Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

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Dodie
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Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 04 sept. 2015, 22:03

Yôkai Circus
Tragi-comédie en cinq actes.



Il est à noter que ce petit bijou a un prologue qui s'appelle Unakigami, mon amour à venir consulter plus loin sur le site!

Mendoza/ Bardem : aventurier/acteur perdu.
Ambrosius/Zarès : alchimiste à la double personnalité.
Athanaos : prophète voyageur enfermé dans une capsule.
Unagikami : gardienne de la rivière Kawanagi.
Tian Li : deus ex machina shaolin.
Pedro : marin malin.
Sancho : marin glouton.
Woody : metteur en scène.
Esteban : enfant perdu.
Zia : fille perdue.
Tao : intellectuel déboussolé.
Pichu : volatile imprévisible.
Usagi, tanuki, kitsune, seau, serpillière, balai, oiseaux : yôkais.


Prologue 

Premier tableau
Mendoza, Woody, Esteban, Zia, Tao, Pichu, Pedro, Sancho.

Scène plongée dans la pénombre. On distingue des silhouettes assises par terre en demi-cercle. On entend couler une rivière. Un feu au centre du cercle gagne de plus en plus d'intensité, les éclairant progressivement.
De la salle surgissent et montent sur scène Mendoza et Woody, discutant avec animation. Woody pousse Mendoza en avant et l'encourage.

Woody : Come on, Javier, you'll be perfect, please don't play your prima donna, I mean, we all know you are able to play this part, so please (il s'arrête, fait pivoter Mendoza face à lui et le prend par les bras) Just do it ! (Mendoza le regarde puis détourne la tête en soufflant un grand coup, Woody pose sa tête sur sa poitrine) Just do it, please, Javier, just do it, you'll be perfect, I mean, I really mean it you know ! (Mendoza a la tête baissée, regard détourné ; Woody se recule et joue le grand jeu) What, what, you don't trust me? I mean, I mean....YOU don't trust ME ? (soupir résigné) Come on , come on, ok, ok ,ok, I know, I understand, it's a big challenge, but.....what ?? Don't tell me you're afraid ?? Don't tell me the award-winning Javier Bardem is afraid? Uuuh ? If you were Jean Dujardin, well, I wouldn't insist, but, you're a proud Spanish actor, aren't you ? (Mendoza lève la tête et regarde le plafond, soupir) Come on, just do it ! (il le fait pivoter et le pousse à nouveau, ils grimpent sur scène) You sit down here, ok ? It'll be allright, trust me (il s'éloigne et se retourne) I'll be sitting on the first row on the left, right ? I mean, I'll be here for you, just in case, you know...first row on the left, right ? Repeat it : first row on the left, come on !

Mendoza : first row on the left, ok, Woody, don't worry, I'll do it. But...

Woody : what ? What ? But, but, what ?

Mendoza : nothing..

Woody : right . First row on the left, don't forget ! And good luck, ou plutôt, bonne chance !

Mendoza : buena suerte, Woody, buena suerte....I need it. (il se signe)

Deuxième tableau
Les mêmes, Woody dans le public.

Le feu a gagné en intensité, il éclaire à présent la scène mais les autres personnages ne bougent pas encore au début. On découvre Pedro et Sancho prêts à avaler des brochettes d'anguilles, ainsi que Tao, Esteban contemplant le feu et Zia les yeux au ciel comme pour observer un oiseau. Pichu picore à l'écart. Mendoza regarde Woody s'éloigner, assis aux côtés des autres, main en visière.

Mendoza : Hey ! Woody ! First row on the left, right ?

Voix off de Woody : right ! Now do it !

Mendoza : do it, do it...ok, I'll show you, Mr Woody, de quoi est capable El Cameleon, the man with the thousand faces, Le Lon Chaney iberico, l'homme aux dix mille coiffures et aux cent mille conquêtes, Celui qui a osé baiser le cul d'Oscar, El nuovo Conquistador qui a conquis Cannes et qui....

Pedro : veut pas un bout d'anguille ? (bruits de mastication) Chest délichieux, pas vrai Sancho ?

Sancho : Hum.. hum...bon...bon...(il s'empiffre ; Mendoza s'est brusquement tourné vers les autres et les regarde, incrédule)

Pedro : t'es sûr que t'en veux pas un bout ? Elles sont cuites à point !

Tao : oui....t'as tort, Mendoza !

Zia : Tao a raison, ça te fera du bien de manger quelque chose de chaud (elle lui tend une brochette)

Esteban : oui, toutes ces émotions, ça creuse ! Moi j'en veux bien un morceau, Zia, s'te plaît.

Mendoza les a tous regardés alternativement tandis qu'ils prenaient la parole. Il se retrouve avec une brochette sous le nez, il l'écarte d'un geste lent et précis.

Mendoza : sans façons ; je n'ai pas faim.

Zia : Oooh...la fièvre sans doute. Laisse-moi voir ça. (elle applique sa main sur le front de Mendoza qui la fixe avec intensité puis lui prend la main)

Mendoza : ta main est douce, chiquita...

Tous s'arrêtent, pétrifiés.

Esteban : Uh ? (il manque s'étouffer) comment il l'a appelée, là ?

Pedro : Allez, Mendoza, un peu d'anguille, Zia a raison, ça te fera du bien (il se lève pour prendre la brochette de la main de Zia, qui a les yeux plongés dans ceux de Mendoza, il détache un morceau et le fait manger à Mendoza sans que celui-ci ne quitte non plus Zia des yeux.)

Pedro : Alors ? C'est-y pas bon ça ? Et on dit merci qui ? Hein ? Kikapéché ça ? C'est bibi !

Sancho : et..et...(il lève la main, toujours mangeant)
Pedro : oui, oui, toi aussi, toi aussi. Alors, Mendoza, sérieusement, qu'en penses-tu ? Ça ne te rappelle rien ? Ça n'a pas un p'tit goût de...

Mendoza : de jamon...un goût de jamon...ça me rappelle la fois où j'ai dégusté la poitrine de cette petite co...

Zia se lève brusquement en dégageant sa main, et va à l'écart, dos au feu. Tous échangent des regards effarés.

Mendoza : eeeh...petite coccinelle, c'est ça, una chiquita coccinelle, ou plutôt non, c'était une coccinelle géante de Madagascar en fait, j'avais rien mangé depuis trois jours, et y'avait tous ces insectes, là, qui tournoyaient autour de moi et me tendaient leurs bras, euh, leurs ailes, alors, je me suis dit, les coccinelles, c'est plein de protéines, hein, suffit de se dire que tu manges du jambon, parce que coccinelle, cochon, ça commence pareil, de toute façon, alors le goût, ça doit être pareil, suffit de s'en convaincre, et tout passe, hein, surtout quand on a faim, très faim...et....je fumerais bien un cigare, là, personne n'a vu mon cigare ? Où ai-je bien pu le fourrer ? C'est ce type, là, qui qui me l'a donné, hier, comment il s'appelle déjà ? Hein ? (à Esteban) Tu sais pas toi, gamin ? (à Pedro et Sancho) Et vous deux, les gars ? (à Tao) toi non plus ? Ta..Ta..Tato, c'est ça ! (se tournant vers Zia) Et toi, chiquita ! (il claque des doigts pour se souvenir) Oh zut ! (Zia se retourne, furieuse ; cri de triomphe de Mendoza) Zita!Non ? Bon...bon...(il fronce les sourcils) ce fichu cigare....serait dans la poche de mon pantalon ? Ah non, là, c'était un noyau de framboise...

Esteban : (affolé) un noyau de framboise ???Depuis quand les framboises ont des noyaux ? Mendoza ??

Mendoza, continuant à fouiller : oh, tu sais, moi, j'ai lu la pièce, j'ai pas tout compris, c'était en français, d'abord, et puis j'avais eu une sacrée journée, et Woody a surgi pour me traîner jusqu'ici, j'ai bien essayé de lui expliquer, mais il a insisté, insisté, style, 'je flatte ton ego, you're the best and only you can do it', j'ai pas eu le cœur de lui refuser, tu comprends, gamin ? Alors les noyaux, les pépins...c'est secondaire, entiendes ? J'ai besoin de mon cigare, là, ça va pas, entiendes ? (éclair de lucidité)Ah ! Lo sé ! Je l'ai fourré dans le talon de ma botte ! Muy bueno ! (il tend sa jambe en avant pour chercher son cigare, caché dans un petit compartiment secret d'où il le sort sous les yeux héberlués des autres, il le hume et le met en bouche)

Tao : Ta botte a un compartiment secret et tu ne nous l'as jamais montré ?

Mendoza : je sais ce que tu penses, Tato, mais, tu peux me faire confiance, c'est pas parce que j'ai mes petits secrets que je suis un traitre, no ? Si ? (regard en biais, il se penche pour prendre la brochette des mains de Pedro, l'approche du feu et s'apprête à allumer son cigare avec mais Zia intervient, furieuse, et le lui retire d'un geste sec, puis le jette au feu avec une expression de défi)

Zia : tu ne devrais pas fumer, dans ton état, c'est mauvais pour toi !

Esteban : ouais, et en plus ça pue ! Qu'est-ce qui te prend, Mendoza ?

Tao, fixant Mendoza aussi intensément que Zia : ne m'appelle plus jamais Tato.

Mendoza : Ah ? Si, si, bueno, bueno....Ta...Ta..Tao, Tao, c'est ça ? Pardonne-moi, je crois que je ne suis effectivement pas moi-même, ça doit être à cause de...

Zia : ton rhume.

Mendoza : mon rhume ? Ah, si, si (toussant) tu as raison Zita, mon rhume, si, j'ai la tête comme une coucourde, là , je ne sais plus ce que je dis, hein...

Zia : Zia, moi c'est Zia.

Mendoza : Ah, si, si, Zia, ma chérie, bien sûr, bien sûr, et merci pour le cigare, si, c'était stupide, dans mon état...

Zia : tu ferais mieux de te dépêcher d'aller boire ta tisane.

Mendoza : ma tisane ? Ma qué tisane ?

Esteban : Mendoza ! (affolé, se précipitant sur lui) tu, tu dois être brûlant de fièvre (lui touche le front, sanglots dans la voix) Qu'est-ce qui t'arrive, qu'est-ce qui t'arrive ? Ne me quitte pas, non, pas toi aussi ! (se jette dans ses bras).

Mendoza, lui caressant les cheveux : là, là, tout va bien, muy bien, c'est juste un rhume de cerveau, mon petit Juanito, Zia a raison, je vais aller boire la tisane de ce type, là, avec ses lunettes et sa barbe, et ça ira mieux après, ne t'inquiète pas, papa est là...

Esteban, se dégageant : Juanito ? Papa ? (il fond en larmes) Zia ! Fais quelque chose !

Zia, dépassée : euh...

Tao : Par tous mes ancêtres, je crois revivre un cauchemar !...

Esteban : quel cauchemar ? Tu as une explication ?

Tao : quand Titus l'a abandonné, Totor n'a plus été lui-même..

Esteban : il s'est mis à fumer ?

Tao : pour abréger ses souffrances, j'ai du me résoudre à l'abattre...(enfouissant sa tête dans ses mains)...et à le manger!(Esteban et Zia se précipitent pour le consoler)

Mendoza, se levant : Bon, ben, il est temps je crois que je prenne congé, tout le monde m'a l'air bien énervé, je vous conseille de faire una siesta les enfants, et ne vous faites pas de mauvais sang, je gère, une petite tisane, et hop, je serai comme neuf, les idées bien claires ; allez, j'ai besoin d'air frais, je vous quitte !

Pedro : mais ! On est au bord de la rivière ! Il fait bon frais !

Mendoza : oui, oui, Pichu, mon ami, mais le feu, ça chauffe, hein ! Allez, amigo, veille bien sur les ninos en mon absence, je compte sur toi ! A plus tard, les enfants ! Papa revient tout de suite !
(il disparaît en direction de la forêt après un signe de la main)

Tao : Pichu ! Il l'a appelé Pichu, c'est pas vrai ! Totor, non, pas encore !

Sancho : euh...c'est qui ce Toto, toto, tototo..

Pichu : Totoooor ! Totoooooor !

Acte I 

Into the woods.

Scène 1.

Mendoza, marchant seul dans les bois : Madre de Dios ! Ces enfants sont trop sensibles ! Et la chiquita m'a pris mon cigare, quelle misère ! (il se tâte le corps à la recherche d'un éventuel autre cigare)

Woody, surgissant du premier rang : Hey ! Wait a minute !

Mendoza, s'arrêtant et se tournant vers lui : Hum ? Oh ! Woody, my friend, don't you have a..

Woody : No no no no...(il grimpe sur la scène)

Mendoza : What ? What's up Woody, what's the matter ? Anything wrong ?

Woody : what ? What ? What's the matter ? What ? Are you proud of yourself ? Are you ?

Mendoza : Si ! Si ! ….no ! no ! I mean....No, I'm not...I guess..

Woody : Ah ! Can you tell me why ?

Mendoza : because....you look angry, Woody, is there anything wrong, really ?

Woody : anything wrong ? You're asking me if there's anything wrong ? You...you..(il le menace du doigt)

Mendoza : well, keep calm Woody, if you're talking about the way I looked at that girl, you know I can't help it, she is so...

Woody : no no no no no no no no no more of that!You are Mendoza, you are a super hero, you can kill a shark with your own hands, you can fly..

Mendoza:No.

Woody : Hu ?

Mendoza : No, I can't fly.

Woody : Oh, all right, you can't fly, but you're a fighter, you're not a latin lover !

Mendoza : Si euh...No euh...Yes I am.

Woody : Pardon ?

Mendoza : I'm not a fighter, I use only my brain, remember ? Well, that's what I'm supposed to do according to the first season... But I'm afraid I don't use only my brain...I'm a latin lover...

Woody : Pardon ??

Mendoza : oh, come on, Woody, have you already forgotten that night with the other guy, and what happened at the river ?

Woody : Oh ! Ok, ok, you don't use only your brain, your fist or your sword...but Zia ! She's not for you, she's for Esteban !

Mendoza : Esteban, right ! Thank you for reminding me the name!I called him Juanito, eh eh !

Woody : yes, and you should be ashamed ! Come on, please, no more silly games with the kid's names, no more cigarillo, no more jamon...

Mendoza : it wasn't a game.

Woody : Pardon ?

Mendoza : the names, it wasn't a game. I really didn't remember their names. That guy, Pichu...

Woody : Pedro.

Mendoza : Oh my God ! Jeez ! Pichu ! It's the bird!Oh no !

Woody : Yes, it's the bird...

Mendoza : Oh I'm so....

Woody : Sorry, no you are not. I know you don't like super heroes, but...

Mendoza : Mendoza is not a super hero. He is a tormented hero.

Woody : ok, ok, as you like it, but he's a hero, not a clown neither a Dom Juan !

Mendoza : Come on, Woody, have you really read...

Woody : Yes, I've read it all, and I can assure you that you are a hero, so please behave like a hero, and no more mistakes with the names, play your part properly, do the job, for God's sake !

Mendoza : Ok, I'll do my best, Woody, and sorry for the names and everything, but I really had a hard time last night with my own kids and Penelope was in her scarry mood you know, she can be so..

Woody : I know ! You caught a cold last night, you are tired, you need to drink a good herb tea, so please, hurry up, Ambrosius is waiting for you !

Mendoza : Ambrosius ? Oh, right, that's the funny guy's name ! Thank you Woody, and don't worry, I'll do the job!You can go and sit back in the front row !Adios ! (Woody s'éloigne, se retourne) and no more giza giza with Zia, no problem, Woody, no problem ! (Woody repart, regarde encore en arrière) I'll be a hero ! You can trust me ! (Woody disparaît).

Scène 2.

Mendoza, brandissant son épée et déclamant : To be or not to be a hero...(Silence, puis, s'asseyant sur une souche, grand soupir  ) Non, je ne suis pas un héros...pourquoi tout le monde veut-il que j'en sois un ? C'est pas moi ça...je suis un loup solitaire, c'est tout, un aventurier dans les pattes duquel on a balancé trois enfants...sans compter les deux idiots, l'autre psychopathe et une anguille...Oh Marinche, Marinche, où es-tu ? Toi et moi, on aurait pu accomplir de grandes choses...Tu es comme moi...Tout ce que je fais, je le fais pour moi, c'est tout...par intérêt, par pur intérêt...pour l'or...de l'or pur....Pfff (il se lève, rengaine son épée) Non mais, Mendoza, attends un peu crétin, si c'est de l'or que tu veux, tu ferais mieux de te tirer d'ici fissa parce qu'à Cipango, y'a pas d'or, tout ça c'est des racontars de marins, y'a des siècles que tout le monde le sait, et toi, tu penses encore à l'or, tu fais semblant d'y croire, tu te mens à toi-même ou quoi ? Les Cités, les cités d'or, tu cours encore après, alors que t'as même pas vu la dernière, et tu cours après la prochaine, alors que tu sais pertinemment qu'elle n'est pas en or, mais en orichalque ? Et qui a dit ça ? Qui ? Qui ? Ambrosius, ce sale fils de...Raaah ! Hijo de la puta!!!(il dégaine son épée et taille quelques branches autour de lui avant de se calmer). Luna...Leo....Donde estas a mis hijos ? Et moi, moi, je suis encore là à risquer ma vie, et mon honneur, pour des histoires de cités en orichalque dont tout le monde se fiche, et qui ne m'apporteront rien, rien, nada, à part des ennuis, des ennuis, et encore des ennuis ! Et un peu de plaisir tout de même...Heureusement, sinon...Oh bon, sang ! (tête dans les mains, il lâche l'épée) Faut que j'arrête ça, il le faut...Penelope, donne moi la force...je reviendrai vers toi, je te le promets...Mais je suis Mendoza, je suis un héros, les enfants ont besoin de moi, je dois trouver un moyen de délivrer le père d'Esteban prisonnier du méchant Zarès, j'ai fait une promesse, et je dois me racheter...me racheter...me racheter de quoi au fait ? (lève les yeux au ciel) Eh, Mendoza, faut que tu m'aides, parce que je vais pas y arriver, je le sens, parce, la nuit dernière, tu en as bien profité, non ? Et au bord de la rivière, c'était pas mal non plus, hein ? Sans ce maudit alchimiste, ça aurait été encore mieux, bien sûr...je te comprends, moi, je vois pas d'inconvénient à jouer sur tous les tableaux, suffit d'être habile, après tout la vie est courte, y'a pas de mal à se faire plaisir, et doit bien y avoir un moyen de se contenter sans mourir en martyre...les héros ne meurent jamais, c'est bien connu...bon, on pourrait trouver quelques exceptions...mais il faut savoir vivre dangereusement, prendre des risques, hein, Mendoza ? ( se redresse, ramasse l'épée, la rengaine, époussette sa cape ) Allez, allez...on va trouver un moyen, je vais trouver un moyen, c'est sûr et certain, aussi sûr et certain que je me nomme Antonio Luis Mendoza, bâtard du duc de la Igualada, marquis d'Estrella, et sur la tête de ma mère, la belle Isabelle, je jure de me venger de ce maudit Zarès et de délivrer Athanaos, pour Esteban, pour l'Anguille et pour l'Espagne ! En route ! Ambrosius nous attend, Antonio Luis ! Yeeeha ! You're a hero ! Hijo de la Luna ! (il fonce en faisant voler sa cape, mais se cogne violemment contre une branche, il est projeté à terre, inconscient).

Scène 3.

La branche retombe, elle était tenue par Unagikami, qui se précipite sur Mendoza et commence à le contempler, le tripoter, lui lever les bras, embrasser les doigts, se mettre à califourchon sur lui, se frotter le nez contre son nez, etc...comme un chat....ou une anguille...Mendoza gémit faiblement.

Unagikami, s'arrêtant net, murmurant à l'oreille : Antonio....Luis....Mendoza....bâtard du duc de la Igualada....marquis d'Estrella...réveille-toi... (pas de réaction) Tu n'échapperas pas à ton destin...tu m'appartiens....je ne te laisserai pas retomber aux mains de ce sale rouquin...tu es à moi, à moi....(elle se redresse brusquement, cri de triomphe) Ah ! Tu m'entends ! Tu me sens....du plus profond de toi-même, du fond de ton intimité, tu m'as répondu, je le sens bien ! Allons, ouvre les yeux à présent et contemple le visage de celle qui est désormais ton esclave et ta maîtresse, la prêtresse d' Unagikami, la déesse des Anguilles, et unissons-nous pour conjurer la malédiction d'Usagikami, le lapin de la lune, qui pèse sur toi, j'en ai la prescience ! (elle le gifle à plusieurs reprises, Mendoza gémit avant de se redresser brusquement, désarçonnant Unagikami qui se cramponne à lui).

Mendoza : Tu es revenue...ou suis-je en Enfer ?

Unagikami : L'Enfer ? Je ne sais ce que c'est, mais j'y suis avec toi, Antonio Luis, pêche moi, je ne te filerai pas entre les doigts cette fois, toute fuyante et glissante que je sois...Mendoza...

Mendoza  et Unagikami rapprochent peu à peu leur visage, s'abandonnant à leur attirance mutuelle.

Mendoza : je suis à toi, mon anguille au goût de vase...

Unagikami : oui...je sens que tu te fais anguille à ton tour pour me rejoindre dans les profondeurs..

Mendoza se redresse et tous deux se retrouvent face à face, à genoux, il se penche peu à peu vers elle, elle se renverse légèrement en arrière quand soudain retentit un cri et une tornade jaune les bouscule, les sépare, les envoyant rouler de part et d'autre. Apparaît alors au milieu d'eux un homme, un genou en terre, bras écartés dans la position qui lui a permis de repousser les amants, tête baissée, il porte un large chapeau chinois.

Scène 4.

Mendoza, stupéfait : Euh...Ti...Titi, oh, bon, sang, Tian Li ????!!!

Le moine saute sur ses pieds et vient se poster en position de défense devant Mendoza, qui s'est mis debout, ainsi qu'Unagikami, en position d'attaque.

Unagikami : Tu connais ce moine ?

Mendoza : Oui, mais..tu étais resté au Tibet, que fais-tu là ? Et pourquoi tu nous sautes dessus comme ça ? On ne faisait rien de mal, je t'assure...Mademoiselle est une amie, même si cela ne se voit pas, ce n'est pas un garçon, je te le jure !

Tian Li : peu importe son sexe, Mendoza, c'est la nature de cet être qui pose problème, c'est un yôkai, un yôkai de la pire espèce, je suis arrivé à temps comme toujours, à ce que je vois, tu t'apprêtais à commettre l'irréparable !

Mendoza : l'irréparable ? Tout de suite les grands mots, non, ne te méprends pas, on se disait juste bonjour, on était contents de se retrouver, c'est tout d'ailleurs, je suis content de te revoir, toi, aussi, quelle surprise, si je m'attendais ! Allez, arrête un peu de me tourner ainsi autour et serrons nous la main ! (Tian Li se déplace autour de Mendoza au fur et à mesure qu'Unagikami décrit un cercle autour d'eux, furieuse).

Mendoza : tu préfères une accolade ?

Unagikami : ne gaspille pas ta salive, Mendoza, il ne peut pas comprendre, ce pauvre bonze, mais il commet une grossière erreur ! On ne provoque pas ainsi impunément Unagikami !

Tian Li : Unagikami ? Ces yôkais ont de ces noms, tout de même...Allons, tu ferais mieux de disparaître avant que je ne laisse éclater ma colère ! Laisse donc cet humain tranquille !

Unagikami : C'est toi qui vas goûter la colère de ma maîtresse, Unagikami ! Je vais te faire passer l'envie d'interrompre les plaisirs des autres !

Tian Li : Ah ! Ah ! Vas-y un peu pour voir ! Je vais te faire goûter de ma botte secrète !

Mendoza : euh...c'est quoi un yôkai ?

Tian Li : un esprit malfaisant qui ne cherche qu'à perdre les pauvres âmes égarées dans ton genre ! Si je n'étais pas arrivé à temps, ce monstre t'aurait dévoré et aurait sucé jusqu'à la moelle de tes os !

Mendoza : Ah ? Personnellement j'avais imaginé tout autre chose, de bien plus agréable...

Unagikami : Ne l'écoute pas, Mendoza ! Ce n'est qu'un moine superstitieux et couard qui déforme les contes des vieilles bonnes femmes par ignorance ! Les yôkais ne dévorent pas les gens, et de toute façon, je n'en suis pas un, souviens-toi de mon baiser !

Tian Li : Comment ? Tu l'as déjà embrassée, malheureux ? Alors, ce sera plus dur que je ne le pensais...Ne l'écoute surtout pas, les yôkais sont très malins ! Quant à moi, je vais devoir t'exorciser au plus vite !

Mendoza : oh là, oh là, pas si vite, amigo ! Bon, arrêtez votre cirque tous les deux, vous me donnez le tournis, j'ai pris un sacré coup sur la tête tout à l'heure et avec mon rhume, ça n'arrange rien !

Tian Li : tu as pris un coup ? Tiens, je croyais que cet être n'était pas dangereux !

Mendoza : c'est une fille !

Tian Li : et alors ? Si je m'arrête, elle va nous sauter dessus ! Les yôkais femelles sont les pires !

Mendoza : oui, oui, bon, tu te répètes, tu m'obliges à répéter, ça m'énerve, alors, basta ! (il le fait pivoter brusquement vers lui et l'assomme d'un coup de poing. Unagikami se jette sur Tian Li comme une furie).

Mendoza : Eh ! Qu'est ce qui te prend ? Il est K.O., c'est bon !

Unagikami, frappant le moine de ses poings en répétant : tiens, sale moine, prends ça, ça et ça ! Connais la vengeance d'Unagikami !

Mendoza, la ceinturant et la tirant en arrière : Bon, ça suffit comme ça, calmos, chiquita, calmos, je vais finir par croire que Tian Li avait raison, même si ton attaque ne me paraît guère terrifiante. Les yôkais n'ont pas un truc plus efficace pour réduire leurs ennemis en bouillie ?

Unagikami : je ne suis pas un yôkai !

Mendoza : ok, ok, j'avais compris, tu es juste une fille qui aime bien mener les autres en bateau, puis les mener par le bout du nez, puis les transformer en anguille...

Unagikami : et j'aurais réussi sans ce maudit gêneur, la peste soit de ces moines donneurs de leçons !

Mendoza : ils ne font que servir leur divinité, tout comme toi...

Unagikami : Je les déteste ! Sans eux, mon frère serait encore là et j'aurais au moins de la valeur aux yeux de quelqu'un !

Mendoza : tes parents ne t'aiment-ils donc pas ?

Unagikami : je ne suis rien pour eux, ils ne sont rien pour moi, laisse moi, je ne veux pas en parler !

Mendoza : tu as de la chance d'avoir encore des parents en vie, ce n'est pas le cas de tout le monde..

Unagikami : et alors ? S'ils pouvaient crever, je serais au moins entièrement libre !

Mendoza : J'ai plutôt l'impression qu'ils te laissent déjà trop de liberté, par exemple celle de te jeter à la tête de n'importe quel inconnu...

Unagikami : Tu n'as rien compris ! Tu n'es pas n'importe qui !

Mendoza : Je suis flatté, mais...tu me dois quelques explications...on ne joue pas ainsi impunément à la prêtresse de la déesse des anguilles, en se faisant passer pour un garçon qui plus est, enfin, tout cela n'a pas de sens !

Unagikami : ça avait l'air de bien te plaire pourtant ! Et si ça me plaît à moi ? Tu ne sais rien, tu ne peux pas comprendre !

