps de faire marche arrière.
Et puis non ! 3 était un nombre sacré dans l’empire de Mu. Et de toute façon, les Anciens lui auraient faire savoir qu’il s’agissait d’un mauvais présage.
- Vous connaissez très certainement l’histoire du royaume perdu des Atlantes…
Nouvel échange désemparé entre Fernando et Ambroise.
- Euh… Non.
- J’en ai entendu parler, maitre Orang, déclara Athanaos.
Al-Misrî lui décocha un coup d’œil amusé. De sa part, cela ne l’étonnait pas. Il était réputé pour sa mémoire hors du commun. On disait qu’il connaissait par cœur les trois plus grandes bibliothèques de l’Antiquité – Alexandrie, Pergame et Celsus –, mais ce n’était que légende, car toutes avaient disparues depuis des siècles.
C’était la principale raison pour laquelle son choix s’était porté sur lui. Principale, car son intuition lui chuchotait qu’Athanaos serait bien plus concerné que les autres par ce qu’il allait révéler.
- L’Atlantide était une très ancienne civilisation située dans le Grand Océan dont la technologie était issue du Soleil. Malheureusement, elle entra dans un conflit avec l’empire de Mu, dans la Mer du Sud, qui utilisait la même énergie. Ces deux cultures s’autodétruisirent et leurs connaissances furent oubliées. Du moins, c’est que l’on raconte…
- Ce que l’on raconte ? demanda Laguerra en fronçant les sourcils.
- Oui, acquiesça l’Arabe. C’est le récit que le grand Prêtre égyptien Solon a fait au philosophe Platon. Cependant, avant le cataclysme qui engloutirent les deux continents, l’Empereur Ra Mu a fait rédigé deux livres…
- Deux livres ? Vieux de cinq mille ans ? s’écria Ambrosius, soudainement intéressé.
- L’un d’eux est une encyclopédie qu’aurait emporté avec lui un sujet de l’Empereur qui aurait migré avant la catastrophe. L’autre, on l’appelle le Livre des Sept Langages. J’ignore comment il est parvenu jusqu’à nous. Tout ce que je sais, c’est qu’il a été transmis au sein de l’Ordre du Sablier pendant des siècles… jusqu’à ce qu’il disparaisse.
- Il a disparu ? Comment un trésor pareil a pu disparaître, s’exclama le Français, ahuri.
- À cause de l’Ordre, tout simplement. Au Vème siècle de notre ère, les émeutes qui se sont déclenchées à Alexandrie en Égypte ont eu raison de cette organisation.
- Il n’en reste aucun membre ?
- Aucun, Ambroise. C’est pour cela que le Livre a disparu. Cependant, il y a quelques dizaines d’années, un bédouin est venu ici. Il prétendait détenir la preuve de l’existence de Mu en me montrant ce manuscrit.
Sur ce, al-Misrî se dirigea vers le fond de sa boutique où il ouvrit un coffre caché sous de nombreuses couches de tissus anciens. Les trois compères entendirent plusieurs déclics – sans doute ouvrait-il des compartiments secrets – avant de voir l’antiquaire revenir vers eux, tenant un objet à la main.
- C’est… le Livre ? demanda Ambrosius, qui ne put que mal dissimuler son excitation.
Maitre Orang se contenta d’un sourire énigmatique.
Il laissa un Fernando admiratif devant l’antique manuscrit, lequel ne pouvait s’empêcher de feuilleter les pages avec une délicatesse inouïe.
- Qu’est-ce cela a à voir avec nous ? fit le Grec en haussant les sourcils.
- J’y viens, j’y viens. Le nomade m’a également relaté une légende – qui va t’intéresser Athanaos – que gardait l’Ordre du Sablier. D’après lui, l’Empereur Ra Mu aurait désigné Sept Sages parmi les habitants de Mu et de l’Atlantide. Sept gardiens en quelque sorte. Ils veillaient à ce que leur Savoir ne disparaisse jamais. On dit que ce sont eux qui auraient fondé l’Ordre…
- Et... c’est tout ? demanda Ambroise de Sarle, incrédule.
- C’est tout ce que l’homme du désert m’a dit, s’excusa Orang. Je commence à me faire vieux et je ne veux pas que le Livre des Sept Langages retombe dans l’oubli. C’est pour cela que vous ait choisi. Vous trois.
Fernando Laguerra, Ambroise de Sarle et Athanase d’Éphèse se dévisagèrent. C’était donc cela, la fameuse raison de ce voyage !
- Pour ma part, je suis d’accord un nouveau gardien ! déclara le Docteur avant que les deux autres n’aient pu ouvrir la bouche.
- Je ne crois pas qu’il nous demandait notre avis…, murmura Athanaos.
Seul Ambrosius ne pipait mot.
Le boutiquier l’interrogea silencieusement, tout en essayant d’oublier les sentiments contradictoires qui l’animaient.
- Je vous suis, fit-il au bout d’un moment.
- Pourriez-vous nous aider à la déchiffrer, maitre ? supplia Laguerra, brûlant d’impatience quant à l’idée de lever le voile sur ce mystère.
Al-Misrî secoua la tête :
- Non, je suis navré, mon ami.
- Co… comment voulez-vous que nous gardions un secret si nous ne savons de quoi il s’agit ?
- Je vous ai révélé tout ce que je savais. Maintenant, c’est à vous de reprendre le flambeau… Vous venez d’en faire le serment.