Mendoza : ah ah, que de bon sens, que chacun agisse selon sa fantaisie, la vie n'en sera que plus douce...tu me diras tes raisons, un jour...je ne suis pas pressé, mais si je pouvais enfin obtenir un baiser...(il s'approche, Unagikami s'est détournée, bras croisés ; il éternue violemment)

Unagikami, faisant volte-face : Oh ! Tu es encore si fragile ! Cette rivière était glaciale !

Mendoza : ça va, ça va...mais la tête me tourne encore, je devrais aller boire cette tisane...

Unagikami : chez le sale rouquin ? Tu ne vas pas y aller, dis!Je te l'interdis !

Mendoza : Ah ah...tu es charmante, chiquita...mais j'ai mes raisons...

Unagikami : Noooon ! (elle tente de le retenir)

Tian li, se réveillant : Oooooh....

Mendoza, se dégageant et s'approchant de lui : Tian Li, mon ami, je suis vraiment désolé, mais je devais le faire pour stopper cette terrible méprise, cette jeune fille n'est pas un yôkai, je t'assure, juste une âme égarée elle-même, qui déteste les moines...Regarde : elle ne m'a pas dévoré, elle s'est calmée.

Tian li, se redressant, méfiant : c'est juste une fille, tu dis ? Elle n'a pas de dents pointues ?

Mendoza : un baiser d'elle est plus doux que de laisser fondre un nuage de crème fouettée printannière dans sa bouche. Avec un arrière goût de vase qui sent le reviens-y..

Tian Li : Euh, oui, bon...mais pourquoi cette allure, si peu euh...féminine...et pourquoi prétendre servir la déesse des anguilles ?

Unagikami : je joue juste le rôle du gardien de la rivière Kawanagi, serviteur de la déesse Unagikami..

Mendoza : oui, euh...mais tu te prends aussi un peu pour elle...enfin, on a du mal à tout saisir, c'est vrai...

Unagikami, maussade : c'était notre jeu préféré, à mon frère et à moi, il était le gardien, j'étais la déesse..comme on en attrapait des anguilles dans la rivière ! On avait une super technique ! On les portait au temple...et puis ces maudits moines sont arrivés, et tout s'est arrêté !

Mendoza : oui, hum...mais ce n'est pas une raison pour les détester tous ! Tian Li est très sympa, tu sais!Allez, réconciliez vous ! Au fait, l'Anguille, comment t'appelles-tu réellement ?

Unagikami : je ne te le dirai pas...il faut le mériter...Appelle moi Unagikami en attendant....

Mendoza : oui, hum...Unagikami, Tian Li, serrez vous la main en signe de réconciliation !
(long silence, main tendue de Tian Li)

Unagikami : je ne serre pas la main à un moine, tu ne peux pas exiger cela de moi, Mendoza.

Mendoza : huum...un check, alors, peut-être ?

Unagikami : Shôganai, va pour le check, au moins je ne suis pas obligée de sentir ses doigts poisseux enserrer les miens.

Mendoza : Super ! Allez, va pour le check du lama, j'vous montre, j'ai appris ça dans les Andes, on s'passe la main derrière l'oreille, sympa, no? (démonstration avec Tian Li) Allez, à vous ! (ils font le check, Unagikami sans enthousiasme, Tian Li avec entrain)

Tian Li : Tu es d'une grande sagesse, Mendoza, mon ami...

Mendoza : Au fait, Tian Li, qu'est-ce qui nous vaut le plaisir de te revoir ?

Tian Li, soudain très animé : Un grand danger vous menace, toi et les enfants ! J'ai découvert l'identité du traître de la prophétie ! J'ai traversé la mer de Chine à la nage pour vous prévenir !

Mendoza : Le traître, ah...tu as découvert son identité, dis-tu ?

Tian Li : oui oui, c'est un adulte, un adulte qui accompagne les enfants...la prophétie n'en disait pas plus, alors j'ai dû longuement méditer pour trouver la voie de la vérité !

Mendoza : Ah!et tu as fini par trouver...

Tian Li : Oui ! J'ai procédé par élimination, il fallait y penser, n'est-ce pas ? Pedro ? L'agilité du singe mais la maladresse du putois, un karma de mouche, non, ce ne pouvait être lui ! Sancho ? La ruse du tigre camouflée sous la placidité du panda, mais deux cerveaux dans l'intestin au lieu d'un ! Non, impossible ! Toi ? Mon cœur ne pouvait mentir, tu ne saurais trahir les enfants ! Il restait donc...

Mendoza : Ambrosius.

Tian Li : Oh ! Comment as-tu deviné ? Quelle sagacité mon ami !

Mendoza : Je le savais depuis longtemps.

Tian Li : que tu possédais une telle sagacité ?

Mendoza : Non. Qu'Ambrosius était le traître.

Tian Li : Co..co..comment ? Je ne comprends pas, Mendoza, mon ami, tu veux dire...

Mendoza : que tu as fait tout ce chemin pour rien.

Tian Li : mais ? Depuis quand ?

Mendoza : depuis le début.

Tian Li : quel début ?

Mendoza : Barcelone.

Tian Li, se reculant avec horreur : Barcelone ? Mais alors ? Pourquoi n'avoir rien dit ?

Mendoza : c'est un peu compliqué...et puis je ne savais pas ce que disait la prophétie, moi, et j'ignorais que tu avais décidé de jouer les deus ex machina pour sauver les enfants d'un terrible danger !

Tian Li : mais, mais...

Mendoza : pourquoi ai-je gardé le silence ? (soupir) Oui, j'aurais sans doute mieux fait de tout leur dire il y a longtemps...j'en serais pas là où j'en suis à présent...

Tian Li : mais, mais...tu es un traître toi aussi! Je dois prévenir les enfants au plus vite ! (il s'élance)

Mendoza : Eh, pas si vite! Il y a quelques paramètres à prendre en compte dans l'affaire, tu risques de tout faire rater !

Tian Li, ne l'écoutant plus : Mendoza est un traître ! Tao avait raison ! Ô cœur aveugle ! Pourquoi t'ai-je écouté !

Mendoza : Unagi ! Vite, intercepte-le !

Unagikami : ces moines, tous des empêcheurs de baiser en rond, je te l'avais bien dit !

S'ensuit une brève lutte, Tian Li est maîtrisé, ligoté et baillonné avec la ceinture d'Unagikami.

Mendoza : Bon, le temps presse à présent, surveille-le sans lui faire de mal, je dois aller boire ma tisane, j'ai trop mal au crâne, mais surtout qu'il ne s'échappe pas pour tout raconter aux enfants, c'est une question de vie ou de mort, ça ferait capoter tout le plan !

Unagikami : le plan ? Quel plan ?

Mendoza, s'élançant : celui que je dois trouver pour délivrer le poisson rouge !

Unagikami : Eh, attends ! Le poisson rouge ? Quel poisson rouge ? Par ici, c'est des anguilles, pas des poissons rouges !

Mendoza, ne l'écoutant plus, déjà loin : je compte sur toi ! Je ne serai pas long !

Unagikami : Il ne m'a même pas embrassée... (Soudain elle aperçoit un lapin blanc qui sort d'un fourré et se met à suivre Mendoza) Oh ! Mon Dieu ! Non, pas ça ! Ah ! Le soleil baisse déjà sur l'horizon ! (affolée, hésite entre le lapin et Tian Li) Shôganai!(elle se précipite à la poursuite du lapin).

Scène 5.

Tao, Zia et Esteban arrivent dans la forêt, non loin de l'endroit où Mendoza et Unagikami ont abandonné Tian Li à son sort. Ils ne le remarqueront pas. Le soleil commence à décliner.

Zia : Tao, tu es sûr que c'est le bon chemin ?

Tao :mais oui, il n'y a qu'à suivre Pichu, son sens de l'orientation est très aiguisé. Il pourrait retrouver la nef les yeux fermés !

Esteban : j'espère que Mendoza est bien arrivé...

Zia : il a intérêt, parce que je n'ai aucune intention de lui préparer moi même une tisane, après tout ce qu'il a osé nous faire subir !

Esteban : Allons, faut le comprendre aussi, une rupture, ça doit vous chambouler un homme !

Zia : Oui, on a vu ça !

Tao, stoppant net, est secoué de sanglots silencieux.

Zia : Oh, Tao ! Non ! (à Esteban) Arrête de parler de ça, veux-tu ?

Tao : Totor...

Zia : Arrête, Tao, tu te fais du mal...

Pichu, voletant au dessus de son maître : Tao, Tao, oublier Totor, oublier !

Tao : Totor !!

Esteban : Pichu, mais tais-toi, allez, file, laisse Tao tranquille ! On a eu assez de mal à le consoler tout à l'heure !

Pichu, disparaissant dans la forêt : Totor ! Totor ! Oublier Totor !

Zia : ça va, il est parti. Allons, Tao, du courage ! (elle entoure ses épaules de ses bras).

Esteban, fixant la direction dans laquelle est parti Pichu : Eh, regardez,là-bas, y'a un drôle de petit lapin blanc, on dirait qu'il suit Pichu !

Zia : où ça ? Je ne vois rien...

Esteban : Mais si, et en voilà un autre, tiens, et encore un, waaah, ils sont trop mignons, et c'est marrant, on dirait qu'ils suivent vraiment Pichu ! Je me demande où ils vont tous en réalité!Allez, les amis, suivons-les ! Le premier qui attrape un lapin a gagné ! Tao, ça te changera les idées, allez, allez, viens, viens..

Zia : Oh, Esteban, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, allons à la nef sans tarder, le soleil se couche et je n'aimerais pas traîner dans cette forêt..je ne m'y sens pas à l'aise...

Esteban : Poule mouillée, va ! Allez, t'es une aventurière oui ou non ?

A ce moment, on entend une sorte de gémissement, c'est Tian Li qui tente d'attirer leur attention en rampant vers eux.

Zia : Qu'est-ce que c'était ?

Esteban : Peuh, un oiseau quelconque!Allez, froussarde, t'as qu'à me suivre si tu veux pas rester ici, tiens, regarde, voilà un autre lapin, et puis encore un autre, oh ! C'est dingue ! Qui m'aime me suive !

Nouveau gémissement, Zia, s'apprête à suivre Esteban, mais Tao ne bouge pas, elle hésite.

Zia : Tao, tu viens ? (Esteban est déjà loin, on l'entend crier)

Esteban voix off : encore un lapin, c'est trop génial, encore un !

Nouveau gémissement.

Zia : Tao, je t'en prie, Esteban est parti, et...je ne suis vraiment pas rassurée, reprenons la route !

Tao : Pichu...il m'a abandonné lui aussi...sans lui, comment retrouver notre chemin ?

Zia : Suivons les lapins qui suivent Pichu, Esteban a raison, allez viens! Oh, regarde, un lapin ! (elle le tire en vain)

Tao : Non, je refuse.

Zia : mais...le gémissement..la nuit qui tombe...ne restons pas ici, je t'en supplie !

Tao, s'asseyant en tailleur : Je suis las de toujours courir...tout cela n'a pas de sens...ce gémissement ? Le vent dans les branches, le chant d'amour d'un engoulevent, la plainte d'une âme errante, qui fut jadis abandonnée, le fantôme de Totor, qui sait ?

Zia : Tao!tu me fais peur ! Tu n'es pas sérieux ?

Tao : pars rejoindre Esteban si tu le souhaites, moi, je reste ici un instant, pour méditer...laisse moi, veux-tu ?

Nouveau gémissement.

Zia : Ah ! Vous êtes tous devenus fous! c'est cette forêt, j'en suis sûre ! Et moi aussi je deviens folle ! Esteban, Esteban, attends moi, j'arriiiiive !

Elle s'élance et disparaît à son tour. Ne restent plus sur scène que Tao et Tian Li, qui essaie toujours en vain d'attirer son attention, par divers gémissements et contorsions.



Scène 6.

Tao est assis par terre en position de méditation, yeux clos. Tian Li se contorsionne en gémissant, en vain. Arrive en se dandinant un tanuki, sorte de gros blaireau, qui tourne autour de Tao en le flairant, sans que ce dernier s'en rende compte. Les gémissements s'intensifient pour tenter de le prévenir. Le tanuki finit par se poster face à Tao, il s'immobilise complètement. Tao ouvre les yeux et découvre ce qui semble être un rocher grossièrement poli, gravé d'inscriptions de Mu.

Tao : tiens, je n'avais pas remarqué ce rocher...(il se penche vers le rocher) sa forme est singulière..et on dirait qu'une force émane de lui..eh, Esteban, Zia, venez voir, on dirait une pierre gravée ! Gravée de symboles de Mu ! (seul le gémissement lui répond) Oh, Totor, tais-toi ! J'ai trouvé quelque chose, une piste, une piste, c'est sûr!Esteban, Zia, revenez!Oh, et puis zut, je vais commencer à déchiffrer sans eux, de toute façon ces élus sont incapables de comprendre le moindre signe de Mu ! (il s'agenouille et entreprend de gratter la surface de la pierre, un gémissement de Tian Li s'élève, suivi d'un gloussement) Oh, Totor et Titus, la ferme !

La scène est brusquement plongée dans le noir, la lumière se fait sur la scène suivante.

Scène 7.

Zia, seule, court et s'arrête, essoufflée : Estebaaaan ! Où es-tu ? Estebaaaan !! reviens ! Ne me laisse pas toute seule ! (silence total) Et puis zut ! Qu'est-ce qui lui a pris de courir comme ça après ces lapins ? Comme si on n'avait que ça à faire ? Son impulsivité de prépubère commence à me taper sur les nerfs, il faut qu'il grandisse un peu ! Gurban n'aurait jamais agi ainsi, lui, quant à l'autre petit chinois qui craquait sur moi et dont j'ai déjà oublié le nom, c'était un garçon prévenant lui au moins, il ne m'aurait jamais abandonnée toute seule dans cette forêt hostile où il n'y a même pas un mignon petit panda pour vous réconforter ! (elle frissonne) Allons, Zia, du courage ! Tous des mauviettes, de toute façon ! (elle se met à chantonner) Pandi,Panda, petit ourson de Chine, Pandi, Panda, né dans l'Himalaya...Ah ! Ouf, ce n'était que l'ombre d'une branche ! Pandi, Panda...me voilà seule au crépuscule, proie facile pour les bêtes féroces, à la merci d'une mauvaise rencontre ! Pandi, Panda...Esteban, tu as intérêt à te montrer très vite, avec ou sans lapin, ou tu continueras à chercher les cités d'or sans moi ! (silence pesant) Tiens, au moins je n'entends plus ce gémissement horrible...Estebaaaan!Oh, Zut, qu'il se débrouille seul, je retourne vers Tao ! Voyons...je suis venue par là...ou plutôt par ici, oui, je reconnais le tronc ! Ah ! Cette fois j'ai bien vu une ombre ! Pandi Panda, qui va là ? Esteban ?

Une ombre en kimono se glisse en effet d'arbre en arbre à la suite de Zia, puis la précède, puis finit par se dresser devant elle. C'est un renard au regard magnétique, qui la subjugue et s'approche sans que Zia esquisse un geste pour s'enfuir. Le renard enveloppe Zia dans les manches de son kimono....

La scène est brusquement plongée dans le noir, la lumière se fait sur la scène suivante.

Scène 8.

Tao est toujours occupé à déchiffrer son rocher quand Zia surgit, s'approchant très calmement, mais par brusques sauts, suivis de petits pas feutrés. Tao ne l'aperçoit que lorsqu'elle est toute proche de lui, derrière le rocher, et se penche vers lui, bras tendus.

Tao : mais que ? Ah, Zia ! Te voilà revenue ! J'ai fait une découverte extraordinaire, regarde, cette pierre est gravée de symboles de Mu ! On est sur une piste, c'est épatant ! Mais j'ai du mal à gratter cette mousse qui les recouvre, tu pourrais m'aider, c'est bizarre, on dirait une toison de poils drus !

Zia, lui saisissant le visage à deux mains et le levant vers elle : Tao, cher Tao...ne pourrais-tu un instant songer à autre chose qu'à tes ancêtres de Mu ? (elle l'oblige à se lever, Tao se laisse faire, sans protester, surpris) nous sommes seuls dans cette forêt, au crépuscule, rien ni personne ne viendra nous déranger...Oublie ces symboles stupides...Regarde moi plutôt...

Tao : Zi..Zi..Zia ? !! Mais...Esteban...(Zia attire son visage jusqu'au sien, on entend alors le gémissement de Tian Li) Oh ! Le gémissement ! Attention ! Il y a sûrement là-bas quelque bête féroce prête à se jeter sur nous !

Zia : c'est moi la bête...et je vais te croquer, délicieux petit Muien, ton visage a la rondeur d'une galette dorée à point, tes cheveux sont de croustillantes lanières de tofu frit enrobées de sauce soja sucrée, quant à ta tunique jaune, c'est une corolle délicate de fleur de crocus qui abrite un savoureux pistil safrané dont j'ai hâte de humer, de respirer, de goûter le parfum langoureux et piquant...

Tao, voix faible et hésitante : Ziaaaa.......

Tian Li gémit et gigote de plus belle tandis que Zia s'apprête à passer à l'acte. Le rocher entre eux se carapate en crabe, le tanuki se redresse, mécontent.

Tanuki : maudite petite peste ! (il se ravise) Bah!autant profiter du spectacle ! (il s'assied en tailleur)

Tao : Ziaaa...nooooon......

Soudain, on entend un hurlement, aussitôt suivi de l'entrée en trombe d'Esteban, bras en l'air.

Scène 9.

Esteban : Aaaah ! À moi ! Au secours ! Ziaaa ! Taoooo ! A l'aiiide ! Les lapiiiins !!!

Zia tourne la tête aussitôt, furieuse, Tao se secoue et se dégage, le tanuki s'esclaffe, se tape les cuisses, mais personne ne le remarque ; il se retransforme en pierre.

Esteban, essoufflé et gesticulant devant ses amis : les lapins ! Les lapins ! Des tas de lapins ! Ils en ont après moi!ils me poursuivent ! Des dizaines, des centaines, des milliers de lapins !

Tao, ahuri : des lapins ? Tu es sûr ? (regard à Zia, puis Esteban) euh...vous allez bien tous les deux ?

Zia, se recoiffant et lissant sa robe d'un air indifférent, regard dans le vague : des lapins, hum ? Tu es poursuivi par des lapins ? Je ne savais pas que les lapins poursuivaient les chasseurs...je suppose qu'en plus tu vas nous dire qu'ils sont tous armés de mousquetons , ont de cruels petits yeux rouges, et chantent à tue tête 'ce matin, un lapin, a tué un chasseur' ! Oh, mais suis-je bête, nous sommes le soir, cela ne se peut donc pas...Hi hi hi hi hi (elle éclate d'un rire hystérique) Je t'avais bien dit que cette forêt est dangereuse, Hi hi hi hi hi !

Esteban, effaré : Zia ? Zia ? (à Tao) Qu'est ce qu'elle a ?

Tao, hébété, fixant lui aussi Zia : Totor...

On entend une sorte de grondement, les arbres frémissent.

Esteban, se retournant : les voilà!ils arrivent ! Fuyons!Aaaah ! (il attrape ses compagnons par les bras et les entraîne, Zia toujours riant, Tao toujours répétant 'Totor'. Déferlement des lapins, puis scène vide à part le tanuki secoué de gloussements et Tian Li qui gémit).

Fin de l'acte I.



Intermède

Au bord de la rivière, Pedro et Sancho se réveillent après une sieste.

Pedro, s'étirant : Aaaah....j'ai bien digéré ! (secouant Sancho) Eh, Sancho! Faudrait p'têt qu'on songe à retourner au condor, il se fait tard !

Sancho : Hum ? Lai..lailai...laisse moi...j'ai en..encore de l'an an, de l'anguigui, de l'anguille sur l'estomac...

Pedro : Bon, les enfants, c'est pas tout ça, mais faudrait p'têt ramasser du bois pour le feu de ce soir ! J'ai l'impression que Sancho en a encore pour un moment..(il regarde autour de lui) Eh, les enfants ! Ben...où sont-ils passés?(il se lève) Oh eh ? Les enfants ? Où êtes vous passés ? (mécontent) Mais c'est pas vrai ! Où sont encore passés ces sales gosses ? On peut pas fermer l'oeil sans qu'ils disparaissent !

Sancho : tu..tu ..tu tete te rérérépè...rérépèpè...te. Lai..lai..laisse tonton, laisse tomberber, ils ont du aller àlala, à la nene, à la nenene..

Pedro : ouais, c'est bon, j'ai compris, à la nef ! Mais tout de même, partir comme ça sans rien nous dire, ça se fait pas ! Bah, de toute façon on en a assez fait pour aujourd'hui, toutes ces anguilles, ça m'a épuisé, les pêcher, les découper, les embrocher, pfiou ! J'aurais bien besoin d'un petit remontant..ou un petit dessert, tiens, j'ai une envie de sucré, pas toi ?

Sancho, s'asseyant enfin : un dede, un dessert!Mimi mimi miamiam ! Mais mais mais...on n'en a pas !

Pedro : Eh ! Regarde un peu là-bas ! On dirait des jujubes !

Sancho : des juju...des jujubes!!Mais mais mais...c'est pas la saison !

Pedro : Pfff ! Rabat-joie ! Ce sont sûrement des sortes de jujubes, des cerises jujubes, tiens, bref, des fruits quoi, des fruits sûrement juteux, sucrés, bien charnus, bien dodus, mûrs à point, regarde, mais regarde, ils nous tendent les bras !

Sancho : t'as t'as t'as raison, mimi mimi miam !

Pedro : Allez, on goûte ! (ils se dirigent vers un arbre et commencent à s'empiffrer de fruits, tandis qu'on entend de petits gloussements étouffés, puis de plus en plus fort. Pedro s'arrête) Eh ? T'as rien entendu ?

Sancho : hon..hon...

Ils recommencent à manger, des silhouettes apparaissent dans le feuillage.

Pedro : Eh ! T'as rien vu ? On dirait qu'il y a des...des choses....vivantes dans l'arbre !

Sancho : hon hon, chû, chû, chûrement des zoizoi, des zoiseaux !

Pedro : t'as raison, ces petites bêtes adorent les jujubes, eh eh eh, comme nous quoi ! Eeeeh ! (fixant soudain Sancho) T'as une drôle de tête, toi !

Sancho, le fixant à son tour : ben, ben, toi aussi! eh eh eh eh eh ! (rire à l'unisson dans les branches).

Pedro : t'as rien entendu ? Oh ! Ton nez ! On dirait...une grosse jujube...une énorme jujube ! On en mangerait, eh eh eh !

Sancho : eh eh eh, tes zozo, tes oreilles, elles sont toutou, toutes rouges ! Elles sont apépé, apépé, appétissantes !

Pedro : fais voir tes doigts ! Oh ! Des brochettes de jujubes ! (il tente de les manger)

Sancho : Eeeeeh ! Quèquèquè, qu'est ce que tu fais!!!Oh ! La grosse juju...la grosse jujube ! (il mord l'oreille de Pedro)

Pedro : Aïe ! Mais ça va pas ! T'es fou ! (il se dégage et se recule vivement)

Sancho : Juju..juju...(bras tendus)

Pedro : Sanchoooo ! Ooooh ! (il lui mord la main) Aaaah...ces jujubes, quel délice...

Grands rires et gloussements dans les branches, puis des créatures ressemblant à de gros oiseaux joufflus apparaissent et se jettent sur les deux marins en criant : A nous les grosses jujubes, à nous !
Hurlement de Pedro et Sancho tandis qu'ils se font picorer. Ils tentent de s'enfuir, poursuivis par les oiseaux. Le soleil se couche.
Ce qui fait de nous des grands enfants nous rend plus humain...

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Dodie
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 04 sept. 2015, 22:16

Acte II 

Amère tisane et douce bière.

Scène 1.

La nef, intérieur crépuscule. La silhouette de Mendoza se découpe dans l'encadrement de la porte de la nef, main sur le front, il est appuyé au chambranle.

Mendoza : Bonsoir, Ambrosius, me voici.

Ambrosius, occupé près d'un alambic cuivré, sans se retourner : Entre, entre, mon ami ! Un dernier réglage, et je suis à toi ! Voilààà !

Mendoza s'avance, Ambrosius le croise pour aller refermer la porte derrière lui. On entend à ce moment un bruit sourd contre la porte, puis Mendoza éternue.

Ambrosius, surpris par le bruit, mais aussitôt distrait par l'éternuement : Tiens ? Ooooh ! Je vois que ton rhume ne s'arrange pas, tu as bien fait de venir avant que ça n'empire davantage, je me disais, mais quand se décidera-t-il, quand osera-t-il enfin, ce grand bêta, est-ce que je lui ferais peur, hum ? (il se plante derrière Mendoza. On aperçoit alors par le hublot un lapin sauter puis un autre, puis Unagikami qui l'envoie valser avant de coller son visage au hublot pour surveiller la scène.) Et si je te débarrassais de ta cape, hum, qu'en dis-tu, histoire de te mettre à l'aise ?

Mendoza : Comment un nabot tel que toi serait-il capable d'un tel exploit ?

Ambrosius : Oh, mais il suffirait que tu te mettes à ma hauteur, à genoux...tu as montré une si bonne grâce à le faire la nuit dernière...( il s'approche et se colle à Mendoza, le ceinturant) Que de souvenirs heureux ! (Mendoza pivote pour faire face à Ambrosius, il le contemple 'de haut' toujours enserré, esquisse un geste comme pour prendre Ambrosius dans ses bras, se ressaisit et le repousse brutalement, Ambrosius tombe) Oh, c'est vrai ! J'avais oublié que nous nous étions brouillés....définitivement ! Quel étourdi je suis !

Mendoza, se prenant la tête et gémissant : ne crie pas si fort !

Ambrosius, se relevant : bien sûr, bien sûr, tu as la tête comme une citrouille, une coucourde, un melon, mais rassure-toi, j'ai le remède qu'il te faut, comme promis ! Approche, approche, ta tisane est en train de finir d'infuser, je t'ai choisi une tasse en porcelaine à motifs bleus du Kansai, une pure merveille, admire cette délicatesse du trait, et les innombrables nuances de bleu, du bleu canard au bleu ciel, en passant par le bleu de prusse, le bleu cianuré...le récipient parfait pour te servir mon breuvage miracle, celui qui te remettra sur pieds, en un clin d'oeil, à moins qu'il ne te fasse tourner de l'oeil et t'envoie vingt pieds sous terre, mais cela, nous ne pouvons pas le savoir avant que tu ne l'aies goûté, et tu as une énorme envie de le goûter, n'est-ce pas ? Je sens ton impatience, viens, viens, approche, n'aie pas peur ! (Mendoza approche) Voilà, il ne reste qu'à retirer les tranches de goya qui infusaient...(il retire trois rondelles) Regarde ! C'est l'ingrédient secret, la clé du miracle ! Du goya d'Okinawa ! Tu m'en diras des nouvelles ! C'est très amer, mais c'est plein de bonnes choses ! (il avale les tranches d'un coup et grimace) Raaahhh ! Brrrrr !....ça fait du bien, un peu d'amertume!Mais rassure-toi, j'ai adouci la tisane avec du sirop de jujube, car, pour les non-initiés, ça peut se révéler très surprenant ! Attends ! Je parie que tu n'as jamais vu de goya de ta vie ! (il farfouille dans une caisse sous sa table) J'ai fait une provision de goyas tantôt, tiens, en voilà un beau ! (il brandit un petit concombre hérissé de picots) Quel dommage que nous soyons brouillés, je suis persuadé que nous en aurions fait un usage des plus intéressants lors de nos petites soirées...(il le lance à Mendoza, qui l'attrape et le jette à travers la pièce, furieux) Oh là ! Tout doux mon ami!je ne pensais pas à un jeu de lance-goya, mais à quelque chose de plus...agréable, quoique pouvant se révéler un tantinet douloureux, tout dépend de la partie de l'anatomie qui se trouverait entrer en contact avec le goya, et de la force avec laquelle ledit goya serait manipulé...ton geste me ferait presque regretter de ne pas t'avoir mis un goya dans les mains plus tôt...quand on a goûté à son amertume, il est bien difficile de trouver du plaisir à quelque autre nourriture, crois-moi, fût-ce une anguille au goût de vase...(Mendoza se précipite sur lui et l'empoigne par le col, le soulevant de terre) Allons, allons, ne t'échauffe pas ainsi, ce qui est fait est fait...et je ne reviendrai pas sur notre petit marché. Bois donc ma tisane, ça te remettra les idées en place ! (Mendoza le lâche brusquement, s'empare de la tasse de tisane et la vide d'un trait, avant de grimacer fortement et de se prendre la gorge) C'est un peu amer, n'est-ce pas ? Rien de tel pour éliminer les virus, je te l'avais dit, cet aliment est le secret de la longévité des habitants d'Okinawa, rien ne lui résiste, tu peux dire adieu à ton rhume ! Mais donne moi cette tasse, je ne voudrais pas qu'elle se brise à terre !

Mendoza gémit, se tenant toujours la gorge, recule, chancelle, se tient à la table, fait quelques pas .Ambrosius pose la tasse, se précipite vers la méridienne et la pousse vers Mendoza juste au moment où celui-ci s'effondre, s'écroulant sur la méridienne.

Ambrosius : et voilààà ! J'ai simplement omis de te préciser que j'avais rajouté un petit somnifère de mon cru, histoire que tu te reposes réellement après tous tes exploits, car, vois-tu, rien ne vaut une bonne nuit de sommeil pour être en pleine forme et puis...j'avoue que j'avais aussi besoin que tu dormes pour me livrer à une petite expérience, oh, trois fois rien, je te rassure, mais tu vas m'être très utile, mon amour, très utile...laisse-toi faire...( il retourne prendre une seringue remplie d'un liquide jaune et brillant, dégage le cou de Mendoza et lui injecte le contenu de la seringue) Voilàààà ! (léger gémissement) Allons, c'est fini, tu n'as rien senti, n'est-ce pas ? Oh...regardez comme il dort, cet ange, comme il est mignon, on en mangerait...(il lui tapote la joue) Dors bien, petit cobaye, Ambrosius s'occupe de tout...eh eh eh...

Derrière le hublot, Unagikami s'agite désespérément, occupée à repousser des lapins, elle se retourne brusquement tandis qu'un hurlement retentit, et disparaît.

Esteban : Aaaaah ! Ambrosius, ouvre nous, vite, par pitié !

Scène 2.

Ambrosius, se redressant : Hein ? Esteban ? Que diable ?

Esteban : Ambrosius, ouvre, ouvre, on est poursuivis !

Ambrosius, après avoir regardé par le hublot et actionné l'ouverture : Dépéchez vous les enfants !

Esteban, tenant toujours Zia et Tao par la main, déboule avec eux, Ambrosius referme aussitôt en repoussant du pied quelques lapins. On les voit sauter et se cogner au hublot. Les trois enfants s'écroulent, Esteban râle, Zia rit toujours comme une hystérique et Tao se hâte de se dégager pour aller se prostrer dans un coin, bras autour des genoux. Ambrosius les regarde tour à tour, hébété, figé près de la porte tandis que les lapins se déchaînent au dehors.

Ambrosius : Esteban ? Zia ? Tao ? Pouvez vous m'expliquer ce qui se passe ? Que font tous ces ...lapins dehors ? Pourquoi sont-ils si agressifs ? Auriez-vous commis quelque imprudence ?

Esteban : non, on n'a rien fait de mal, je te jure, on était simplement dans la forêt, en route pour venir ici, j'ai vu un lapin, puis un autre, j'ai voulu les suivre...c'était pour changer les idées de Tao, à cause de ce que Mendoza avait dit...et puis, je ne sais pas comment, les lapins sont sortis de partout, il y en avait devant, derrière, tout autour de moi, ils ont commencé à faire une ronde et à tourner en courant de plus en plus vite, ils se sont rapproché de moi, je me suis senti soulevé, puis je suis retombé hors du cercle des lapins, et j'ai couru, couru, ils étaient tous après moi, et j'ai retrouvé Zia, elle et Tao étaient restés derrière, et Zia était bizarre, elle s'est moqué, elle a ri, et depuis elle n'arrête pas, et Tao, Tao, on dirait qu'il s'en fiche de tout ça, ils sont tous fous, fous, ça a commencé avec Mendoza, tu aurais du l'entendre, je ne l'avais jamais vu comme ça, c'était effrayant, et..

Ambrosius, s'approchant d'Esteban et le prenant par les épaules : mon cher enfant, calme-toi, tu es à l'abri à présent, tout va bien, euh...je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi : qu'a donc dit Mendoza ?

Esteban : des trucs bizarres à propos de jambon, de coccinelle géante, et puis il a voulu fumer un cigare, un cigare, tu te rends compte, et il ne se rappelait même plus de nos noms, il m'a appelé Juanito, et Zia Zita, et Tao Tato !! Et, et...

Ambrosius : Ah, bien, bien, oui, certes, c'est préoccupant, mais rien d'alarmant, la fièvre sans doute, regarde, le voilà qui dort comme un bienheureux à présent, il a bu sa tisane, ça ira beaucoup mieux ensuite, je te le garantis !

Esteban : c'est, c'est, c'est vrai ? Tu me le promets ?

Ambrosius : parole d'alchimiste! Tu n'as aucune inquiétude à avoir !Allons, revenons aux lapins : tu dis qu'ils t'ont soulevé de terre en tournant à vive allure autour de toi, c'est bien ça ?

Esteban : oui...je suppose...oh, Ambrosius, c'était terrifiant, et maintenant, ils sont tous là, dehors, ils nous assiègent, mais que nous veulent-ils ?

Ambrosius : Hum...que te veulent-ils, plutôt...(il observe par le hublot) Intéressant...on dirait qu'ils cherchent à ronger le bois de la nef...ils doivent être affamés...

Esteban : Nooooon! Je veux pas qu'ils me dévorent ! Fais décoller la nef, vite !

Ambrosius : Allons, allons, Esteban, les lapins ne mangent pas les enfants, voyons, chasse ces craintes ridicules...Tiens, je sais ce qu'il te faut ! Voyons un peu...( il va fouiller dans ses pots) En ai-je encore suffisamment ?...

Esteban : Ambrosius, la nef, fais la décoller ! Qu'est ce que tu attends ?

Ambrosius : Allons, un peu de patience, mon garçon, je vérifie s'il me reste assez de cacao pour te préparer une surprise...un lapin en chocolat, pour tout dire, eh eh eh, ça te fera oublier ces créatures excitées là dehors !

Esteban : mais...ils vont faire un trou si ça continue, écoute ! Décolle ! Décolle !

Ambrosius : Décoller ? Ah!C'est que, malheureusement, vois-tu, je n'ai plus suffisamment de vapeur solaire pour cela, j'ai tout utilisé pour faire fonctionner mon alambic, j'avais cette cargaison de cerises que je ne voulais pas laisser perdre...

Esteban : des cerises ? Pas encore !!!!

Ambrosius : les cerises de cette région montagneuse de Yamagata sont très réputées, sais-tu, et je suis sûr que tu apprécieras ce que j'ai confectionné avec, de toute façon, je n'ai plus assez de cacao, alors...

Esteban : Mais, Ambrosius, on va se faire attaquer par cette horde de lapins enragés qui veulent je ne sais quoi et il n'y a que nous deux qui puissions faire quelque chose ! Mendoza dort, Tao est prostré, Zia rit comme une hystérique, trouve une solution, je t'en supplie, avant que ces rongeurs ne viennent à bout de la coque !

Ambrosius : eh eh eh...ma coque est super-résistante, ne t'en fais pas pour si peu, ce ne sont pas de vulgaires lapins qui réussiront à la percer...

Esteban : vulgaires lapins ?

Ambrosius : bon, il est vrai qu'ils sont particulièrement agressifs, mais ce ne sont pas des castors, détends-toi ! Allez, on va se boire une petite bière, j'aurai l'esprit plus clair après !

Esteban : une bière ?

Ambrosius : ne me dis pas que tu n'en as jamais bu ?

Esteban : Une bière ?..Alors tu ne vas rien faire pour nous ? Pour les lapins, pour Tao, pour Zia ?

Ambrosius : Zia ? Oh, c'est vrai, son comportement est en effet des plus étonnants...mais..on ne l'entend plus rire, où est-elle passée ? Oh !

Zia s'est approchée de Mendoza et est en train de le renifler, de le flairer, tantôt poussant de petits grognements de plaisir, tantôt des sortes de plaintes.

Esteban, se précipitant et la tirant en arrière : Zia ! Mais que fais-tu ! (elle se dégage, furieuse, et s'éloigne)

Ambrosius : Hem...voilà qui est pour le moins singulier...tu n'as vraiment aucune idée sur ce qui aurait pu provoquer cet état ?

Esteban : elle était normale quand je l'ai laissée avec Tao, et quand je suis revenu, elle s'est moquée de moi, elle a commencé à rire, non, vraiment, je ne sais pas...

Ambrosius : intéressant...je vais essayer de l'examiner, peut-être a-telle mangé quelque chose, une plante, un champignon... Tao, mon garçon, ne pourrais-tu nous éclairer ? (pas de réponse) Tao ? (il va vers lui mais Tao ne réagit pas) Hum...voilà qui est embarrassant, je l'avoue...(il se frotte la barbe. Zia s'approche de lui de sa démarche de renarde.)

Esteban : Ambrosius ! Attention ! Zia !

Ambrosius se retourne et se retrouve nez à nez avec Zia, qui lance un regard furieux à Esteban, puis lui tire la langue en signe de défi.

Esteban : Zia ! Les lapins...viens voir les lapins, là, dehors, nous sommes en danger...

Zia : les lapins, peuh! N'as-tu pas entendu ce cher Ambrosius, Esteban ? Nous sommes en sécurité ici...détends-toi...et toi aussi, cher Ambrosius, j'ai l'impression que tu te fais beaucoup trop de souci pour moi, je vais parfaitement bien, je te l'assure, tiens, constate le par toi-même...tu voulais m'examiner n'est-ce pas ? Sens comme mon cœur bat d'un rythme régulier, je suis calme, parfaitement calme...(elle lui prend la main et la pose sur sa poitrine) Ecoute ! ( elle lui attire le visage vers son cœur)

Ambrosius : Euh ! Oui..oui...

Zia : sais-tu que ta moustache est très élégante, cher Ambrosius ? Quel panache!Et cette couleur ! J'adooore!(elle lui caresse la moustache) Je rêve d'avoir un poil aussi brillant et aussi doux que le tien, d'une teinte aussi lumineuse, les reflets jaunâtres de ma queue me navrent parfois, si tu savais!J'ai une folle envie de cette parure, pour tout dire, et tu vas me la céder bien gentiment, n'est-ce pas, cher Ambrosius, tu es si galant...(elle brandit un rasoir sorti d'on ne sait où) Bien sûr je prendrai aussi la barbe, tu ne refuseras pas...(elle tient fermement la tête d'Ambrosius qui se débat en vain tandis qu'elle approche le rasoir de son visage)

Ambrosius : Que...quoi...mais enfin...Esteban ! Fais quelque chose, vite ! Elle est positivement folle !

Esteban, décomposé : Ziaaaaa....

Il reste figé, tandis que Tao ne réagit pas. Soudain, quelque chose s'abat sur Zia, lui fait lâcher le rasoir et Ambrosius, projeté à terre, s'ensuit une brève lutte, Zia est neutralisée, assommée. Unagikami se relève.

Esteban : Ziaaaaa....(il n'ose bouger)

Scène 3.

Ambrosius, se relevant péniblement : Euh, cher ami, je ne sais qui vous êtes ni comment vous êtes entré, mais sans votre intervention providentielle...(Unagikami se tourne vers lui) Nom d'un pendule en orichalque ! La petite garce !

Unagikami : c'est bien moi, sale rouquin ! Surveille tes paroles ou je te fais avaler ta moustache pisseuse !

Ambrosius : co..comment ?! Tu vas me le payer, sale petite...petite...petite...

Unagikami : tu es tout retourné on dirait...allez, épargne ta salive, je ne suis pas venue te chercher querelle, et je ne trahirai aucun de tes secrets, même pas celui sur le fameux poisson rouge..

Ambrosius : de quoi parles-tu ? Que veux-tu ?

Unagikami : je constate que tu as changé de ton, bien, bien, ce que je dis t'intéresse on dirait...mais...chuuut...je n'ai rien vu à Kawanagi...ni dans cet étrange vaisseau...je suis venue pour lui (pointant Mendoza) et accessoirement pour lui (pointant Esteban) et je crois bien que tu vas aussi avoir besoin de mes services.

Ambrosius : de quoi parles-tu ? Sois plus claire ! Je n'ai pas de temps à perdre ! Les lapins...et d'abord, comment es-tu entrée ?

Unagikami : Oh...ce vaisseau est plein de surprises, de recoins cachés et de trappes par où une petite anguille comme moi peut se faufiler...mais je n'ai rien vu, hein !

Ambrosius : et les lapins ? Comment as-tu fait..

Unagikami : Oh, les lapins, ils ne s'intéressent pas à moi, j'en ai éliminé quelques uns, mais ils sont déjà trop nombreux, alors je me suis esquivée, j'ai fureté, j'ai trouvé des choses intéressantes, qui pourraient vous aider...tous les trois.

Ambrosius : tous les trois ? De qui parles-tu enfin ! Nous sommes cinq à bord !

Unagikami : cinq ? Tu ne sais pas bien compter, bizarre pour un savant tel que toi..d'abord, tu oublies de me compter, et puis tu oublies...mais peu importe, seuls trois d'entre nous portent la marque du lapin de la lune...

Ambrosius : la marque du lapin de la lune ? Ah ah ah ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Bon, je crois que je t'ai assez écoutée, excuse moi, je vais me servir un petit rafraichissement avant de m'occuper de ces lapins, sans compter cette pauvre Zia..Le lapin de la lune, tu entends ça, Esteban, c'est ridicule !(il se tourne vers Esteban et se fige) Ah ! Esteban! La...la...(pointant son doigt vers le visage d'Esteban)

Esteban, pointant son doigt vers Ambrosius : la marque du lapin de la lune !

Ambrosius : Hein ? Que..quoi..où ?

Esteban : sur ton front ! Un point brillant !

Ambrosius : non ! Sur ton front ! Ah ! (se touchant le front) Mais pourquoi moi ?

Esteban : et qui est le troisième ? (se précipite vers Zia) Rien ! Tao ? (va relever la tête de Tao toujours prostré tête dans les genoux) Rien !

Ambrosius et Esteban : Mendoza ! (ils se précipitent pour vérifier) Aaah ! Mendoza, Mendoza, réveille-toi, tu as la marque du lapin de la lune ! (aucune réaction) Mais....(se tournant vers Unagikami) qu'est-ce qui va nous arriver ? Pourquoi avons-nous cette marque et pas les autres ?

Unagikami : vous êtes enfin disposés à m'écouter ?

Ambrosius et Esteban secouent la tête affirmativement.

Unagikami : bien...la légende dit que celui qui montre ses fesses à la pleine lune du 6ème mois de l'année du lapin fait allégeance au lapin de la lune, Usagikami, qui envoie alors ses serviteurs la nuit suivante pour conduire jusqu'à lui son nouveau sujet, qui lui doit désormais obéissance.

Esteban : On va aller dans la lune ? Waouh ! C'est pas croyable ! Et tout ça parce que j'ai mangé trop de cerises et que j'ai du me lever la nuit dernière ! Dis donc, Ambrosius, toi aussi tu avais mangé trop de cerises ? Et Mendoza ? Bah, je ne me souviens pas qu'il en avait mangé tant que ça....oh ! Vous en avez remangé ensemble !

Ambrosius : Euh...et à part l'obéissance, qu'exige de ses sujets ce ...lapin de la lune ?

Unagikami : nul ne le sait vraiment, car personne n'est jamais revenu pour en témoigner...Mais on raconte qu'Usagikami leur fait astiquer la lune jusqu'à ce qu'elle brille d'un éclat renouvelé, et quand ils sont morts d'épuisement, il utilise la peau de leurs fesses pour reboucher les trous de la surface.

Esteban : Hein ? Mais c'est n'importe quoi ! Et puis d'abord je suis le fils du soleil, pas question que j'aille reboucher les trous de la lune avec la peau de mes fesses !

Unagikami : ah ah ah ! Et moi je suis la déesse des anguilles, et je te promets que ces lapins  laisseront tes fesses tranquilles, fils su soleil !

Esteban : la déesse des anguilles ? Oh, tu existes vraiment ? Alors, Mendoza ne délirait pas..mais..tu ressembles à un garçon !

Unagikami : les apparences sont parfois trompeuses, petit ! Tiens, regarde ton copain le rouquin, qui te dit que ce n'est pas un Fûri, une espèce de yôkai, un blaireau du vent qui aime bien berner les humains, on le reconnaît car il a peu de poils sur le corps, excepté de l'échine jusqu'à la queue.

Ambrosius : ça suffit ! Arrête de débiter des sornettes ! Esteban, éloigne-toi de cette faiseuse d'embrouilles ! J'en ai assez entendu, et je vais la mettre dehors vite fait ! (il s'approche, menaçant)

Esteban : euh..c'est quoi un yôkai ?

Unagikami : quelle bonne question ! Le petit est raisonnable, lui au moins ! Prends en de la graine, charlatan  ! Un yôkai, c'est un esprit malin qui s'amuse à posséder les humains, ou à leur jouer des tours, et je crois bien que ta copine est possédée...il faudra que je m'en occupe, après avoir réglé le problème des lapins, bien sûr ! A moins que vous ne vouliez qu'ils vous emmènent dans la lune ? Dans ce cas, vous permettez que je parte d'ici avec Mendoza ?

Esteban : Ambrosius ! Laisse la nous aider !

Unagikami, face à Ambrosius, bras croisés : Alors, charlatan...que décides-tu ?

Ambrosius, poings serrés : Esteban, tu ne vas pas croire à ces contes de bonnes femmes ?

Esteban: mais...écoute les lapins !( on les entend gratter, ronger, se cogner contre la paroi) Et nos marques, regarde nos marques !

Ambrosius : peuh ! Cela doit être une fiente d'oiseau malencontreusement tombée là, tiens, approche que je te l'essuie !

Unagikami : inutile de fatiguer, rouquin, elles ne partiront pas.

Ambrosius : je me nomme Ambrosius de Sarles, petite malotrue !(il essaie d'effacer la marque avec un mouchoir, sans succès ; il jette le mouchoir) Alors, explique nous comment nous débarrasser de ces marques, et de ces lapins ! On verra bien de nous deux qui est le charlatan !

Unagikami : pas de problème, Ambrosius de Sarles...il n'y a qu'une chose qui puisse détourner les lapins de la lune de leur mission...ils ont un faible pour la bière à la cerise, et j'ai vu que tu avais justement tout ce qu'il fallait pour les satisfaire !

Ambrosius : Quoi ?! Tu plaisantes, j'espère ?

Unagikami : c'est bien un alambic que je vois là-bas ? Et des paniers de cerises ? C'est bien ce que tu étais en train de faire ? De la bière à la cerise ?

Ambrosius : oui..oui...effectivement, j'avais prévu de me constituer un stock de bière à la cerise pour me rafraîchir pendant les longues heures de vol, surtout qu'on arrive en été, il va faire des chaleurs torrides, je me suis dit que ce n'était plus trop la saison des tisanes, thés et autres chocolats chauds, et j'ai même ramené un bloc de glace des montagnes du Tibet, histoire de garder ma bière bien au frais...Bon sang, je m'voyais déjà à la barre, ma queue de rat au vent, en train de siroter une bière bien fraîche...et tu dis que je dois sacrifier mon stock pour ces fichus lapins ? Jamais ! Autant donner du champagne aux cochons !

Esteban : mais...Ambrosius...ils vont nous emmener dans la lune...tu ne vas pas laisser faire ça !

Ambrosius : et d'abord, comment leur offrir ce qu'ils veulent ? On n'aura jamais assez de verres!C'est ridicule ! Je ne vais pas m'abaisser à servir ma précieuse bière à ces rongeurs dans mes tasses en porcelaine, tout de même ! Quel plan stupide !

Unagikami : si tu as une meilleure idée...je me disais que tu avais l'air d'être un grand savant, capable de construire des appareils étonnants..et j'ai cru voir dans ta cale des sortes de canons que nous pourrions utiliser pour arroser les lapins, après quelques modifications, évidemment.

Esteban : dans ta cale ? Quelle cale ?

Ambrosius : de quoi te mêles-tu, sale petite....fouineuse ! Encore un mot et je t'enferme à fond de cale !

Unagikami : Oh ! Mais j'y serais en plaisante compagnie..

Ambrosius : tais toi, misérable ! A quel jeu joues-tu ? (il lui empoigne le col de son yukata)

Unagikami : tu manques singulièrement de sang-froid, Fûri...(Ambrosius commence à la pousser) Allons, allons...je n'ai rien vu, souviens-toi...et je crois que tu as intérêt à te conformer à mon plan très vite, on dirait que ces lapins ont trouvé une solution pour vous emmener...et nous tous par la même occasion !

Le plancher se met à tanguer, comme si la nef était soulevée.

Ambrosius, lâchant Unagikami : Sapristi ! Mais que font ces maudites bestioles ?

Esteban : elles nous emmènent ! Ambrosius ! Au secours ! Fais quelque chose !

Ambrosius, courant au hublot : Ah ! Ils tournent tout autour de la nef et cela crée un tourbillon ascendant qui nous élève, comme dans l'oeil d'un cyclone, nom d'un condor en orichalque, ces créatures sont redoutables !

Esteban : on est fichuuuus!!!(il court vers Mendoza) Mendoza ! Mendoza ! Réveille-toi ! Sauve-nous !

Unagikami : cette fois, mon petit, c'est nous qui allons sauver Antonio Luis, avec l'aide de cet énergumène à poils roux ! Et il faudrait que tu secoues aussi ton copain, on va avoir besoin de lui !

Scène 4.

Soudain, la nef est secouée brutalement, puis tout s'arrête.

Ambrosius : Que diable ? Mais ils vont me casser ma nef ! (il se remet au hublot) Oh ! Ils ne courent plus...ils..ils sont éjectés par une sorte de tornade jaune, les uns après les autres ! Quelle est encore cette diablerie ?

Esteban, qui s'est approché pour voir lui aussi : Oh ! On dirait...un canari...non ! Un bébé condor en orichalque....non ! Un moine shaolin volant....oh ! C'est Tian Li ! Vite ! Ouvrons-lui !

Ambrosius : mais es-tu fou ?

Esteban a déjà ouvert et refermé aussitôt, Tian Li déboule dans la nef.

Esteban : Tian Li! Quel bonheur ! Tu nous a sauvés !

Tian Li : Esteban ! Tu n'as rien ? Oh, comme je suis heureux de te retrouver sain et sauf ! Mais j'ai une terrriiiiible nouvelle à t'apprendre ! Tu dois fuir au plus vite d'ici !

Esteban : hein ? Mais où fuir ? Les lapins..

Tian Li : il y a bien pire, Esteban, bien pire, si tu savais...

Esteban : quoi ?

Tian Li : à côté de ce que je vais te révéler, les lapins, c'est de la rigolade !

Esteban : de la rigolade ? Je voudrais t'y voir, toi, poursuivi par une horde de lapins déchaînés qui en veulent à la peau de tes fesses, tout ça parce que môssieur le lapin de la lune, là haut, il a cru, je sais pas, que t'avais envie de venir lui astiquer sa boule pleine de trous pour le restant de tes jours, non mais, qu'est-ce que tu peux imaginer de pire, je te le demande ?

Tian Li : je n'imagine pas, c'est un fait, c'est la vérité pure, c'est la révélation du siècle, c'est le coup que tu dois encaisser avec courage, c'est.. (il s'effondre soudain, assommé par Unagikami)

Esteban:Tian Li ? Mais ? (à Unagikami) Tu es folle ? Tu assommes notre sauveur ! Il a évité à Ambrosius de gaspiller son stock de bière et toi tu l'assommes ???

Ambrosius, qui avait couru discrètement s'emparer d'une fiole de somnifère après en avoir cherché sur lui en vain, s'approche et prend Esteban dans ses bras : Allons, mon garçon, cette petite, euh...demoiselle doit avoir de bonnes raisons pour agir ainsi, n'est-ce pas ?

Unagikami : oui, écoutez, les lapins ont repris leur course, il faut agir, et vite !

Esteban : mais...on a besoin de bras, tu l'as dit toi-même...

Unagikami : oui, c'est juste, mais ce moine ne faisait que nous retarder, à causer de je ne sais quel danger imaginaire alors que les lapins sont à notre porte, il te détournait du plan, allez, va vite secouer ton copain !

Ambrosius : oui, oui, va vite, le temps nous est compté, et Tian Li est simplement assommé, ne t'en fais pas, peut-être même ce coup lui sera-t-il salutaire, on aurait dit qu'il souffrait d'un grave délire de persécution...tiens, je vais lui donner une petite potion, ça lui remettra les idées en place, allez, va, va, Esteban (il le pousse vers Tao, puis, s'adressant à Unagikami) Intervention salutaire, vraiment !

Unagikami : ce n'est pas pour toi que j'ai agi ainsi, mais pour lui (montrant Mendoza du menton)
Et pour les enfants. Tu ne paies rien pour attendre, sale traître !

Ambrosius, voix étouffée de rage : comment oses-tu ! N'oublie pas que je peux t'éliminer d'un claquement de doigts !

Unagikami : sans blague ? N'oublie pas que tu as affaire à une anguille...tu ne m'auras pas si facilement, j'adore filer entre les doigts poisseux comme les tiens..

Ambrosius : sale petite...(il se jette sur elle mais elle esquive)

Unagikami : désolée, mais pour l'instant je crois que tu ferais mieux de songer à t'éviter d'aller astiquer la lune...

Scène 5.

Esteban : Tao ! Tao ! Secoue-toi ! Viens nous aider à arroser les lapins ! On va construire un super canon à bière, tu aimes ça les canons à bière, hein, Tao ? (à Ambrosius) Ambrosius, aide moi, il ne réagit pas !

Ambrosius, cessant de toiser Unagikami et s'approchant : Allons, Tao, mon jeune ami, si tu acceptes de nous aider, je te promets de te montrer quelques petits secrets de ma nef, mais tout d'abord, si tu venais admirer mon superbe alambic flambant neuf, hum ? En attendant, la petite peste, euh...l'anguille et moi nous allons chercher quelques pièces dans la cale, pour monter le canon à bière...

Tao, relevant la tête : la cale ? Quelle cale ?

Ambrosius : euh...la cale quoi ! Tout navire possède une cale, voyons !

Tao : alors pourquoi tu ne nous l'a jamais montrée ?

Ambrosius : bah, c'est un peu le bazar, je n'y fais jamais le ménage, et puis, c'est plein de trucs dangereux pour les enfants, et puis, c'est pas intéressant, juste des outils, des caisses...

Tao : y'a quoi dans les caisses ?

Ambrosius : hem...des trucs, des tas de trucs pas intéressants, te dis-je ! Si tu venais plutôt voir l'alambic ?

Tao : si tu me promets de me montrer tes trucs pas intéressants.

Ambrosius : oui, oui, promis, allez, va vite, j'arrive tout de suite !

Il se dépêche de descendre dans la cale avec Unagikami pendant que Tao se lève et va vers l'alambic en traînant les pieds, suivi d'Esteban.

Scène 6.