- Je pense que l’Ordre du Sablier doit renaitre de ses cendres…, commença Ambroise de Sarle, quelques heures plus tard.
À leur sortie de la boutique, où la chaleur était devenue étouffante, le trio s’était retrouvé sur le bateau d’Ambrosius.
- … tel un phénix. Tout se transforme dans ce monde – et c’est l’alchimiste qui parle ! Alors oui, pourquoi pas ? Un deuxième ordre…
- Je peux même vous proposer un symbole pour le représenter…, sourit Fernando.
- Tu l’as déjà traduit ?
- Bien sûr que non, mais je suis certain d’y arriver ! Un jour…
Tenant le Livre dans ses mains, il leur désigna un graphisme du doigt. Trois triangles entrelacés les uns dans les autres renfermaient un sablier en son cœur. L'emblème du temps semblait être bordé par une sorte de flèche et une droite traversée par une courbe à ses extrémités.
- Ma parole ! Une étoile elfique ! s’écria Athanaos, surprenant ses amis.
- Tu connais ce symbole ?
- Oui. Ou une étoile féérique si vous préférez… On lui donne diverses interprétations. Certains pensent que cela représente le Pouvoir, la Sagesse, la Savoir, l’Harmonie, les Sciences, l’Honnêteté et la Magie, tandis que d’autres spéculent que ce sont les quatre éléments, la Vie, la Lumière et la Magie. Il y en a encore qui y voient les sept couleurs de l’arc-en-ciel, les sept Chakras, les sept Vertus, les sept Planètes, les sept jours de la semaine…
- Mais avec ce que nous a révélé maitre Orang, on sait qu’il s’agit des Sept Sages de Mu ! en conclut Ambrosius.
- Et de l’Atlantide. N’oublie pas que Ra Mu a également confié cette tâche à des Atlantes, rajouta le Docteur.
- Toutefois, cela peut avoir une autre signification, Ambroise. Chacun d’eux pouvait représenter une qualité ou un concept que d’autres cultures ont reprises par la suite.
Devant son air buté et dubitatif, Athanaos renonça et préféra poursuivre :
- La droite et la courbe, quant à elles, me font penser à la partie inférieure du caducée du dieu grec Hermès. Cela montrait à l’origine un serpent enroulé autour d'un bâton sensé éloigné le mal. C’est devenu par la suite l’emblème des médecins.
- Et la flèche ? demanda Ambrosius.
- Je l’ignore. Cela ressemble au symbole païen de l’anti-déosil. C’est un mouvement utilisé pour la fermeture du cercle qui symbolise le bannissement… Peut-être pour montrer la transmission qui s’est faite des Sept Sages à l’Ordre du Sablier…

Le nouvel Ordre du Sablier vit le jour en cette année 1512.
La terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre (proverbe amérindien)

Ma fanfic sur la préquelle des Mystérieuses Cités d'or, c'est par ici

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Re: A la recherche de l'Empire perdu

Message par nonoko » 23 févr. 2017, 20:59

Quel travail pour imaginer des réponses à certaines questions fondamentales!
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
Unagikami mon amour
"It was a skyfall, and a rebirth, a bloody honeymoon, for both of us"
Yokai Circus

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