Esteban : Tao ! C'est formidable ! Tu revis ! Mais, euh...qu'est-ce que tu avais ?

Tao : occupe toi de tes lapins.

Esteban : mes lapins ? Ben, justement, on va leur donner de la bière, tu as entendu ? Avec le canon ! C'est super, non ? Comme ça ils nous laisseront tranquilles !

Tao : ils te laisseront tranquille, toi, ainsi qu'Ambrosius et Mendoza. J'ai tout entendu, qu'est-ce que tu crois ? J'ai rien à voir là-dedans, moi, et j'en ai marre que tu m'attires continuellement des ennuis, alors, je vais t'aider, mais c'est uniquement parce que je veux voir ce qu'il y a dans la cale.

Esteban : Quoi ? Moi je t'attire continuellement des ennuis ? T'es gonflé, dis, t'as déjà oublié le coup du scorpion, et la fois où on a failli se noyer à cause de toi et...

Tao : ouais, j'ai déjà oublié, et tu me gaves, tu ramènes toujours tout à ta petite personne...bon, c'est pas tout ça, comment on va pouvoir brancher un canon à bière là-dessus ?

Esteban : c'est toi qui sais toujours tout, non ? Alors, débrouille toi, gros malin ! Et n'attends pas que je t'aide !

Tao : c'est ça, t'as tout compris, va donc t'occuper de ta chère Zia et laisse le spécialiste gérer l'affaire et te sortir de ce stupide mauvais pas !

Esteban : Zia ? Mais...elle est évanouie, et ça vaut mieux, tu n'as pas oublié ça aussi ?

Tao : t'as raison ça vaut mieux et tu ferais mieux de te taire toi aussi et me laisser me concentrer. Va donc lui tenir la main, tu seras au moins utile à quelque chose, et si elle se réveille, assomme la !

Esteban : Tao ! Bien, si c'est ce que tu penses...(s'éloignant et se parlant à lui-même) Décidément, depuis que nous avons atterri ici, plus rien ne tourne rond...

Scène 7.

Unagikami et Ambrosius remontent de la cale avec un canon et des tuyaux.

Ambrosius : pfff, pfff...c'est diablement lourd bon sang...

Unagikami : oui, je me demande comment tu fais pour manipuler ce genre de chose quand tu es tout seul...tiens, cet alambic, par exemple, comment as-tu pu le monter sans aide, toi qui es si petit, n'aurais-tu pas un secret ?

Ambrosius, lui jetant un regard noir : quand on veut, on peut ! La force mentale permet de soulever des montagnes !

Unagikami : oh ! Suis-je bête...le moine shaolin et toi pourriez discuter de ça quand il se réveillera...il doit en connaître un rayon sur le sujet ! (soudain le sol tremble) Bon, trêve de plaisanterie, on n'a plus de temps à perdre, les lapins ont remis ça sérieusement. Allez, les garçons, donnez nous un coup de main !

S'ensuit une scène de montage style Agence Tous risques et à la fin le canon est prêt à fonctionner.

Unagikami : beau travail, les mecs ! Maintenant, à l'attaque!Esteban, va ouvrir la porte!Tao, au signal tu actionnes la manette ! Ambro et moi, on se charge du canon ! (ils le tirent avec peine jusqu'à la porte) Prêts ? Banzaï !! (arrosage et cri d'extase des lapins) ça marche ! Ils se rassemblent tous sous le jet ! Tao! Augmente la pression !

Esteban : oh ! Ils se mettent à danser on dirait ! et..et..ils se frottent le museau les uns contre les autres.... ils s'embrassent ?! Leurs yeux brillent d'un drôle d'éclat ! et...oh mon dieu ! Mais que font-ils ?

Unagikami : ils se donnent du bon temps...comme certaines personnes que je ne nommerai pas mais qui sont la cause de tout ce cirque !

Esteban : hein ? Mais j'ai rien fait moi ! J'avais juste mangé trop de cerises ! Oh ! (éclair de compréhension) Totor et Titus !

Unagikami : retiens bien cette leçon, Esteban : la maîtrise de soi est une grande vertu...et quand tu veux te donner du bon temps, sois prêt à assumer les conséquences de tes actes ! Je ne vise personne, n'est-ce pas, Ambrosius de Sarles ?

Ambrosius : toi, l'anguille, tu vas finir en matelote, espèce de donneuse de leçons ! Je connais un marin qui a bien besoin qu'on lui rappelle ces vérités élémentaires ! Je ne vise personne, bien entendu...Mais...plus rien ne coule ! Qu'est-ce qui se passe ? Tao !

Tao, à nouveau prostré : Totor...Titus....

Ambrosius : Tao, la manette, bon sang, actionne la manette ! Qu'est-ce qui te prend, qui sont Totor et Titus, par tous les diables de l'enfer !

Esteban : c'est personne, oublie ! J'y vais ! (il court actionner la manette, le jet repart ; à Tao) Tao, pardonne moi...allez, oublie.....tiens, bois un peu de bière, ça te fera du bien (il actionne un robinet et fait boire Tao qui ne réagit pas ; il soupire)

Unagikami : ça y est ! Ils sont tous faits et refaits ! On a réussi ! Les lapins ont bu tout leur saoul ! Youhououou ! Mendoza, je t'ai sauvé des griffes poilues de ce monstre d'Usagikami ! Tu n'iras pas boucher les trous de la lune avec la peau de tes fesses !

Scène 8.

Ambrosius et Esteban : c'est vrai ? On est sauvés ?

Unagikami : oui ! Faites voir votre marque ? Bien, elle commence à se ternir, et bientôt elle aura complètement disparu ! Alors, Ambrosius de Sarles, on dit merci à qui ?

Ambrosius : mais...mais ils ne sont qu'endormis...s'ils venaient à se réveiller ?

Unagikami : endormis ? Coma éthylique plutôt ! Ils devraient rester vautrés ainsi jusqu'au lever du soleil, et l'aube nous nettoiera cette marée de lapins blancs...

Esteban : les rayons du soleil les feront disparaître ?

Unagikami : exactement ! C'est le sort qui attend tous les yôkais ! Sauf ceux qui possèdent le corps d'un humain, bien entendu...alors, Ambro, j'ai toujours pas droit à un petit remerciement ?

Ambrosius, lui lançant un regard noir : chère amie, je dois reconnaître que sans votre intervention providentielle, nous aurions sans doute été confrontés à quelques difficultés mais...

Unagikami : mais quoi encore ? Je te sauve la mise et c'est tout ce que tu trouves à dire, sale rouquin ? Reconnais ta piteuse défaite !

Esteban : eh, oh, mais qu'est-ce qui vous prend à tous les deux ? Et puis, tu ne viens pas de dire que les yôkais qui possèdent le corps d'un humain ne disparaissent pas à l'aube, et Zia, alors, comment on va la sauver ? T'as pas fini ton boulot !

Ambrosius : tiens, c'est vrai ça, mademoiselle la chasseuse d'esprits, on joue les malignes, hein, mais on ne songe qu'à sauver son cher Mendoza, les autres, on s'en fiche, c'est du beau !

Esteban : je t'en prie, sauve Zia ! Aaaah ! Attention ! Derrière toi !

Unagikami, se retournant, se retrouve nez à nez avec Tian Li prêt à la frapper : le moine !

Tian Li : non, tu n'auras pas réussi à sauver ce...(il reçoit soudain une poignée de noyaux de cerises qu'Ambrosius lui lance à la figure) Aïe ! Mais quelle attaque déloyale, je n'en attendais pas moins de toi, espèce de...(il n'achève pas, s'effondre, frappé par Mendoza).

Scène 9.

Unagikami : Mendoza! Mon amour ! Te voilà enfin réveillé!(elle se jette à son cou) Ah ! Ces horribles lapins ne t'arracheront plus à moi désormais, quel bonheur !

Mendoza, se détachant d'elle avec peine : de quoi parles-tu ? Et que fais Tian Li ici ? Je t'avais pourtant bien dit...

Unagikami : de veiller sur lui, oui, je sais, mais les lapins se sont mis à te suivre, il était évident qu'ils avaient l'intention de t'enlever !

Mendoza : m'enlever ? Des lapins ? Tu n'aurais pas bu la tisane d'Ambrosius, par hasard ? Elle m'a fait un drôle d'effet...(il renifle) de la bière ? Ça empeste la bière !

Esteban : attends, Mendoza, ce n'est pas ce que tu crois, je vais tout t'expliquer, c'est vrai, moi aussi les lapins voulaient m'enlever, et Ambrosius aussi, on avait tous les trois la marque du lapin de la lune, et les lapins étaient en train de soulever la nef pour nous emmener astiquer la lune, alors on les a arrosés de bière à la cerise parce qu'ils adorent ça et ça a marché, ils sont complètement saouls, ils sont neutralisés, on est sauvés !

Ambrosius : le petit dit la vérité, Mendoza, constate par toi-même !

Unagikami : pour une fois, tu peux faire confiance au rouquin, il dit vrai, je t'assure, nous venons d'échapper à un terrible danger, et nous n'avons rien bu, nous !

Mendoza, tout bas : tu veux que je croie cet alchimiste fourbe, que t'a-t-il fait ?

Unagikami, le poussant vers la porte : aie confiance, regarde !

Mendoza : oh ! (se retourne et les contemple tous les trois en silence)

Esteban : alors ? J'avais pas raison ? Des milliers de lapins blancs aux féroces petits yeux rouges !

Mendoza : je ne vois que des lapins endormis, ils ont l'air paisible...

Ambrosius : oui, ils sont désormais en train de dormir tranquillement...comme toi tout à l'heure...

Unagikami : j'ai du en envoyer valser plus d'un tantôt, et je t'assure qu'ils n'étaient pas commodes ! ( pointant le visage d'Esteban et Ambrosius) Et regarde, la marque du lapin de la lune, elle est presque effacée à présent, mais on en voit encore la trace! Il ne reste plus qu'à espérer que ces petites bêtes ne se réveillent pas avant le lever du soleil....

Esteban : si ça arrive, j'invoquerai le soleil, et il verra de quoi je suis capable, cet Usagikami !

Unagikami : ah ah ! Elle est bien bonne celle-là ! Dis, Ambro, il te reste encore de la bière en stock, n'est-ce pas ? Au cas où...

Esteban, vexé : c'est ça, dis tout de suite que tu ne me crois pas !

Mendoza : Esteban a un don, je confirme ! Je l'ai déjà vu faire apparaître le soleil !

Unagikami : alors tu reconnais sans peine que nous devons rester humbles devant certains mystères qui nous dépassent, et tu acceptes de nous croire, n'est-ce pas ?

Ambrosius : Et tu ne crois pas que j'aurais gâché de façon si stupide mon stock de bière si l'urgence et la gravité de la situation ne m'y avaient pas forcé ? Heureusement qu'il m'en reste encore un peu !

Mendoza : effectivement, j'ai du mal à t'imaginer agir de façon si stupide...sans une raison valable.

Ambrosius : bien, bien, tout est bien qui finit bien, et on n'a même pas eu besoin de ton aide, tu as pu récupérer tranquillement pendant qu'on se débarrassait de ces bestioles, alors, elle était pas efficace ma tisane ? Un peu amère, certes, mais tu as recouvré toutes tes facultés, non ?

Mendoza : je dois reconnaître que je me sens mieux...encore un peu bizarre, mais mieux. Je te remercie, Ambrosius.

Unagikami : pas si vite! C'était quoi..

Ambrosius, l'interrompant précipitamment : Ah, comme ces remerciements retentissent plaisamment à mon oreille ! Comme ces marques de gratitude me vont droit au cœur ! Qu'il est bon d'être reconnu à sa juste valeur ! Comme...

Esteban : Et Zia ? Faudrait pas oublier ma pauvre Zia ! Qui va la sauver ?

Unagikami : ah, zut, c'est vrai, j'avais presque oublié ! Et ce moine, là, je serais prête à parier qu'il est possédé lui aussi par un yôkai, on dirait bien qu'un Bozudanuki le fait délirer !

Esteban : mais il voulait nous prévenir d'un terriiiible danger !

Unagikami : c'est bien ce que je dis, il voulait nous détourner du véritable danger : les lapins ! Ces yôkais, ils sont malins, et ils sont tous complices pour prendre les humains à leurs pièges. Si on l'avait écouté, on serait déjà en route pour la lune !

Esteban : oh, mais alors, Zia, qu'est-ce qui va lui arriver ?

Unagikami : Zia ? Elle risque bien de se sauver pour aller jouer des tours pendables aux villageois du coin, tant que cela amusera le yôkai qui la possède, mais ne t'inquiète pas, je sais comment procéder pour me débarrasser de ce renard : on raconte qu'il suffit de badigeonner le corps nu du possédé avec de la purée d'anguilles et de la faire lécher par un chien, les renards ont si peur des chiens qu'ils ne supportent pas le supplice et s'enfuient à coup sûr en sortant du corps !

Esteban : quoi ? Tu ne vas pas infliger ça à Zia !

Unagikami : il faut parfois employer les grands moyens...

Esteban : mais...et la bière à la cerise, il en reste, est-ce que ça ne suffirait pas ?

Ambrosius : ah, non, j'en ai assez gaspillé comme ça !

Esteban : Ambrosius !!!

Unagikami : de toute façon, ça ne marche qu'avec les lapins, et les tanukis, comme le Bozudanuki, le moine blaireau..... Tiens, Ambro, tu devrais en donner au moine, si c'est bien un Bozudanuki qui le possède, eh eh...tu peux essayer en attendant que je revienne pour te régler....euh....pour lui régler son compte, mais pas de bêtises avec Mendoza, hein ? Allez, le temps presse, je ne serai pas longue, je vous la ramène en pleine forme, ne vous inquiétez pas ! (elle s'empare de Zia et file avec sur son dos).

Esteban : noooon ! Attends ! Tu ne peux pas faire ça ! (il se lance à sa poursuite) il doit y avoir un autre moyen !

Mendoza : Esteban ! Unagikami ! Oh zut!(il s'élance à son tour)

Scène 10.

Ambrosius : bon, ben...Tao, que dirais-tu d'une petite bière à la cerise ? Histoire de nous remettre de toutes ces émotions ? Ah ! Et que faire de ce fichu moine ! Si elle croit que je vais gâcher ma bière pour lui ! J'aurais du demander à Mendoza de l'emporter avec lui, il nous encombre plus qu'autre chose...Pfff...que tout cela est fatigant, fatigant, on ne peut même plus chercher les cités d'or tranquilles, n'est-ce pas Tao ? Tu sais, toi et moi, on devrait tous les planter là et continuer tout seuls...pourquoi faut-il donc que nous ayons besoin de ces élus et de leurs médaillons ?

Tao : tu devais pas me montrer les secrets de la nef ?

Ambrosius : pardon ? Ah, oui, oui, les secrets de la nef, bien sûr, mais un peu plus tard, veux-tu, il faut d'abord nettoyer ce chantier..tiens, commençons par jeter ce moine dehors !

Tao : euh...tu parles de Tian Li ?

Ambrosius : bien sûr, on n' a pas besoin de lui, et même, il est dangereux, tu as entendu la petite garce, il est possédé lui aussi, qui sait quels ennuis il ne va pas encore nous attirer quand il se réveillera ! Allez, hop, du balai ! (il le jette dehors)Voilà une bonne chose de faite !

Tao : mais..on n'aurait pas du l'aider ? L'exorciser ?

Ambrosius : et comment ? Je ne suis pas un spécialiste des yôkais moi !

Tao : ben, et la bière...la fille a dit que..

Ambrosius : non, non, et non, le reste de bière, je me le bois ! Allez, viens trinquer avec moi ! On n'a qu'à attendre qu'elle revienne, elle trouvera bien un moyen...allez, détends toi ! (il lui tend un verre, ils boivent) Aaaah ! Cette bière à la cerise est un pur délice, n'est-ce pas Tao ? Bon, au travail à présent, aide moi à débarrasser tout ça dans un coin. (il commence à ramasser le tuyau, Tao vient l'aider à contrecoeur) Bien, et maintenant, va me chercher un balai, un seau et une serpillière par là-bas, veux-tu ? Je suis épuisé!(il s'effondre sur la méridienne et s'éponge le front avec un mouchoir)

Tao va dans le coin désigné, traînant les pieds, cherche un moment, et finit par trouver les objets demandés. Il ramène d'abord le balai et l'appuie contre la méridienne, puis le seau et la serpillière. Quand il revient avec ces derniers, le balai a changé de place. Il s'arrête un instant et son regard va de l'endroit où était posé le balai à celui où il est à présent ; il hausse les épaules, pose son seau, avec la serpillière à l'intérieur, va prendre le balai, mais quand il revient le seau s'est déplacé.

Tao : Ambrosius ?

Ambrosius : Hum ? Qu'y a-t-il, mon enfant ?

Tao : le seau....c'est toi qui l'a déplacé ?

Ambrosius : déplacé le seau ? De quoi parles-tu ?

Tao : et le balai ? Je l'avais posé à ce bout et quand je suis revenu, il était à l'autre bout !

Ambrosius : Hum ? Tu es sûr que ça va ? Je n'aurais peut-être pas du te resservir une bière, après tout, tu en avais déjà goûté...tu veux que je te donne un coup de main ?

Tao : non, non, ça va aller ! C'est juste que...non, rien, excuse moi...(il commence à éponger le sol ; on entend de petits gloussements de satisfaction ; il s'arrête) Ambrosius ?

Ambrosius, à demi allongé, s'épongeant toujours : Hum ?

Tao : c'est toi qui fais ces petits bruits ?

Ambrosius : quels petits bruits ?

Tao : des sortes de...gloussements de plaisir...

Ambrosius : euh...es-tu sûr que tu vas bien ? (il s'assoit sur le canapé)

Tao : oui, oui, ça va...j'ai dû mal entendre. (il reprend sa tâche, et cette fois on entend distinctement un rot, suivi d'un rire ; il lâche tout) Ah ! Tu as entendu ! Ça vient de...de...de cette serpillière !

Ambrosius, se levant et s'approchant : j'ai entendu, effectivement...(il soulève la serpillière) Rien...bah, nous sommes fatigués, nous ferions mieux de nous reposer, ne crois-tu pas ? Ce ménage peut attendre après tout, et la bière à la cerise est excellente pour entretenir les parquets, elle va imprégner le bois et le régénérer en profondeur, il n'y a qu'à laisser faire, on astiquera ensuite...

Serpillière : Ah, non, continue à éponger ! (gloussements)

Tao : la serpillière ! Elle parle !

Ambrosius : pas possible ! Pichu ! Montre toi !

Tao : Pichu ! Il m'a abandonné...

Seau : tu vas pas recommencer tes jérémiades ! Allez au boulot, j'ai soif !

Ambrosius : Ah ! Esteban, montre toi, ce n'est pas drôle !

Tao : je..je..j'ai peur...

Balai : mais quelle mauviette ! Allez, bouge toi un peu, à boire, à boire !

Seau et serpillière : ouais, si vous ne vous dépêchez pas de nous donner de la bière à la cerise, vous allez tâter du balai! A boire, à boire ! (le balai se joint à eux et s'avance, menaçant) A boire ! A boire ! A boiiiire !!!!!

Tao et Ambrosius courent se terrer dans un coin de la nef en hurlant. Les objets s'esclaffent et tous avancent vers eux en continuant à réclamer à boire : Encore ! Encore ! De la bière à la cerise ! A boire ! A boiiiire !!!!
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 04 sept. 2015, 22:18

Reste demain ou dimanche les loulous!
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par nonoko » 05 sept. 2015, 13:54

Aaah, cette fois c'est en accès direct......tu es sûre Dodie que tout cela n'est pas contraire à la charte d'utilisation du forum? Bah, vu tout ce qu'on a écrit par ailleurs ....et qui est à l'origine de cette fanfic hybride, ou debridee.....

Je tiens justement à préciser que si c'est bien moi qui suis l'auteur de cette 'chose', elle n'aurait pu voir le jour sans mes deux 'partners in crime' dont les propos ne cessent de m'inspirer. Sans oublier le prof d'espagnol de Dodie qui a eu la bonne idée de faire visionner à cette chère tête blonde un film avec Bardem, avec les conséquences que l'on sait.

Vous m'excuserez pour les quelques dialogues en anglais, contraires sans doute à l'esprit des MCO, où tout le monde échange en français ou en japonais sans problème, mais cela me permettait de mieux me mettre dans la peau des personnages concernés et de marquer leur singularité par rapport aux autres. Et puis je n'ai vu aucune vidéo où Bardem s'exprimait en français, par contre j'ai visionné quelques interviews en anglais intéressantes, surtout celle où il se fait piéger avec une vieille vidéo de lui à ses débuts dans une émission pour enfants, jouant un superman qui se plante dans le décor. À voir absolument!
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par nonoko » 06 sept. 2015, 09:47

Une précision importante, au cas où: inutile de se lancer dans la lecture sans avoir lu au préalable 'Unagikami mon amour', dont cette tragi-comédie est la suite directe. Précision à rajouter peut-être avant le début de la pièce, Dodie? ;)
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 06 sept. 2015, 22:50

Okay! Ca marche, je ferai ça demain alors! :D
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 13 sept. 2015, 20:42

Acte III 

Du sang, des larmes et du goya.

Scène 1

Unagikami court avec Zia sur le dos, bien réveillée et qui se débat.

Zia : Lâche moi, sale petite peste !

Unagikami : Garde ta salive pour hurler quand le chien te léchera, sale renard !

Esteban arrive en courant.

Esteban : Eh ! Attendez ! Zia ! Je vais te sauver, ne crains rien !

Zia donne un coup qui fait tanguer Unagikami, en profite pour se dégager et essaie de filer.

Zia : Ah ah ! Attrape-moi si tu peux, l'anguille ! (elle se heurte à Esteban).

Esteban : Zia ! Tu n'as rien ?

Unagikami : Attention au renard !

Zia : dégage le passage, crétin, j'ai pas l'intention de me laisser recouvrir de purée d'anguilles ! (elle bouscule violemment Esteban)

Esteban : Ziaaaaa ! Attends !!!!

Unagikami, se précipitant à la poursuite de Zia : mais quel empoté ! Elle va filer, allez, debout !

Esteban : Noooon ! Tu ne peux pas faire ça à ma Zia !

Il se relève et saute sur Unagikami, la plaque au sol, ils luttent. Zia s'est arrêtée pour les regarder.

Zia : Ooooh ! Estebaaan ! Oui, oui, vas-y, bats-toi, sauve-moi, ah ah ah ah ah !

Scène 2

Elle est interrompue par Mendoza qui fond sur elle, la fait pivoter vers lui, l'enlace et l'embrasse fougueusement. Zia d'abord surprise se laisse faire, Mendoza devient très entreprenant, elle commence à se débattre, à griffer et à mordre.

Mendoza : oui, oui, c'est ça, Zita, vas-y, vas-y, mords-moi, fais-moi mal....

Esteban : Mendoza!!!Mais la tisane t'es montée à la tête!!!Laisse ma Zia tranquille !!!!

Il se précipite mais Mendoza l'envoie bouler d'un coup de pied, tandis qu'Unagikami laisse faire et encourage Mendoza.

Unagikami : bien joué, Mendoza, continue, tu y es presque !

Zia se débat et griffe de plus en plus, Mendoza a du mal à la maîtriser.

Mendoza : Oui, Zita, encore, encore !

Esteban : mais vous êtes fous tous les deux!Zia ! Je te sauverai!(tirant son poignard, il se précipite) Mendoza, pardonne moi !

Unagikami : Nooooon !!!

Elle s'interpose et reçoit le coup destiné à Mendoza. A ce moment là Zia hurle comme une furie et parvient à se dégager après avoir frappé, griffé et mordu Mendoza qu'elle repousse violemment, il tombe en arrière aux côtés d'Unagikami. Zia hurle à nouveau avant de s'écrouler à son tour. On voit alors le renard se relever et s'enfuir.

Kitsune le Renard, se retournant avant de disparaître : Ils sont tous fous ces humains !

Esteban, resté seul debout, poignard à la main, hébété : Pa..pa..pardon...(il lâche le poignard et s'agenouille près de Zia) Zia, ma Zia, réveille-toi, je t'en supplie...Oh, Père Rodriguès, je crois que j'ai fait une bêtise ! (il se met à prier) Oh, Papa, où t'es ? Reviens ! Papa, papa, aide-moi !

Mendoza, se relevant péniblement, couvert de morsures et griffures : Esteban...

Esteban, se retournant : Papa ? Oh, mon Dieu, Mendoza, je...je suis désolé...

Mendoza : comment va Zia ? Le renard est bien parti ? (s'approchant, il appelle doucement Zia) Zia...Zia....

Esteban : Non ! (Un temps, un échange de regards en silence) Laisse-moi faire !(il prend la main de Zia) Zia...Zia...

Zia, gémissant et ouvrant les yeux : Esteban...

Esteban : Zia ! (elle se redresse, ils s'étreignent)

Mendoza, se reculant et poussant un soupir de soulagement : Madre de dios ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ! J'ai bien cru que cette petite allait me faire la peau ! Enfin....je n'ai fait que mon devoir, hein, ne me remerciez pas !

Zia, se dégageant, furieuse : ton devoir ? Comment oses-tu ? Je vais t'arracher les yeux !

Esteban : Zia ! Calme-toi voyons ! Euh, Mendoza, tu es sûr que le renard est parti ?

Mendoza : aussi sûr que je suis sûr que Pedro et Sancho sont une paire d'idiots, tu l'as entendu comme moi quand il s'est enfui non ? Ne comprends-tu pas que tu as affaire à présent à la véritable Zia ? J'ai réveillé sa fureur contre moi afin que l'esprit du renard n'ait plus le dessus et qu'elle s'en libère.

Esteban : alors, quand tu l'appelais Zita, tu n'étais pas fou ? Et tu l'as embrassée exprès ?

Mendoza : pour l'exorciser, oui. Pardonne-moi d'avoir du employer de telles extrémités, je conçois que j'aie pu heurter ta sensibilité...

Zia : et la mienne, alors ?

Esteban : oh, quel idiot je suis !

Mendoza, riant : On peut le dire, oui !

Esteban , éclatant de rire à son tour : Zita ! Ah ah ah! Faudra que je fasse gaffe à ne pas t'appeler comme ça, hein, Zia !

Zia : Esteban, comment oses-tu ! Ce n'était pas drôle du tout ! Mpff !!! (elle se détourne, vexée, et aperçoit Unagikami) Oh, mon Dieu !

Esteban et Mendoza arrêtent de rire. Mendoza s'aperçoit enfin de la présence d'Unagikami et du poignard.

Mendoza : Esteban ! Qu'as-tu fait ?

Esteban : Euh...je voulais sauver Zia....pardon...

Zia , ton attendri : Oh, Esteban, comme c'est chevaleresque ! (elle le gifle) Mais quel idiot tu es !

Mendoza et Zia se précipitent pour examiner Unagikami, tandis qu'Esteban se frotte la joue, se lève et va s'asseoir tout penaud dans un coin, tête sur les genoux.

Mendoza : ne sois pas si dure avec lui, il a voulu te sauver après tout !

Zia : en te tuant ? Regarde le résultat! C'est malin !

Mendoza : tu voulais bien m'arracher les yeux, et tu as les ongles plutôt acérés et les dents pointues !

Zia : oh, je t'ai fait mal, je suis confuse...je ne savais plus ce que je faisais...

Mendoza : ce n'est rien, moi je savais bien ce que je faisais...

Zia : tu t'es sacrifié pour moi !

Mendoza : n'exagérons rien, je n'ai fait que mon devoir !

Zia : mais tout de même ! Payer ainsi de sa personne....

Mendoza : allons, allons, c'est tout naturel...

Zia : quel héros !

Mendoza : bah...c'est pour ça qu'on me paye...

Voix off de Woody : Hey ! What the hell are you talking about ? Go back to your character, stupid !

Zia : uh ? Qu'est ce que c'était ?

Mendoza : hum ? Le cri de dépit du renard au fond des bois ? Bon, où en étions nous ?

Voix off de Woody : you're a bloody hero, but a modest one, you stupid asshole !

Zia : uh ? Encore ? Je, je...j'ai peur....il va revenir...

Mendoza : Qui ça ?

Zia : le le....le renard !

Mendoza : ah ah, ne crains rien, Zia, Mendoza gère la situation, Mendoza assure, Mendoza ne laissera plus aucun méchant renard te faire du mal, Mendoza est un héros ! C'est bien ça, hein, Woody ?

Voix off de Woody : a modest hero I said, are you really dumb or what ?

Mendoza : eh eh eh...j'aime bien le faire enrager...

Zia : quoi !!! ...ne me dis pas que le renard était enragé !

Mendoza, la regardant avec attention : le renard ? Il ne manquerait plus que ça, j'ai pas besoin de ça pour avoir l'écume aux lèvres...ou l'eau à la bouche...

Zia : euh...tu es sûr que je ne t'ai pas mordu trop fort ? Ça va ?

Unagikami : bon, ça suffit, hein, c'est plutôt à moi que tu devrais demander ça, petite gourgandine, c'est moi qui suis gravement blessée, et par ta faute et par celle de ton crétin de petit ami, là-bas, qui a voulu jouer les héros, non mais de quoi j'me mêle, Antonio Luis gérait très bien la situation, il fallait vraiment être idiot pour ne pas le comprendre !

Esteban : oui, bon, ça, va, j'ai compris !

Mendoza : Unagikami ! Tu n'es pas morte !

Unagikami : encore heureux ! Mais si je dois compter uniquement sur votre aide, je ne suis pas sûre de mes chances de survie...recevoir un coup de couteau n'a rien d'agréable, alors, si vous pouviez faire quelque chose, ce ne serait pas de refus...Oh ! Mais tu saignes toi aussi sweetie ! Tout ça à cause de cette petite dévergondée, tu aurais du me laisser faire à ma manière, la purée d'anguilles badigeonnée sur tout le corps, rien de tel pour attirer les chiens, c'est vraiment un traitement infaillible pour chasser les yôkais renards, tu peux me croire !

Zia : Oh !

Unagikami : ben quoi ? Et ça doit pas être si désagréable en plus...quel dommage que tu n'aies pas pu en faire l'expérience, quoique...toi au moins tu as battu le record du baiser le plus long avec Mendoza !

Zia : Oh !

Mendoza : ça suffit ! Un peu de retenue, voyons, Zia n'est encore qu'une enfant ! Occupons-nous plutôt de cette blessure. Zia, qu'en penses-tu ?

Zia : Pff ! Qu'elle aille se faire voir chez les Espagnols avec sa blessure, non mais !

Mendoza : Oh ! C'est pas gentil ça !

Unagikami : Ooooh !

Mendoza : Eh ? Ça ne va pas ?

Unagikami : Ooooh....aaaahhh...

Zia : pff!comédienne, va !

Mendoza : Zia ! Elle s'est évanouie !

Zia : c'est ça...et moi j'ai un renard enragé dans la peau !

Mendoza : Unagikami ! Unagikami ! Réponds-moi !

Zia : tu n'as qu'à l'embrasser, elle n'attend que ça....

Mendoza : Ah ? Oui, bien sûr ! (il l'embrasse) Rien...

Zia : il faut sans doute recommencer...histoire de battre un certain record...tu peux y aller, je ne regarderai pas (elle se détourne).

Mendoza : Oh ? Pas de problème ! (il l'embrasse très longuement) Zia !

Zia : c'est déjà fini ?

Mendoza : elle ne réagit pas !

Zia : peut-être t'y prends tu mal...

Mendoza : comment ça ? Qu'est-ce que tu en sais ?

Zia : ce n'est pas comme si tu m'avais déjà embrassée, c'est vrai...

Mendoza : ça suffit! Je te dis qu'elle ne réagit pas ! (il lui prend la main, tâte le pouls) Son pouls est faible, elle est vraiment évanouie !

Zia : hum ?...laisse moi voir ça...Oh ! (regard à Mendoza)

Mendoza : Unagikami !

Zia : je, je...je suis désolée....

Mendoza : Non....(il prend Unagikami dans ses bras et la serre contre lui) Ne pars pas déjà...

Esteban s'approche, lui et Zia se placent derrière Mendoza et lui mettent la main sur l'épaule.

Mendoza, reposant délicatement le corps : Unagikami...je ne connais même pas ton vrai nom...(effondré, un temps)

Unagikami : Asumina...ça signifie...

Mendoza, levant lentement la tête : Asumina...quel prénom magnifique...mais...

Unagikami : ah ah, je t'ai bien eu ! Non, ce n'est pas mon vrai nom !

Mendoza : mais...

Unagikami : Ah que c'est bon de plaisanter !

Mendoza : mais, ta blessure ?

Zia : j'en étais sûre ! je déteste qu'on se moque de moi !

Mendoza : mais, tu as constaté comme moi...

Zia : Esteban, retiens-moi ou je lui saute à la figure!

Esteban : attention ! C'est peut-être un yôkai elle aussi !

Unagikami : ah ah ! Encore une fois, je t'assure que non ! Et je me souviens parfaitement de la douleur que m'a causée ton coup de poignard bien placé ! Retiens ta copine, veux-tu ? (elle se lève, se tâte) C'est curieux, je me sens parfaitement bien à présent, et je ne m'explique pas par quel miracle...

Mendoza : regardez ! Cette tache ! Elle n'est plus sanglante !

Unagikami, s'examinant : ah ! Mon beau yukata bleu nuit ! Qu'est ce qui s'est passé ?!

Zia : hum ? Tu avais mis des cerises dans ta poche pour nous tromper et maintenant...

Esteban : Mendoza ! Tes blessures !

Mendoza : qu'y a-t-il ? Oh !

Esteban : c'est la même couleur ! Ça brille ! Comme de l'or ou...

Zia : de l'orichalque !

Mendoza, touchant ses blessures, examine ses mains puis regarde les trois autres tour à tour et s'exclame : Ambrosius !

Scène 3

Esteban : Quoi, Ambrosius ?

Mendoza, se parlant à lui-même : la tisane...

Unagikami : quoi la tisane ? Qu'est-ce qu'il t'a fait boire, ce sale type ? Qu'est-ce qui t'arrive, c'est quoi l'orichalque ? Oh, j'aurais dû t'empêcher d'y aller, j'aurais dû l'empêcher de te faire du mal !

Zia : Ambrosius n'est pas un sale type ! Et Mendoza va très bien ! Arrête ton délire !

Esteban : Zia, ma chérie, calme-toi je t'en prie...

Mendoza, examinant toujours ses mains, les renifle : Ah ! Le goya !

Esteban : le goya ? C'est quoi ça ?

Mendoza : Sens !

Esteban : Ouaaaah ! C'est, c'est...c'est quoi ce truc ? Depuis quand l'orichalque pue comme ça ? Ça sentait pas comme ça dans la cité d'or ! Et puis, tu n'y étais pas, toi, alors, l'orichalque, il vient d'où ? Qu'est ce que tu nous caches encore ?

Mendoza : moi ? Rien....je répands mon sang pour vous tel le cygne qui se sacrifie pour ses petits, ce sang désormais teinté d'orichalque, parfumé de goya, et le seul responsable....ne peut être que ce traitre d'Ambrosius !

Grand silence, Esteban et Zia se regardent.

Mendoza : Esteban, Zia, je ne peux garder le secret plus longtemps, le sort en est jeté, je vais tout vous révéler, mais promettez-moi de m'accorder une confiance totale. J'ai été, je suis et je serai votre meilleur allié, enfin, tant que je resterai en vie...

Esteban, la voix nouée par l'émotion : Mendoza....

Zia, méfiante : ainsi donc Ambrosius serait le traitre de la prophétie ? Tu peux justifier, parce que là je ne vois pas du tout pourquoi tu l'accuses. Parce que tu as de l'orichalque et du goya dans le sang, c'est ça ? Et alors ?

Mendoza : et alors ? Je bois sa tisane au jus de goya, je m'évanouis, et je me retrouve avec de l'orichalque dans le sang, tu trouves ça tout à fait normal, toi ?

Zia : en tout cas ça a l'air de plutôt te réussir, ce mélange de goya et d'orichalque semble posséder d'étonnantes vertus ! Regarde tes coupures ! Et la blessure de ton amie ! Si Ambrosius est responsable de ce miracle, alors tu devrais le remercier au lieu de l'accuser ! Bref, je n'ai jamais entendu rien de plus absurde ! Qu'est-ce qui te prend ? Une fois de plus, tu nous mènes en bateau, tu devrais avoir honte ! (elle se détourne, furieuse).

Esteban : Zia ! Mendoza...elle a raison, je ne comprends pas ton accusation...(tête baissée) Ambrosius est ton ami après tout...

Unagikami : son ami !

Esteban : oui, Tao nous a dit...enfin, c'est comme Totor et Titus..

Unagikami : comment ? Mais vous ne pouvez pas parler tous plus clairement ? Mendoza ?

Mendoza , s'agenouillant face à Esteban : Esteban, écoute-moi, je comprends ta confusion mais...les choses ne sont pas toujours simples....oui, j'ai été très proche d'Ambrosius, si c'est cela que tu veux dire, et en faisant cela....je t'ai trahi...et je le regrette, car, vois-tu, j'ai laissé mes désirs l'emporter sur mon devoir, mon devoir et mes sentiments envers toi, et envers...ton père.

Esteban : mon père?!!!Je ne comprends pas....c'est grâce à toi si....

Mendoza : tu as pu le revoir, oui, et j'ai volé la pyramide d'Ambrosius pour lui...

Esteban : alors tu as trahi Ambrosius aussi, tu trahis tout le monde, tu n'es qu'un sale traitre, et maintenant tu voudrais nous faire croire...

Mendoza : qu'Ambrosius est un traitre, oui...je sais que c'est pas très crédible vu sous cet angle...

Zia : c'est n'importe quoi, oui ! Je refuse d'écouter davantage ce tissu d'insanités, je vais rejoindre Tao et Ambrosius à la nef et leur raconter cette bonne blague !

Mendoza : Non ! Zia, ne fais pas ça, je t'en supplie ! (il la retient par le bras)

Zia : lâche moi, tu me fais mal ! (Elle se dégage)

Mendoza : Esteban ? Tu vas la suivre ?

Esteban : euh...je suis un peu perdu...Ambrosius est notre ami, et toi aussi et...

Mendoza : et si Tian Li te disait la vérité, tu serais prêt à le croire, lui ?

Zia : Tian Li ? Qu'est-ce que tu vas encore inventer ? Esteban, ne l'écoute pas, viens !

Mendoza : attends ! Ne devait-il pas vous avertir d'un danger ?

Esteban : oui, mais il l'a déjà fait et..

Mendoza : et pourtant il vous a suivis jusqu'ici, parce qu'il n'avait pas accompli sa mission avec succès !

Esteban : mais...Ambrosius, toi et ta copine vous l'avez assommé avant qu'il puisse dire quoi que ce soit d'intéressant, et Ambrosius a dit qu'il souffrait d'un délire de persécution, et euh, toi, la déesse des Anguilles tu as évoqué une possession par un yôkai, alors...

Mendoza : et si Ambrosius avait menti ? Et si j'avais mes raisons pour empêcher Tian Li de tout révéler devant Ambrosius ?

Esteban : pfff...là ça devient trop compliqué....pourquoi ne peux-tu me dire les choses clairement et franchement ?

Mendoza : Athanaos est prisonnier dans la cale de la nef d'Ambrosius.

Grand silence.

Zia : tu peux répéter s'il te plaît ? Plus lentement...

Mendoza : Athanaos est prisonnier dans la cale de la nef d'Ambrosius.

Grand silence.

Unagikami : Oh eh, les enfants, vous avez entendu, vous avez compris maintenant ? Le méchant traître c'est votre copain Ambrosius, il a fait prisonnier Athanaos ! Euh...c'est qui Athanaos ?

Esteban dans un souffle : c'est mon père...Mendoza...c'est pas vrai, dis....Ambrosius ne peut pas être le complice de...

Mendoza : Zarès ? Non. Ce n'est pas son complice. Ambrosius est Zarès.

Zia, secouant la tête : c'est pas vrai, et je reste là à écouter ça ! La tisane au goya ne te réussit effectivement pas...je n'ai jamais rien entendu d'aussi stupide ! Sauf peut-être la fois où Esteban a dit..

Esteban : Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? À propos de Totor et Titus ?

Zia : non, à propos de l'Espagne.

Esteban : l'Espagne ? Qu'est-ce que j'ai dit encore ?

Zia, l'imitant : Ah bon ? On est arrivés en Espagne ?

Esteban : quand ça ? Et qu'est-ce que ça a de stupide ?

Zia , le fixant, soupirant : non, rien, laisse tomber. Bon, allez, moi je rentre à la nef, ciao les gars, euh...je parlais de vous deux évidemment (désignant Mendoza et Esteban de la tête)

Esteban : pas si vite ! Qu'est-ce que j'ai dit de si stupide ?

Mendoza : pas si vite ! Tu ne me crois toujours pas ? (à Esteban) et toi, tais-toi je t'en supplie, tu me crois toi au moins ?

Esteban : hein ? De quoi tu parles ?

Unagikami : oh mon dieu, Mendoza ! ces enfants  ne te méritent pas ! (elle se plante devant eux) Bon, écoutez moi bien tous les deux : si Antonio Luis Mendoza, bâtard du duc de la Igualada, marquis d'Estrella, vous dit qu'Ambrosius est Zarès, c'est que c'est Zarès ! Euh...c'est qui Zarès ?

Mendoza : notre ennemi mortel...(à part) et mon amant..

Unagikami : qu'as-tu dit ? Il n'a pas de dents ? Ça ne m'étonne pas, il a une élocution bizarre ce sale type !

Esteban : non, il a dit, 'il a des gants', c'est vrai, Zarès a des gants...

Zia : comme Ambrosius...

Esteban : mais on n'a jamais vu ses dents...

Zia : idiot ! On n'a jamais vu son visage ! Il porte une capuche ! Et puis c'est un géant ! Oh ! C'est ça que Mendoza a voulu dire ! Zarès est un géant !

Esteban : donc Ambrosius ne peut être Zarès, il est tout petit !

Zia : oui, c'est un nain, un nabot, bref, Mendoza, tu dis vraiment n'importe quoi et je m'en vais !

Esteban : attends ! Je crois que j'ai compris...Ambrosius boit une potion magique à base de goya et d'orichalque qui le rend géant et invincible, c'est pour ça que Mendoza ne peut battre Zarès ! Mais...on aurait du sentir l'odeur du goya...

Mendoza : ah ah ah ah ah ! Bien trouvé Esteban ! Mais ce n'est pas ça du tout !

Zia : évidemment que ce n'est pas cela, allez, viens, Esteban, on s'en va ! (elle le tire par le bras)

Mendoza : Ambrosius utilise un exosqulette, une espèce d'armure cachée sous la robe de Zarès, qui lui donne une force surhumaine grâce à la vapeur solaire, la même qui permet à la nef de voler.

Esteban, s'arrêtant : wouaaahhh ! Et comment tu sais ça ?

Mendoza : je l'ai vu le revêtir. Il le cache dans la cale de la nef.

Zia, s'arrêtant elle aussi : et sa voix ? Il ne peut pas changer sa voix !

Mendoza : un simple filtre vocal.

Zia : tu as réponse à tout !

Mendoza : oui, puisque je ne dis que la vérité. C'est bien ce que tu voulais entendre ? Tian Li confirmera mes dires. Il a vu Ambrosius revêtir le costume de Zarès lui aussi, mais n'a pas pu nous le dire avant notre départ du Tibet.

Esteban:et c'est pourquoi il nous a suivis jusqu'ici...

Mendoza : où je l'ai rencontré dans la forêt en me rendant à la nef.

Unagikami : rendons grâce à la déesse des anguilles, le gamin semble avoir enfin compris !

Mendoza : allons trouver Tian Li, et levons tous les doutes !

Unagikami : quoi ? Mais il est à la nef ! Avec l'autre géant ! Vous n'allez tout de même pas vous jeter dans la gueule du loup ?

Mendoza : ce ne serait pas la première fois, et nous n'avons pas le choix. De toute façon , tant qu'Ambrosius ne se doute pas que les enfants connaissent la vérité, il n'y a rien à craindre. Quant à moi, mon heure viendra quand elle viendra ! Ne t'inquiète pas.

Zia : attendez un peu ! Il y a un piège forcément...et si tu étais de mèche avec Ambrosius après tout ? Vous avez assailli Tian Li, je te le rappelle, et Ambrosius t'a doté de certains pouvoirs avec sa tisane...

Esteban : ah ça oui ! Tu es peut-être devenu immortel ! Et tu as le don de guérison ! Tout ça grâce à Ambrosius !

Mendoza : grâce à Ambrosius, vraiment ? Crois-tu que cela me réjouisse de lui avoir servi de rat de laboratoire ? Crois-tu sincèrement que si j'avais eu la moindre idée de ce qu'il m'avait injecté je me serais amusé à laisser souffrir Unagikami, crois-tu que je me suis amusé à feindre l'ignorance de mes pouvoirs ? Esteban, Zia, je comprends votre méfiance, mais écoutez votre cœur...je vous aime...comme mes enfants...et seul votre intérêt dicte mes actes et mes révélations....quand je ne me laisse pas stupidement submerger par le désir...j'ai commis bien des erreurs, j'ai trahi bien des gens, mais la seule chose qui m'importe à présent, c'est de me racheter et de te rendre ton père, Esteban, peu importe le prix à payer. Je t'en ai fait la promesse, souviens-toi. Qui connaît les effets de l'orichalque sur l'organisme humain ? Unagikami et moi sommes saufs à présents, mais qui sait ce que l'avenir nous réserve ? Comment accorder sa confiance à un être qui joue avec le feu, avec la vie des autres comme le fait Ambrosius ? Cet homme est dangereux, Esteban, nous devons unir nos forces pour l'empêcher de nuire. Qui sait s'il ne tente pas en ce moment même une nouvelle expérience sur Athanaos, sur Tian Li, ou sur Tao ? Crois moi, sa soif de pouvoir est sans limites, et c'est une folie de prendre le risque de le mener jusqu'à la prochaine cité. J'ai été aveugle, bien aveugle vraiment, et je te demande pardon pour le mal que j'ai causé. C'est une demande sincère, Esteban. Pardonne moi. (Silence)

Unagikami : je confirme, Antonio s'est fait injecter en traître ce liquide jaune que vous appelez orichalque, j'ai tout vu, et pour ma part je lui accorde toute ma confiance, il m'a sauvé la vie par deux fois !

Mendoza : Esteban, Zia...

Zia, après un échange de regards avec Esteban : nous t'accordons notre confiance, nous aussi. (Esteban baisse les yeux, comme gêné)

Mendoza : Merci..... (silence, il baisse les yeux également puis se reprend) bien...hâtons nous de retourner à la nef, mais laissez moi faire. Le plus urgent est d'empêcher Tian Li de commettre un faux pas et de le mettre à l'abri. Tant qu'Ambrosius ignore que vous savez, nous avons l'avantage. Espérons qu'il ne soit rien arrivé, Tao est toujours là-bas...

Zia : pourquoi nous avoir dit la vérité, dans ce cas ?

Mendoza : parce que je crois que face à un tel adversaire, je vais avoir besoin de votre aide, ensemble, nous le vaincrons....et s'il m'arrive quelque chose, eh bien, je sais que je ne vous livre pas pieds et poings liés à Ambrosius. Vous avez consenti à entendre une vérité difficile à accepter, difficile à avouer, vous m'avez accordé votre confiance, malgré mes fautes, et je pourrai partir l'âme apaisée si le sort en décide ainsi, en vous laissant maîtres de votre destin. Ambrosius ne vous manipulera plus, et je ne serai plus le complice de cette manipulation. (Silence, puis à Unagikami) Nous sommes quittes à présent, je suis désolé de t'avoir mêlée à tout cela. Adieu.

Unagikami : non, nous ne sommes pas quittes, tu m'a sauvé deux fois, et moi je ne t'ai sauvé qu'une fois, des pattes de ces lapins, ça me fera trop plaisir de t'aider à flanquer une bonne correction à ce sale traître, et puis, les yôkais rôdent sans doute encore, le jour n'est pas levé, vous pourriez avoir besoin de mes services ! C'est sans discussion, je vous accompagne !

Mendoza : alors, en route ! Esteban ?

Esteban, toujours silencieux, se met en route aussitôt, Mendoza lui emboîte le pas après une légère hésitation, les autres suivent.

Scène 4

Sur le chemin de la nef, Mendoza et Esteban marchent devant, Zia et Unagikami sont derrière.

Zia : dis, tu n'es pas vraiment la déesse des anguilles, n'est-ce pas ?

Unagikami : Mmmm...

Zia : alors, qui es-tu, d'où viens-tu ?

Unagikami : je ne te le dirai certainement pas !

Zia : et tu ne veux rien dire non plus à Mendoza ? Vous semblez très proches....

Unagikami : mêle-toi de tes affaires.

Zia : tu l'as déjà embrassé ? Je veux dire...de ta propre initiative ?

Unagikami : c'est quoi cette question ? Tu veux savoir l'effet que ça fait ? Tu es aussi bien placée que moi pour le savoir !

Zia : j'aurais tant aimé qu'Esteban soit le premier...

Unagikami : quoi ? À ton âge tu...bah, tu aurais pu plus mal tomber, et puis, ne me dis pas que tu regrettes la purée d'anguilles !

Zia : non, bien sûr... (silence) c'est toi qui l'as embrassé la première ou c'est lui ?

Unagikami : et alors ? Tu veux savoir quoi à la fin ?

Zia : rien...excuse moi...(silence) Dis...pourquoi tu t'habilles en garçon ?

Unagikami : parce que ça me plaît, et alors ? Tu n'aimes pas ?

Zia : si, mais...(silence) Dis, pourquoi nous aides-tu ?

Ungikami : je crois avoir été claire, non ? Qu'est-ce qu'il y a, ma présence te gêne, tu préfèrerais peut-être qu'Esteban et Mendoza soient dans la lune à l'heure qu'il est, et qu'un renard te possède ? Avec vous, on ne s'ennuie pas, ça change de la pêche aux anguilles et la surveillance de la rivière. Entre les vieux pêcheurs édentés du coin, et ceux qui ne pensent qu'à leurs anguilles, on n'a pas beaucoup de distractions excitantes. Et plus personne ne se fait posséder par un yôkai de nos jours, y'a qu'aux étrangers que ce genre de chose arrive. Je me suis bien amusée.

Zia : Ah. Je vois. (silence) Dis, tu passes vraiment toutes tes journées à surveiller la rivière ?

Unagikami : et alors ? Qu'est-ce que tu crois que je peux faire d'autre par ici, à part...

Zia : à part quoi ?

Unagikami : rien. Il n'y a rien à faire, rien à attendre ici, rien, sauf...

Zia : sauf quoi ?

Unagikami : rien, je te dis. Je n'attends rien de rien.

Zia : Ah.

Unagikami : rien, non, rien....allez, avançons plus vite !

Scène 5

Mendoza a rejoint Esteban et marche à ses côtés, d'abord en silence, bientôt rompu par Esteban.

Esteban : Dis...Mendoza...

Mendoza : mmm ?

Esteban : euh...Ambrosius et toi...non, rien...

Mendoza : tu m'en veux, n'est-ce pas ?

Esteban : non ! Enfin...quand mon père t'a demandé de voler la pyramide d'Ambrosius, il ne savait pas que c'était Zarès ?

Mendoza : non, bien sûr, enfin, je ne crois pas...

Esteban : mais toi, tu le savais?

Mendoza : oui.

Esteban : Ah !....et Ambrosius, il savait que tu savais ?

Mendoza : non.

Esteban : et il ne t'aimait pas non plus, n'est-ce pas ? Puisqu'il a voulu te tuer.

Mendoza : mmmm....

Esteban : mais pourquoi après il t'aimait ? Et toi, pourquoi tu l'aimais ? Et puis, est-ce que tu l'aimes toujours ?

Mendoza : tu comprendras plus tard, Esteban, je préfère oublier cela. C'était idiot.

Esteban : Ah...l'amour c'est idiot alors ?

Mendoza : oui. Ne tombe jamais amoureux Esteban, ça vaudra mieux. Ça rend idiot.

Esteban : Ah...tu dis ça parce que tu t'en veux de nous avoir caché la vérité sur Ambrosius. Et tu penses que je t'en veux aussi. Mais je ne t'en veux pas du tout, tu sais. L'amour, c'est beau. Il suffit juste de trouver la bonne personne. Tu t'es trompé, voilà tout.

Mendoza : je te remercie de tes efforts pour cacher ta déception et me trouver une excuse, Esteban, mais tu n'as pas besoin de me ménager. Il me suffit que tu me pardonnes. Si c'est toi qui as besoin de me trouver cette excuse pour me pardonner, je peux le concevoir, mais il vaudrait mieux que tu oublies ces idées stupides sur l'amour. Il n'était pas question d'amour dans cette histoire. L'amour, ça n'existe pas.

Esteban : mais...mon père et ma mère se sont aimés....

Mendoza : mon père a trahi ma mère. Méfie-toi de ton cœur, Esteban, ne lui confie ni ta vie, ni celle de tes amis, c'est compris ?

Esteban : mais...tu disais tout à l'heure que nous devions écouter notre cœur, et que tu nous aimais...

Mendoza : c'était une façon de parler...pour que tu comprennes. (il s'arrête et se tourne vers Esteban) Ecoute, Esteban, tu es encore jeune, tu es encore plein d'illusions, et je sais que tu ne peux encore me comprendre. Mais n'oublie pas mes paroles plus tard, et méfie toi. J'ai peut-être tort de te dire et de penser cela mais...c'est ainsi. Cela n'enlève rien à l'affection que je ressens pour toi, et que je ne peux empêcher mon cœur d'éprouver. Nous sommes parfois les tristes pantins de nos sentiments...

Esteban poings serrés : ne dis pas ça ! (Mendoza sourit)

Mendoza : regarde toi, Esteban, allons, un peu de sang froid, il faut nous presser...

Esteban esquisse un mouvement pour se jeter sur Mendoza mais se reprend, le regarde, détourne la tête, puis, apercevant Unagikami qui s'approche :

Esteban : et la déesse des Anguilles ? Tu as l'air de bien l'aimer, et elle aussi...

Mendoza, riant : tu es incorrigible ! Si elle m'aime bien, je n'y peux rien....et si elle veut s'attirer des ennuis, tant pis pour elle ! Au moins elle nous sera peut-être utile.

Esteban, se retournant vers Mendoza : comment peux-tu être si froid ! Elle nous a sauvé la vie !

Mendoza : et alors ? J'ai sauvé la sienne, deux fois, et celle de Zia, et la tienne je ne sais combien de fois, et toi aussi tu m'as sauvé la vie, et puis ? On se rend service, voilà tout. Je suppose qu'elle devait d'ennuyer, notre venue met un peu de piment dans sa morne existence.Elle pourra raconter ses aventures à ses petits-enfants, plus tard, au coin du feu, à la veillée...Allons, assez parlé ! (il s'éloigne brusquement, Esteban sur les talons)

Esteban : Mendoza ! ...tu sais, tu pourrais rester ici, après...quand on aura délivré Papa. T'es pas obligé de rester tout le temps avec nous, on attire les ennuis...on pourra se débrouiller...

Mendoza s'arrête et pousse un grand soupir en secouant la tête. Zia et Unagikami arrivent. Long échange de regards entre Mendoza et Unagikami.Puis Mendoza se reprend.

Mendoza : Bon, les enfants, nous approchons de la nef, il vaut mieux que je continue seul en éclaireur. Ne bougez pas d'ici jusqu'à ce que je revienne, compris ?

Unagikami : prends garde aux lapins ! L'aube approche, mais tant que le soleil n'est pas levé, ils sont potentiellement dangereux, s'ils se réveillent.

Mendoza, disparaissant dans un mouvement de cape : alors, veille sur Esteban.

Scène 6

Mendoza court dans la forêt, soudain on entend des cris familiers puis Pichu apparaît.

Pichu : Totor ! Totor ! Titus ! Titus ! Ooooh ! Mendozaaa !

Mendoza : Pichuuuu ! Quelle surprise ! Que fais-tu seul par ici ? Où est Tao ?

Pichu : Taooo ? Taooo, oublie Totor, oublie Totor !

Mendoza : hum ? C'est qui à la fin ce Totor ? Tais-toi ou disparais, Pichu, tu me tapes sur les nerfs !( il s'élance en se bouchant les oreilles)

Pichu : nooon, pas partir, pas partir, Pichu tout seul, Pichu veut Tao, Taooo !

Mendoza : oui, oui, Tao, il doit être à la nef, suis moi mais en silence !

Pichu : à la neeef, à la neeef, sileeence, sileeence ! (il va se poser sur l'épaule de Mendoza)

Mendoza, s'arrêtant : eh ! Je t'ai dit de me suivre, pas de te poser sur moi !

Pichu : Pichu plus parler, silence, silence...Taooo....

Mendoza , grand soupir : taaaa....bon, allons y Pichu ! Accroche toi ! (il s'élance à nouveau, mais on entend les bruits de pas de quelqu'un qui a l'air de peiner. Mendoza se cache derrière un arbre en faisant signe à Pichu de se taire. Tao apparaît bientôt, portant une lourde caisse).

Scène 7

Pichu : Tao !

Tao, qui ne voit rien derrière sa caisse : Hum ? Pichu, c'est toi ?

Pichu, volant aussitôt vers Tao alors que Mendoza essaie de le retenir : Tao, Tao ! Pichu content ! Pichu content !

Tao, posant sa caisse avec peine, en titubant : Pi...Pi..Pichu ! Ah ah ah ! Tu es revenu mon Pichu ! (Mendoza apparaît) Oh ! Tu...tu..tu es avec le traître ! Vas-y, attaque, attaque Pichu, mords lui le nez !

Pichu : eeeeeh ? Aaattaquer ? Aaattaquer ?

Tao : oui, oui, Mendoza, là, là, c'est un traître !

Pichu : Taoooo ? Totooor ?

Tao : non, non, je ne suis pas fou, Pichu, vas-y, attaque, attaque je te dis !

Mendoza : Pichu, pas un geste ou je te t'embroche ! (Pichu se sauve aussitôt derrière un arbre) Tao, mon garçon, tu n'as pas l'air dans ton état normal...que fais-tu seul dans les bois avec cette caisse ?

Tao : ah ah, tu voudrais bien le savoir, hein, môssieur le traître, mais c'est un secret ! ( il se réfugie derrière sa caisse qu'il enserre de ses bras tandis que Mendoza s'approche) A..a..arrière ! Pas touche à mes cerises, sale traître !

Mendoza : des cerises, hein ? Intéressant...fais voir un peu...(il se penche pour enlever le couvercle que Tao tente de maintenir fermé mais se recule aussitôt) Peste, Tao, tu pues l'alcool ma parole !

Tao, se redressant : co..co...comment ? tu...tu m'insultes ? Pichu, Pichu, attaque ! (il tente de donner un coup de poing à Mendoza qui le maîtrise facilement, il continue à s'escrimer en vain).

Mendoza : laisse moi deviner...tu as abusé de la bière à la cerise d'Ambrosius, n'est-ce pas ?

Tao : c'est pas vrai ! C'est la serpillière qui m'a forcé !

Mendoza : la serpillière ?

Tao : ouais ! Et le seau ! Et, et le balai ! Y voulaient pas boire tout seuls, y nous ont obligés !

Mendoza : Ambrosius t'a soûlé ?

Tao : non, non, Ambrosius est mon ami, et toi, t'es qu'un traître ! Ambrosius a besoin de cerises pour refaire de la bière, sinon le balai, le seau et la serpillière vont lui régler son compte, ils vont l'étouffer, l'empapa...l'empaler !

Mendoza : je vois...c'est lui qui t'a dit que j'étais un traître ?

Tao : ouais ! Non ! Si ! Je l'savais de toute façon !

Mendoza : il ne t'a rien dit d'autre ?

Tao : ah ah ! Fais pas le malin ! Je sais tout !

Mendoza : tout quoi ?

Tao, ton de la confidence : j'ai vu la cale...eh eh eh...

Mendoza : et alors ?

Tao : et alors Zarès et moi on va accomplir de grandes choses !

Mendoza : et qu'en penseront Esteban et Zia ?

Tao : peuh ! Ces deux minables ! Dès qu'ils ne nous seront plus utiles...

Mendoza : et Athanaos ?

Tao : ah ah ah ah ah ! Il en a plus pour longtemps, le pauvre, on lui a vidé sa capsule pour refaire de la bière, tiens, il manque plus que les cerises ! (il montre la caisse, Mendoza en profite pour l'assommer)

Mendoza : désolé, Tao, mais le temps presse (à Pichu) Pichu, sors de là, veille sur lui et dès qu'il se réveille, vole à la nef pour me prévenir ! (il s'élance et disparaît ; Pichu va se poser sur l'épaule de Tao)

Pichu : Taooo... Totooor...
Ce qui fait de nous des grands enfants nous rend plus humain...

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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 13 sept. 2015, 20:45

Acte IV

Pile ou face

Scène 1

Au pied de la nef, Tian Li gît au sol, entouré de lapins soûls qui dorment.La porte de la nef est ouverte. Mendoza s'approche prudemment, tire Tian Li un peu à l'écart. Celui-ci gémit. Mendoza s'agenouille vers lui et le secoue.

Mendoza : Tian Li, mon ami, réveille-toi !

Tian Li : mmmm...

Mendoza : allons, du nerf ! Les enfants sont en danger !

Tian Li : les enfants...danger...graaand danger...

Mendoza : oui oui, c'est ça, réveille-toi bon sang !

Tian Li : daaaanger...raaahhh ...(il replonge dans le sommeil)

Mendoza, dépité, le lâche et se détourne : tsss, c'est pas vrai, faut vraiment que je fasse tout le boulot moi-même, Tian Li, mon ami, tu me déçois, vraiment, tu me déçois ! J'aurais mieux fait de te laisser te faire égorger, pour ce que tu nous a aidés jusque là ! Des ennuis, oui, c'est tout ce que tu nous a apporté, si t'étais pas capable d'identifier le traître du premier coup et de le mettre hors d'état de nuire, alors, c'était pas la peine de t'obstiner à nous suivre ! Dire que si t'avais été à la hauteur, j'aurais pas craqué sur Ambrosius...Madre de dios...(il se relève) Bon, à nous deux, Zarès !

Il se plante dos à Tian Li, mains sur les hanches et fixe l'ouverture de la nef, aux aguets, mais tout est calme. Derrière lui, Tian Li commence à se relever, se met debout et s'apprête à lui asséner un coup.

Tian Li : daaaanger !

Mendoza, surpris, esquive et se retourne, Tian Li trébuche, mais est rattrapé par Mendoza qui lui plaque une main sur la bouche.

Mendoza, chuchotant : pas un bruit ! Ecoute-moi ! Les enfants sont en danger, Ambrosius a réussi à monter Tao contre Esteban et Zia, il faut l'empêcher de nuire plus longtemps ! Je suis de ton côté, malgré les apparences, tu dois me faire confiance. Sinon, je t'étrangle sans regrets. Alors, prêt à m'aider ?

Tian Li, acquiesçant difficilement : hum hum !

Mendoza, relâchant sa pression : Bien.

Aussitôt, Tian Li en profite et le met à terre, attrape un lapin et se met à le frapper avec.

Tian Li : ah ah ah ! Tu me prends pour un naïf, Mendoza !

Mendoza, se protégeant comme il peut : Tian Li, bon sang, arrête, et parle moins fort, tu vas alerter Ambrosius ! Je retire tout ce que j'ai dit, mais arrête !

Tian Li : ah ah ah ah ah ! Je ne sais pas de quoi tu parles, mais mon sixième sens ne me trompe jamais ! Je vais t'empêcher de nuire !

Mendoza : c'est pas un lapin qui va me mettre k.o., parle moins fort, te dis-je, il va nous entendre ! Ton sixième sens ne t'avertit pas du danger ? Et qu'est-ce qu'il te disait quand tu m'assurais de ton amitié ?

Tian Li : la langue de vipère n'atteint pas la souris sereine, n'essaie pas de noyer le poisson, traître !

Mendoza, parvenant enfin à jeter le lapin au loin : c'est bon, pas de proverbe bidon, s'il te plaît ! (il se redresse partiellement, le visage presque collé à celui de Tian Li qui le maintient toujours au sol) Si on jouait plutôt à pile ou face ?

Tian Li : avec quoi ? Tu ne trouveras sur moi aucun or impur !

Mendoza : t'inquiète, j'ai toujours une petite pièce au fond de ma bourse, au cas où. (il fouille) Tiens, la voilà ! Alors ?

Tian Li : hum...et qu'est-ce que j'ai à gagner à jouer avec toi ?

Mendoza : ah ah..te voilà moins réticent....

Tian Li : je suis tout simplement curieux de voir jusqu'où ta malignité peut te pousser.

Mendoza : je ne t'apprends pourtant pas que la curiosité est un vilain défaut, ô sage Tian Li..

Tian Li : sache que je suis tout à fait capable de la maîtriser, pauvre vermisseau. Allons, réponds !

Mendoza : ce que tu as à gagner ? (il se redresse encore jusqu'à toucher le nez de Tian Li et le fixe droit dans les yeux) Tout.

Tian Li, sans bouger ni ciller : hum...et si je perds ?

Mendoza : tu ne perds rien, absolument rien.

Tian Li : j'ai donc tout à gagner, c'est ça ?

Mendoza : exactement, tu as tout à gagner et rien à perdre.

Tian Li : mais pourrais-tu préciser la nature de ce tout ?

Mendoza : tout ce que tu désires.

Tian Li: un moine shaolin ne désire rien.

Mendoza : c'est bien ce que je dis.

Tian Li : Ah ! Il n'y a donc pas d'enjeu...

Mendoza : si.
Tian Li : ah ! Un tout qui n'est rien !

Mendoza : c'est ça.

Tian Li : mais c'est un tout pour toi et un rien pour moi, n'est-ce pas ?

Mendoza : exactement.

Tian Li :hum...et si c'était rien pour toi et tout pour moi ?

Mendoza : je n'ai rien à perdre et tout à gagner.

Tian Li : ok, ok...récapitulons...tu veux jouer à pile ou face avec moi, c'est bien ça ?

Mendoza : c'est bien ça. Tu es prêt ?

Tian Li : attends, attends, je croyais que tu avais besoin de mon aide...

Mendoza : moi ? J'ai dit ça ?

Tian Li : oui !

Mendoza : ah ! Et tu es prêt à me l'accorder ?

Tian Li : si tu me dis la vérité.

Mendoza : non. Si Tu me dis la vérité.

Tian Li : quelle vérité ?

Mendoza : sur tes désirs .

Tian Li : un moine shaolin ne désire rien.

Mendoza : et tout à la fois. Ne dis rien je sais tout.

Tian Li : alors pas besoin de te dire la vérité ni de t'accorder mon aide.

Mendoza : non, tu n'as pas besoin de le faire, mais tu m'aideras pour rien, parce que c'est tout pour toi.

Grand silence.Ils sont toujours face à face.

Tian Li : D'accord, je le ferai, pour toi, Mendoza. Mais tout d'abord, je veux jouer à pile ou face dans le creux de ta main. Tu lances la pièce, je la rattrape. Pile, tu me promets ton amitié éternelle..

Mendoza : et face, tu m'accordes ta confiance à jamais. Et dans les deux cas, sois assuré de ma reconnaissance profonde accompagnée d'une.....accolade. Marché conclu ?

Tian Li, dans un souffle : marché conclu...

A ce moment-là on entend un rire sardonique et Ambrosius apparaît en haut des escaliers de la nef.

Scène 2

A l'apparition d'Ambrosius, Tian Li et Mendoza se sont relevés à la hâte.

Ambrosius, applaudissant :bravo, bravo Mendoza, quelle scène mon ami, d'une telle intensité que j'en ai des frissons ! Hi hi hi ! Comme tu sais retourner un homme, oh oh oh ! Mais, ne vous gênez pas pour moi, messieurs, concluez, allez, pile ou face, hi hi hi hi hi ! Petit moine, tu devrais te méfier de ce pèlerin là, j'en ai fait l'amère et exquise expérience, crois-moi, je suis un ange à côté de lui !

Mendoza : enfer et damnation ! (à Tian Li) plus le temps de jouer, désolé. A la place, faisons le check du lama, et à l'attaque ! Allez, à la vie, à la mort, TianLi !

Tian Li, faisant le check du lama : à la vie, à la mort !

Ambrosius : uh uh uh uh uh ! Et votre accolade ?

Mendoza : sale bâtard, ta dernière heure est venue !

Ambrosius : ooooh...des menaces, des insultes....moi un bâtard ? Pauvre Mendoza, le voilà en pleine confusion, bientôt il me prendra pour son père...n'est-ce pas ce salaud qui a engrossé ta mère et l'a abandonnée, ainsi que toi ? J'espère que tu ne vas pas me reprocher la même chose, n'est-ce pas toi qui m'a abandonné ? Et tu as accepté d'en payer le prix, souviens-toi ! (il se tourne vers l'intérieur) Eh, les gars, venez un peu par ici, nous avons de la visite !

Pendant ce temps, Mendoza et Tian Li se lancent à l'assaut des escaliers, en haut duquel apparaissent bientôt le seau, le balai et la serpillière. Les deux hommes, surpris, se figent dans leur élan.

Ambrosius : Ces deux aimables jeunes gens semblent en vouloir à notre bière à la cerise, et je parierais qu'ils ont intercepté notre cargaison de fruits et n'ont pas l'intention de nous la rendre : peut-être pourriez-vous leur infliger une petite correction ?

Les trois objets se ruent aussitôt sur Mendoza et Tian Li, tandis qu'Ambrosius éclate à nouveau d'un rire sardonique.

Ambrosius : Mouaaaahaha ! Au plaisir, messieurs, je viendrai achever le travail au besoin, le temps de me changer, si vous le permettez...

Il disparaît dans la nef, tandis que Mendoza et Tian Li se débattent avec les trois yôkais. Tian Li a le seau sur la tête, Mendoza la serpillière dans la figure, et tous deux se font battre par le balai. La situation semble désespérée.

Scène 3

Tian Li : Mendoza ! Ce seau est diabolique ! J'étouffe !

Mendoza, essayant d'arracher la serpillière sans succès : hum hum hum hum !!

Pichu, arrivant à tire d'ailes : Alerte, aleeerte ! Taooo ! Taooo !

Tao, sur ses talons, titubant sous le poids de sa caisse : Youhouh, Ambrosius ! C'est moi, j'ai les cerises ! (il pose sa caisse) Pfiou...c'est d'un lourd...(à Pichu) Pichu, à qui tu causes ? ( apercevant la scène) Oh ! Le traître ! Merci de m'avoir prévenu, Pichu !

Pichu : eeeh ? (il hésite entre Tao et les deux hommes mais se décide à voler au secours de Mendoza en essayant d'arracher la serpillière, tout en évitant les coups de balai) A l'aide ! A l'aide !

Tao : oh oh oh ! Mais qu'est ce tu fais Pichu ? Ah, c'est trop bon, vas-y, encore un coup de bec, crève lui les yeux !

Soudain un lapin, puis deux, puis trois, etc..se réveillent alléchés par l'odeur des cerises, ou l'haleine de Tao.

Tao : oh ! Oh oh....euh, les gars, touchez pas à mes cerises, hein, c'est pour Ambrosius, il va vous refaire de la bière, d'a..d'accord ? (il tente de reprendre sa caisse mais les lapins qui s'approchaient lentement se précipitent soudain, Tao lâche la caisse et se sauve en hurlant) Nooooon ! J'veux pas aller sur la lune ! J'veux pas aller sur la lune !

Les lapins commencent à renifler la caisse, parviennent à enlever le couvercle et se mettent à s'empiffrer de cerises, ce qui attire l'attention du seau, du balai et de la serpillière. Tian Li est à terre, épuisé, roué de coups par le balai, Mendoza est à genoux, la tête tirée en arrière par Pichu qui tente toujours d'arracher la serpillière.

Les trois yôkais : eeeeh ! Nos cerises ! Yamete ! Pas touche à nos cerises, pas touche, c'est à nous, à nous, baka usagitachi ! Raaaah !

Pichu : Alerte, aleerte !

Ils se précipitent pour mettre en fuite les lapins, s'ensuit une brève course poursuite tandis que le soleil se lève , sous le regard affolé de Pichu qui ne sait plus où voler ; touchés progressivement par la lumière, les lapins disparaissent, et les trois objets finissent par tomber inanimés. Seul Pichu reste conscient, Tian Li et Mendoza sont affalés, reprenant leur souffle et leurs esprits.

Pichu : Aleerte ! Aleeerte ! Al...tiens ? Partis ? Rooohh, et une petite cerise pour bibi ! (il se pose sur la caisse et gobe une cerise)

Scène 4

Ambrosius, revêtu du costume de Zarès, apparaît en haut de l'escalier et saute à terre en hurlant.

Ambrosius : Raaaaahh ! Maudit volatile, pas touche à mes cerises !

Pichu : Aleeeeeerte, aleeeerte, Zarèèèèès ! (il s'enfuit dans les bois)

Zarès : eh eh eh eh eh....(coup d'oeil à Tian Li et Mendoza qui gémissent faiblement en tentant de se redresser) un peu de patience, messieurs, le temps de refaire un peu de bière à la cerise et je suis à vous, enfin, surtout à toi, mon très cher Mendoza....(il s'approche, lui soulève la tête et lui murmure avant de la laisser retomber) n'oublie pas que je t'ai promis de finir en beauté, alors prépare-toi à un final éblouissant, juteux comme un goya, mousseux comme de la bière à la cerise, brûlant comme un jet d'orichalque chauffé à blanc à la vapeur solaire, et qui t'enflammera le cœur avant de le faire exploser en une pluie de pétales rosés dont je me délecterai avec un plaisir infernal...Tiens, croquons donc une cerise en guise d'amuse-gueule...(il lui fourre une cerise entre les dents et en croque la moitié avant de se redresser et de pousser un cri d'extase) Aaaaaah ! (il s'essuie la moustache) tu me ferais presque regretter de n'être pas allé dans la lune avec toi ! Allons, le rôle de mentor auprès de ce cher Tao m'apportera à n'en pas douter son lot d'exquises compensations ! A tout de suite, cher partenaire.. (il remonte dans la nef avec la caisse)

Scène 5

Pichu déboule, suivi d'Esteban, Zia, Unagikami, Tao ferme la marche et traîne les pieds.

Pichu : Alerte, alerte, Zarès, Zarèèèès !

Esteban :Mendoza ! Tiens bon, on arrive !

Tao : oh, c'est bon, pas la peine de crier comme ça, on a compris...j'ai mal au crâne, moi !

Pichu : Mendozaaa, Mendozaaa !

Zia : Pichu, un peu de discrétion voyons !

Tao : ah, en voilà une qui m'écoute au moins ! Mais au fait, Pichu, t'es de quel côté, après tout ? T'essaierais pas de prévenir Zarès, eh eh eh !

Zia : Tao ! Ce n'est pas drôle, il va nous faire repérer !

Unagikami : c'est vrai, je vais lui tordre le cou, moi, à ce brocoli volant, et vite fait ! (apercevant Mendoza et Tian Li) oh ! Mendoza ! Le moine ! (elle se précipite)

Tao : eh eh eh ...c'est plutôt elle qui va nous faire repérer...(il l'imite) Mendoza ! Le moine !

Esteban et Zia, le fixant, estomaqués : Tao !

Esteban : euh...ton état ne s'est pas arrangé, on dirait...

Zia : oui, tu es...bizarre...

Tao : hi hi hi ! Bande d'élus, va ! Vous n'êtes pas au bout de vos surprises !

Unagikami, penchée sur Mendoza : mais il va se taire à la fin le nain jaune? je peux même pas entendre les gémissements d'Antonio Luis, c'est un monde ! Mendoza, Mendoza, dis dis, tu es vivant, tu as mal, tu dors, réponds moi, réponds, moi ! (elle le secoue, il reste sans réaction) Raaah ! Je suis encore tombée sur une mauviette, c'est pas possible, quelle déception, mais quelle déception ! (elle se lève, furieuse, et jette un coup de pied à Mendoza, qui lui attrape soudain le pied et se redresse en le tirant, déséquilibrant Unagikami) Ah ah ! Te voilà revenu à toi, Antonio Luis, j'aime mieux ça !

Mendoza, se remettant debout en attirant Unagikami à lui, avant de cracher le noyau de cerise d'Ambrosius : call me Javier, baby, et quittons cette scène ridicule pour un final plus...excitant! J'aimerais goûter d'autres cerises que celles d'Ambrosius...

Woody, surgissant soudain en trombe, agitant les bras : What the hell ! No, no, no !(il entraîne Mendoza à l'écart sous le regard médusé des autres, se plante face à lui et déclame) ça suffit ! Ambrosius est dans la nef, Athanaos est à sa merci, le temps presse ! Où sont le seau, le balai et la serpillière ? That's what you should have said ! (se tournant vers les enfants) Come on, go ahead, play your part ! I'll help you : Le seau, le balai et la serpillière ?

Grand silence.

Woody : Oh , I see...(il se met à courir dans tous les sens en criant) Ah, le seau, le balai, la serpillière, mes amis, où êtes vous ?

Esteban et Zia : le seau... le balai... la serpillière ?

Woody, continuant à courir : great, great, that's it, perfect, well done kids. Come on, forget what this idiot said before ! Woooouh ! I'm a yôkai, a yôkai !

Esteban : Mendoza, j'ai..j'ai peur ! Ce type a l'air possédé par un yôkai !

Woody : le seau, le balai, la serpillière, où êtes voooous ???

Mendoza : hum, on dirait bien, oui !(à Woody) Eh toi, tu veux faire un grand ménage dans la nef ?

Woody : nooooon ! C'est toi qui dois faire le ménage, et vite, le temps presse, le temps presse !

Unagikami, s'avançant pour intercepter Woody, la serpillière à la main : toi, sale yôkai, tu devrais avoir détalé avec le lever du soleil comme les lapins, sors de ce corps immédiatement ou je te fais avaler ta copine la serpillière !

Woody : ok, ok, oui, oui, I'm leaving, I'm leaving right now, Mendoza, je compte sur toi, le temps presse ! (il esquive Unagikami et saute de la scène) Aaaah, le soleil, le soleil, noooon !

Scène 6

Unagikami, poings sur les hanches, main en visière: drôle de yôkai, celui-là...en tout cas facile à faire déguerpir...Bah, bon débarras, allons réduire le nain en mochi à présent ! (elle fait une boule de la serpillière et la jette avant de se tourner vers Mendoza) Mendoza, prêt à l'attaque ?

Mendoza, secouant la tête comme pour reprendre ses esprits : hem..oui, le temps presse ! Euh...merci de nous avoir débarrassés de ce.... yôkai !

Tao : eh eh eh ! Dis donc, Mendoza, qu'est-ce que tu ferais sans ta déesse des Anguilles, hein ? Heureusement qu'elle a jeté aussi la serpillière qui voulait t'étouffer, hein ? Bah, en tout cas, plus de lapins non plus, nous sommes enfin tranquilles ! Que diriez-vous d'aller prendre une petite bière à la cerise dans la nef ? Je ne vois plus ma caisse, Ambrosius a dû la prendre, tiens, vous ne sentez rien ? (humant l'air) Huuuum , ça sent bon la bière...oh que j'ai hâte, que j'ai hâte de déguster ça !

Esteban : Tao ? Mais tu es devenu fou ? Ambrosius...

Mendoza : ne te fatigue pas, Esteban, Tao n'est pas en état de comprendre, ne l'écoute pas , il faut lui pardonner...

Tao : oh eh, ça te va bien, à toi ! S'il y en a un ici qui dit n'importe quoi, c'est bien toi, moi je sais parfaitement ce que je dois dire et faire, et je vais de ce pas rejoindre Ambrosius !

Mendoza lui barrant le passage: tu n'iras nulle part ! Moi aussi je sais parfaitement ce que je dois dire et faire, Unagikami, ceinture le et baillonne le !
Unagikami : avec plaisir !

Tao : bas les pattes, sale anguille ! Ambrosius ! Au secours !

Esteban : Attends, Unagi, je vais t'aider !

Mendoza : bien joué, Esteban ! Zia, prends la ceinture de Tian Li ! (il ramasse la serpillière et la lance à Unagikami qui est déjà sur Tao)

Tao est rapidement maîtrisé, baillonné avec la serpillière, attaché avec la ceinture. Mendoza va secouer Tian Li.

Mendoza : Allez, Tian Li, mon ami, du nerf ! Le devoir nous appelle !

Tian Li, se relevant péniblement : hum....Oh ! Ma ceinture !

Zia : je suis désolée...

Mendoza : allez, pas de chichis, tu es très bien sans ! Unagikami, conduis les enfants à la cale et tâche de délivrer Athanaos pendant que nous faisons diversion, je compte sur toi !

A ce moment là éclate à nouveau un rire sardonique et Zarès apparaît en haut de l'escalier, le canon à bière pointé sur eux.

Pichu : Aleeerte, aleeerte ! Zarès, Zarèèèèèès ! (il s'enfuit dans les bois)

Mendoza, se signant et murmurant, à part : Oh, Woody, give me the strenght....I pray for a fatal ending as soon as possible...
Ce qui fait de nous des grands enfants nous rend plus humain...

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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par Dodie » 13 sept. 2015, 20:48

Acte V

Bloody honeymoon


Scène 1

Zarès, canon à bière en mains, il a cessé de rire, ton froid: nous voici donc au complet....je ne pensais pas vous inviter à célébrer ma victoire, les enfants, mais puisque vous êtes là...que la fête commence ! Je vous ai préparé une cuvée très spéciale, vous m'en direz des nouvelles ! Feu ! (il enclenche le jet de bière)

Mendoza : Séparez-vous ! Courez sous la nef !(il se précipite lui-même vers les escaliers en zigzaguant pour éviter le jet) Tian Li, avec moi !

Tao, qui s'est débarrassé de son baillon se tortille sur le sol, bouche grande ouverte : Ouaiiiis ! De la bière, encore, encore !

Zarès : Tao, mon ami, tiens, enfile toi ça, c'est ma tournée !

Zia, s'arrêtant pour lui porter secours : Tao !

Esteban, se précipitant pour la tirer vers la nef : Zia ! Non, viens!

Tous trois se retrouvent sous le jet.

Mendoza, avisant la scène : mais que....quel est l'incapable qui n'est même pas fichu de faire un baillon qui tienne plus de cinq secondes ? fermez la bouche ! Ne restez pas là ! Unagikami !

Esteban : mais pourquoi on doit fermer la bouche ? (un jet de bière manque de l'étouffer, il s'étrangle)

Tao : eh eh eh, Esteban, tu trouves pas qu'elle a un petit goût de reviens-y ? Encoooore ! Hi hi hi hi hi !

Unagikami retourne en arrière pour aider Esteban et Zia, elle s'interpose devant le jet, avale quelques gouttes malgré elle, cela permet aux enfants de se sauver, mais Tao est déjà trop soûl pour se mettre debout et ils l'abandonnent, courent sous la nef ; Unagikami tente de prendre Tao sur son dos, mais il se débat trop et parvient à défaire ses liens, elle renonce.

Tao : laisse moi, sale anguille !

Unagikami : on se retrouvera quand tu auras décuvé ! (à part) Mais quel est l'incapable qui n'est même pas fichu de faire un nœud qui tienne plus de cinq secondes ?

Zarès a détourné le jet sur Tian Li et Mendoza, ce dernier l'esquive en se plaquant à terre mais Tian Li est touché en plein bond alors qu'il tente de sauter jusque sur les premières marches de l'escalier, par dessus Mendoza.

Tian Li : Yaaaah...aaaahhh ! (le jet s'acharne sur lui alors qu'il est à terre, sur le dos,le jet le remet sur le dos à chaque fois qu'il veut se mettre à plat ventre, il tente de se protéger et de fermer la bouche mais avale la bière)

Zarès : ah ah ah ah ah ! Alors, Tian Li, mon ami, qu'en dis-tu ? Un délice, n'est-ce pas ? Je sens que tu en reprendrais bien une goulée ! (Tian Li ne se débat plus) Ah ah ah ! Le héros est déjà hors d'usage ? Il faut dire que ma cuvée est très...spéciale ! Cerise et goya, hein, Mendoza, ça ne te rappelle rien, eh eh eh eh ! Eh ! Les enfants ! Ne vous sauvez pas ! Venez goûter à la bonne bière de tonton Zarès, à l'eau de capsule, mouhahahahaha !

Tao : eh eh eh eh eh, par ici, Ambrosius, par....ici, encoooore.....

Zarès : ah ah ah ! En voilà au moins un qui sait apprécier les bonnes choses, tiens, Tao, avale ça mon grand !

Il redirige le jet vers Tao, mais Mendoza est arrivé à sa hauteur.

Scène 2

Mendoza : assez joué, Ambrosius, je ne te laisserai pas utiliser les enfants pour tes noirs desseins. L'heure est venue de te mettre hors d'état de nuire !

Zarès, pointant son canon vers lui : Oh, Mendochou, j'ai oublié de te servir ta goulée, toutes mes excuses ! Mais....(rien ne sort, il regarde dans le tuyau) Oh, c'est déjà fini, dommage, ça t'aurait fait du bien, je te sens un peu nerveux, uh uh uh...(imitant Mendoza) « L'heure est venue de te mettre hors d'état de nuire ! » Les grands mots, ça ne te va pas, mon pauvre ami, on n'y croit pas un instant...(lâchant le canon) Du reste, comment comptes-tu- t'y prendre ? N'oublie pas que le combat est perdu d'avance...(s'approchant de Mendoza, pliant les genoux pour être à sa hauteur, yeux dans les yeux)  Tu es déjà mort....

Mendoza : tu ne me fais pas peur ...je suis déjà mort plusieurs fois...dans tes bras, hijo de la puta...tu n'as pas encore un peu de jus pour moi dans ton petit tuyau, là dessous, hum, mi amigo ?..(il entreprend de fouiller sous la robe de Zarès)

Voix off de Woody : Javier ! It's not in the text ! Go back to your character immediately !

Zarès : je vois.....mais ça ne marchera pas avec moi, on ne me retourne pas si facilement, moi...mais ne te gêne pas , Antonio, Luis, Mendoza, bâtard du duc de la Igualada, j'aime faire durer le plaisir...

Mendoza : j'aime ça aussi, Ambrochou, your lips, give me your lips sweet piggy...le groin, oooh, le groin... (de son autre main, il fait glisser la capuche de Zarès et entreprend d'enlever le groin)

Zarès : le groin, oui, oui...enlève-le...aaah, tes doigts sur ma joue...

Voix off de Woody : Shit, Javier ! Stop it !

Mendoza : oh, Woody, shut up and trust me ! At least let me have fun ! Sit back and relax or you'll miss the show of the century : A Bloody honeymoon !

Voix off de Woody : oh ? All right, all right, do as you want, I'm fed up with you, amigo !

Zarès, sans groin, se retrouve à moitié penché en arrière, position périlleuse lorsqu'on est genoux pliés : Hum ? Mais à qui...

Il n'a pas le temps d'achever, Mendoza le pousse violemment, il tombe à la renverse tandis que Mendoza actionne la fermeture de la porte de la nef, le coinçant sur le dos. Mendoza soulève dans un grand geste la robe et entreprend de couper les attaches de l'exosquelette avec son épée. Zarès se débat et hurle.

Zarès : Raaaaah ! Mendozaaaa ! (il lui envoie des coups de pieds qui manquent de le déstabiliser)

Mendoza : shit ! Cette épée ne vaut rien ! Tu dois bien avoir quelque chose de plus coupant, hein, piggy ? (il arrête alors et saute à l'intérieur de la nef)

Zarès : à ton service, sale bâtard ! Tiens, prends ça ! (on entend un cri étouffé) Alors, on fait moins le malin, hein ? Attends un peu que je me dégage, partenaire ! Gniiiiii ! (il écarte la porte de la nef à grand peine, elle craque sous la pression, il se redresse à quatre pattes et se retourne à l'intérieur de la nef) Raaaah, tu m'as abîmé mon bel exosquelette, mais ce n'est rien, ce n'est rien mon ami...faisons la paix, veux-tu, peace and love, c'est mieux, non ? (il se remet debout péniblement) Finissons en beauté, mon bel oiseau bleu...(il sort une fiole dont il avale le contenu avant de s'essuyer les moustaches)Huuuuum...ce jus de goya est divin, tout simplement, cela vous revigore un homme...et tu en aurais bien besoin, n'est-ce pas ? Viens donc m'offrir ta gorge pour que j'en fasse couler un peu au fond...je sais que c'est amer, mais, à défaut d'autre chose...Eeeh ! Mais que...

Il est soudain projeté en arrière par Mendoza, dévale quelques marches. Mendoza apparaît, tenant le poignard de Zarès d'une main, son épée de l'autre main, de sa blessure coule de l'orichalque ; il se jette sur Zarès pour le frapper mais ne parvient qu'à le blesser légèrement tandis qu'il reçoit un nouveau coup grâce à la lame cachée de Zarès et lâche son épée, qui tombe sur le sol devant la nef. Zarès s'empare du poignard.

Zarès : ouille ! C'est que tu m'as fait mal, dis donc ! Ouuuh, j'adore ! Mais fais voir cette blessure ? (il repousse Mendoza et le maintient face à lui dans les escaliers, sa main qui tient le poignard sous la gorge, son autre main palpant la nouvelle blessure de Mendoza sous la poitrine) Mmmmm, intéressant, laisse moi goûter ça...(il lèche son doigt) Ah ah, goya, jujube et orichalque, c'est bien ça, une vraie recette miracle, n'est-ce pas, ton autre blessure ne saigne déjà presque plus ! Je suis sûr que tu te sens prêt pour un nouveau coup, cher cobaye ! (il enlève aussitôt la lame de la gorge de Mendoza pour l'en frapper à l'épaule)

Mendoza, s'effondrant à demi sous le coup : Quand tu me tues, tu me fais du bien, piggy...

Zarès : oh, tu n'as pas changé, comme c'est émouvant...mais cesse de m'appeler piggy, ou je vais me fâcher...attends, je vais aller te chercher un rafraîchissement, pour te remettre les idées en place. (il le pousse de côté, Mendoza tombe à terre) Je me suis mis un petit verre de bière de côté, histoire de fêter ma victoire, quand tout sera fini, mais je te l'offre de bon cœur, va...Ambrosius de Sarles est un gentleman, un vrai !

Il disparaît dans la nef tandis que Mendoza se relève péniblement pour aller ramasser son épée, et réapparaît aussitôt.

Zarès : Youhouh, Mendoza, voilà ta bière, attends, ne te sauve pas ! (il descend les escaliers en boitant légèrement) Pff, tu m'as bien arrangé mon exosquelette ! Mais je ne t'en veux pas, non, tiens, tiens, bois, c'est préparé avec amour, et regarde ce que je t'ai apporté ! ( il brandit un goya de sous sa robe) Un goya ! On va pouvoir bien s'amuser !

Il s'approche, tenant le verre de bière d'une main, le goya de l'autre. Mendoza se jette en avant, décapite le goya avec son épée, Zarès lui lance la bière à la figure et lui arrache l'épée, puis il lui porte un nouveau coup avec. Mendoza chancelle et met une main à terre.

Zarès : petit impertinent ! Comment comment, on ne veut plus jouer ? Et regarde ce gâchis, une si bonne bière ! En plus j'ai dû tacher ta précieuse cape par la même occasion, mettons la vite à laver ! (il arrache la cape de Mendoza et la fait voler)
Comme elle vole bien ! Quelle tenue ! Ce tissu est merveilleux ! Espérons que ma machine en prenne soin...je ferais peut-être mieux de la laver à la main...dans ton sang ! Allons, continuons notre expérience ! (nouveau coup d'épée à Mendoza qui tentait de se relever) Voyons voir un peu..(il éponge la blessure avec la cape, qui se teinte d'orichalque) Prodigieux ! Une cape dorée, qui n'en rêverait pas ! Oh, mais ta blessure précédente se referme déjà, quel dommage, nous n'avons pas encore teinté toute la cape ! Attends, je vais arranger ça !

Mendoza, voix faible : ça suffit !

Zarès : Quid ? Te voilà déjà épuisé ? Mais je n'ai pas fini de jouer, moi...on vient à peine de commencer...j'ai mis un peu d'orichalque à chauffer dans une cornue pour le bouquet final, tu ne peux pas te défiler comme ça ! La partie est loin d'être terminée !

Mendoza, réussissant à se mettre debout, voix plus ferme: ça suffit, achève-moi, tranche-moi la gorge, je sais pas moi, trouve un moyen !

Zarès : oh, que voilà une requête des plus déplacées ! On en a assez de souffrir, hum ? Je te croyais plus résistant à la douleur...tu n'aurais jamais dit ça l'autre nuit...et voilà que tu voudrais me priver du plaisir de te voir agoniser à petit feu, et me forcer à interrompre qui plus est une expérience scientifique de la plus haute importance ? Mais c'est proprement inenvisageable mon ami ! N'oublie pas notre contrat ! Allez, bats -toi, tu dois mourir d'une belle mort héroïque, pour l'honneur, et pour la gloire, je t'en ai donné ma parole !

Mendoza : tu as donné ta parole pour le poisson rouge aussi. Or je crois savoir que tu n'as pas tenu tes engagements.

Zarès : hum ? Que vas-tu imaginer ? Oooh, j'y suis, le petit imbécile, il n'a pas pu tenir sa langue...enfin, vu son état, je peux comprendre...eh bien, qu'à cela ne tienne, ce qui est fait est fait, tu ne veux plus de ta belle mort mais moi je ne renoncerai pour rien au monde à mon expérience et à mon plaisir ! Tiens, prends ça, un Z qui veut dire Zarès, signé à la pointe de l'épée ! Et plein de petits trous autour pour te couvrir d'orichalque, tu n'en paraîtras que plus précieux à mes yeux ! (il joint le geste à la parole, lacérant le tunique de Mendoza d'un Z, puis entreprenant de lui trouer la peau en divers endroits) Oups ! Je t'ai raté, là, voilà que ma main tremble, attends, j'ai besoin d'un petit remontant ! (il cherche une fiole sous sa robe sans succès) Nom d'une pipe en orichalque ! (avisant un morceau de goya à terre)Ah ! Voilà qui fera l'affaire ! (il va le ramasser et le croque)Raaah, pfff, raaah,pff...Sacristi, l'amertume est tout de même bien plus prononcée ainsi, c'est brut de brut ! Baste, il faut ce qu'il faut ! Allons, reprenons notre petit exercice ! Mendoza, à nous deux très cher !

Mendoza, à quatre pattes, se remettant difficilement, levant la tête vers Zarès : tu as une drôle de tête, Ambrosius.

Zarès, s'approchant en titubant : plaît-il ?

Mendoza : je dis que tu as une drôle de tête...tu es sûr que tu te sens bien ?

Zarès : oui, parfaitement bien, surtout après ce petit en-cas...qui me donne d'autres envies....ne te relève pas, très cher, tu es très bien ainsi...

Mendoza, voix faible : pourtant tu titubes...

Zarès : sans rire ? C'est parce que tu as abîmé mon bel exosquelette tout à l'heure, à moins que ce ne soit le désir qui me fasse chavirer...(arrivé près de Mendoza, il s'accroupit pour être à sa hauteur et lui prend le visage d'une main, lui tournant la tête pour l'examiner) Intéressant...on dirait que tu commences à faiblir réellement, laisse moi voir un peu ça...zut, alors, pas déjà, tu veux vraiment me gâcher le plaisir !
Allons, du nerf, que diable !

Mendoza : calme-toi, tu es tout rouge, tu devrais enlever ta robe et ton exosquelette...

Zarès : eh eh eh, tu as raison, rien ne vaut le peau à peau...

Mendoza : non, je voulais dire, trop d'excitation, ça ne te réussit pas...tu vires au cramoisi...et tu gonfles..ton visage est tout enflé, c'est hideux.

Zarès, respirant avec peine, en soufflant : Pff...pfff...tais-toi, insolent ! Oooh....(il gémit) attends, il faut que je m'assoie un peu...l'exosquelette me comprime...je me sens tout ballonné...je serai même mieux allongé pour évacuer les gaz, mais n'en profite pas, hein ? Ooooh....( allongé, nouveau gémissement) Tiens, fais voir, l'orichalque, on dirait bien qu'il rosit...Donne moi ta main que je vérifie quelque chose...(il lui prend une main et l'entaille) C'est bien ce que je pensais...j'aurais dû mettre plus de sirop de jujube....bah, au moins je sais comment améliorer ma formule ! Je crois que l'expérience touche à sa fin, et ton existence aussi, malheureusement...tu as raison, trop d'excitation tue le plaisir, je me suis un peu précipité...

Mendoza : tant mieux, je serai bientôt débarrassé de ta présence puante.

Zarès : eh eh, je n'ai pas dit mon dernier mot, attends que je reprenne mon souffle, et tu pourras partir en pleine partie de plaisir...je m'en voudrais de te priver de ce final, déjà que je n'aurai pas le temps d'utiliser l'orichalque brûlant... (Mendoza tente de se relever) Eeeeh ! Où crois-tu aller comme ça ? Tiens moi compagnie, on fait la fête ensemble, non ? Tu ne veux tout de même pas que je me montre magnanime comme ces crétins de rois et d'empereurs, ces mollusques couronnés, en te laissant crever tout bêtement ? Reste !

Mendoza, se levant et regardant Zarès à terre : c'est au dessus de mes forces, même Sancho est plus supportable : tu devrais voir ta figure, tu es vraiment cramoisi, et couvert de pustules verts. Je n'ai pas à supporter cela dans mes derniers instants, tu m'excuseras. (il se détourne)

Zarès : sale impertinent, oublies-tu à qui tu t'adresses ?

Mendoza, se retournant : au plus pitoyable bouffon que la terre ait jamais portée....Zaza Dodu, roi des tout nus...

Zarès, se relevant dans un suprême effort et se précipitant sur Mendoza : Raaah ! Sale bâtard ! On n'insulte pas impunément le grand Zarès ! (il lui porte un coup fatal)

Mendoza : Merci....(il se dégage, se recule, fait quelques pas vers sa cape et s'écroule sur elle, à plat ventre, sous le regard horrifié d'Ambrosius)

Scène 3

Zarès : Mendoza ! Sale lâcheur ! Reviens ici tout de suite ! Je n'en ai pas fini avec toi ! Idiot, regarde ce que tu m'as fait faire ! Aaaah ! (il gémit, se prend la tête, marche vers Mendoza et finit par s'écrouler près de lui, sur le dos, il respire difficilement) Je...je ne me sens pas bien du tout...pourquoi ne m'as-tu pas laissé reprendre mon souffle, tu as tout gâché...(Silence) Dis, tu m'entends ? Oui, je sais que tu m'entends, tu fais semblant, pour être tranquille, mais j'ai bien l'intention de te gâcher ta mort jusqu'au bout, puisque tu le prends ainsi....Tiens, que dirais-tu d'une petite oraison funèbre à la mode Ambrosius ?

Mendoza : oh, Woody, tell him to shut up, please...

Zarès : plaît-il ? Le voilà qui délire, c'est pas bon ça...oh, Mendochou, tu m'entends toujours ?

Mendoza : Esteban...Zia...Tao...Pedro...Sancho...Tian Li....Unagikami....why the hell aren't you all here ? El ninos, el ninos, no afecta a los ninos, don't touch the kids...les enfants...

Zarès : les enfants, tiens, c'est vrai, où sont-ils tous passés ? Ah oui, ils essaient de délivrer Athanaos, les imbéciles...je peux te garantir qu'ils n'y arriveront pas. Et dès que je serai remis de cette indisposition passagère, je me charge de les faire filer droit, crois-moi ! Quant à la sale petite traînée....eh eh eh, je te laisse imaginer le sort que je lui réserve ! J'ai encore de l'orichalque sur le feu....Oh, ton sacrifice aura été bien inutile....mais je me suis bien amusé....c'est juste dommage....que je n'aie pu...conclure...(disant cela, il se trémousse pour se rapprocher de Mendoza)

Mendoza se remettant debout contre toute attente: el ninos...el ninos...(il fait quelques pas et s'écroule)

Zarès : eh, ça suffit ! Tu le fais exprès ou quoi ! C'est pas sympa de me laisser souffrir tout seul ! Tiens, tu sais quoi ? Je te promets de t'enterrer dans la capsule avec Athanaos, avec ta cape comme linceul, ça vous fera un beau cercueil de verre, vous serez à l'abri des vers, c'est bien le moins que je puisse faire pour ne pas désespérer complètement Esteban, non ? Qu'est-ce que je suis magnanime, je m'épate moi-même ! Et pour épitaphe, je ferai inscrire sur votre tombe ces quelques mots : « Voyageur, arrête tes pas ! Tu foules une terre sacrée où reposent deux imprudents qu'une ombre cruelle a recouverts à jamais » (l'ombre cruelle, c'est moi, eh eh eh!) « en les séparant des êtres qu'ils chérissaient. » Hum...un peu long, non ? Que dis-tu plutôt de ça : « Ici repose une paire de pères, voyageurs injustement ravis à l'affection des leurs. » Ou en latin, tiens, c'est concis ça au moins : « Sta viator, amabilem patrem et navitam calcas ! » Je te traduis : « Arrête-toi, voyageur, tu foules aux pieds un père et un marin dignes d'affection. » ça en jette, non ? Tu fais toujours la tête ? Oooh, voilà que ça me reprend....je me sens tout oppressé, cet exosquelette est trop serré, dis, tu voudrais pas m'aider un peu, hein...en souvenir du bon vieux temps.....Aaaahh, j'étouffe, et j'ai l'impression de gonfler ! (il touche son visage) Sacristi ! Des..des pustules, tu avais raison nom d'une pipe ! Oh ! Mes gants ont craqué, mais que se passe-t-il?(voix étranglée)Mendozaaa....je..je veux pas mourir si bêtement.....j'enfle de partout....soulaaage moi, par pitié...(il tend les bras vers Mendoza, mais les laisse retomber aussitôt) Gniiii.....c'est tout gonflé.....aaarghh...

Scène 4

Tian Li, se réveillant : Ooooh, ma tête....cette fichue bière a eu raison de moi....j'ai la langue toute pâteuse, un arrière goût âcre dans la bouche....quelle amertume désagréable ! (il se relève avec peine) Je n'entends plus rien...hormis ce drôle de bourdonnement dans mes oreilles..ou...on dirait plutôt un gémissement...

Ambrosius, voix faible : Gniiiii....Tian Li, mon ami, soulaaage moi....

Tian Li : voyons, qu'étais-je venu faire ? Ah, oui, sauver les enfants ! On se battait, il y a eu ce maudit jet et....le traître était là......mais ? Où est-il passé ? (il regarde autour de lui) Où sont-ils tous passés ? Ah ! (il aperçoit Zarès) Oh ! Nooooon ! (il se précipite et s'arrête devant Zarès, tombe à genoux, non sans esquisser un recul sous l'effet du dégoût) Ouuuuh !.....C'est pas vrai ! Le traître ! (il examine Zarès d'un air dégoûté, le palpe avec précaution)

Ambrosius :pitié....soulaaage moi, mon ami, je meurs....

Tian Li : Noooon!(il se prend la tête entre les mains) Tout ça....pour ça !....Ah, le traître, il me le paiera !

Ambrosius, tentant de s'éloigner en se tortillant : Gniiiii....pitiééé...

Tian Li, lui jetant un regard de dégoût en se bouchant le nez : non, pas toi, espèce de limace bavante et puante! C'est ça, rentre dans ton trou, disparais ! (il se relève et va lui donner un coup de pied rageur) Le traître, c'est lui, lui, la langue de serpent, le beau-parleur, le...le...le (il regarde autour de lui et aperçoit Mendoza) Ah, te voilà, séducteur perfide ! (il se précipite vers lui en l'interpellant) Tu étais là depuis le début, et tu ne disais rien ! Je reconnais bien là tes manières ! Mais il va falloir t'expliquer franchement, cette fois ! (il est arrivé près de Mendoza, frémissant de colère) Allons, debout, je ne suis plus dupe de tes ruses ! Aies au moins le courage d'affronter ma colère ! (Grand silence) Debout, te dis-je, inutile de faire semblant, tu n'échapperas pas à tes responsabilités ainsi ! Tu as des comptes à me rendre ! (Silence) Tu ne dis toujours rien ? Tiens, jouons un peu à pile ou face ! A ma façon cette fois ! (il fait rouler Mendoza sur le dos avec son pied, le marin ne réagit pas. Tian Li est décontenancé en apercevant le Z et les petits trous un peu partout) Que signifie....Ah, tu me nargues avec tes blessures de guerre, hein ! Tu vas pouvoir fanfaronner devant les enfants ! Et moi, et moi....(il s'effondre à nouveau à genoux, mains levées vers le ciel ) Ô rage, ô désespoir, ô amitié trompée, que n'ai-je tant vécu que pour cette lâcheté ! Moi qui comptais récolter tant de lauriers, c'est honteusement que je me suis fait doubler ! Avoir subi tant de galères, des pieds gelés aux doigts pincés par les crabes, des tempêtes de neige aux déchaînements de la mer démontée, et me voir souffler sous le nez la récompense ultime de tous ces sacrifices sublimes ! Ah ! (tête dans les mains) j'étouffe, j'enrage, je crève de dépit, j'exècre le délit et celui qui l'a commis, qui me promettait monts et merveilles, et son amitié éternelle, marin volage aux trop subtils discours, qui vous touchent le cœur pour mieux vous le broyer ! (criant vers le ciel)Aaaaah ! Mendoza ! Pourquoi t'ai-je connu  (sa tête retombe sur le sol, il a les bras écartés, fesses en l'air) Quelle fatalité oeuvrait dans l'ombre pour ouvrir sous mes pieds la tombe où désormais j'aspire à me cacher pour attendre la mort, tandis que l'amertume, telle un poison létal, me ronge et engourdit mes membres un à un ? Aaaah...bientôt le voile brumeux de la Parque cruelle me ravira la lumière du soleil, sans qu'aucun être humain ne compatisse à mon infortune, et je reposerai sous un tapis de mousse que fouleront d'un pied indifférent les voyageurs égarés dans ce pays maudit et les furets fouineurs en quête de leur proie ! (il se redresse lentement, mains posées au sol)Aaah, maudit, trois fois maudit soit le jour où je t'ai connu, Mendoza, et où pour mon malheur j'ai posé mon regard innocent et pur sur le maudit grimoire de la prophétie ! Oh, cœur aveugle, combien j'eusse préféré que l'ombre de la nuit s'étale sur mes candides yeux ! Oh, que n'avais-je alors perdu la vue comme mon vieux maître Shaolin ! Que de peines m'auraient ainsi été épargnées ! (il éclate en sanglots, mains sur les yeux)

Scène 5

Esteban, sortant en courant de sous la nef : Mendoza ! Mendoza ! On a réussi ! On a délivré papa ! Heureusement qu'Unagi était là, elle en connaît des trucs, le cadenas ne lui a pas résisté !

Zia,le rattrapant : mais enfin, Esteban, tais-toi, Zarès rôde par ici, tu as oublié ?

Esteban, stoppant net en apercevant Tian Li pleurant près de Mendoza : Non....(se précipitant) Mendozaaaa ! (il tombe à genoux devant lui) Mendoza...(il tend la main, hésite, arrête son geste, regarde Tian Li, qui le regarde aussi, hébété) Il est...il est ?....(il éclate en sanglots et se jette sur la poitrine de Mendoza).

Zia, arrivée à son tour, s'agenouillant et posant sa main sur le front de Mendoza : Mendoza...

Unagikami, arrivant comme une furie, et bousculant tout le monde : qu'est-ce que vous fabriquez ? Vous allez l'étouffer, en arrière, en arrière tout le monde ! (elle lui prend la main, un temps) Vivant...il est vivant....(remarquant le Z et les petits trous) Mais qu'est-ce que...allez me chercher ce foutu alchimiste, qu'il nous explique ce qu'il a fait à Antonio ! Il a voulu le marquer ou quoi ? Mais il est pas à lui, il est à moi, à moi, vous entendez, à moi !!! Raaahhh ! Montre-toi, charlatan, qu'on s'explique à la loyale !

Esteban : oh ! Zarès ! Il est là...

Unagikami : où ça, où ça ? Tombez-lui dessus, et vite ! (Secouant Tian Li)Allez, le moine, bouge-toi, rends-toi utile pour une fois !

Esteban, Zia courent vers Zarès, s'arrêtent net, n'osant s'approcher. Tian Li arrive derrière eux. Athanaos est sorti de la nef et contemple la scène.

Tian Li : vous pouvez approcher sans crainte, il est hors d'état de nuire...

Esteban : mais...mais...il est horrible ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

Tian Li, haussant les épaules : si je le savais...

Athanaos, arrivé discrètement et se penchant vers Zarès pour l'examiner, le secouant légèrement : rien à faire...coma allergique...il faudrait déterminer ce qu'il a pu manger...(il renifle) ou boire, ça pue la bière !

Esteban : à la cerise, oui !

Athanaos : mais la cerise ne provoque pas de réactions allergiques, non, il doit y avoir autre chose...(reniflant toujours)..d'amer...on dirait...(apercevant un morceau de goya qui traîne à terre) du goya !

Esteban : oh ! Du goya ! Mendoza en a parlé ! Son sang magique à l'orichalque sentait le goya !

Zia : mais alors....

Esteban : vite, vite, donnons lui du goya, il doit en manquer, c'est pour ça que la potion magique ne fait plus effet !

Il court ramasser le bout de goya, mais Unagikami le lui arrache des mains, elle se met à le presser pour en extraire le jus, penchée au dessus de Mendoza, mais n'y parvient pas. Tian Li intervient.

Tian Li : je m'en charge ! Ouvre lui la bouche ! (jambes écartées au dessus de Mendoza, il presse de toutes ses forces le goya)

Zia,mains jointes : Oh, pourvu que cela marche !

Unagikami : si ça marche, le moine, je retire tout ce que j'ai dit sur toi !

Esteban : oh, papa, papa, je veux pas qu'il meure !

Athanaos : allons, Esteban, sois courageux ! Je suis déjà bien mort deux fois moi...

Esteban, criant, des sanglots dans la voix : ben justement, y'en a marre à la fin ! Vous pouvez pas vivre comme tout le monde ? Pensez un peu aux autres, zut !

Zarès : Gniii hi hi hi hi hiiiii....

Zia, prenant Esteban dans ses bras : ça va aller, ça va aller, là, là, calme toi...

Athanaos : boh, je disais ça, moi, c'était pour te remonter le moral, mon fils...(Esteban lui lance un regard noir par dessus l'épaule de Zia.Athanaos soupire, à part) Bon...vu comme c'est parti, je vais pas survivre à la crise d'adolescence moi...Je crois que je ferais mieux de laisser Mendoza gérer ça et me repointer dans dix ans...(plus fort) Allons, Mendoza, mon ami, reste avec nous!

Zarès, produisant des gargouillis infâmes : Raaaahhhh.....Gaaaah....Brrrrr...Gniiiiii....

Tous, dégoûtés : Aaah, c'est dégoûtant !

Unagikami, se levant, furieuse, à Ambrosius : pourquoi ça ne marche pas hein, tu vas nous le dire ?

Zarès : Gni hihihi hiiiiiii.....

Unagikami, se précipitant pour le frapper : tu vas parler, dis, tu vas parler ?

Tian Li, abandonnant sa posture, la tirant en arrière : allons, c'est inutile, il ne nous entend pas...il faut être courageux et accepter l'inévitable...

Unagikami, se dégageant : bas les pattes, sale moine ! Ne t'avise pas de me toucher encore !

Zia : je t'en prie, Unagi, calme toi, ça ne sert à rien...

Unagikami, face à Tian Li : je suis calme ! Mais pas résignée, sale fossoyeur ! ( à Zia) quant à toi, n'entre pas dans son jeu, ou tu le regretteras !

Athanaos : allons, allons, du calme les enfants...réfléchissons un peu, Mendoza a besoin de nous, n'est-ce pas ? Que lui est-il arrivé exactement ? C'est quoi cette histoire de potion magique, Esteban ?

Unagikami : l'autre ordure lui a fait boire une tisane au goya avant de lui injecter un liquide jaune, j'ai tout vu !

Athanaos , une main dans le dos, tournant en rond en se tenant le menton en signe d'intense réflexion: l'orichalque, hum...et ensuite ?

Esteban : ensuite il était devenu immortel ! Et son sang avait le pouvoir de guérir ! Il a sauvé l'Anguille !

Athanaos, s'arrêtant : et à présent cela ne fait plus effet...soit parce qu'il a perdu trop de sang, soit parce que son organisme a éliminé un des ingrédients de la formule...

Zia : son sang n'est plus doré...

Athanaos, se penchant vers Mendoza pour l'examiner, toujours main dans le dos et sur le menton : mais il n'est pas redevenu complètement rouge...il y a peut-être encore un espoir ! (il fonce soudain vers la nef)

Esteban : papa !

Mendoza : Esteban...

Zia : oh ! Le goya a agi !

Esteban, accouru vers Mendoza: Mendoza, tu es guéri ! Eh, Papa, pas la peine de courir comme ça, reviens !

Mendoza, lui prenant le bras : Esteban...sois courageux...(il lâche le bras)

Esteban : Mendoza ! (Grand silence, tous se rapprochent, sauf Athanaos qui a disparu dans la nef) Non...c'est pas possible....(criant en direction de la nef) Papa, papa ! Ramène du goya, viiiite !

Athanaos, surgissant dans l'encadrement de la porte de la nef et brandissant la tasse dans laquelle a bu Mendoza: Eurêka ! Du sirop de jujube!le fond de la tasse en porte la trace ! Il lui faut du sirop de jujube, c'est un stabilisateur de potion magique très eficace, j'ai lu ça dans la pyramide de Mu quand j'étais jeune, comment ai-je pu oublier, ah ah ah ! Il y a juste un léger problème..(regardant le fond de la tasse) le flacon est vide...et je doute que la trace suffise...(il descend les marches)

Unagikami : la rivière ! C'est plein de jujubiers là-bas ! Vite, allons-y !

Zia : je crains qu'il ne soit trop tard...

Tian Li, grandiloquent : allons, mes amis, mes enfants, soyez courageux...un homme courageux nous quitte et nous montre l'exemple...

Soudain Mendoza se lève et le prend à parti. Tous se figent, Athanaos sur les dernières marches.

Scène 6

Mendoza : No no no no no no ! I can't stand it anymore ! Tian Li, amigo, you are just a poor actor, no sense, no sensibility, no emotion, no...nothing ! Hola ! Come on, show your guts ! I'm dying, I'm almost dead, and you..you...you just ruin my death scene ! We should all feel like crying but no, nothing, no emotion, nothing!!!Hey, Woody, do something ! I'm fed up with this guy ! ( Grand silence, tous fixent Mendoza, Mendoza les regarde enfin, puis reprend) Woody ! Hey ! What the hell are you doing ?

Voix off de Woody : What the hell am I doing ? Nothing...I'm just watching you ruining it all Javier....the show of the century, really?

Mendoza : what ? He is as bad as a spanish cow and I am the one to be blamed ? Ma que hijo de la puta ! Do something or I leave !

Voix off de Woody : you wouldn't dare....(Mendoza esquisse un pas pour fendre le cercle des autres et quitter la scène) oh, ok, I know you would, I'm coming ! Don' t move ! Yeeehaaaa!( il surgit soudain sur la scène et fonce derrière Mendoza, lui prend les bras et commence à les agiter comme un pantin, puis il imite la voix de Mendoza)

Woody : Ah ah ah, je vous ai bien eu, hein, petits zhumains ! Je suis en perfect shape, isn't it ? Hi hi hi hi hi ! (à Mendoza, bas) Please don't stand up straight like that, be relaxed, relaxed...(Mendoza s'exécute aussitôt et se laisse aller,Woody a du mal à le soutenir) Eeeh ! You're damn' heavy Javier !

Mendoza : shut up or I break your glasses !

Unagikami : le yôkai bizarre ! Il est revenu ! Tout s'éclaire, il s'est emparé de l'esprit de Mendoza ! Je suis perdue, là...eh, toi, le moine, fais quelque chose, les yôkais, c'est aussi ton rayon, non ?

Tian Li : moi ? Euh...bien sûr ! D'ailleurs je te ferai remarquer que 'yôkai bizarre' est un pléonasme, les yôkais étant des êtres bizarres par nature, mais je dois admettre que celui ci est particulièrement bizarre, j'ai du mal à comprendre son langage, il s'exprime dans une langue..bizarre, n'est-ce pas ?

Unagikami : merci, j'avais remarqué, mais moi, tout ce que je comprends , c'est que décidément, on peut pas compter sur ces fichus moines, ça cause, ça cause, ça fait le malin, mais pour ce qui est d'agir !

Woody, entraînant Mendoza à demi affaissé sur lui, toujours en lui agitant les bras, en direction d'Esteban: Hu hu hu....I'm gonna take this kid to the moon !

Esteban, se reculant vivement : Unagi, fais quelque chose, vite !

Tian Li : the moon, ah, ça je sais, ça veut dire la lune ! ( à Unagikami) Il cause anglais ton yôkai !

Unagikami : la lune, super ! À y bien regarder, on dirait un croisement entre un lapin et un dodo, ce yôkai, mais on n'a plus de bière pour le satisfaire, je vois plus qu'une solution, on fonce !

Tian Li : Ah ? Ok, mais j'aurais bien aimé le faire causer encore, ça rafraîchit mon anglais...

Woody, se tournant vers Tian Li : hey, what's up, doc ? Catch me if you can !

Tian Li : tiens, là il nous provoque et il veut qu'on l'attrape...

Unagikami : tais toi et fonce !

Tian Li : bon, s'il le faut...

Ils se précipitent tous les deux, Woody lâche aussitôt Mendoza dans leurs pattes et s'enfuit, Tian Li le poursuit tandis qu'Unagikami réceptionne le marin.

Tian Li : eh, reviens, qu'on cause un peu ! My tailor is rich ! Euh...what's your name ! Ah ! I like my tea with a cloud of milk !

Woody : I'm from New York and I drink only beer !

Tian Li : oh, beer, yes, yes, no more, no more, sorry...

On les entend encore causer en anglais un moment tandis qu'ils disparaissent en coulisses. Unagikami tient Mendoza inerte dans ses bras, et fixe un moment l'endroit où Woody et Tian Li ont disparu avant de reporter son attention sur le marin.

Scène 7

Unagikami : Antonio ? (elle le secoue doucement) Antonio ? Luis ?...Mendoza ? (dans un souffle) Mendoza......(elle serre brusquement dans ses bras, étouffant un sanglot. Esteban et Zia s'approchent. Elle relève brusquement la tête et pousse un hurlement) Antonioooooooo !

A ce moment là on voit la tête de Woody émerger des coulisses, Mendoza ouvre les yeux et lui adresse un 'ok', pouce levé, Woody hoche la tête avec satisfaction et se retire.

Esteban, éclatant en sanglots : Mendozaaaa ! Bouh !.... (il se jette dans les bras de Zia)

Zia, pleurant discrètement, en reniflant : ooooh, snif, snif, Esteban....snif, snif, comme c'est bon...euh, triste!snif, snif...

Athanaos, descendant enfin les dernières marches et s'approchant à son tour : la trace de jujube a durci, et il n'y a plus une seule goutte d'eau de ma capsule, je...je suis désolé ! (il se jette brusquement à terre, mains sur la tête et reste prostré) Mendoza ! Mon ami!Non !

Unagikami : Antonioooooo ! Nooooon !

Esteban : Mendozaaaa !

Tao, se réveillant : bon sang, c'est quoi ce raffût ? (il balaye la scène du regard, aperçoit Ambrosius) Hein ? Ambrosiuuuus ! (il se lève et se précipite vers lui, mais recule aussitôt) Ah ! C'est quoi cette horreur ! (il se tourne vers les autres, toujours à leur douleur) Qui a fait ça ? (pas de réponse, il s'énerve) Eh, j'vous cause ! Qui a fait ça à Ambrosius?! Vous allez répondre, oui ?

Tian Li, arrivant tout essoufflé derrière lui et lui posant la main sur l'épaule : pff, pff...pas la peine d'user ta salive, y'en a que pour Mendoza, tu vois bien...raaah...j'ai bien cru que j'allais mettre la main sur ce yôkai bizarre, mais non, c'est un rapide, il m'a baladé, rien pu faire, pff, pff...au moins j'ai pu pratiquer un peu mon anglais, ça faisait longtemps !

Tao, éclatant en sanglots : Ambrosius....bouhouhou...

Tian Li : vas-y, petit, pleure un bon coup...mais si ça peut te rassurer, le malheureux n'a péché que par excès d'orgueil et de goya, qui n'a pas du faire bon ménage avec la bière à la cerise, moi même j'ai encore un petit arrière goût dans la gorge...Bref, il en a pour un moment à dégonfler, mais ça doit pas être bien méchant, tandis que l'autre, là, il a l'air bien vidé, à entendre les cris de l'anguille...je lui dirais bien de baisser d'un thon, uh uh uh...

Mendoza sursaute brusquement et se tortille comme pour se dégager, mais Unagikami tout à sa douleur ne remarque rien et le serre encore plus fort en pleurant et criant son nom. Il se laisse retomber, impuissant.

Tao : qu'est ce qu'il y a de drôle ?

Tian Li : baisser d'un ton...anguille, thon...non ? Tu vois pas ?

Tao : l'anguille, je vais aller la vider moi si elle continue, tout ça c'est de sa faute après tout, elle avait qu'à pas asticoter Mendoza, elle pouvait pas les laisser tranquilles, non, il a fallu qu'elle s'en mêle, et brise le cœur d'Ambrosius, la garce !

Tian Li, le retenant : eh là, tout doux mon jeune ami ! On ne peut pas revenir sur le passé, il faut accepter...pardonner...si tu allais consoler tes amis ? La perte d'un homme valeureux les accable, et...

Tao, essuyant ses larmes : Totor...Titus....non, le passé me hante, bouhouhou...(il repart de plus belle)

Unagikami, criant de plus en plus fort : Antoniooooo ! (Tao et Tian Li se bouchent les oreilles) Ma peine est infinie comme l'océan où se noie ma détresse telle une anguille au cou tranché, qui ne frétillera plus au contact de ta peau palpitante, des tes boucles brûlantes, de la braise de tes yeux ! Antoniooooo !

Scène 8

Pedro et Sancho, déboulant, tout gonflés et courant en tous sens : j'ai le sang chaud, j'ai le sang chaud, j'ai le sang boubou, bouillant, aïe aïe aïe aïe aïe !

Unagikami, d'abord interdite, puis se relevant brusquement en laissant tomber Mendoza : Oh ! Deux jujubes géantes ! Antonio Luis, tiens bon ! (elle se précipite sur eux, ramassant le poignard d'Ambrosius au passage. Tous se sont arrêtés de pleurer et regardent la scène)

Esteban : Unagi, mais ! C'est Pedro et Sancho ! Arrête ! (il repousse Zia qui tombe à la renverse et se précipite à son tour)

Unagikami : peu importe, leur sang doit regorger de jujube !

Athanaos : intéressante réaction allergique en effet....

Tao : oh, ma tête, dîtes leur de se taire aussi !

Tian Li : le vieux maître disait toujours, en toute chose, point d'excès, ça doit être la morale de l'histoire....

Unagikami : par ici les jujubes, laissez vous donc saigner ou je vous étripe !

Athanaos : il doit bien y avoir un moyen plus...pacifique de leur prélever un peu de sang...je déteste la violence inutile !

Pedro et Sancho : au secouuuurs!

La course poursuite dure un moment, Unagikami derrière Pedro et Sancho, suivie d'Esteban, puis Athanaos, qui peine. Zia s'est assise et contemple la scène en se recoiffant, Tao est prostré les mains sur les oreilles, Tian Li rajuste son chapeau et sa cape avec soin, indifférent.

Athanaos : pfff...pfff...a...a...attendez bon sang ! Oh, et puis zut ! (il finit par s'écrouler près de Zia)

Zia : t'as raison de te reposer, tu sais, ça risque de durer un moment encore, ils n'ont pas l'air comme ça mais ces deux idiots sont très endurants quand il s'agit de sauver leur peau. Et Esteban et l'anguille, c'est les deux mêmes têtes de bois, rien ne les arrêtera, quand ça a une idée fixe, ça fonce, ça fonce, j'en sais quelque chose, tiens, elle a voulu me faire lécher toute nue par des chiens, elle voulait pas en démordre !

Athanaos, tournant la tête vers elle en reprenant son souffle : lécher toute nue...par des chiens ?...mais...cette fille....

Zia : est un peu folle, oui, je sais, mais elle a des circonstances atténuantes, je crois, je ne lui en veux plus...

Athanaos : Ah ? Vraiment ?

Unagikami : par ici les jujubes, allez, alleeez, quoi ! Merde, Mendoza va crever pour de bon à la fin, c'est pas possible d'être égoïste à ce point !

Pedro et Sancho : Aaaaaah !!!!! (et ils repartent de plus belle en tous sens)

Pendant ce temps, Pichu arrive du bois, volette sans que personne ne le remarque, il observe la scène.

Scène 9

Pichu : Jujube ? Jujube ? Mendoza ? Jujube ? Jujube!Roooh ! Jujube, jujube !

Il se pose sur le sol, ramasse quelque chose, puis vole vers Mendoza, et lui enfonce sa trouvaille dans la bouche, puis attend, posé sur sa poitrine.

Pichu : Mendozaaaa....jujube ? Jujube ?

Mendoza se redresse alors lentement, s'essuie les lèvres, Pichu se met à voleter autour de lui pendant qu'il se met debout, ramasse sa cape, l'époussette, la remet, la fait voler, en éclatant de rire.

Mendoza : Merci Pichu ! Je me sens revivre !

Tous se tournent enfin vers lui, sauf Pedro, Sancho et Unagikami, qui mettent un moment à s'apercevoir de la scène.

Esteban, Zia, Athanaos, Tian Li : Hein ???? Mendozaaa !

Tao : Ooooh, ma tête !

Ambrosius, levant péniblement la tête : Gniiiii ? Mendozaaaa.....

Unagikami, enfin arrêtée, se tourne vers Mendoza : Mendozaaaa....

Mendoza, ouvrant les bras : Tadaaam !

Unagikami, courant vers lui, assène un coup de pied à Ambrosius au passage : Ooooh, Mendoooo.....

Ambrosius : Gniiiii !!!!

Tao : Ooooh, ma tête.....

Unagikami se jette enfin dans les bras de son marin et l'étreint en silence. Esteban frappe des mains, tout excité, et se tourne vers Zia, qui reste de marbre.

Zia : pfff...quels comédiens ces deux là....

Tian Li, ajustant une énième fois son chapeau : bon, ben, si j'aurais su j'aurais pas v'nu, personne n'a eu besoin de moi après tout....j'ai plus qu'à m'en retourner dans mon monastère à la nage....

Athanaos, écrasant une petite larme, et s'approchant du couple, bras ouverts : mais, mais, par quel miracle, Mendoza, mon ami, et sans recours à la violence, qui plus est, c'est miracle, c'est miracle ! Venez que je vous embrasse tous les deux!

Unagikami, se retournant, hargneuse : bas les pattes, le poisson rouge ! Esteban m'a mise au parfum, t'es contagieux, ça craint ! Pas touche à Antonio ou j't'étripe sans regrets !

Mendoza, riant : Allons, allons, il avait juste oublié, hein, Athanaos ?

Athanaos, confus, stoppé net dans son élan : je...je suis désolé....

Mendoza : y'a pas de mal, et puis je me sens d'humeur à embrasser la terre entière, une petite jujube, ça vous requinque un homme, c'est pas croyable, si t'étais pas si radioactif, je t'embrasserais sur les deux ouïes, tiens !

Pedro et Sancho, restés figés jusque là, se précipitent soudain vers lui : Mendozaaaa, on a eu si peur, on a failli se faire bouffer par des zoizoi, des zoizoi, des zoizoi, des zoizoi...

Pedro : merde, des oiseaux, quoi, Sancho, t'es trop émotif à la fin, on peut même pas finir notre phrase ! (se retournant vers Mendoza) Bouhouhou!embrasse nous ! On veut du réconfort ! (Pedro et Sancho se collent à Mendoza)

Esteban : Mendoza, j'ai eu si peur, j'ai cru que t'étais mort, bouhouhou! (il vient se coller à lui)

Zia : pfff...et moi alors, j'ai pas aussi deux bras pour t'offrir du réconfort, sans parler du reste ?

Athanaos, tombant à genoux devant Mendoza, auquel sont collés tous les autres cités précédemment, Unagikami y comprise, mais sans Zia : Oh, que de joie, quel groupe émouvant, c'est le plus beau jour de ma vie...

Pichu, se posant sur l'épaule de Mendoza : rooooh, c'est beau, c'est beau....

Tian Li, resté à l'écart : bon ben, c'est pas tout ça, faut que j'y aille...c'est pas que j'aime pas les embrassades...

Zia : pfff, te fatigue pas, il t'écoute même pas....

Tao, retourné s'asseoir près d'Ambrosius, toujours mains sur les oreilles : quel spectacle misérable...je boirais bien une petite bière à la cerise moi...

Ambrosius : Gniiii !!!

Tao, le regardant : toi, au moins, tu me comprends....

Mendoza, riant toujours, essayant de se dégager de l'étreinte de ses fans : allons, allons, mes amis, je suis très touché par vos marques de sympathie, mais, sans Pichu, c'en était fait de moi, alors, saluons notre nouveau héros ! Pour Pichu, hip hip hip...

Esteban, Pedro, Sancho, Unagikami, Athanaos : Hourrah !!!

Mendoza, prenant Pichu sur sa main : Très cher Pichu, pourrai-je jamais assez te remercier, toi et tes yeux de lynx qui ont su détecter cette providentielle jujube tombée à terre, sans doute échappée miraculeusement à la voracité de Sancho et coincée dans un pli de son triple menton pendant des heures, jusqu'à ce que les soubresauts de la course poursuite parviennent à la déloger ? Tiens, accepte ce modeste hommage de la part de celui qui te doit la vie ! (il l'embrasse)

Pichu, s'envolant tout excité : Roooohhh !!Un bisou sur le bec, un bisou sur le bec, Tao, Tao !

Tao, sans même lever la tête : m'adresse plus la parole, tout est fini entre nous....Bouhouhou.....

Tian Li, qui avait commencé à partir à reculons, s'arrête et contemple Pichu avant de baisser la tête, profondément découragé : C'est pas vrai ! Me faire voler la vedette par un vulgaire volatile, vert qui plus est !

Unagikami, attirant Mendoza à elle : eh, beau gosse, pas d'infidélités, hein !

Esteban, Pedro, Sancho, Athanaos, riant et gambadant autour d'eux : ouais ! Vive Pichu ! Vive Pichu !

Zia, sans conviction : pffff.....vive Pichu,ouuais..., vive Pichu...le sauveur de ce cher Mendozaaaa....pfff !

Athanaos : ah ah ah, la vie est belle, la vie est belle, mon fils, l'avenir est à nous ! Vive Pichu !

Pedro : eh, Sancho, t'as dégonflé !

Sancho : toi toi toi, toi aussi ! Vi..vi..vive Pichu !

Mendoza : ah ah, merci Unagikami oui, si elle vous avait pas fait courir, vous ressembleriez toujours à celui là ! (désignant Ambrosius d'un coup de menton) Allez, Zaza, debout, un peu de nerf, l'exercice, y'a que ça de vrai ! Ah ah ah ah ah !

Ambrosius, levant le poing au ciel dans un suprême effort et le laissant retomber aussitôt : Gniiii, Pichu, sale bête, tu finiras en brochette, avec un sashimi d'anguille, de poisson rouge, et une queue de homard farcie à la viande de porc et de singe nappée de sauce à la jujube, foi de Zarès !!

Rideau et réouverture sur le salut des acteurs

Woody, surgissant des coulisses côté cour: Bravo ! Bravo ! C'était super, really, great show, I really enjoyed it, you were right, Javier, it was good, really good, you were good, all of you, but especially you, of course, you've done a great job, Javier, I'm proud of you, so proud, so so proud ! ( tous le regardent, sauf Mendoza et Unagikami qui s'éclipsent en coulisses côté jardin, suivis de Pichu) Hey ! Javier, where are you going ? I said it was great ! Javier ! Javier ? (il regarde autour de lui, les autres l'encerclent avec une expression indéfinissable) Javier ! Don't leave me alone ! (aux autres) Oh, no, no, no, moi pas Yôkai, no, please, don't be silly....it's a mistake, a terrible mistake, I will explain... (le cercle se referme peu à peu sur lui) Oh shit, Javier, it's not funny, come back ! Javier !

Voix off de Mendoza : no, Woody, call me Mendoza, Antonio, Luis, Mendoza....

Pichu, déboulant avec un écriteau pendu au cou sur lequel est écrit 'do not disturb' , tandis qu'on entend un grand soupir d'aise venant des coulisses: Aleeerte ! Mendoza est parti ! Mendoza est partiiii !

Voix off d'Unagikami, de plus en plus aigue et chantante: Oooh, Antonioooo, Luis, Mendozaaa....bâtard.....du duc de la Igualada.....marquis.....d'Estrellaaaaa !!!

La musique éclate au même instant, le cercle se brise tandis que tous se mettent à danser et chanter 'It was the Yôkai, Yôkai Circus'.

Woody : what the hell ?....oh, fuck, I give up ! I knew it would end up like this, I knew it ! (il se met à danser aussi)

On entend toujours Unagikami qui vocalise des oooh et des aaah...

Tian Li, s'approchant de Woody et désignant Pichu : eh, l'écriteau, là, ça veut dire quoi ?

A ce moment là on entend Unagikami pousser un grand 'Oooooooh, Mendoooooooo'

Woody : come on guys, sing louder, louder, plus fort, plus fort the music, it was the yôkai, yôkai circus, allez !

Tian Li : oh, do not disturb, ok, I think I got it...ok, ok....Oh my God !!!! (il s'enfonce le chapeau sur la tête pour se cacher la figure)

Commence alors le bouquet final, en chanson, chaque acteur s'avançant tour à tour sur le devant de la scène :

Ambrosius : I was the bad guy, nobody knew, until Mendoza spoiled all my plan !

Tian Li : hey wait a minute, I knew it too, but nobody would listen to me !

Tous en choeur : It was the Yôkai, Yôkai Circus, Yôkai, Yôkai Circus !

Athanaos : I was all alone, I almost died, I thought I would never see my son again...

Esteban : oh my poor Daddy, how I missed you, but I was more scared, to go to the moon !

Refrain en choeur.

Pedro : j'me suis vu crevé, le nez tout gonflé, le ventre bouffé par les corbeaux !

Sancho : j'ai cru éclater, les tripes à l'air, plus jajajamais plus de jujubes !

Voix off des oiseaux criant 'à nous les grosses jujubes', puis ils déboulent sur scène en courant et en chantant le refrain, repris avec les autres, tandis que Pedro et Sancho se sauvent en hurlant.

Tao : oh ma pauvre tête, j'suis en dépression, Totor et Titus, et maintenant Pichuuuu !

Zia : te plains pas Tao, moi c'que j'ai subi, je l'souhaite à personne, euh..ça dépend avec qui....

Refrain en choeur. Unagikami et Mendoza reviennent sur scène.

Unagikami : Zita ma chérie, tu sais pas c'que tu perds, laisse tomber Esteban, t'as mieux à faire !

Mendoza :No moon no sun for us, but death ! It was a skyfall, and a rebirth, a bloody honeymoon, for both of us !

Refrain en choeur.

Pichu : I'm happy happy happy, happy happy, to be a deus, to be a deus, ex machinaaaa !

Woody : ladies and gentlemen, hope you enjoyed it, and if you complain, write to the author !

Refrain en choeur et entrée de la troupe des yôkais, sans les lapins.

Balai, seau, serpillère : we had a good time, a really good time, this cherry beer was so delicious !

Blaireau et Renard : too bad we had to leave, we had to leave, we had a lot of fun with these human beings !

Refrain en choeur. Soudain,arrivée du lapin de la lune et de sa troupe.

Usagikami : eh, c'est qu'ça saute ici, super ambiance, sautez un peu plus haut, jusqu'à la luuune !

Les lapins : allez un p'tit effort, on y est presque, n'oubliez pas la bière, pour la lune de miel, avec les yôkais !!!!

Refrain repris en choeur par les lapins qui encerclent les autres et tournent à toute vitesse autour d'eux pour les emmener sur la lune ( si des courageux figurants lapins veulent porter certains acteurs pour les rapprocher du but, ils sont les bienvenus)
A la fin du refrain, brusque silence, tous s'immobilisent, Usagikami s'avance vers les spectateurs, une douce mélodie s'élève...

Usagikami : faîtes de beaux rêves, petits humains, Usagikami veille sur vous...

Mendoza et Unagikami, au milieu du cercle silencieux, se remettent à fredonner: flying to the moon, for a sweet honeymoon, dying for each other, pourquoi pas..pourquoi pas...

Esteban, émergeant à grand peine du cercle et hurlant : Noooon ! Pas la lune ! Pitié !

Rideau.
Ce qui fait de nous des grands enfants nous rend plus humain...

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nonoko
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Re: Yokai Circus (Nonoko) - Essai littéraire MCO

Message par nonoko » 20 sept. 2015, 17:21

Bon, qui me compose la musique du final? (je l'ai écrite avec des airs en tête, bien sûr).
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
Unagikami mon amour
"It was a skyfall, and a rebirth, a bloody honeymoon, for both of us"
Yokai Circus

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